Jean-Baptiste Massillon

homme d'Église français, évêque de Clermont en Auvergne

Jean-Baptiste Massillon
Image illustrative de l’article Jean-Baptiste Massillon
Jean-Baptiste Massillon en 1719.
Biographie
Naissance
Hyères (Var)
Ordre religieux Congrégation de l'Oratoire
Ordination sacerdotale
Décès
Beauregard-l'Évêque (Puy-de-Dôme)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par André Hercule de Fleury
Évêque de Clermont
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org


Jean-Baptiste Massillon, né le à Hyères (France) et mort le à Beauregard-l'Évêque, est un homme d'Église français, évêque de Clermont en Auvergne.

Statue de Massillon, place Massillon à Hyères, sa ville natale.

BiographieModifier

Il rejoignit la congrégation des oratoriens, présents à Hyères, sa ville natale, à l'âge de 18 ans et commença par enseigner dans les collèges de son ordre, notamment à Pézenas en 1684 et 1685, et au séminaire de Vienne.

Il est ordonné prêtre le . Ayant remarqué très tôt son éloquence, on fit appel à lui dès 1691 pour prononcer l'oraison funèbre de l'évêque de Vienne, Mgr Henri de Villars, puis celle de l'archevêque de Lyon, Mgr Camille de Neufville de Villeroy en 1693. Après ces "succès", il se réfugia à l'abbaye cistercienne de Sept-Fons. Le cardinal de Noailles, évêque de Paris, le rappela alors pour diriger le séminaire Saint-Magloire.

Très vite, il acquit une réputation de grand prédicateur, en 1700, il prêcha l’Avent à Versailles devant Louis XIV. Celui-ci, après avoir écouté un de ses sermons lui dit :

« Mon père, j'ai entendu plusieurs grands orateurs, J'en ai été content mais, après vous avoir entendu, je suis très mécontent de moi-même. »[1].

Madame de Coulanges écrivait à son propos dans une lettre du à Madame de Grignan :« Le père Massillon réussit à la cour comme il a réussi à Paris ; mais on sème souvent dans une terre ingrate, quand on sème à la cour, c'est-à-dire que les personnes qui sont fort touchées des sermons, sont déjà converties, et les autres attendent la Grâce, souvent sans impatience ; l'impatience serait déjà une grande grâce. »

Il prononça plusieurs oraisons funèbres, entre autres celles de princes du sang, le Prince de Conti (1709), le Dauphin (1711), et celle du roi (1715) qui commençait par ces mots : « Dieu seul est grand, mes frères et dans ces derniers moments surtout où il préside à la mort des rois de la terre ».

Désigné comme évêque de Clermont-Ferrand le . En 1718, il prêcha les sermons du Petit carême devant Louis XV alors âgé de 8 ans et il reçoit ses bulles de confirmation le et il est consacré le 21 décembre de la même année par André-Hercule de Fleury l'évêque de Fréjus. Il est élu membre de l’Académie française en 1718, en remplacement de l'Abbé de Louvois. Mais il n'y fut présent qu'une seule fois, le , jour de sa réception, préférant rester près de ses fidèles dans son diocèse. Il prend en effet possession de son siège le . Très apprécié dans son diocèse, il ne retourne à Paris qu’une seule fois pour prononcer en l'abbatiale de Saint-Denis l’oraison funèbre de la duchesse douairière d'Orléans (la fameuse princesse Palatine), mère du Régent en 1722.

Au XVIIIe siècle, il fut souvent comparé à Bourdaloue et Bossuet. Ses sermons connurent de nombreuses éditions et ses Œuvres complètes furent plusieurs fois publiées au cours du XIXe siècle.

Voltaire, qui se faisait lire Le Petit carême pendant ses repas, disait de lui : « Le prédicateur qui a le mieux connu le monde ; plus fleuri que Bourdaloue, plus agréable, et dont l’éloquence sent l’homme de cour, l’académicien, et l’homme d’esprit ; de plus, philosophe modéré et tolérant. » [2]

La bibliothèque de MassillonModifier

En 1742, il lègue par testament au Chapitre de la cathédrale de Clermont-Ferrand sa bibliothèque et ses boiseries de chêne, à la condition que la bibliothèque soit ouverte au directeur de son séminaire et au clergé. Jusqu'en 1790 cette bibliothèque est ouverte deux jours par semaine, non seulement aux ecclésiastiques, mais aux lettrés[3].

 
Les boiseries de Massillon dans la bibliothèque municipale avant 1905.

Saisies à la Révolution, sa bibliothèque et ses boiseries sont ensuite transférées à la bibliothèque municipale de Clermont-Ferrand[3].

En 1905, les collections de la bibliothèque de Massillon sont transférées dans un bâtiment commun à la bibliothèque municipale et à la bibliothèque universitaire de Clermont-Ferrand, mais pas les boiseries. En 1919, les boiseries, restées propriétés municipales, sont classées au titre objet[4]. C'est dans cette bibliothèque municipale et universitaire de Clermont-Ferrand (BMIU) qu'est aménagée en 1974 la salle Massillon à partir des boiseries de Massillon (réaménagées avec des ajouts postérieurs). Cette salle a subi un dégât des eaux en 1995[5]. Les boiseries restaurées sont encore visibles dans la salle Massillon.

