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Anacharsis Cloots

noble prussien devenu révolutionnaire en France
(Redirigé depuis Jean-Baptiste Cloots)
Anacharsis Cloots
Anacharsis Cloots.jpg
Anacharsis Cloots,
estampe d'Edme Quenedey,
Paris, BnF, département Estampes et photographie, vers 1792-1794.
Fonction
Député
Biographie
Naissance
Décès
(à 38 ans)
Paris
Nom de naissance
Johann Baptist Hermann Maria Baron de Cloots
Nationalité
Activité
Autres informations
Parti politique
Conflit
Mouvement
signature d'Anacharsis Cloots
signature

Le baron Jean-Baptiste de Cloots[1], dit Anacharsis Cloots, né le au château de Gnadenthal (Val-de-Grâce), près de Clèves en Allemagne et guillotiné le à Paris, est un penseur et militant politique prussien, fait citoyen d'honneur de la France le , très favorable à la Révolution française et tenant fervent de l'athéisme.

BiographieModifier

Né dans une famille noble prussienne d'origine hollandaise, il est l'héritier d’une grande fortune ; érudit, critique des religions révélées, Cloots se fait connaître, dès avant la Révolution, par ses opinions francophiles : en 1786, dans un ouvrage intitulé Vœux d’un Gallophile, il envisage le rattachement de la rive gauche du Rhin à la France.

À la fin de 1789, il s’installe en France et pousse les différents gouvernements à répandre les idées révolutionnaires en Europe. Dans Motion, il écrit : « La Religion est une relation entre Dieu et ma conscience ; et non pas entre Dieu et des consciences prises collectivement. ». Ayant changé son nom en Anacharsis, il se proclame « orateur du genre humain » et publie à partir de 1792 L’Orateur universel. En , il publie son livre République universelle. Cependant, en 1791, il avait défendu contre les jacobins le maintien du système esclavagiste dans les colonies, estimant prématuré d'engager une réforme aussi radicale.

Il est proclamé citoyen français par l’Assemblée nationale législative le [2], est élu député de l'Oise à la Convention en septembre où il fait l'apologie des massacres (« scrutin épuratoire dans les prisons »[3]) ; il est d'abord proche des Girondins Roland puis Brissot. Mais, en , lors du procès du roi (qu'il nomme « Louis le Dernier »), il se rapproche des montagnards en votant la mort sans appel au peuple et sans sursis. En avril, il vote contre la mise en accusation de Marat. Il est président du club des Jacobins à la fin de 1793, juste avant sa chute.

À l’instigation de Robespierre, qui reproche à Cloots son rêve d'une république universelle, sa « rage de conquête » et son athéisme militant, encouragé par les remarques acerbes de Camille Desmoulins formulées dans le numéro 2 du Vieux Cordelier, la Convention vote son exclusion (ainsi que celle de l'Américain Thomas Paine), en tant qu’étrangers le 6 nivôse an II (). Il est arrêté deux jours plus tard, et, traduit devant le Tribunal révolutionnaire dans le cadre du procès des hébertistes, il est condamné à mort et exécuté le 4 germinal an II () avec 18 autres condamnés dont Hébert, Ronsin, Proly, Momoro, Vincent, Mazuel, Desfieux et Pereyra. Il a tenu à être guillotiné le dernier.

HommagesModifier

Joseph Beuys (1921-1986), qui admirait en Anacharsis Cloots l’esprit et le cosmopolitisme, lui a rendu un honneur tardif, allant jusqu’à se faire appeler Joseph-Anacharsis Clootsbeuys.

ŒuvresModifier

 
Écrits révolutionnaires (1790-1794).

RéférencesModifier

  1. Hervé Leuwers, Robespierre, Paris, Fayard, 2014, p. 307-308.
  2. Décret du 26 août 1792
  3. J.Tulard, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Paris, Editions Robert Laffont, 1987,1998

BibliographieModifier

Liens externesModifier