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Ismaël Emelien

conseiller d'Emmanuel Macron
Ismaël Emelien
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Fonction
Conseiller (en)
Cabinet du président de la République française
-
Biographie
Naissance
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GrenobleVoir et modifier les données sur Wikidata
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Havas (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata

Ismaël Emelien, né le à Échirolles, est un conseiller politique français.

En 2006, il participe à la campagne de Dominique Strauss-Kahn pour la primaire présidentielle socialiste. Il travaille ensuite pour la fondation Jean-Jaurès et occupe le poste de directeur des études d'Euro RSCG.

Conseiller en communication d'Emmanuel Macron au ministère de l'Économie, il participe au lancement d'En marche ! et poursuit ses activités de conseil auprès d'Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle de 2017.

Une fois celui-ci élu président de la République, il devient son conseiller spécial au palais de l'Élysée. Après avoir été cité dans l'affaire Benalla, il démissionne en mars 2019.

BiographieModifier

Famille et formationModifier

Né le à Grenoble[1],[2], Ismaël Emelien est le fils d'une infirmière et d'un ingénieur[3], cofondateur d'une société de vente et d'installation de panneaux solaires[4],[5]. Issu d'une fratrie de quatre frères et sœurs, il vit à Grenoble avant d'entamer ses études à Paris. Il a été scout[6].

Il est diplômé de Sciences Po en 2010[7],[8].

Marié, il a eu Stanislas Guerini comme témoin de mariage[9].

Débuts auprès de Dominique Strauss-Kahn en 2006Modifier

Encore étudiant à l'Institut d'études politiques de Paris, il rejoint avec Cédric O, Benjamin Griveaux, Stanislas Guerini[6] ou encore Sibeth Ndiaye[10] l'équipe de Dominique Strauss-Kahn, alors son professeur d'économie, pour sa campagne de la primaire présidentielle socialiste de 2006 : occupant d'abord un rôle restreint, il aide finalement Gilles Finchelstein pour la rédaction des discours[11],[12],[13]. Il prend alors sa carte au Parti socialiste afin de pouvoir voter pour le candidat, non pour militer[14].

En 2007, il passe son année d'étude au Caire, où il apprend l'arabe. Il se rend en Syrie pour installer une succursale de l'entreprise que son père a fondée avec Stanislas Guerini[6].

Passage à la Fondation Jean-JaurèsModifier

Peu de temps après, il rejoint la Fondation Jean-Jaurès, où il travaille pour Gilles Finchelstein, directeur général du think tank, et coordonne l'ouvrage collectif Repenser l'action publique avec Julia Cagé[15].

Carrière chez HavasModifier

Recruté par Gilles Finchelstein, directeur des études d'Euro RSCG (devenu entre-temps Havas Worldwide) en parallèle de ses fonctions à la Fondation Jean-Jaurès. Il contribue à préparer la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la primaire socialiste de 2011, avant qu'elle n'avorte avec l'affaire du Sofitel[6].

Il décroche notamment une mission de conseil auprès de Pierre Moscovici lorsque celui-ci est ministre de l'Économie[14]. En 2013, il fait partie de l'équipe de Havas chargée de la communication de Nicolás Maduro, président du Venezuela après la mort d'Hugo Chávez, pendant sa campagne présidentielle[16],[7], ce qui soulève a posteriori, malgré son rôle limité à l'époque[14], un vif débat dans les dernières semaines de la campagne présidentielle française[17]. En 2017, il confie avoir compris pendant la campagne que Maduro n'était pas « un vrai réformiste » comme il le croyait, précisant que « le contrat n'a pas été renouvelé »[7].

Devenu directeur-conseil de l'agence en 2013, il quitte Havas l'année suivante pour rejoindre le cabinet d'Emmanuel Macron[18],[19].

Mediapart indique que « sa compagne, Hélène Ribault, travaillait elle aussi jusqu’en mars dernier [2017] pour Havas, où elle était chargée de la filiale organisant des événements de luxe pour les VIP »[19]. Ils sont séparés depuis juin 2017[réf. nécessaire].

