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Jean-Baptiste Antoine Marcellin de Marbot

général français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marbot.

Jean-Baptiste Antoine Marcellin
Marbot
Jean-Baptiste Antoine Marcellin de Marbot
Le colonel Marbot au commandement du 7e régiment de hussards en 1815

Surnom Marcellin de Marbot
Naissance
Altillac
Décès (à 72 ans) (à 72 ans)
Paris
Origine Drapeau du royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1799-1848
Faits d'armes Bataille de Marengo
Bataille d'Essling
Bataille d'Eylau
Siège de Saragosse
Siège d'Anvers
Distinctions Grand-officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Grand-croix de la Couronne de chêne
Grand-officier de l'ordre de Léopold
Autres fonctions Membre de la Chambre des pairs
Famille Jean-Antoine Marbot (Père)
Antoine Adolphe Marcelin Marbot (Frère)
François Certain de Canrobert (Cousin)

Jean-Baptiste Antoine Marcellin Marbot, baron de Marbot, plus communément appelé Marcellin de Marbot (18 août 1782 - 16 novembre 1854) est un militaire français du XIXe siècle. Il est issu d'une ancienne famille de noblesse militaire du Quercy qui donnera en moins de cinquante ans trois généraux à la France. Il fait sa carrière dans les états-majors de l'armée française sous le Premier Empire, devenant général de division sous la Monarchie de Juillet. Ses Mémoires constituent un remarquable témoignage sur l'épopée napoléonienne.

Sommaire

BiographieModifier

 
Le colonel Marbot au commandement du 23e régiment de chasseurs à cheval en 1812

JeunesseModifier

Jean-Baptiste Antoine Marcellin Marbot naît au château de La Rivière, à Altillac, sur les rives de la Dordogne. Son père, le général Jean-Antoine Marbot, a quatre fils dont deux seulement survivront : Antoine Adolphe Marcelin, l'aîné, et Jean-Baptiste Antoine Marcellin, le cadet.

Après des études au collège militaire de Sorèze (1793-1798)[1], il s’engage comme volontaire le 3 septembre 1799 au 1er régiment de hussards Bercheny commandé par son père. Affecté à la brigade du général Séras, il est nommé maréchal des logis par celui-ci à l'issue d'un brillant fait d'armes[2]. Sous-lieutenant le 10 nivôse an VII (décembre 1799)[3], il participe à la bataille de Marengo et au siège de Gênes, au cours duquel son père meurt[4].

Guerres napoléoniennesModifier

Officier d'ordonnance du maréchal Augereau lors de la campagne de 1805, il se distingue à la bataille d'Austerlitz. Capitaine en 1807, il est gravement blessé à la bataille d'Eylau en portant un ordre et sera laissé pour mort sur le champ de bataille. Passé dans l'état-major du maréchal Lannes en 1808, puis dans celui du maréchal Masséna en 1809, il participe aux deux premières campagnes d'Espagne, où il est blessé à Agreda et à la prise de Saragosse. Fait chevalier de l'Empire le 12 novembre 1811 et colonel du 23e régiment de chasseurs à cheval en 1812, il prend part à la campagne de Russie, se signalant à l'occasion de plusieurs batailles. Chargé de la protection du passage de la Bérézina, il est blessé de deux coups de lance à la bataille de Yakoubowo, puis de nouveau lors des batailles de Leipzig et Hanau en octobre 1813. Le mois précédent, le 28 septembre, il est fait baron de l'Empire.

Cent-JoursModifier

Pendant les Cent-Jours, il rallie Valenciennes à l'empereur et contraint le gouverneur, le général Dubreton, qui voulait livrer la ville aux Anglais, à la lui remettre. À la tête du 7e de Hussards, il est nommé général de brigade par Napoléon la veille de la bataille de Waterloo. Blessé en chargeant les carrés anglais à la tête de son ancien régiment, il est compris dans la liste des bannis le 24 juillet 1815.

