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Jean-Baptiste Rivoire

journaliste français
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Jean-Baptiste Rivoire
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Biographie
Naissance
Nationalité
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Jean Baptiste Rivoire, né en novembre 1966 à Cambrai et ayant grandi à Alger, est un journaliste d'investigation français.

Rédacteur en chef adjoint de l'émission Spécial investigation, sur Canal+, il est le coauteur de nombreuses investigations télévisées, notamment sur la guerre civile algérienne des années 1990 et un des tenants notoires de la thèse de « Qui tue qui ? » en Algérie[1].

Sommaire

BiographieModifier

Né en 1966, il est le fils de Bruno Rivoire et de Bernardine Thiery, née à Constantine (Algérie) et y ayant vécu de 1941 à 1959. En 1971, ses parents repartent en Algérie. La famille vit dans le quartier de Ben Aknoun, sur les hauteurs d'Alger, dans une cité de coopérants issus des pays de l'Est.

En 1976, la famille s'installe à Beni-Abbes où Bruno Rivoire a été muté au CNRZA (Centre national de recherches en zones arides).

En 1977, la famille revient en France et s'installe à Créteil, dans le Val-de-Marne. Après ses études secondaires au lycée Saint-Exupéry de la ville et une licence de droit international à Paris 1 (Panthéon), Jean-Baptiste Rivoire entre à Sciences Po Paris qu'il quitte en 1989 pour le CFJ de Paris.

En 1991, diplômé de la section Journalistes reporters d'images, il commence à travailler pour France 3 Nancy, Marseille, Metz, Lille, Bordeaux, Lyon, puis pour France 2. En 1992, il entame une collaboration avec l'agence CAPA. Devenu grand reporter, il parcourt le monde pour des émissions comme 24h (Canal plus), Envoyé Spécial (France 2), Zone interdite (M6), La marche du Siècle et États d'urgence (France 3).

En 1995, il se rend au Rwanda pour un reportage de 52 minutes sur les conséquences du génocide.

De 1997 à 2000, il travaille au sein de l'agence CAPA pour le Vrai Journal, de Karl Zéro, sur Canal plus, où il effectue plusieurs enquêtes sur la « sale guerre » qui ravage l'Algérie.

En août 2000, Jean-Baptiste Rivoire est embauché par Canal+ plus pour rejoindre Paul Moreira et l'émission 90 minutes. En mars 2003, il est envoyé à Bagdad pour couvrir le début de la seconde guerre d'Irak.

En 2006, Rivoire propose à Canal Plus Faites passer l'info, une nouvelle émission d'enquête sur la société de consommation diffusée en première partie de soirée. En 2008, après sept numéros, Canal Plus plus supprime l'émission. Jean-Baptiste Rivoire prend alors un congé sans solde pour rejoindre le site Bakchich.info. Il y avait animé une petite équipe de journalistes chargée de créer un portail vidéo d'information.

En 2009, il réintègre Canal Plus et rejoint l'équipe de Stéphane Haumant comme rédacteur en chef adjoint de Spécial investigation[2].

Affaire Didier Contant et enquêtes concernant l'assassinat des moines de TibhirineModifier

En 2004, le journaliste Didier Contant, qui avait combattu à plusieurs reprises la thèse de la responsabilité du régime militaire algériens dans l'assassinat des moines de Tibhirine, fait une chute mortelle d'un immeuble parisien. Les autorités françaises concluent à un « suicide ».

Quelques jours avant le drame, Rivoire avait été informé qu'un certain « Didier Contant » avait exercé, sur le territoire algérien et en compagnie d'un journaliste d'Algérie Presse Service, des pressions psychologiques sur l'épouse de l'adjudant du DRS Abdelkader Tigha, un témoin clé de l'affaire de Tibhirine en fuite à l'étranger qu'il venait d'interviewer. Il avait alors contacté quelques confrères parisiens susceptibles de connaître Contant pour savoir s'il travaillait « en liaison avec les services algériens ».

À la suite de ces appels téléphoniques et du décès de Didier Contant, Jean-Baptiste Rivoire est accusé par le journal Marianne et par la presse algérienne d'avoir volontairement contribué à sa mort. En 2006, Jean-François Kahn est condamné pour avoir diffamé Jean-Baptiste Rivoire[3]. Puis, il est relaxé en appel.

Visé en outre par une plainte de l'une des compagnes de Didier Contant, Rina Sherman, pour « violences volontaires » en raison de ses appels téléphoniques, Rivoire est mis en examen. En novembre 2009, il est condamné à une amende contraventionnelle de 750 euros pour « violence volontaire »[4]. Mais en juin 2011, la Cour d'appel de Paris innocente finalement Jean-Baptiste Rivoire, estimant notamment que comme il ne « connaissait pas Didier Contant au moment des faits », il ne pouvait y avoir eu « infraction intentionnelle de violence volontaire »[5].

Entretemps, à la suite de la publication du Huitième mort de Tibhirine, un livre sur l'affaire Contant, Rina Sherman avait été condamnée en juillet 2009 pour « injures publiques » envers Jean Baptiste Rivoire et pour « diffamation » envers Paul Moreira. Jean Robin, son éditeur, avait également été condamné pour diffamation[6].

