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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cachemire (homonymie) et Jammu-et-Cachemire (État princier).

Jammu-et-Cachemire
جموں و کشمیر
Blason de Jammu-et-Cachemire
Emblème
Drapeau de Jammu-et-Cachemire
Drapeau
IndiaJK.svg
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Capitale Jammu (hiver) et Srinagar (été)
Plus grande ville Srinagar
Création
Langue officielle Urdu
Gouverneur Satya Pal Malik
Ministre en chef vacant
Démographie
Population 12 541 302 hab. (2011[1])
Densité 124 hab./km2
Rang 20e
Géographie
Superficie 101 387 km2
Rang 6e

Le Jammu-et-Cachemire est un État du nord de l'Inde. Situé principalement dans les montagnes de l'Himalaya, le Jammu-et-Cachemire est frontalier de l'Himachal Pradesh et du Pendjab au sud, de la Chine (régions autonomes du Tibet et du Xinjiang) au nord-est et est séparé des territoires contrôlés par le Pakistan par la Ligne de contrôle.

L'État, qui faisait autrefois partie de l'État princier du Jammu-et-Cachemire, est l'objet d'un litige territorial entre l'Inde, le Pakistan et la Chine et a fait l'objet de plusieurs guerres. La partie du Jammu-et-Cachemire contrôlée par l'Inde est appelée « Indian-occupied Kashmir » au Pakistan alors que les territoires qui forment au Pakistan l'Azad Cachemire et le Gilgit-Baltistan, ainsi que l'Aksai Chin et la vallée de Shaksgam administrés par la Chine, sont revendiqués par l'Inde comme partie de l'État du Jammu-et-Cachemire.

Le Jammu-et-Cachemire comprend trois régions : Jammu (en), à majorité hindoue, la vallée du Cachemire, à majorité musulmane et où se concentre la plus grande partie de la population, et le Ladakh, à majorité bouddhiste, au peuplement peu dense.

L’État du Jammu-et-Cachemire jouissait jusqu'au d'un statut spécial d’autonomie garanti par l’article 370 de la Constitution de l'Inde. Son statut actuel fait l'objet d'une réforme visant à en scinder le Ladakh, avec effet au 31 octobre 2019.

GéographieModifier

Le Jammu-et-Cachemire est bordé à l'ouest et au nord par le Pakistan, au nord et à l'est par la Chine, au sud par l'Himachal Pradesh et le Penjab. Une partie importante de l'État est revendiquée par le Pakistan, une autre est occupée par la Chine en grande partie dans l'Himalaya. Cette région comprend quatre sommets qui culminent à plus de 8 000 mètres. Il consiste en trois régions principales : le Jammu, la vallée du Cachemire et le Ladakh.

L’ancien État princier est aujourd’hui partagé de facto en trois régions administrées respectivement par l’Inde, le Pakistan et, pour une petite partie, par la Chine. L’Inde revendique la totalité du territoire cachemiri comme sien, incluant la partie aujourd’hui (2005) administrée par le Pakistan qui est appelée Pakistan Occupied Kashmir ou POK. Le Pakistan, quant à lui, ne reconnaît pas la souveraineté de l’Inde sur la région et nomme la partie sous administration indienne, l’Occupied Kashmir, tandis que la région qu’il contrôle est appelée, pour une petite partie (mais densément peuplée, au sud-ouest) l’Azad Cachemire, c’est-à-dire le « Cachemire libre », tandis que la majeure partie du Cachemire pakistanais, en altitude et faiblement peuplé, est administrée séparément et forme les « Territoires du Nord ».

Le gouvernement indien interdit toute publication et carte présentant cette zone comme un « territoire contesté », ce qui a conduit à l’interdiction de l’importation de la version sur cédérom de l’Encyclopædia Britannica depuis 1998[2].

HistoireModifier

Le Jammu-et-Cachemire est un des anciens États princiers des Indes, dirigé par un mahârâja hindou jusqu’en 1947, mais dont la population, surtout dense dans la vallée de Srinagar, était et reste majoritairement musulmane. Lors de la Partition, le mahârâja Hari Singh refusa de rejoindre aussi bien l’Inde que le Pakistan, et choisit de demeurer indépendant, ce qui était une option alors possible. Mais des guerriers Pathans, armés par le gouvernement pakistanais, pénétrèrent alors sur le territoire cachemiri, ce qui entraina le mahârâja à demander l’assistance de l’Inde, qui repoussa l’invasion, et par suite obtint l’intégration de 60 % du territoire dans la république fédérale. Les autres parties furent intégrées au Pakistan et leurs minorités non-musulmanes se regroupèrent dans la partie indienne, qui forme l’État du Jammu-et-Cachemire. En 1950, l’article 370 de la Constitution indienne octroie à cet État une relative autonomie vis-à-vis du pouvoir central dont les domaines d’intervention se limitent aux questions relevant à la fois des compétences de l’Union indienne et de l’État fédéré « pourvu que le gouvernement de l’État en soit d’accord ». Néanmoins le fonctionnement fédéral lui-même tempère cette résolution puisque le gouverneur est nommé par New Delhi. La portée de l’article initial est diminuée dès l’accord de 1975 entre Indira Gandhi et le chef du parti régional Cheikh Abdullah. De plus, les dispositions d’urgence de la Constitution indienne sont souvent invoquées en cas de troubles. La President’s rule, mesure d’exception permettant de confier la gestion d’un État de l’Union au pouvoir central, pèse ainsi comme une épée de Damoclès lors des diverses négociations.