Passage à Bercy auprès d'Emmanuel MacronModifier

Après l'avoir rencontré en septembre 2009 au Forum annuel du progressisme, à Santiago du Chili, il se rapproche à la fin de l'année 2012 d'Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l'Élysée, pour qui il rédige des comptes rendus de dîners[3]. À l'été 2014, il commence à créer une start-up avec Julien Denormandie et Emmanuel Macron, jusqu'à ce que ce dernier soit nommé ministre[20],[21]. Il le rejoint donc en septembre 2014[22] au ministère français de l'Économie et des Finances, comme conseiller chargé de la stratégie, de la communication et des discours[12],[23],[24]. Il met alors en place, à l'occasion notamment des débats sur la loi activité et croissance, une méthode de communication basée sur la "pédagogie en temps réel"[25]. En 2016, il quitte son emploi au ministère et participe au lancement d'En marche ![26].

Lancement d'En marche et campagne présidentielle de 2017Modifier

Dès l'automne 2015, il travaille en secret avec Julien Denormandie au lancement d'En marche[27]. Il travaille avec Emmanuel Macron au cours de la campagne présidentielle française de 2017 en tant que « conseiller communication et affaires stratégiques »[1]. Pour ce faire, il s'appuie en particulier sur la start-up de stratégie électorale Liegey Muller Pons[28], et sur la start-up d'analyse linguistique Proxem[1].

Conseiller spécial du président de la RépubliqueModifier

ResponsabilitésModifier

Après l'élection d'Emmanuel Macron, il devient son conseiller spécial au palais de l'Élysée, un poste précédemment occupé par Jacques Attali auprès de François Mitterrand ou par Henri Guaino auprès de Nicolas Sarkozy[29],[11]. Réputé très discret et méfiant envers les journalistes[19], il est décrit par le quotidien Le Monde comme faisant partie, avec le président de la République et le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, des trois hommes qui « dirigent la France. »[30] Le Figaro indique qu'« il travaille pêle-mêle sur la stratégie du président, la communication numérique, la gestion de crise, livrant des « éléments de langage » aux communicants du gouvernement par le biais d'une boucle Telegram. Il relit les interviews ministérielles, y rajoute des mots-clés (le « wording », dans le jargon des communicants) »[31]. Il invente le slogan « Make Our Planet Great Again », en réaction à la décision du président américain Donald Trump de quitter l'accord de Paris sur le climat, en référence à son propre slogan de campagne « Make America Great Again »[6], ou encore l'expression « premier de cordée »[3]. Il est également à l'origine de la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo où Emmanuel Macron parle des aides sociales qui coûtent, selon lui, « un pognon de dingue »[32].

Selon les journalistes Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, Ismaël Emelien est attentif au bon fonctionnement de LREM lorsqu'il est au palais de l'Élysée et que Christophe Castaner est délégué général du parti, « quitte à fonctionner en ligne directe avec son amie Anne Descamps, alors directrice marketing et communication, pour élaborer la stratégie »[33].

Affaire BenallaModifier

En juillet 2018, dans le cadre de l'affaire Benalla, il est soupçonné d'avoir été en possession d'images de vidéosurveillance remises illégalement à Alexandre Benalla par trois officiers de police mis en examen : Guillaume Larrivé, corapporteur de la commission d'enquête, indique vouloir l'auditionner[34]. L’examen des relevés téléphoniques d’Alexandre Benalla montre que, dans la nuit du 18 au , alors que Le Monde vient de révéler qu'Alexandre Benalla a frappé un couple le 1er mai à Paris, Ismaël Emelien lui a envoyé des textos jusqu’à 2 h 28, puis à nouveau peu après 5 heures[3],[35]. Selon les enquêteurs, « l'utilisateur du mobile 06 (…) identifié à Emelien Ismaël semble le plus en capacité d’avoir pu réceptionner durant la nuit le CD remis par [le policier] Jean-Yves Hunault à Alexandre Benalla »[3]. Alexandre Benalla reconnaît avoir remis une copie de la vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe à « un conseiller communication » du palais de l'Élysée, avant d’ajouter : « Je crois qu’ils ont essayé de la diffuser et de la fournir à des gens, pour montrer la réalité des faits »[35]. Dans des enregistrements publiés par Mediapart, Alexandre Benalla affirme être soutenu par « le président, Madame [Brigitte Macron], Ismaël qui me conseille sur les médias et compagnie », ce que l’Élysée dément[3].

