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Jacques Matter

enseignant français d'histoire
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Jacques Matter
Jacques Matter.jpg
Lithographie de Jacques Matter par Beyer et Engelmann - coll. BNUS
Biographie
Naissance
Décès
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StrasbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jacques Matter, né le à Alteckendorf et mort le à Strasbourg, était un inspecteur général et un professeur d'histoire ecclésiastique à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg.

BiographieModifier

Jacques Matter est le fils de Jean Matter, propriétaire cultivateur, et d'Anne-Marie Schwœbel. Il étudia au gymnase Jean-Sturm, puis au Séminaire protestant et à la Faculté de théologie. Afin de parfaire ses connaissances, il partit à Göttingen en 1814, puis à Paris de 1815 à 1817, où fut protégé par le naturaliste et archéologue numismate Millin. En 1817, il soutint deux thèses portant sur des sujets d'histoire ancienne et il obtint le doctorat de théologie quatre ans plus tard[1].

Il se marie à Strasbourg le 31 mars 1819 avec Marie Sophie Pauline Goguel, fille de Georges Frédéric Goguel, fabricant de tabac, et de Marie Marguerite Élisabeth Saltzmann, fille du théosophe strasbourgeois Frédéric-Rodolphe Saltzmann.

Il fut professeur d'histoire au collège royal de Strasbourg (1818-1820), puis professeur de philosophie au Séminaire protestant (de 1820 à 1843 et de 1846 à 1864) et enfin professeur d'histoire ecclésiastique à la Faculté de théologie. Cependant, Jacques Matter n'était pas qu'un enseignant ; il était également un administrateur, un pasteur (de 1825 à 1829 à Saint-Thomas) et un écrivain fécond. Il fut nommé inspecteur d'académie en 1818, puis inspecteur général des études de 1828 à 1845. De 1822 à 1828, il fut également proviseur du Gymnase qu'il contribua moderniser et où il imposa le français comme langue d'enseignement dans toutes les matières[1].

Il insistait particulièrement sur l'usage du français car il fut l'une des rares personnes de son époque qui avait conscience qu'il y avait un véritable risque de clivage social en Alsace entre ceux qui maîtrisaient la langue nationale et les milieux populaires qui continuaient à l'ignorer. Ainsi, s'il ne bannissait pas l'allemand, il favorisait du moins la diffusion de français en tant qu'inspecteur et professeur.

Il fonda plusieurs revues pédagogiques comme L'instituteur primaire, le Visiteur des écoles et le Manuel général d'instruction primaire, afin d'aider à la formation des enseignants.

En 1845, Jacques Matter démissionna de ses fonctions pour être nommé inspecteur général des bibliothèques, mais il n'occupa ce poste qu'un an, avant de définitivement se consacrer à ses recherches. Celles-ci concernaient essentiellement les doctrines philosophiques ésotériques, ce qui contribua à le mettre à la tête d'un cercle de théosophes strasbourgeois. Il est d'ailleurs l'inventeur du nom « ésotérisme » en français, que l'on retrouve dès 1828 dans l'Histoire critique du gnosticisme[2]. Il a hérité des écrits personnels de Saint Martin et il en a été le premier biographe[3].

Son fils, Albert Jules Timothée Matter (1823-1907), est également devenu pasteur et professeur. Spécialiste des dogmes luthériens, il est le fondateur en 1883 de la Société théologique. Il devint également le président de la Société biblique de France et il dirigea la commission synodale de la révision de la Bible d'Ostervald parue en 1744[4].

Œuvres principalesModifier

À cette liste (non exhaustive), s'ajoutent de très nombreuses contributions à des périodiques, comme le Dictionnaire de la conversation, l'Encyclopédie des gens du monde, la Revue d'Alsace, la France littéraire et la Theologische Encyclopädie[5].

La plupart des livres de Jacques Matter ont connu des rééditions.

Histoire et philosophieModifier

PédagogieModifier

  • Le visiteur des écoles, 1830 - repris et complété en 1838
  • L'instituteur primaire, Paris, Libr. L. Hachette, 1832
  • L'instituteur primaire, ou conseils et directions pour préparer les instituteurs [...] à leur carrière, Paris, 1843
  • De l'éducation des enfants dans les classes ouvrières et de leur retrait prématuré de l'école, Strasbourg, 1858

Mystique et théosophieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Bernard Vogler, « Matter Jacques », dans Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, Vol.VI, Mar-Reic, 1997, p.2561.
  2. Histoire critique du gnosticisme, Paris, F. G. Levrault, 1828, p. 83 ; « Ésotérisme (Histoire du mot) », in Jean Servier (dir.), Dictionnaire critique de l’ésotérisme, Paris, PUF, 1998, p. 481.
  3. Richard Raczynski, Un dictionnaire du Martinisme, Paris, Dualpha éd., 2009, p. 409-410.
  4. Bernard Vogler, « Matter Albert Jules Timothée », dans Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, Vol.VI, Mar-Reic, 1997, p.2562.
  5. Bernard Vogler, « Matter Jacques », dans Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, Vol.VI, Mar-Reic, 1997, p.2562.
  6. http://www.martiniste.org/documents/doc_bilbio_matter_saint-martin.html, consulté le 20 février 2014.

Voir aussiModifier