Irancy

commune française du département de l'Yonne

Irancy
Irancy
Vue du village en juin 2020.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Intercommunalité Communauté d'agglomération de l'Auxerrois
Maire
Mandat
Stephan Podor
2020-2026
Code postal 89290
Code commune 89202
Démographie
Gentilé Irancyçois, Irancyçoise
Population
municipale
269 hab. (2018 en diminution de 7,24 % par rapport à 2013)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 42′ 51″ nord, 3° 39′ 56″ est
Altitude Min. 105 m
Max. 298 m
Superficie 11,98 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Auxerre
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Vincelles
Législatives Première circonscription
Localisation
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Irancy

Irancy est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

GéographieModifier

La commune s'étend sur 12 km² et se trouve à 171 mètres d'altitude. L'Yonne est le principal cours d'eau qui traverse Irancy.

Communes limitrophesModifier

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Irancy est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Auxerre, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 104 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[4],[5].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (73,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (72,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (41,9 %), forêts (24,4 %), cultures permanentes (24,3 %), zones agricoles hétérogènes (7,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %), prairies (0,3 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

HistoireModifier

 
Vue du village d’Irancy et son vignoble aux alentours.

La terminologie en « y » suppose probablement une occupation gallo-romaine. Grands amateurs de vins, les Romains ont probablement apprécié à leur juste mesure les possibilités de la situation géographique d'Irancy[8]. La tradition locale rapporte : soit qu'il y ai eu des émeutes sanglantes pendant la Saint-Barthélémy et que le sang ait coulé dans les ruelles en pente ; soit que ce sont les Anglais lors du siège de Cravant qui auraient pillé le village pour maintenir le siège en massacrant et enterrant les habitants sur place, ce qui expliquerait le nom à caractère morbide de certaines voies, notamment la "rue des morts", située à l'extrémité ouest du village[8],[9].

Il est dit qu'au cours d'une nuit, les huguenots ont assailli le village[8], ont tué de nombreux habitants et pillé le village, par représailles. Les corps auraient été jetés dans les puits situés tout au long de cette "rue des morts ».

Bourg viticoleModifier

Le village est la propriété du monastère Saint-Germain d'Auxerre. L'autorité monastique s'étend depuis le IXe siècle sur la paroisse voisine d'Aucept, aujourd'hui disparue et intégrée à la commune de Saint-Bris. C'est donc l'abbé de ce vénérable monastère qui désigne le lieutenant et le procureur fiscal de la justice du lieu[8].

La population atteinte au début du XVIe siècle justifie "la fermeture" du village, c'est-à-dire la construction d'une enceinte. Les murailles procurent un sentiment de puissance aux habitants. Ils auront ainsi la prétention de résister à l'armée protestante (Condé détient Noyers) : la population sera massacrée sans pitié.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Irancy a, comme tous les villages des environs, une vocation viticole. Les familles Barlois, Michau, Chapotin[9], Charriat[10] et Soufflot assurent successivement la direction de la communauté. Les éléments les plus actifs tissent des liens avec Paris.

Pandémie de choléraModifier

Irancy est atteint par une pandémie de choléra en 1832. Alors que la mortalité moyenne était de environ 30 décès par an, en 1832 il y a 97 décès dont 64 entre le 4 et le . Les personnes décédées se répartissent sur toutes les tranches d'âge, de 6 mois à 92 ans. Dans certaines familles on déplore plusieurs décès (les deux époux, un parent et un enfant)[11].

 
Saint-Vincent Tournante à Irancy en 2016

Époque contemporaineModifier

Le village a reçu la Fête de la Saint-Vincent tournante les 30 et .

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

 
Vue de la mairie.

La liste des maires est la suivante[12].

