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Monument funéraire de Jean-Baptiste Languet de Gergy dans l'église Saint-Sulpice.

Jean-Baptiste Languet de Gergy ou Jean-Baptiste-Joseph Languet de Gergy (1674-) est le curé de l'église Saint-Sulpice à Paris de 1714 à 1748. Il a contribué à la poursuite des travaux de construction de l'église.

Il est le frère de Jean-Joseph Languet de Gergy, archevêque de Sens et de Jacques-Vincent Languet de Gergy, ambassadeur de France à Venise.

BiographieModifier

 
Vie de Languet de Gergy, inscrite au pied du monument qui lui est consacré dans l'église Saint-Sulpice.

Né en Bourgogne, Jean-Baptiste Languet de Gergy devient docteur de la Sorbonne, puis curé de la paroisse de Saint-Sulpice[1] Dès 1718, Languet de Gergy trouve de nouveaux financements qui permettent de relancer la construction de l'église Saint-Sulpice. Il mobilise également les courants hostiles au jansénisme et des personnalités en vue, faisant progresser le chantier tout au long de sa présence : en 1745, l'achèvement de l'intérieur de l'église permet d'organiser une cérémonie solennelle de consécration[2]. Il initie la construction du gnomon de Saint-Sulpice[3],[4] : souhaitant à l'origine établir le temps idéal pour faire sonner les cloches au moment le plus opportun de la journée, il commande sa construction à l'horloger anglais Henry de Sully.

 
Le monument à Jean-Baptiste Languet de Gergy.

Ardent moraliste, Languet est célèbre pour avoir refusé les sacrements à Marie Louise Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, fille aînée de Philippe II, duc d'Orléans[5]. À la fin du mois de mars 1719, la jeune veuve tombe gravement « malade » et s'enferme dans une petite chambre de son palais du Luxembourg. En réalité, la fille aînée du Régent arrive au terme d'une énième grossesse clandestine. Plongée dans les affres d'un accouchement très laborieux, mal préparé par ses excès d'alcôve et de table, elle paraît proche de la mort. Languet, appelé pour lui administrer les sacrements et profondément choqué par cette nouvelle incartade de la princesse royale[6], refuse de lui donner l'Extrême-onction à moins qu'elle ne se sépare de son favori, le comte de Riom, lieutenant de sa garde, et de sa dame d'atours, Mme de Mouchy, avec lesquels elle forme un triangle amoureux[7] Le Régent essaye d'intervenir au nom de sa fille souffrante, mais le curé ne cède pas. Enfin, la duchesse de Berry accouche, ce qui met fin à la crise, mais pas au scandale provoqué par le refus de Languet de fermer les yeux sur cette honteuse maternité.[8],[9].

Sur la fin de sa vie, Languet de Gergy est abbé de Notre-Dame de Bernay. Il meurt le 11 octobre 1750[1].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Plaque du monument à Jean-Baptiste-Joseph Languet de Gergy, église Saint-Sulpice.
  2. Lours2016, p. 133.
  3. Rougé, p.7-12
  4. The real history behind the Da Vinci code Sharan Newman p.267
  5. Ses nombreuses histoires d'amour et grossesses illicites ont donné à la duchesse de Berry la réputation d'être une Messaline française. Voir Georges Ripley et Charles A. Dana (eds.), The New American Cyclopaedia : A Popular Dictionary of General Knowledge, New York & London, 1858, vol. 3, p. 194-195.
  6. Saint-Simon considère la duchesse de Berry comme "un modèle de tous les vices". Les coucheries et les grossesses illégitimes de la "Messaline de Berry" remplissent la chronique scandaleuse de la Régence. La très orgueilleuse princesse s'abandonne à tous les excès, mais fait aussi grand étalage de piété et de dévotion, en particulier durant ses séjours au couvent des Carmélites. Fin mars 1719, la "féconde Berry" y fait retraite et se mortifie, alors que tout Paris sait qu'elle est sur le point d'accoucher.
  7. Saint-Simon attribue pudiquement la grossesse de Mme de Berry aux oeuvres de Riom, tout en notant les "passades" et les "goûts de traverse" de la princesse qui était loin de réserver l'exclusivité de ses appas plantureux à la seule jouissance de ce vigoureux amant. Riom aurait donc engrossé l'altière princesse, tout en couchant aussi avec sa tribade, Mme de Mouchy. Ceci explique l'acharnement de Languet lorsqu'il somme l'illustre parturiente de faire expulser du palais ses partenaires de débauche, ajoutant l'opprobre du clergé aux tortures physiques de la femme en couches.
  8. Œuvres complettes de Louis de Saint-Simon : Mémoires secrets de la régence de Philippe duc d'Orléans, Paris, J. G. Treuttel, 1791, p. 14-18.
  9. The memoirs of the Duke of Saint Simon on the reign of Louis XIV and the regency, Volume 4, Chapman & Hall, 1857, p. 140-145.

BibliographieModifier

  • Rougé, Michel : Le Gnomon de l'Église de Saint-Sulpice, église Saint-Sulpice, Paris, 2009.
  • Matthieu Lours (dir.) et al., Paris et ses églises, du Grand Siècle aux lumières, Picard, .