La monarchie de JuilletModifier

Retiré en Allemagne, il rentre en France en 1819. Il reçoit alors le commandement du 8e régiment de chasseurs à cheval. Le duc d'Orléans (futur Louis-Philippe Ier) le charge de l'éducation militaire de son fils aîné, le duc de Chartres, puis il est nommé aide de camp du comte de Paris. Après les Trois Glorieuses, il est promu maréchal de camp et participe au siège d'Anvers. Passé en Algérie, il assiste à l'expédition de Mascara en 1835 puis à celle des Portes de Fer en 1839 et à la prise de Mouzaia en 1840. Élevé au grade de lieutenant-général (général de division) le 4 octobre 1838, il entre au comité de cavalerie en 1844, avant d'être nommé pair de France le 6 avril 1845.

Commandeur de la Légion d'honneur le 21 mars 1831, Marbot est nommé grand-officier de l'ordre le 30 avril 1836[5]. Le 8 juin 1848, il est mis d'office à la retraite et se retire de la vie publique.

DécorationsModifier

 
Statue du général Marbot à Beaulieu-sur-Dordogne

  Empire français

  Royaume de France

  Royaume de France

  Royaume des Pays-Bas

  Royaume de Belgique

FamilleModifier

Son père, Jean-Antoine Marbot, a quatre fils dont deux seulement survivront : Antoine Adolphe Marcelin Marbot (1781-1844), l'aîné, maréchal de camp (sous Louis-Philippe) et Jean-Baptiste Antoine Marcellin, le cadet. Son grand-père et son arrière-grand-père étaient fils uniques.

Le 5 novembre 1811, il épouse Angélique Marie Caroline Personne-Desbrières (née vers 1790 et décédée le 31 mars 1873 à Paris), et par cette alliance devient propriétaire du château du Rancy, à Bonneuil-sur-Marne[6].

Le couple aura deux enfants :

  • Adolphe Charles Alfred, dit Alfred (1812-1865) : Maître des requêtes au Conseil d'État, uniformologue et peintre français
  • Charles Nicolas Marcellin, dit Charles (1820-1882) : Dont la fille Marguerite publia les célèbres Mémoires de son grand-père

Il est le cousin de François Certain de Canrobert, Maréchal de France sous le Second Empire.

État de servicesModifier

ServicesModifier

 
Le maréchal Augereau (1757-1816)

Du 28 septembre 1799 au 8 juin 1848 :

 
Le maréchal Lannes (1769-1809)
 
Le maréchal Masséna (1756-1817)
 
Le roi Louis-Philippe Ier charge le général Marbot de l'éducation militaire de son fils, le duc d'Orléans, puis de son petit-fils, le comte de Paris
  • Nommé inspecteur général pour 1842 du 14e arrondissement de cavalerie : 22 mai 1842
  • Commandant les troupes destinées à figurer la ligne ennemie dans le corps d'opérations sur la Marne : 29 mai 1842
  • Aide de camp de S. A. R. Monseigneur le comte de Paris : 20 juillet 1842
  • Inspecteur général pour 1843 du 8e arrondissement de cavalerie : 11 juin 1843
  • Inspecteur général pour 1844 du 6e arrondissement de cavalerie : 25 mai 1844
  • Membre du comité de cavalerie : 13 avril 1845
  • Inspecteur général pour 1845 du 2e arrondissement de cavalerie : 24 mai 1845
  • Inspecteur général pour 1846 du 2e arrondissement de cavalerie : 27 mai 1846
  • Inspecteur général pour 1847 du 13e arrondissement de cavalerie : 11 juin 1847
  • Maintenu dans la 1re section du cadre de l'état-major général : 1er août 1847
  • Admis à faire valoir ses droits à la retraite par décret du 17 avril 1848
  • Retraité par arrêté du 8 juin 1848

CampagnesModifier

 
Le général Marbot en 1840

13 campagnes :

