Jean-Baptiste Djebbari

homme politique français
(Redirigé depuis Jean-Baptiste Djebarri)

Jean-Baptiste Djebbari
Illustration.
Jean-Baptiste Djebbari en 2019.
Fonctions
Ministre délégué chargé des Transports[N 1]
En fonction depuis le
(11 mois et 8 jours)
Président Emmanuel Macron
Gouvernement Philippe II
Castex
Prédécesseur Élisabeth Borne
Député français

(2 ans, 3 mois et 12 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 2e de la Haute-Vienne
Législature XVe (Cinquième République)
Groupe politique LREM
Prédécesseur Daniel Boisserie
Successeur Pierre Venteau
Biographie
Date de naissance (38 ans)
Lieu de naissance Melun (France)
Nationalité Française
Parti politique LREM (depuis 2016)
Diplômé de ENAC
Profession Fonctionnaire de l'aviation civile, cadre aérien

Jean-Baptiste Djebbari, né le à Melun (Seine-et-Marne), est un homme politique français.

Après avoir exercé différentes professions dans le secteur aéronautique, il rejoint La République en marche (LREM) et est élu député dans la deuxième circonscription de la Haute-Vienne lors des élections législatives de 2017. À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, au sein de laquelle il officie jusqu'en 2019 comme coordinateur (« whip ») pour le groupe LREM. En 2018, il est rapporteur du projet de loi sur la réforme de la SNCF. En 2019, il est porte-parole du groupe LREM.

Depuis 2019, il est secrétaire d'État puis ministre délégué chargé des Transports dans les gouvernements Philippe II puis Castex.

BiographieModifier

Enfance et familleModifier

Jean-Baptiste Djebbari (ou Djebbari-Bonnet), cadet d'une famille de quatre enfants, est le fils d'Alain Djebbari et de Catherine Bonnet[réf. nécessaire]. Son arrière-grand-père paternel est un Berbère qui a quitté l'Algérie, alors département français, pour la métropole en 1914[1]. L'une de ses grand-mères était secrétaire nationale au Parti socialiste dans les années 1960[2],[3]. Il est issu d'un milieu modeste, né d'un père employé à la Fnac et d'une mère au foyer[4]. Il évoque au sein de sa famille « une structure intellectuelle de gauche »[1].

Études et formationModifier

Après un passage en classes préparatoires (maths sup et maths spé), il intègre l'École nationale de l'aviation civile (ENAC) à Toulouse, dont il sort major de promotion[2]. Il y reçoit une formation de technicien supérieur des études et de l'exploitation de l'aviation civile[5].

Il suit une formation de pilote d'avion d'affaire. Il obtient ensuite une licence pour voler[6] sur Pilatus PC-12.

Parcours professionnelModifier

Il est embauché comme contrôleur aérien à la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC)[2]. Il devient par la suite pilote d'affaire pour la compagnie NetJets[2]. Lors d'un bref retour à la DGAC, il exerce la fonction de manageur de développement économique du GIE DSNA Services de à [7][source insuffisante] puis de chef de projet[8].

Au moment de son élection comme député, il est directeur des opérations de la compagnie aérienne privée Jetfly, entreprise « de propriété partagée sur avions d’affaires turbo propulsés »[7],[2]. Il est par ailleurs expert indépendant auprès de l’Agence européenne de la sécurité aérienne et de la cour d'appel de Paris[7],[2].

Il a été « à deux doigts » de créer une compagnie aérienne régionale avec Sven Lung, fondateur de Brandalley[1].

Parcours politiqueModifier

Engagement auprès d'Emmanuel MacronModifier

Cherchant à développer un projet de lignes aériennes régionales au sein de la DGAC, il rencontre Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, en 2015, par l'intermédiaire de Bruno Le Roux[9]. Il rejoint LREM par l'intermédiaire de Pierre Person[7]. Paris Match indique qu'« il est le premier surpris » lorsqu'il apprend qu'il est investi dans la deuxième circonscription de la Haute-Vienne, alors qu'il n'a « pas un mandat au compteur, ni même une distribution de tracts »[9]. Il est élu au second tour face au candidat du Parti communiste français, avec 54,59 % des voix[10].

Député de la XVe législatureModifier

À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire, au sein de laquelle il officie comme « whip » du groupe LREM[11] jusqu'en 2019. Dès le début de son mandat, il se spécialise sur le sujet des transports[12].

En mars 2018, il est nommé rapporteur du pacte ferroviaire[13]. Si Le Monde indique que « l’un de ses faits d’armes aura sans doute consisté à épater tous les experts du ferroviaire » et que « les leaders des syndicats de cheminots [...] ont été particulièrement « bluffés » par le personnage »[14], Libération souligne qu'il « préfère cultiver ses relations avec des syndicats plus réformistes », face aux critiques de SUD Rail, et relève également qu'avec « une présence presque quotidienne dans les médias audiovisuels », il est « devenu un bon client des chaînes d’info, même s’il se défend d’être un spécialiste du rail »[1].