Depuis lors, l’Inde et le Pakistan s’affrontent sur le problème de l'administration du Jammu-et-Cachemire, que les deux nations réclament dans son intégralité. L’Inde administre actuellement un peu plus de la moitié du territoire, le Pakistan un peu moins de la moitié et la Chine une toute petite partie, l’Aksai Chin.

Cependant, le , le gouvernement indien de Narendra Modi, appliquant une promesse de campagne des nationalistes hindous, annonce la publication d'un décret présidentiel supprimant les articles constitutionnels (en particulier l'article 370) relatifs au statut d'autonomie du Jammu-et-Cachemire. Ce décret, à application immédiate, supprime l’État fédéré en le rétrogradant au statut de Territoire de l'Union, le plaçant ainsi sous administration directe du pouvoir fédéral. Ce territoire étant amputé du Ladakh, région à majorité bouddhiste, ne comporterait plus que les plaines à majorité hindoue de Jammu au sud et la vallée de Srinagar à majorité musulmane dans le nord. Selon les observateurs, cette décision fait craindre un soulèvement général des populations de cette dernière région[3],[4]. Dans les heures qui ont suivi la décision, plusieurs hauts responsables politiques de la région, dont la ministre en chef de l'État Mehbooba Mufti, ont été placés en résidence surveillée[5].

Cycle de guerresModifier

 
Les divisions du Cachemire.

Le Jammu-et-Cachemire était gouverné par un maharâja hindou alors que sa population, concentrée surtout dans la vallée de Srinagar, y est à majorité musulmane. Le Cachemire n’étant enclavé ni dans l’Inde ni dans le Pakistan, le maharâja qui ne voulait ni s’aliéner la majorité musulmane de ses sujets, ni provoquer l’expulsion des minorités hindoue (localement majoritaire autour de Jammu) et bouddhiste (majoritaire au Ladakh), opta pour l’indépendance.

L’invasion de l’État princier de Junagadh (dont le sultan musulman avait choisi de rejoindre le Pakistan, mais dont la population à majorité hindoue s’était révoltée et que l’armée indienne avait occupé), le Pakistan arma des guerriers Pachtounes des zones tribales de la province de la North-East Frontier qui se mirent en route vers Srinagar. Cette pénétration força le mahârâja à prendre la décision (ou selon le Pakistan, à rendre publique la décision qu’il avait prise après des tractations secrètes avec les britanniques et les indiens) de demander l’aide militaire de l’Inde. L’armée indienne entra donc au Cachemire jusqu’à la ligne dénommée Line of Control. L’intervention de l’ONU met fin à cette guerre et une résolution est votée au conseil de sécurité prévoyant un référendum dans les deux ans qui suivirent la fin de la guerre.

Ce référendum devait permettre aux habitants de choisir soit de rejoindre le Pakistan, soit de rejoindre l’Inde, soit de devenir indépendants, mais posait un problème de taille car la décision prise devait concerner l'ensemble du Cachemire, de sorte que si la majorité se prononçait pour le Pakistan, les habitants du pays de Jammu et les Ladakhis auraient été expulsés (comme d’autres populations non-musulmanes du Pakistan), tandis que si elle se prononçait pour l’Inde, les habitants de la vallée du Cachemire, densément peuplée, feraient de celui-ci le seul État indien à majorité musulmane. De toute manière, le référendum ne put avoir lieu, car ni les forces pakistanaises ni les indiennes ne se sont jamais retirées, comme le stipulait la résolution du Conseil de sécurité. Depuis, le Cachemire est donc en état de partition de facto, les minorités non-musulmanes ont été expulsées des territoires contrôlés par le Pakistan et le Jammu-et-Cachemire est le seul État indien à majorité musulmane. De son côté, la Chine s’est fait céder une bande de terrain par le Pakistan et a occupé l’Aksai Chin : l’Inde revendique toujours ces territoires[6].

PolitiqueModifier

Résultat des élections législatives de 2014Modifier

Résultats des élections législatives au Jammu-et-Cachemire de 2014
Parti Sièges
Parti démocratique populaire du Jammu-et-Cachemire (en) 28
Bharatiya Janata Party 25
Conférence nationale du Jammu-et-Cachemire 15
Congrès national indien 12
Conférence populaire du Jammu-et-Cachemire (en) 2
Parti communiste d'Inde (marxiste) 1
Front démocratique populaire 1
Indépendants 3
Total 87

ÉconomieModifier

Villes principales : Srinagar, Jammu

DémographieModifier

La population totale en 2011 est de 12 541 302 habitants[1] selon le recensement officiel, dont 6 665 561 hommes et 5 883 365 femmes. En 2001, la population était de 10 143 700 habitants (dont 5 360 926 hommes et 4 782 774 femmes). Cela représente un accroissement de la population de 23,71 % sur dix ans. La population de Jammu-et-Cachemire représentait 1,04 % de la population totale de l’Inde en 2011 (contre 0,99 % en 2001)[1].

