Jean-Baptiste Joly

militaire français

Jean-Baptiste Joly
Jean-Baptiste Joly
Le général Joly aux Quatre-chemins, gravure de Thomas Drake, vers 1850.

Naissance ~ 1750 ou 1760
Bordeaux
Décès 1796
Saint-Laurent-sur-Sèvre
Origine Français
Allégeance Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Arme Armée catholique et royale du Bas-Poitou
Grade Général
Commandement Division des Sables d'Olonne
Conflits Guerre de Vendée
Faits d'armes Première bataille des Sables-d'Olonne
Deuxième bataille des Sables-d'Olonne
Bataille de Challans
Bataille de Saint-Gervais
Bataille de Palluau
3e Bataille de Machecoul
3e Bataille de Luçon
Bataille de Tiffauges
Bataille de Montaigu
Bataille de Saint-Fulgent
Bataille de Legé
Bataille des Clouzeaux

Jean-Baptiste Joly, né à Bordeaux vers 1750 ou 1760, mort près de Saint-Laurent-sur-Sèvre en 1796, est un militaire français et un général vendéen.

BiographieModifier

Il est sergent et chirurgien dans le régiment de Flandre sous l'Ancien Régime.

Sous la Révolution, il devient procureur de La Chapelle-Hermier mais est suspendu pour avoir caché un prêtre réfractaire.

Au début de la guerre de Vendée, il devient un des chefs des insurgés. Il établit un camp à La Mothe-Achard, se déclare « démocrate royaliste » et « commandant général du camp sous Les Sables »[1]. Il tente à deux reprises de prendre d'assaut Les Sables d'Olonne, les 24 et 29 mars, mais sans succès[1].

En avril, il est battu par le général Henri de Boulard. Il est forcé de rejoindre Charette, à la suite de l'entrée en campagne de l'Armée de Mayence en septembre.

Pendant la Virée de Galerne, il reste en Vendée et combat dans les environs de Challans. Il combat en 1794 les colonnes infernales. Au cours de la bataille de Legé, il perd ses deux fils l'un tué chez les royalistes, l'autre chez les républicains. Selon une légende, fou de chagrin à l'annonce de la mort de son fils tué côté vendéen, il aurait ordonné l'exécution de son deuxième fils capturé sous l'uniforme républicain. Ce récit a cependant été mis en doute et selon une autre version le jeune républicain Joly aurait tout simplement été tué au combat.

Hostile à la domination de Charette dans le Bas-Poitou, Joly décide de déserter à la suite de la nomination du premier comme général en chef. Mais arrivé à une auberge, près de Saint-Laurent-sur-Sèvre, il est pris pour un espion par des soldats de Stofflet et est tué lors d'une fusillade.

Regards contemporainsModifier

« M. Joly était sans contredit le plus brave de l'armée ; quoique d'un âge déjà avancé, sa vigueur et sa légèreté égalaient son courage ; à l'affaire des Quatre-Chemins au mois de décembre, il poursuivait seul trois républicains qui lui présentant successivement le bout de leur fusil, l'empêchaient de pouvoir atteindre aucun d'eux. Il prit bientôt son parti, poussa son cheval sur le plus voisin ; celui-ci le blessa légèrement, les autres prirent la fuite, il les terrassa tous les trois. M. Joly était des environs de Bordeaux ; il était venu demeurer à Palluau où il exerçait la chirurgie, l'horlogerie et d'autres petits talents. Il fut un des premiers chefs choisis par les paysans, lors de l'insurrection ; il prit dès lors le titre de Général et exerça son autorité avec un despotisme cruel. Il brûla plusieurs maisons de patriotes aux environs des Sables, il fit payer des rançons à plusieurs autres qui voulurent s'exempter d'un pareil traitement ; il enleva à ses soldats le butin qu'ils avaient pris au combat et se l'appropria en entier ; il tua différentes fois ceux qui ne marchaient pas assez vite au feu ; il brûla la cervelle à un excellent canonnier qui refusait de reconnaître son autorité et de suivre ses ordres sous prétexte qu'il était de l'armée Charette. Il détestait la noblesse, il chercha querelle à M. Charette et tâcha plusieurs fois de l'engager à une affaire particulière ; il le traitait souvent de lâche en présence de ses soldats, mais malgré sa brutalité et les vexations qu'il faisait éprouver, les soldats l'aimaient à cause de sa bravoure et son armée qui se battait bien sous ses ordres n'a jamais valu grand'chose sous les différents chefs qui lui ont succédé. On a dit que ses rapines lui avaient acquis une grande fortune qui se trouva entre les mains de sa femme lors de son arrestation, que Launay s'était emparé de son or, et l'avait fait fusiller pour dérober la connaissance d'une pareille rencontre. La manière splendide avec laquelle Launay vécut depuis dans sa division ne donne que trop d'autorité à de pareil bruits[2]. »

— Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière

BibliographieModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Gabory 2009, p. 122-124.
  2. Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen, p. 92-93.