Il annonce sa démission le au Point, effective fin mars ou début avril de la même année. Il dit vouloir se concentrer sur la promotion d'un ouvrage qu'il coécrit avec David Amiel, également conseiller de l'Elysée[36]. Mediapart affirme que l'affaire Benalla cache « les véritables raisons de son départ » et souligne qu'il est l'un des « rare[s] protagoniste[s] de cette affaire à avoir échappé aux questions des parlementaires »[35].

En mars 2019, Le Monde révèle qu'Ismaël Emelien a été interrogé le 16 janvier, « en toute discrétion », par un commissaire de l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Il aurait ajouté des images d'une autre scène de violence dans une vidéo récupérée illégalement auprès de la préfecture de police pour tenter de disculper Alexandre Benalla[37]. Selon les procès-verbaux consultés par Le Monde, il aurait reconnu avoir aidé Alexandre Benalla à organiser un contre-feu médiatique en faisant diffuser, quelques heures après les révélations du Monde, des images montrant en porte-à-faux le jeune couple interpellé place de la Contrescarpe. Il dément avoir cherché à « assurer la défense personnelle de M. Benalla, mais celle de l’Élysée et du président de la République, qui étaient pris à partie dans cette crise ». Il aurait également affirmé qu’il ignorait que les images censées ainsi « excuser » l’attitude d’Alexandre Benalla, le 1er mai, provenaient d’une vidéosurveillance policière[38]. Le Monde révèle ensuite que parmi les images diffusées à l'initiative d'Ismaël Emelien, figure une scène faussement accusatoire, n'ayant pas eu lieu au même moment, ni au même endroit[39].

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, est également impliquée dans la diffusion massive de ces fausses informations visant à disculper Alexandre Benalla[40].

OuvragesModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c Cédric Pietralunga, « Ismaël Emelien, le bras droit d’Emmanuel Macron », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. « Ismaël Emelien, de petite main à bras droit », Libération,‎ (lire en ligne)0
  3. a b c d e et f Raphaëlle Bacqué, « Ismaël Emelien, le très discret homme du président », sur Le Monde, .
  4. "Législatives: pourquoi ces patrons veulent devenir députés sous Macron", BFMTV, 16 mai 2017.
  5. Arthur Nazaret, « Comment les "DSK boys" ont pris leur revanche grâce à Macron », sur lejdd.fr, (consulté le 7 août 2017).
  6. a b c d et e Sophie des Déserts, « Le casse du siècle », Vanity Fair, no 53,‎ , p. 108-115 et 154-155.
  7. a b et c Corinne Lhaïk, « De DSK à Macron, l'étonnant parcours d'Ismaël Emelien », sur L'Express, .
  8. Nathalie Raulin, « Ismaël Emelien Le spécialiste de l’opinion », sur Libération, .
  9. Pauline Théveniaud, « Stanislas Guerini, le «bon garçon» de la République en marche », sur leparisien.fr, (consulté le 6 juin 2019).
  10. Mariana Grépinet, « Stanislas Guérini. Un inconnu à la tête des marcheurs  », sur Paris Match, semaine du 28 novembre au 5 décembre 2018, p. 50.
  11. a et b Remy Dodet, « 10 choses à savoir sur Ismaël Emelien, l'intrigant stratège de Macron », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le 7 août 2017).
  12. a et b « A Bercy, Emmanuel Macron recrute son équipe de com' dans les réseaux DSK », La Lettre A, .
  13. Ludovic Piedtenu, « Les marcheurs d'Emmanuel Macron », sur France Culture, .
  14. a b et c Julien Martin, « L'homme qui murmure à l'oreille de Macron », sur L'Obs, , p. 47-50.
  15. Marion Lagardère, « Bayrou - Macron : à deux c'est vraiment mieux ? », europe1.fr, (consulté le 6 septembre 2017).
  16. « Le bras droit de Macron a pris part à l’élection du président vénézuélien », sur Mediapart (consulté le 14 mai 2017).
  17. Mathieu Magnaudeix, « Le bras droit de Macron a pris part à l’élection du président vénézuélien », sur Mediapart, (consulté le 30 mai 2017).
  18. Raphaël Legendre, « Ismaël Emelien : Emmanuel Macron choisit un communicant de l'écurie Fouks », sur L'Opinion, .
  19. a b et c Mathieu Magnaudeix et Ellen Salvi, « Havas tisse sa toile autour de Macron », sur Mediapart, (consulté le 5 septembre 2017).
  20. Carl Meeus, « Julien Denormandie, dans le sillage de Macron », Le Figaro Magazine,‎ semaine du 3 novembre 2017, p. 24-25.
  21. Vincent Nouzille, « Les hommes du président », Le Figaro Magazine,‎ semaine du 17 novembre 2017, p. 46-54.
  22. Arrêté du 1er septembre 2014 portant nomination au cabinet du ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique (lire en ligne).
  23. « Ismaël Emelien, d'Havas Paris, pourrait rejoindre Bercy », Stratégies,‎ (lire en ligne).
  24. Cyrille Lachèvre, « Pour Macron, Ismaël Emelien invente la pédagogie politique en temps réel », sur L'Opinion, .
  25. « Pour Macron, Ismaël Emelien invente la pédagogie politique en temps réel », L'Opinion,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2017).
  26. Charlotte Chaffanjon, « Le chargé de communication de Macron quitte Bercy pour se mettre "En marche !" », Le Point, (consulté le 4 novembre 2017).
  27. Elsa Freyssenet, « Comment Macron prépare son offensive d’octobre », sur lesechos.fr, (consulté le 7 août 2017).
  28. Zineb Dryef, « Trois hommes + un logiciel = l’Elysée ? », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2019)
  29. Raphaël Legendre, « Kohler, Strzoda, Etienne, Emelien : premières nominations pour le président Macron », sur Le Parisien, .
  30. Solenn de Royer, « Emmanuel Macron, Alexis Kohler, Ismaël Emelien : ce trio qui dirige la France », sur Le Monde, (consulté le 7 août 2017).
  31. François-Xavier Bourmaud et Marcelo Wesfreid, « Rivoisy, Kohler, Emelien... Ils composent la garde rapprochée de Macron », sur lefigaro.fr, (consulté le 27 octobre 2018).
  32. « Affaire Benalla, "pognon de dingue"... Les raisons du départ d'Ismaël Emelien posent question », sur francetvinfo.fr, (consulté le 12 février 2019).
  33. Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, Les Apprentis de l'Élysée, Plon, , 280 p., p. 313-314.
  34. « Guillaume Larrivé veut auditionner Ismaël Emelien, conseiller spécial d'Emmanuel Macron », sur RMC (consulté le 26 juillet 2018).
  35. a b et c Ellen Salvi, « Menacé par l’affaire Benalla, Ismaël Emelien quitte à son tour l’Elysée », sur Mediapart, (consulté le 12 février 2019).
  36. Laureline Dupont, « EXCLUSIF. Ismaël Emelien annonce au Point sa démission », sur Le Point, (consulté le 11 février 2019).
  37. Pour tenter de disculper Alexandre Benalla, un ex-conseiller de l'Elysée a fait diffuser un montage vidéo trompeur, francetvinfo.fr, 30 mars 2019
  38. Ariane Chemin et François Krug, « Affaire Benalla : ce qu’a dit Ismaël Emelien, conseiller spécial de Macron, aux enquêteurs », sur lemonde.fr, (consulté le 8 mars 2019).
  39. « Le montage vidéo trompeur de l'Elysée pour défendre Alexandre Benalla », sur nouvelobs.com, (consulté le 30 mars 2019).
  40. « Sibeth Ndiaye : la nouvelle porte-parole du gouvernement "dead" dès son premier tweet ? », sur Marianne, (consulté le 3 avril 2019)

Voir aussiModifier