Ouvrir le menu principal

Jacqueline Risset

poétesse française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Risset.
Jacqueline Risset
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Besançon (Doubs)
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
RomeVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Jacqueline Risset, née le à Besançon à Doubs et morte le à Rome[1],[2], est une poétesse[3] française, critique littéraire, traductrice et universitaire.

BiographieModifier

Elle est en particulier spécialiste de Dante et auteur d'une traduction de La Divine Comédie présentée par son éditeur comme étant une traduction de référence.

Fascinée très tôt par la ville de Florence, puis par la poésie de la Renaissance (L'Anagramme du désir. Sur la Délie de Maurice Scève, 1971)[4].

De 1967 à 1982, elle a été membre du comité de rédaction de la revue Tel Quel dont son premier recueil de poésie fragmentaire joue le Jeu (1971), usant des ressources de la linguistique, de la philosophie ou de la psychanalyse[4].

Ancienne élève de l'École normale supérieure de jeunes filles, elle part étudier en Italie pour s’écarter d’un destin trop tracé[4], agrégée d'italien[5],traductrice de Ponge et de Sollers[4], elle a été professeur de littérature française à l'université « La Sapienza » à Rome et à l’Université « Roma3 » de Rome, elle s'y installe et se lance dans une magistrale traduction de La divine Comédie de Dante qui lui prend dix ans et s'affirme comme la traduction de référence[6].

Après un essai emblématique (L'invenzione e il modello : l'orizzonte della scrittura dal petrarchismo all'avanguardia, Rome, 1972), Jacqueline Risset travaille à une biographie, Dante écrivain, ou l'Intelletto d'amore (1982), qui la conduit à traduire elle-même un texte canonique dont elle veut retrouver la vigueur première. L’entreprise durera huit ans. Cette version de la Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, Paradis, 1985, 1988, 1990), établie à partir de la nouvelle édition de Giorgio Petrocchi, nourrie de sa culture d'italianiste et de choix prosodiques résolument modernes, devient une référence[4].

Née d'un constant dialogue (Traduction et mémoire poétique. Dante, Scève, Rimbaud, Proust, 2007), l'œuvre de Jacqueline Risset, proche d'Yves Bonnefoy, se nourrit de l'expérience de la traduction, de la réflexion critique sur les modèles (Marcelin Pleynet, 1988 ; Dante, une vie, 1995 ; Une certaine joie. Essai sur Proust ; 2009) ainsi que de la confrontation de l'intelligence des formes avec l'existence ; l'universitaire (Il silenzio delle sirene : percorsi di scrittura nel novecento francese, 2006) qui vit depuis les années 1960 à Rome[4].

Jacqueline Risset a choisi l'italien un peu par hasard à son entrée à l'Ecole normale supérieure, par refus de la carrière d'enseignante normalienne typique, progressant d'un poste de province à la capitale. L'italien donc, peu étudié dans les années 50 et l'obtention d'une bourse d'études à Rome pour deux années. De retour à Paris elle réussit l'agrégation, participe au groupe Tel Quel, réfléchit au processus de la traduction. Elle traduit également Le Prince de Machiavel et Cinecittà de Fellini et de français en italien le poètes de tel Quel et l'œuvre de Francis Ponge. Outre sept recueils de poésie, elle a consacré des essais au poète de la Renaissance Maurice Scève, à Dante et à Proust. La parution de son autobiographie, Les instants, les éclairs a fait sensation en 2014 pour son écriture onirique, parfois décalée[6].

ŒuvresModifier

PoésieModifier

  • Jeu, Seuil, coll. « Tel Quel », 1971.
  • Mors, Orange Export Ltd, 1976.
  • La Traduction commence, Christian Bourgois, coll. "Première livraison", 1978.
  • Sept passages de la vie d’une femme, Flammarion, 1985.
  • L'Amour de loin, Flammarion, 1988.
  • Petits éléments de physique amoureuse, Gallimard, coll. « L’infini », 1991.
  • Les Instants, Farrago, 2000.

EssaisModifier

Traductions en françaisModifier

Traductions en italienModifier

  • Poeti di Tel Quel, Einaudi, 1970.
  • Francis Ponge, Il Partito preso delle cose, Einaudi, 1978.
  • Claude Esteban, Diario immobile, Vanni Scheiwiller/All’insegna del pesce d’oro, 1987.

Notes et référencesModifier

  1. « Mort de Jacqueline Risset, écrivain et traductrice de Dante », culturebox.francetvinfo.fr, 5 septembre 2014
  2. (it) « Addio a Jacqueline Risset, La poesia nel nome di Dante », sur unita.it, (consulté le 4 septembre 2014)
  3. « POÉTESSE n. f. XVe siècle, poëtisse ; XVIe siècle, poëtesse, puis poétesse. Dérivé de poète.
       Femme poète. Sapho est une poétesse illustre. Anna de Noailles [née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan (Paris : 1876-1933)] récusait le terme de « poétesse », qu'elle jugeait condescendant. »

          — tiré du Dictionnaire de l'Académie française (consultation en ligne), neuvième édition (actuelle, depuis 1936).
  4. a b c d e et f Encyclopædia Universalis, « JACQUELINE RISSET », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 27 mai 2019)
  5. Selon l'annuaire des anciens élèves de l'ENS
  6. a et b « Auteur : Jacqueline Risset, LaProcure.com », sur La Procure (consulté le 27 mai 2019)

Bibliographie critiqueModifier

  • Jacqueline Risset par Yves Leclair, in Encyclopaedia Universalis : Universalia 2015.

Liens externesModifier