Hommage et souvenirModifier

CitationsModifier

  • « Nous sommes un mystère à nous-mêmes. »
  • « Si nous ne naissons que pour les plaisirs des sens, pourquoi ne peuvent-ils nous satisfaire, et laissent-ils toujours un fonds d'ennui et de tristesse dans notre cœur ?'
  • « Tout ce qui fait la grandeur des rois sur la terre en fait aussi le danger. »
  • « Nous disons sans cesse que le monde n'est rien, et nous ne vivons que pour le monde. » (oraison funèbre du Grand Dauphin)
  • « Des Talens. Que sont les grands Talens, que de grands vices, si nous ne les employons que pour nous-mêmes ? Que deviennent-ils entre nos mains? souvent les instrumens des malheurs publics, toujours la source de notre condamnation et de notre perte. Qu'est-ce qu'un souverain né avec une valeur bouillante et dont les éclairs brillent déjà de toutes parts dés ses plus jeunes ans, si la crainte de Dieu ne le conduit et ne le modère ? un astre nouveau et malfaisant, qui n'annonce que des calamités à la terre. Plus il croîtra dans cette science funeste, plus les misères publiques croîtront avec lui. Ses entreprises les plus téméraires n'offriront qu'une faible digue à l'impétuosité de sa course; il croira effacer, par l'éclat de ses victoires, leur témérité ou leur injustice. L'espérance du succès fera le seul titre qui justifiera l'équité de ses armes; tout ce qui lui paraîtra glorieux deviendra légitime. (...)[7].

BibliographieModifier

Œuvres de MassillonModifier

  • Sermons : Oraisons funèbres 1745 Paris
  • Sermons : Mystères 1745 Paris
  • Petit carême, Librairie de la Bibliothèque nationale, Paris, 1881
  • Petit Carême de Massillon, Évêque de Clermont, MDCCCXXIII Petit Carême sur Google Livres
  • Sur le petit nombre des élus. Présentation scientifique de Jean-Baptiste Amadieu du sermon pour le troisième lundi de Carême de Massillon. Maison Malo Quirvane, , Paris.

Sur MassillonModifier

  • Sermons de M. Massillon évêque de Clermont, ci-devant Prêtre de l'Oratoire..., Les frères Estienne, Paris, 1763.
  • Abbé Blampignon : Massillon, d'après des documents inédits (Paris, 1879)
  • Abbé Blampignon : L'Épiscopat de Massillon d'après des documents inédits, suivi de sa correspondance (Paris, 1884)
  • D'Alembert : Éloge de Jean-Baptiste Massillon
  • Chateaubriand : Chapitre III du Génie du christianisme
  • Ferdinand Brunetière : L'Éloquence de Massillon in "Études critiques" (Paris, 1882)
  • Père Ingold : L'Oratoire et le jansénisme au temps de Massillon (Paris, 1880)
  • Michel Cohendy, « Correspondances, Décisions, Ordonnances et autres œuvres inédites de Jean-Baptiste Massillon, Évêque de Clermont », in "Bulletin Historique et Scientifique de l’Auvergne", 1882, tome XXIV, p. 145-320.
  • Marcel Laurent, « J. Soanen et J.-B. Massillon », in "Chroniques de Port-Royal", 1975, p. 41-100.
  • Marcel Laurent, « Massillon et le Cardinal de Bissy », in "Études sur Massillon", Institut d’Études du Massif Central, 1975.
  • Ouvrages de la médiathèque d'Hyères les Palmiers

Sur la bibliothèque de MassillonModifier

  • Lucie Albaret et Isabelle Diry, De la bibliothèque Massillon à la B.M.I.U.V.R ? Regards sur la Bibliothèque Municipale et Interuniversitaire de Clermont Ferrand, Enssib, , 50 p. (lire en ligne)
  • Jean Ehrard et John Renwick, Catalogue de la bibliothèque de Jean-Baptiste Massillon, Clermont-Ferrand, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, coll. « Publications de l'Institut d'études du Massif central », , 126 p.
  • M.-M. Chevalier, « De la bibliothèque Massillon à la bibliothèque de Clermont », Etudes sur Massillon. Actes de la « Journée Massillon », Clermont-Ferrand, BMIU, 25 mai 1974,‎ , p. 7-11.

Notes et référencesModifier

  1. cité par E. Deschanel dans la présentation du Petit Carême de Massillon, Dezobry, E. Magdeleine et Cie, libraires-éditeurs, Paris, sans date (vers 1845)
  2. Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le Siècle de Louis XIV, pour servir à l’histoire littéraire de ce temps in Le siècle de Louis XIV, 1751)
  3. a et b M.-M. Chevalier, « De la bibliothèque Massillon à la bibliothèque de Clermont », Etudes sur Massillon. Actes de la « Journée Massillon »,‎ , p. 7-11
  4. « Lambris de revêtement de la bibliothèque de Massillon, évêque de Clermont », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 28 mai 2020)
  5. De la bibliothèque Massillon à la B.M.I.U.V.R ? Regards sur la Bibliothèque Municipale et Interuniversitaire de Clermont Ferrand, , p. 41 et suivantes
  6. « AUVERGNE - NOBLESSE Jeton Br 30, Jean-Baptiste Massillon, évêque de Clermont 1719 fjt_080725 Jetons », sur www.cgb.fr (consulté le 16 mai 2020)
  7. Pensées sur différens sujets de morale et de piété tirées des ouvrages de feu M. Massillon, Evêque de Clermont, ci-devant Prêtre de l'Oratoire l'un des Quarante de l'Académie Française ; A Paris, Rue S. Jacques, chez La Veuve Estienne & fils, à la Vertu et chez Jean Herissant, à S. Paul & S. Hilaire, 1748; pp. 104-105: Petit Carème, Sermon du Dimanche de la Passion.

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