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Jean Baptiste Lebel, né le 15 septembre 1888 à Saint-Cœur de Marie et décédé à Val D’Or le 6 avril 1966 était un entrepreneur forestier et pionnier du Nord du Québec. Il s’est impliqué pendant une vingtaine d’années, dans plusieurs projets économiques dans la région de l’Abitibi. L’un de ses projets, la création d’une papeterie en Abitibi, fut réalisé en 1964. La ville de Lebel-Sur-Quévillon, fut d’ailleurs nommée en son honneur en 1965.

Sommaire

BiographieModifier

DébutsModifier

Né à Saint-Cœur de Marie, maintenant un secteur de la ville d’Alma au Lac-St-Jean, de Georges Lebel et sa femme Louise Charest, il quitta l’école à 10 ans pour aider son père sur la ferme familiale. À 13 ans, il devint bûcheron et commença ainsi un long apprentissage du monde forestier[1].

En 1923, il commença comme contremaître à Parent en Mauricie. Mais les difficultés économiques de 1929 le poussèrent pratiquement à la faillite. En 1931, il reprit des travaux forestiers à Clova. Ce village, était en 1931, la seule porte d’entrée à l’est pour le nouveau territoire de l’Abitibi. Il alimentait alors les usines de pâte de E.B Eddy, Howard Smith et Canadian Paper[2].

Arrivée en AbitibiModifier

En 1938, il établit un autre chantier à Colombière jusqu’en 1940. En 1943, il s’est associé avec un ami d’enfance de son coin de pays, pour former Lebel & Murdock et ainsi poursuivit les contrats d’approvisionnement pour les pâtes et papiers. En 1945, il quitte la compagnie et s’installe à Senneterre à son propre compte[2].

En 1946, il s’est impliqué avec sa communauté pour un prolongement de ligne de chemin de fer entre Barraute et les chutes Kiask. Le projet fut réalisé en 1949. La Canadian Paper et Howard Smith exploitait au nord de Senneterre depuis 1943, surtout dans le canton Bartouille et Jean-Baptiste était leur homme de confiance. Mais ce dernier avait des visées beaucoup plus grandes que la simple exploitation forestière. Il voulait que la matière première soit traitée sur place et non envoyée dans les usines de la Mauricie et de l’Ontario de ses clients.

En novembre 1947, il présenta un début de projet pour une pulperie à Senneterre et affirma qu’il avait d’autres plans qu’il ne pouvait divulguer. C’est en mars 1948 qu’il présenta un vaste projet d’un moulin à pulpe dissolvante et de rayonne à Senneterre. Il paya un ingénieur de New-York pour faire approuver l’alimentation en électricité grâce à la rivière Mégiscane. Arrive ensuite son deuxième projet, plus ambitieux celui-là, la construction d’une pulperie de 1000 tonnes au lac Matagami. Le financement avait été trouvé, mais il restait le problème de l’alimentation en électricité.

Il présenta alors la solution de créer deux centrales électriques, l’une sur la rivière Nottaway et l’autre sur la rivière Broadback pour un total de 700 000 chevaux vapeur, ce qui règlerait aussi le problème d’alimentation en électricité de l’Abitibi. Ensuite un autre projet qui lui tenait a cœur, relier l’Ungava à Chibougamau par train et le tout au reste de l’Abitibi[3]. Son projet s`étendit encore plus loin plus tard, avec une idée de ceinture d’électricité reliant la Manicouagan et le nord du Québec afin d’alimenter toute la province. Plus tard, il présentera une étude au gouvernement pour que le gouvernement établisse un prix à l’échelle provinciale pour l’électricité[1].

En juillet 1948, l’élection provinciale ramène Maurice Duplessis au pouvoir. Jean-Baptiste Lebel, est considéré Libéral par l’Union Nationale et, n’ayant pas l’oreille du gouvernement, Jean-Baptiste entreprit d’autres projets.

Rapide-Des-CèdresModifier

En 1948, il installe ses bureaux à Rapides-des-Cèdres, au 49e parallèle sur le bord de la rivière Bell. C’est de là qu’il coordonne les contrats de ses clients ontariens et de l’Estrie. Il engageait des sous-traitants, jusqu’à 22 au début des années 50, qui amenaient leur équipe de bûcherons. Il en eut jusqu’à 1200 sous ses ordres. Avec le village de Rapides-des-Cèdres, les familles s’installent. Il doit donc donner des services dont une école.