BlessuresModifier

 
La bataille d'Eylau (1807), lors de laquelle le jeune capitaine Marbot a failli perdre la vie

13 blessures :

  • Un coup de baïonnette au bras gauche. Affecté d'étourdissements considérables par le passage d'un boulet, qui a enlevé la corne de son chapeau à la bataille d'Eylau : 8 février 1807
  • Un coup de sabre au front à Agréda : 1er novembre 1808
  • Un coup de feu au travers du corps au siège de Saragosse : 9 février 1809
  • Un coup de biscaïen dans la cuisse droite à la bataille d'Essling : 22 mai 1809
  • Un coup de feu au poignet gauche au combat de Znaïm : 12 juillet 1809
  • Un coup d'épée dans le visage et un coup de sabre dans le ventre au combat de Miranda de Corvo : 14 mars 1811
  • Un coup de feu à l'épaule gauche au combat de Jakoubowo : 31 juillet 1812
  • Un coup de lance au genou droit au combat de Plechtchénitsoui : 4 décembre 1812
  • Un coup de flèche dans la cuisse droite à la bataille de Leipzig : 18 octobre 1813
  • Un coup de lance dans la poitrine à la bataille de Waterloo : 18 juin 1815
  • Une balle au genou gauche dans l'expédition de Médéah : 12 mai 1840

ŒuvresModifier

 
L'Empereur Napoléon Ier (1769-1821)

Dans son testament, Napoléon destinait un legs à Marbot pour l'encourager « à continuer à écrire pour la défense et la gloire des armées françaises et à en confondre les calomniateurs et les apostats[7] ».

Les Mémoires du Général MarbotModifier

Les Mémoires de Marbot, édités chez Plon et Nourrit en 1891 en 3 volumes constituent un remarquable témoignage sur l'épopée napoléonienne. Très connus, ils retracent, de façon parfois enjolivée, son rôle dans les guerres napoléoniennes. Depuis, plusieurs nouvelles éditions sont parues :

  • Numérisation Gallica[8]
  • Numérisation Google livres de l'édition de 1891[9], [10], [11]
  • Numérisation du Projet Gutenberg[12] (traduction anglaise disponible)[13]
  • Réédition moderne : 2 volumes, Mercure de France, Paris, 2001
  • Textes choisis : La Guerre à cheval, choix et présentation de Dominique Venner, Paris, J. Grancher, 1978
 
L'historien Eugène-Melchior de Vogüé (1848-1910)

L'historien Eugène-Melchior de Vogüé a écrit à son sujet : « Depuis le jour où la grande épopée des temps modernes s’est achevée à Sainte-Hélène, historiens, romanciers et poètes s’efforcent à l’envi de nous en donner l’expression littéraire. Les plus habiles n’y réussissent qu’à demi : relations ou inventions, tout nous paraît pauvre en regard des images que la légende napoléonienne évoque dans notre esprit. Nous goûtons comme elles le méritent les claires narrations de M. Thiers, les magnifiques nomenclatures de Victor Hugo ; mais nos exigences sont si hautes que, pour y répondre, il n’est rien de tel «une surprise, quelque tentative d’art très humble ou la déposition d’un témoin obscur. Je crains de n’avoir eu qu’une fois le sentiment intense et complet de ces réalités épiques ; il m’a été donné par quelques figurines de zinc, projetant leurs ombres chinoises sur une toile d’un mètre. Le nombre, la majesté, l’émotion, tout y était. J’en demande pardon à la statue de Bossuet, mais les visions que sa parole seule eût pu rendre, si nous les avons trouvées quelque part, c’était au Chat Voir. Voici qu’un livre nous les rapporte, avec les récits sans prétention d’un père à ses enfants. Entre tant d’écrivains qui ont essayé de nous peindre la foulée de la France impériale sur le monde, un des premiers rangs appartiendra désormais au général baron de Marbot. »[14]

Dans Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien Marc Bloch parle de « ses Mémoires, qui ont fait battre tant de jeunes cœurs » mais, prenant l’exemple « [d’]un trait de bravoure dont il se donne pour le héros », il en démontre l’impossibilité et conclut que « le vieux guerrier, dont les hâbleries sont, par ailleurs, notoires, [a] donné un nouveau croc-en-jambe à la vérité ». Il dit plus loin que « l’infatigable vantard se préparait volontiers, en dupant ses familiers, à mystifier la postérité »[15].