CultureModifier

Article détaillé : Musique cachemirie.

LanguesModifier

La langue officielle et administrative de l'État du Jammu-et-Cachemire est l'ourdou, une langue étrangère à la région et imposée par le gouvernement. Les deux langues dominantes par rapport au nombre de locuteurs sont le cachemiri, parlé dans la vallée du Cachemire, et le dogri, langue du Dogranchal (région du Jammu). Les régions les plus à l’est (districts de Kargil et du Ladakh) parlent deux langues proches du tibétain, le Balti et le Ladakhi, et sont faiblement peuplées (143 388 au Kargil et 147 104 au Ladakh lors du recensement de 2011[7]).

Les régions occidentales, de langues indo-aryennes et de confessions musulmane ou hindoue, concentrent l’essentiel de la population. Elle est particulièrement dense autour de Srinagar.

ReligionsModifier

La population de l’État indien de Jammu-et-Cachemire est de manière générale majoritairement musulmane à 68,31%, selon le recensement de 2011. Les Hindous viennent en deuxième position avec 28,44% de la population. Les 3,25% qui restent se répartissent entre Sikh (1,87%), Bouddhistes (0,9%), Chrétiens (0,28%), Jaïn (0,02%) et autres (0,17%)[2].

Cependant, si la vallée du Cachemire est musulmane à 96 %, avec 3 % d'Hindous et de Sikhs[8], en revanche la région du Jammu est hindoue à 87 % avec une minorité sikh de 8 % et 5 % de musulmans. Quant au Ladakh[9], de culture tibétaine, il est à majorité bouddhiste (81 %) avec une minorité musulmane (15 %), et une minorité hindoue de 3%.

EmblèmesModifier

TourismeModifier

Le tourisme, qui est une importante ressource du Cachemire, est globalement déconseillé depuis le milieu des années 1980. Cependant, le Cachemire reste aujourd'hui une région très touristique. Les principaux points d'attraction de la région sont les villes de Srinagar et Leh. Cette dernière ville est le point de départ pour des excursions dans la vallée du Zanskar et celle du Ladakh. Celle-ci est le premier pôle d'attraction de flux touristiques dans l'État. Les touristes s'y rendent principalement pour profiter des nombreuses attractions culturelles et sportives.

Cependant, du fait de son instabilité, la Vallée du Cachemire attire peu de touristes, tant indiens qu'étrangers. Entre 2012 et 2018, le nombre de visiteurs étrangers et domestiques a passé (avec un rebond en 2016 et 2017) de 1,3 million à 850'000[11].

Le Dogranchal, qui a peu à offrir dans le tourisme culturel et sportif, attire cependant des pèlerins hindous venus prier dans les nombreux sanctuaires et sites sacrés de la région, notamment le sanctuaire de Vaishno Devi (en), consacré à la Shakti. L'office de tourisme régional investit beaucoup dans le tourisme religieux au Jammu.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c (en) « Jammu and Kashmir Population Census data 2011 », Gouvernement de l'Inde (consulté le 16 août 2013).
  2. a et b [1]
  3. Par S. C. avec AFPLe 5 août 2019 à 10h22 et Modifié Le 5 Août 2019 À 11h30, « L’Inde retire l’autonomie constitutionnelle du Cachemire indien », sur leparisien.fr, (consulté le 5 août 2019).
  4. BFMTV, « L'Inde révoque par surprise l'autonomie du Cachemire, une décision explosive », sur BFMTV (consulté le 5 août 2019).
  5. « Inde: des responsables politiques du Cachemire en détention », sur FIGARO, (consulté le 6 août 2019).
  6. « JAMMU ET CACHEMIRE :L'origine+Aujourd'hui » (consulté le 17 août 2019)
  7. District Census 2011.
  8. (en) « Srinagar District : Census 2011-2019 data / Srinagar Religion-wise Data 2011 », sur census2011.co.in, s.d. (consulté le 18 août 2019)
  9. Census of India 2011. Jammu & Kashmir. District Census Hanbook. Leh, p. 59. Les chiffres donnés sont cependant ceux du recensement de 1981. En outre, il y a une erreur de frappe (?): 88,18 % au lieu de 81,8 %. http://censusindia.gov.in/2011census/dchb/DCHB_A/01/0103_PART_A_DCHB_LEH.pdf
  10. (en) « State Symbols of J&K », sur jkenvis.nic.in.
  11. (en) « In 2018, Kashmir witnessed lowest ever tourist footfall in 7 years », sur greaterkashmir.com, (consulté le 18 août 2019)

AnnexesModifier