En 1949, ouverture d’une usine de rabotage à Barraute. Avec l’ouverture de la ligne Kiask-Barraute, il pouvait ainsi offrir des emplois à d’autre gens de la région. C’est aussi à Barraute qu’il voulut créer une usine de briques, mais son produit ne pouvant être approuvé, l’usine de brique blanche ne vit jamais le jour.[4] Il s’impliqua aussi dans la création du Conseil d’Orientation économique de l'Abitibi. Il fit alors beaucoup de conférences dans lesquelles il informait la population des nombreux projets comme : l’électrification de la région, construction d’un entrepôt frigorifique et un abattoir, les problèmes de drainage en agriculture etc. C’est avec ces outils qu’en novembre 1949 il remet une étude pour le prolongement de la ligne de chemin de fer de Rapide-des-Cèdres à Chibougamau[5].

Pour prouver ce besoin essentiel, il a opéré un service de cargaison pour le transport de baril d’huile et d’essence et divers instruments pour l’industrie minière entre Rapide-des-Cèdres et Chapais par tracteur. [1]Le projet est accepté et se déroulera de 1954 et 1957. La route Chibougamau-Senneterre sera elle aussi terminée, mais seulement en 1963.

Implication politiqueModifier

Jean-Baptiste Lebel était reconnu comme un libéral, même si ce dernier avouait ne pas aimer la politique à cause de la lenteur des prises de décision, mais il participait à plusieurs évènements des libéraux en région. En 1948, il fut nommé Vice-président honoraire du conseil d’administration du parti en région.[6] Il avait une très bonne relation avec Jean Lesage, qui lui prêtait une oreille attentive. Il encouragea l’un de ses contractuels, Gérard Saucier, à s’impliquer dans la nomination de Lucien Cliche pour l’élection de 1960. [2]Cette élection mit au pouvoir les libéraux de Jean Lesage et son équipe du tonnerre.

Le rêve se réaliseModifier

En 1962, il y a des élections anticipées. L’un des sujets prioritaires est le projet de nationalisation de l’électricité de René Lévesque. L’élection de 1962 de l’équipe Lesage était le deuxième message que les choses allaient changer.

En 1961, la compagnie Domtar a acheté Howard Smith et se lança dans le monde des pâtes et papiers. Jean Lesage, nomme alors Lucien Cliche Ministre des Terres et Forêts. Ce dernier commença alors des démarches pour implanter une usine de pâtes et papiers en Abitibi.

En aout 1964, une annonce est faite sur la construction d’une usine de pâte Kraft en Abitibi. Mais au-lieu de construire ses installations à Senneterre ou Matagami, Domtar décide de créer une ville. Le 16 décembre 1964, la première pelletée de terre est donnée près du lac Quévillon, en présence de Jean-Baptiste Lebel et de Lucien Cliche. La ville devrait suivre l’année suivante.

Fin de vieModifier

En janvier 1965, Lucien Cliche lui annonce que la nouvelle ville sera nommée Lebel-sur-Quévillon en son honneur. M. Lebel est alors atteint de leucémie et il va s’éteindre à Val D’or 5 mois avant que les premiers habitants de sa ville s’installent[1].

M. Lebel meurt avec très peu de richesse. Il a investi pratiquement tout son argent dans des études pour faire avancer des projets. Sa scierie de Rapide-des-Cèdres fermera ses portes la même année[2].

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d « Un des grands homme de l'Abitibi », L'écho Abitibien,‎ , p. 7
  2. a b c et d Pierre Saucier, Gérard Saucier: sur les traces d'un bâtisseur en Abitibi, Presse de l'université du Québec,
  3. « Projet économique pour le district », La gazette du nord,‎ , p. 1
  4. « M. J.B. Lebel, industriel bien connu, ouvre une usine de planage a Barraute », La gazette du nord,‎ , p. 9
  5. « Importante réunion du conseil d'orientation économique de l'Abitibi », La gazette du nord,‎ , p. 8
  6. « Projet industriel », La gazette du nord,‎