En , il propose de créer une société publique qui gérerait les autoroutes alors sous concessions au terme de celles-ci dans les années 2030, et qui pourrait dès 2020 emprunter 600 millions d’euros par an grâce aux bénéfices futurs[12].

En , L'Opinion relève qu'il participe alors à « trois ou quatre émissions par semaine » sur les chaînes d'information en continu, et « fait partie de cette poignée de marcheurs – Aurore Bergé, Olivia Grégoire, Jean-Baptiste Moreau… – qui a émergé pendant cette première partie du quinquennat »[15].

Secrétaire d'État puis ministre chargé des TransportsModifier

Le , il est nommé secrétaire d’État aux Transports auprès d’Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire[16]. La Lettre A relève alors qu'il « a su s'attirer les bonnes grâces des grands patrons du secteur des transports »[17].

En , France Info relève qu'il a été « placé en première ligne par l'exécutif » pour répondre au mouvement social contre la réforme des retraites à la RATP et à la SNCF, alors qu'il était « inconnu du grand public il y a encore quelques semaines »[2].

Au sein de La République en marcheModifier

Il fait partie des nouveaux députés LREM qui sont issus du milieu de l'entreprise et qui se sont engagés après avoir été séduits par le côté « startup » d’En marche ! : ils ont eux-mêmes imprégné le fonctionnement de LREM de leurs méthodes managériales et de leur vocabulaire[18]. Il est proche de Christophe Castaner[11] et de la « bande de Poitiers », un groupe de trentenaires issu de la faculté de droit de Poitiers et du Mouvement des jeunes socialistes (Stéphane Séjourné, Pierre Person, Sacha Houlié, Guillaume Chiche, Aurélien Taché)[2],[17].

Début 2019, il intègre l'équipe de porte-parole du groupe LREM et quitte son poste de « whip » de la commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire[19].

Il est responsable de la stratégie de financement de LREM, notamment en vue de l'élection présidentielle de 2022[20].

Il envisage dans un premier temps de se présenter comme tête de liste aux élections municipales de 2020 à Limoges[21],[2]. Au printemps 2019, il propose d'endosser le rôle de « coordonnateur du travail de la construction du programme » et de la liste LREM dans la ville[21]. Selon Pierre Person, délégué général adjoint de LREM, « il pourrait être l'un des seuls ministres en capacité de ravir une ville »[2]. Une fois Monique Boulestin investie tête de liste par LREM, celle-ci indique qu'elle « souhaite que Jean-Baptiste Djebbari soit second sur [sa] liste »[22]. Il figure finalement à la 8e place : selon France Bleu, cette position « est peut-être aussi une manière de se protéger : certain d'être élu dans la majorité en cas de victoire, mais quasiment sûr de ne pas être dans l'opposition, car trop bas sur la liste, en cas de défaite »[23]. La liste de Monique Boulestin obtient 7,66 % des voix lors du premier tour, arrivant en 4e position[24].

ControversesModifier

Rencontre avec le général soudanais Salah GoshModifier

En , le groupe d'amitié France-Soudan, dont il est président, est convié à une réception organisée à Paris par l'ambassade du Soudan, à laquelle participe le général soudanais Salah Gosh, qui est accusé de violations des droits de l’homme dans la guerre du Darfour[25],[26]. La députée Carole Bureau-Bonnard, elle aussi membre du groupe, s'est défendue en déclarant que la liste des invités ne leur était pas connue[27], ce qu'un diplomate considère comme étant impossible[28]. Carole Bureau-Bonnard a ajouté que ce dîner relève des pratiques habituelles dans le cadre des groupes d'amitiés parlementaires. Jean-Baptiste Djebbari a pour sa part affirmé que ces derniers ne sont en aucun cas des « missions paradiplomatiques », mais relèvent de la « coopération culturelle »[27].

Passé au LuxembourgModifier

Mediapart révèle en 2020 que Jean-Baptiste Djebbari a travaillé entre 2016 et 2017 comme « directeur des opérations aériennes », c’est-à-dire chef des pilotes de la compagnie Jetfly, entreprise luxembourgeoise d'aviation privée qui ne payait pas en France les cotisations sociales de ses pilotes qui y vivent et travaillent, alors qu'il était dans le même temps expert judiciaire près la cour d’appel de Paris en matière de transport aérien, et intervenait notamment sur les sujets de « lutte contre le travail illégal/dissimulé »[29],[30],[31]. Jean-Baptiste Djebbari répond qu’il n’était pas « responsable » de la « gestion sociale, fiscale et ressources humaines » de l’entreprise, et affirme qu’il a « constamment promu l’harmonisation sociale dans le transport aérien […], d’abord en qualité de professionnel de l’aviation puis comme député, aujourd’hui comme secrétaire d’État aux transports »[29].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Secrétaire d’État entre le 3 septembre 2019 et le 6 juillet 2020.