Autres publicationsModifier

Marbot a également publié :

  • Remarques critiques sur l'ouvrage de M. le lieutenant-général Rogniat[16], intitulé : Considérations sur l'art de la guerre, 1820[17]
  • De la nécessité d'augmenter les forces militaires de la France et moyen de le faire au meilleur marché possible, 1825[18]
  • Austerlitz ![19], illustré de 21 aquarelles originales d'Alexandre Lunois, gravées par Léon Boisson (contenant un extrait de ses mémoires)

Il a rédigé l'article Cavalerie[20] de l’Encyclopédie moderne et collaboré au Spectateur militaire.

PostéritéModifier

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris (44e division)[21].

ÉponymieModifier

 
Place du général Marbot à Beaulieu-sur-Dordogne par Frits Thaulow

Plusieurs lieux ou édifices ont reçu le nom de cette personnalité :

Au cours du temps, il abritait un séminaire, une caserne, une école militaire préparatoire technique (école d'enfants de troupe) avant de devenir aujourd'hui le siège du Conseil Général de la Corrèze

Dans la littératureModifier

  • Marbot aurait inspiré à Conan Doyle le personnage du brigadier Gérard dans Les exploits du brigadier Gérard (1902)[22]
  • Marbot, une série de bande dessinée librement inspirée des mémoires du général Marbot [23]
  • Marbot est un des personnages principaux dans la saga du Fleuve de l'éternité de Philip José Farmer
  • Le Baron Marbot est une lecture qui apparaît plusieurs fois dans les mains de Clarissa (Mrs Dalloway) au cours du film Mrs Dalloway inspiré du roman du même nom écrit par Virginia Woolf

Voir aussiModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Marbot, Mémoires, Plon, 1891, t. 1, p. 28–31
  2. Ibid., p. 74–81
  3. Ibid., p. 90
  4. Jean-Antoine Marbot, général de division, meurt de ses blessures et du typhus durant le siège de Gênes, où il était enfermé avec Masséna
  5. « Base Léonore - cote LH/1723/47 - Marbot, Jean Baptiste Antoine Marcelin »
  6. Département de la Seine. Direction des affaires départementales, Etat des communes à la fin du XIXe siècle. , Bonneuil-sur-Marne : notice historique et renseignements administratifs publié sous les auspices du Conseil général par Fernand Bournon, Impr. de l'école d'Alembert (Montévrain), (lire en ligne), p. 19
  7. Cette phrase est placée en exergue des Mémoires de Marbot.
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202272q
  9. vol. 1
  10. vol. 2
  11. vol. 3
  12. http://www.gutenberg.org/ebooks/author/900
  13. Traductions espagnole, allemande et polonaise disponibles également.
  14. « Les mémoires du Général de Marbot | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 14 décembre 2017)
  15. Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, Cahier des Annales no 3. Librairie Armand Colin, Paris, 2e édition, 1952, p. 65 et 69.
  16. https://books.google.com/books?id=9KoWAAAAQAAJ&pg=PP7
  17. Au lieu de Rogniat on trouve aussi Rogmät.
  18. https://books.google.ca/books?id=CWiAoCBmOf4C&printsec=frontcover
  19. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5720313w
  20. https://books.google.com/books?id=ZE5RAAAAcAAJ&pg=PP3
  21. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 239
  22. Hesketh Pearson, Conan Doyle, his life and art, Methuen, 1943, 193 pages, chap. VIII, « The Brigadier », p. 113 et passim.
  23. bd-marbot.net