Jacques Péricard

Jacques Péricard, de son vrai nom Joseph Péricard[1], né le à Saint-Florentin, Indre, et mort le dans l'Allier, ancien combattant de la Grande Guerre, était un journaliste et écrivain français nationaliste.

Jacques Péricard
Biographie
Naissance
Décès
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AllierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Enfant
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Conflit
Distinctions
Liste détaillée
Prix Montyon ( et )
Prix Fabien ()
Prix Sobrier-Arnould ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Il a épousé en premières noces Marguerite Leroux à Paris, le , puis s'est remarié après son veuvage avec Alice Ritte, à Vierzon le . Il sera père de onze enfants, parmi lesquels le journaliste et homme politique Michel Péricard.

Combattant de 1914-1918Modifier

Il effectua son service actif au 90e Régiment d'infanterie. Réserviste au 62e régiment d'infanterie territoriale en 1914, il est versé sur sa demande dans une unité d'active, le 95e RI, en . D'abord adjudant, il est nommé sous-lieutenant le , pour sa bravoure au Bois-Brûlé où il a crié « Debout les morts ! » le [2]. Ce cri est devenu célèbre par la suite. Il a publié de nombreux ouvrages sur la bataille de Verdun. « Qui n’a pas combattu à Verdun ne connaît rien à la misère humaine », affirme-t-il dans Verdun 1916.

On lui doit également plusieurs romans autobiographiques inspirés de sa vie de soldat. Pour l'ancien soldat et historien Jean Norton Cru (1879-1949), l'œuvre de Péricard n'est que pure affabulation : « Une collection d'anecdotes fantaisistes dont l'auteur souligne le caractère imaginaire par le ton humoristique de son style »[3].

Après la guerre, Péricard, employé à l'agence Havas, se présente comme le porte-parole des anciens combattants. Il propose en 1921 de ranimer chaque jour la flamme du soldat inconnu. Catholique pratiquant, il est président de la DRAC (Ligue des Droits du religieux ancien combattant). Il collabore aussi à différents journaux (L’Intransigeant, L'Ouest-Éclair, Le Bien public, Le Salut public). En 1922, il lance une publication annuelle, l'Almanach du combattant, qui perpétue le souvenir de la Grande Guerre et défend les droits des anciens combattants. L’Almanach sera encore publié en 1993, après une interruption pendant la Seconde Guerre mondiale.

Fin de vie et collaboration avec l’Allemagne nazieModifier

Les initiatives de Péricard en faveur des anciens combattants et son engagement pour les valeurs patriotiques le mèneront à cultiver un nationalisme de plus en plus militant. En novembre 1927, il est nommé président d'honneur de l'association des Croix-de-Feu, fondée par Maurice d'Hartoy, qui regroupait à l'origine les titulaires de la Croix de Guerre, et qui deviendra progressivement une ligue nationaliste sous la direction du colonel de la Rocque.

En 1940, son appartement de Saint-Germain-en-Laye est perquisitionné, et c'est sans doute à cette occasion que disparaissent les matrices de la plupart de ses ouvrages, censurés par les autorités allemandes. En 1940, il devient vice-président de la Légion française des combattants créée par le régime de Vichy. Partisan d’un nouvel ordre européen dans lequel la France jouerait avec l’Allemagne un rôle d’envergure, il milite pour l’implication massive de la France dans la guerre menée par l’Allemagne afin que le pays ne s’efface pas derrière le projet hitlérien. Collaborateur convaincu, il se fait la voix du vaste projet de création d’une armée Française en europe de l’Est.

Il a droit, en 1944, à des obsèques officielles auxquelles assiste en personne le maréchal Pétain.

DistinctionsModifier

Œuvres littérairesModifier

  • Debout les morts !, première partie, Face à face, Payot, 1916
  • Face à face, souvenirs et impressions d'un soldat de la grande guerre, Payot, 1917
Prix Montyon de l'Académie française
  • Ceux de Verdun, Payot, 1917
  • Debout les morts !, seconde partie, Pâques rouges, Payot, 1918
  • Un pèlerinage en forêt d'Apremont, Durassié et Cie, 1919
  • J'ai huit enfants. Le roman d'un papa, La Baudinière, 1926
Prix Fabien de l'Académie française 1927
  • Contes pour mes enfants, Librairie Baudinière
Prix Sobrier-Arnould de l'Académie française 1930
  • Verdun. Histoire des combats qui se sont livrés sur les deux rives de la Meuse de 1914 à 1918, Librairie de France, 1933
Prix Montyon de l'Académie française 1934
  • Le soldat de Verdun, La Baudinière, 1937
  • Verdun 1916, Nouvelle Librairie de France, réed. 1997

Notes et référencesModifier

  1. Il a choisi de se prénomer « Jacques » en littérature : dossier du Service historique de la défense n° 6 YE 823
  2. Adjudant Péricard - Les mots historiques
  3. Jean-Norton Cru, Témoins, 1929 (rééd. Presses universitaires de Nancy, 2006)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Paul Cointet, La Légion française des Combattants, 1940-1944. La tentation du fascisme, Albin Michel, 1995
  • Louis Panel, « Debout les morts ! Jacques Péricard ou la mémoire des tranchées », 14-18 Magazine, n° 36, août-, pp. 62–67

Articles connexesModifier