En 2011, il publie aux éditions La Découverte Le crime de Tibhirine, révélations sur les responsables, décliné sous forme documentaire sur Canal plus en septembre 2011 sous le titre le crime de Tibhirine. L'enquête présente de nouveaux témoignages d'anciens agents algériens du DRS, notamment Karim Moulai et "Rachid", membres du commando ayant enlevé les moines, qui confirment que les sept trappistes furent victimes d'un « vrai-faux » enlèvement islamiste secrètement organisé par le général Smaïn Lamari, numéro 2 du DRS[7]. L'opération, qui n'aurait pas dû déboucher sur la mort des moines, aurait dérapé, contraignant la sécurité militaire algérienne à les assassiner et à faire disparaître leurs corps, tout en mettant le crime sur le dos de Djamel Zitouni, présenté officiellement comme le « chef du Groupe islamique armé »[7].

Conflit avec la direction de Canal +Modifier

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En juin 2015, suite à un premier acte de censure par Vincent Bolloré d'une enquête sur le Crédit mutuel dans Spécial Investigation, Rivoire interpelle Maxime Saada, directeur général adjoint de Canal +. A l'été 2015, la direction nommée par Vincent Bolloré élimine tous les auteurs des Guignols de l'info, décide de les diffuser en crypté, assume la censure de Spécial investigation en indiquant en comité d'entreprise qu'il faut désormais "éviter les attaques frontales ou polémiques contre les partenaires actuels ou futurs du groupe" et déprogramme un documentaire "Hollande Sarkozy, guerres secrètes"[réf. nécessaire].

En octobre, Jean-Baptiste Rivoire est nommé représentant du Syndicat national des journalistes CGT SNJ-CGT à Canal +. Quelques heures après avoir annoncé ce mandat syndical à sa hiérarchie, il reçoit un courrier LRAR le convoquant à un "entretien préalable à un éventuel licenciement". Dans les jours qui suivent, la direction nommée par Vincent Bolloré tente de le convaincre d'accepter un chèque de départ en échange de son silence. N'ayant aucune faute à reprocher à Rivoire, la direction décide finalement de reculer[réf. nécessaire].

En février 2016, après un refus de 7 enquêtes sur 11 par Maxime Saada, le nouveau directeur de Canal + nommé sous Vincent Bolloré, Rivoire révèle ces censures dans Arrêts sur images[8]. Puis, Le Canard enchaîné indique que Rivoire fait partie, avec Patrick Menais (patron du "Zapping"), Bruno Gaccio (ex auteur des Guignols), Olivier Ravanello (président de la SDJ d'Itélé) et Françoise Feuillye (syndicaliste + libres) d'une "liste noire de salariés que Vincent Bolloré souhaiterait évincer[réf. nécessaire].

ReportagesModifier

  • Grandir sous camisole (Envoyé Spécial, 1996) de Manon Loizeau et Jean-Baptiste Rivoire (Meilleur grand reportage d'actualité au FIGRA 1996 - Grand prix Jean-Louis Calderon au Festival du scoop d'Angers en décembre 1996)
  • Une vie de toxico (Canal plus, 21 janvier 1996) de Maria Roche et Jean-Baptiste Rivoire
  • Sectes à Moscou (Envoyé spécial) de Thomas Johnson et Jean-Baptiste Rivoire
  • Peur sur la ligne (Envoyé spécial)
  • Algérie, la vie continue (Zone interdite, septembre 1996) de Faouzia Fekiri et Jean-Baptiste Rivoire
  • Police palestinienne (Zone interdite)
  • La secte Moon (Zone interdite)
  • Boudha, enfant perdu de Bosnie (État d'urgence, France 3) de Olivier d'Angely et Jean-Baptiste Rivoire
  • Bentalha, autopsie d'un massacre (Envoyé spécial, septembre 1999) de Jean-Baptiste Rivoire, Jean-Paul Billault, Thierry Thuillier et Bruno Girodon (Prix du meilleur document d'actualité au FIGRA 1999)
  • Algérie, la grande manip, enquête sur l'assassinat de Lounès Matoub (90 minutes, Canal plus, 2000) de Jean-Baptiste Rivoire et Michel Despratx
  • Attentats de Paris, enquête sur les commanditaires (90 minutes, Canal plus, 2002) de Jean-Baptiste Rivoire et Romain Icard sur la vague d'attentats commis en France en 1995
  • Sarkozy, enquête sur un présidentiable (90 minutes, Canal plus, 2005) de Jean-Baptiste Rivoire et Véronique Robert
  • Khalifa, l'étrange milliardaire algérien (90 minutes, Canal plus)
  • Le crime de Tibhirine (Spécial Investigation, Canal plus, 19 septembre 2011)

PublicationsModifier

  • Jean-Baptiste Rivoire et Lounis Aggoun, Francalgérie, crimes et mensonges d'Etats : Histoire secrète, de la guerre d'indépendance à la « troisième guerre d'Algérie », La découverte, , 683 p. (ISBN 2707147478)
  • Jean-Baptiste Rivoire, Le crime de Tibhirine, La découverte, coll. « Cahiers libres », , 310 p. (ISBN 2707167754)

Notes et référencesModifier