RéférencesModifier

  1. a b c et d Laure Equy et Franck Bouaziz, « Jean-Baptiste Djebbari : «Par mon métier, je sais ce qu’est un "découché"» », sur liberation.fr, (consulté le 18 septembre 2019).
  2. a b c d e f g h i et j « Sept choses à savoir sur Jean-Baptiste Djebbari, le visage du gouvernement face à la grève dans les transports », sur France tv infos,
  3. Laure Equy, « Assemblée : entre les députés LREM et Mélenchon, le bon voisinage », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 novembre 2017)
  4. Jules Pecnard, « Pilote, technicien... Qui est Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État en charge des Transports? », sur BFMTV (consulté le 7 octobre 2019)
  5. ENAC Alumni, « Jean-Baptiste DJEBBARI (TSEEAC 2005 - A) », sur www.alumni.enac.fr (consulté le 11 avril 2020)
  6. « Les nouveaux députés LRM issus de l’immigration discrets sur leurs origines », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 juin 2017)
  7. a b c et d Yann Guégan et Diane de Fortanier, « La galaxie LRM à l’Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le 19 octobre 2018).
  8. DGAC, « Aviation Civile Magazine »
  9. a et b « Voici les députés de la génération Macron », Paris Match,‎ (lire en ligne, consulté le 24 juin 2017).
  10. http://www2.assemblee-nationale.fr/elections/circonscription/2017/resultats/87/02
  11. a et b Yann Guégan et Diane de Fortanier, « Les tribus du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le 26 décembre 2017).
  12. a et b Christine Ducros et Jean-Yves Guérin, « Un député LREM veut renationaliser les autoroutes », sur lefigaro.fr, (consulté le 8 juillet 2019).
  13. Sébastien Dubois, « Jean-Baptiste Djebbari (LREM) élu rapporteur pour la loi ferroviaire : « On n'est pas là pour casser le service public » », lepopulaire.fr, (consulté le 15 mars 2018).
  14. Eric Béziat, Le Monde, « Jean-Baptiste Djebbari, petit prince ferroviaire », Le Monde.fr,‎ , « Il est à l’écoute, sans a priori. Il s’est révélé un interlocuteur fiable, et ce d’autant plus qu’il a bossé son sujet », Fanny Arav (UNSA-Ferroviaire) ; "L’un de ses faits d’armes aura sans doute consisté à épater tous les experts du ferroviaire qui s’attendaient à un crash en pleine loi de cet expert de l’aviation civile" (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018).
  15. Cyril Lacarrière et Caroline Vigoureux, « Les députés à l’épreuve de l’info en continu », sur lopinion.fr, (consulté le 8 septembre 2019).
  16. Eric Béziat, « Jean-Baptiste Djebbari nommé secrétaire d’Etat aux transports », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 7 juillet 2020).
  17. a et b « Les réseaux ascendants de Jean-Baptiste Djebbari pour s'imposer aux transports », sur lalettrea.fr, (consulté le 16 septembre 2019).
  18. Jannick Alimi, « Les trois familles des députés En Marche ! », sur leparisien.fr, (consulté le 7 août 2017).
  19. Mathilde Siraud, « Le groupe LaREM à l'Assemblée muscle son équipe de porte-parole », sur lefigaro.fr, (consulté le 25 juillet 2019).
  20. Alexandre Lemarié, « LRM prépare déjà le financement de la campagne présidentielle de Macron en 2022 », sur lemonde.fr, (consulté le 26 juin 2019).
  21. a et b Centre France, « Politique - Jean-Baptiste Djebbari fait ses premiers pas vers les municipales à Limoges », sur www.lepopulaire.fr, (consulté le 15 août 2019)
  22. « Municipales 2020 à Limoges : Monique Boulestin, tête de liste pour la République en Marche », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 19 décembre 2019).
  23. « Municipales à Limoges :Jean-Baptiste Djebbari figure à la 8ème place de la liste de Monique Boulestin », sur francebleu.fr, (consulté le 15 mars 2020).
  24. « Résultats municipales 2020 à Limoges », sur lemonde.fr (consulté le 29 juillet 2020).
  25. « A Paris, le dîner controversé entre le Soudanais Salah Gosh et deux députés LREM », RFI,‎ (lire en ligne).
  26. Tomas Statius, « La vice-présidente LREM de l’Assemblée Nationale dîne avec l’un des responsables du génocide au Darfour », sur streetpress.com, (consulté le 20 octobre 2018).
  27. a et b « Deux députés français dînent avec un dirigeant soudanais controversé », sur Le Figaro, (consulté le 28 octobre 2018).
  28. « Deux députés LREM ont dîné avec l'un des responsables du génocide au Darfour », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 28 octobre 2018).
  29. a et b Yann Philippin et Antton Rouget, « Le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Djebbari rattrapé par son passé au Luxembourg », sur www.mediapart.fr, (consulté le 5 juin 2020)
  30. Ouest France, « Jetfly, ancienne compagnie aérienne de Jean-Baptiste Djebbari, épinglée pour ses pratiques fiscales », sur www.ouest-france.fr, (consulté le 4 juin 2020)
  31. AFP, « La compagnie Jetfly, où a travaillé Djebbari, épinglée pour ses pratiques fiscales », sur www.lexpress.fr, (consulté le 4 juin 2020)

Liens externesModifier