Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Itala.

Itala Film (souvent appelée simplement l’Itala) est une maison cinématographique italienne spécialisée dans la production et la distribution de films qui fut active dès la période du muet.

Sommaire

Les débuts avec Carlo Rossi & C.Modifier

Le Carlo Rossi et Guglielmo Remmert fondèrent à Turin une entreprise cinématographique sous la raison sociale Carlo Rossi & C., issue d'une entreprise antérieure de communication télégraphique sans fil[1].

L'entreprise engagea certains techniciens de Pathé, par exemple Charles-Lucien Lépine, directeur général de la Pathé, engagé comme directeur artistique, les opérateurs Raoul Comte, Georges Caillaud, Eugène Planchat et le technicien suisse Ernest Zollinger.

Bien que la production de la Carlo Rossi & C., qui consistait principalement en documentaires et brefs films à sujet, fût plutôt soutenue, elle fut interrompe après seulement huit mois à la suite de différends entre les associés[2] et la société fut mise en liquidation.

Naissance d'Itala FilmModifier

 
Affiche (Pier Luigi Caldanzano, 1914) du film Cabiria

L'ingénieur Carlo Sciamengo, qui était chargé de la liquidation de la Carlo Rossi & C., et le jeune comptable Giovanni Pastrone[2] restructurèrent l'entreprise et la renommèrent Itala Film en septembre 1908. Dans cette nouvelle structure Sciamengo prit la fonction de directeur administratif et de producteur exécutif tandis que Pastrone devint directeur général et animateur[3]. À ses débuts la production se limitait à des documentaires et des courts métrages.

La plupart des employés de Carlo Rossi & C. restèrent fidèles à Itala Film, par exemple Oreste Mentasti, principal réalisateur et nommé directeur artistique, et l'opérateur Giovanni Tomatis, auxquels se joignirent le peintre Luigi Romano Borgnetto, actif au début comme scénographe puis aussi comme réalisateur et scénariste.

La jeune société Itala Film poursuivit la ligne politique de Carlo Rossi & C. et contracta avec divers acteurs français comme le comique André Deed, interprète de plusieurs films de la série Cretinetti, très appréciés du public et qui contribuèrent grandement aux recettes de l'entreprise et lui permirent de s'affirmer au niveau européen. Quelques années plus tard elle contracta un autre acteur français, Émile Vardannes, interprète de la série comique Totò.

Dès 1910 l'entreprise se lança dans de nouveaux genres. Outre les films comiques elle tourna des films dramatiques, historiques et des comédies, souvent inspirés d'œuvres littéraires. Parmi eux notamment Le comte Ugolin (Il conte Ugolino) (1908) et La Maschera di ferro (1909), qui fut un succès international[4]), tous deux d'une durée d'environ dix minutes.

Très rapidement, Itala Film devient la troisième maison de production cinématographique italienne quant au nombre de pellicules produites[5] et une des plus productives au niveau international. En 1911 l'entreprise se transforme en société en mon collectif et prend la raison sociale Itala Film - Ing. Sciamengo & Pastrone: s.n.c. et son capital est augmenté. Elle établit de nombreuses filiales à l'étranger, en Europe et dans les deux Amériques.

De nouveaux artistes, techniciens et intellectuels sont engagés : les Français Alexandre Bernard, Vincent Dénizot, Gabriel Moreau, Victor Vina, les Italiens Emilio Ghione, Giovanni Casaleggio, Sandro Camasio, Nino Oxilia, Adriana Costamagna, Domenico Gambino, Dante Testa, Augusto Genina, Ernesto Vaser, Febo Mari, Felice Minotti, Gero Zambuto, Oreste Bilancia, les premières grandes prima donnas du cinéma muet italien Italia Almirante Manzini et Pina Menichelli, et les sœurs Lidia, Letizia et Isabella Quaranta, Teresa Marangoni (déjà active chez Carlo Rossi & C.). Plus tard se joignirent encore Ermete Zacconi son épouse Ines, Umberto Mozzato et Ruggero Ruggeri.

Lorsqu'elle était au faîte de son succès, à savoir entre 1910 et 1918, Itala Film a produit des œuvres majeurs comme Père (Padre) (1912), Adieu, jeunesse (Addio giovinezza!) (1913), Le Feu (Il fuoco) (1916), Tigre royal (Tigre reale) (1916) et un monumental succès, avec Cabiria (1914).

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (it) Cf. G. P. Brunetta, Guida alla storia del cinema italiano: 1905-2003, Einaudi, 2003, p. 426.
  2. a et b (it) Cfr. A. Bernardini, Cinema muto italiano: Industria e organizzazione dello spettacolo 1905-1909, Laterza, 1980, p. 107.
  3. (en) "The 'Pastrone System': Itala Film from the Origins to World War I" - Jstor.org
  4. (it) Cf. P. Cerchi Usai, Giovanni Pastrone, ed. La Nuova Italia, 1985, p. 22.
  5. (it) Cf. P. Cerchi Usai, Giovanni Pastrone, La Nuova Italia, 1985, p. 33