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1792 1794 J.B Roux   Officier public
1795 1797 Nicolas Rojot   Officier public
1798 1823 Jean Cottin   Notaire
1824 1830 M. Fosseyeux   Notaire
1831 1839 M. Sonié-Moret   Notaire
1840 1868 M. Mainferme   Notaire
1868 1877 M. Jacquillat   Notaire
1878 1884 François Colas   Vigneron
1884 1896 Cléomène Charriat   Vigneron
1896 1908 M. Gauthier   Vigneron
1908 1912 Léon Podor   Vigneron
1912 1913 M. Bienvenu   Vigneron
1913 1919 M. Delingette   Vigneron
1919 1925 Léon Podor   Vigneron
1925 1935 Félix Robert   Vigneron
1936 1940 M. Gauthier   Vigneron
1940 1947 Gabriel Midière   Vigneron
1947 1948 M. Joudelat   Vigneron
1948 1952 André Delaloge   Vigneron
1952 1953 M. Vincent   Vigneron
1953 1959 M. Delaloge   Vigneron
1959 1971 M. Tribaudot   Vigneron
1971 1989 M. Cantin   Vigneron
1989 1995 M. Delaloge   Vigneron
1995 2001 M. Roussel   Cadre administratif
2001 2014 Gérard Briolland   Retraité des assurances
2014   Stéphan Podor   Vigneron

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[14].

En 2018, la commune comptait 269 habitants[Note 3], en diminution de 7,24 % par rapport à 2013 (Yonne : −1,17 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1221 1721 1731 1901 0721 0391 0151 0081 020
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9661 0231 017911916901868826772
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
700670619518490445392449434
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
400383387370340332316307285
2018 - - - - - - - -
269--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

ÉconomieModifier

251 hectares de vigne sur la commune sont délimités en appellation communale, l'irancy, depuis le . Parmi les coteaux les plus qualitatifs, se trouvent Palotte, les Mazelots ou encore les Cailles. L'irancy est un vin de garde, les bonnes années il peut avantageusement vieillir plus de dix ans. L'Irancy est le seul vignoble qui utilise encore dans sa composition l'antique cépage césar.

La culture de la cerise y a longtemps occupé une autre part importante des terres exploitables. Elle est toujours significative en 2020.

La commune accueille la Saint-Vincent tournante en 2016[17].

Culture et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Clocher de l'église.
 
Vue du cimetière d'Irancy.
  • Le cimetière communal, situé rue Soufflot. Le monument aux morts est situé dans son enceinte ainsi qu'un monument à la mémoire des habitants inhumés dans l'ancien cimetière dont les ossements sont rapatriés dans ce cimetière le 6 février 1870.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Jacques-Germain Soufflot, architecte du Panthéon, né à Irancy le .
  • Philéas-Hector Carillon (?-1906), sculpteur, y est né.
  • Georges Hosotte y possédait une résidence avec sa somptueuse véranda style rococo et s'est beaucoup inspiré des beaux paysages vallonnés pour ses tableaux ; il a peint les cerisiers en fleur des coteaux d'Irancy.
  • René Lagrange, militant syndical né sur la commune.
  • Pierre Louki a vécu enfant à Irancy, avec sa sœur Suzette Cordillot (d'ailleurs née à Irancy)[19], où son père Georges Varenne était l'instituteur du village[20].
  • Marcel Ferry (1895-1944), résistant, ouvrier à l'entreprise Guillet d'Auxerre, marié à Émilienne Cordier (1899-1979), également résistante, originaire d'Irancy[21] ; fusillé par les Allemands au champ de tir d’Égriselles en 1944[22]. Ils sont inhumés dans le cimetière communal d'Irancy.

BibliographieModifier

  • Léon Bienvenu, Autour des pressoirs : histoire du village d'Irancy (Yonne) à travers les chroniques de la famille Bienvenu, société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, 2017, 240 p.[23]  

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 5 avril 2021).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 5 avril 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 5 avril 2021).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction d'Auxerre », sur insee.fr (consulté le 5 avril 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 5 avril 2021).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 17 mai 2021)
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 17 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. a b c et d « Irancy 1568 et 1691 », sur www.phanelle.fr (consulté le 27 décembre 2016).
  9. a et b « Familles et histoire d'Irancy », sur www.famillesparisiennes.org (consulté le 27 décembre 2016).
  10. Pierre-Jules GAYE, « René Charriat vigneron à Irancy est décédé », sur www.auxerretv.com, (consulté le 26 octobre 2019).
  11. Archives départementales de l'Yonne: Registre 5 Mi 466/ 5 p. 206 à 218.
  12. Bienvenu 2017, p. 229.
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  17. Centre France, « Irancy accueillera la Saint-Vincent 2016 », sur www.lyonne.fr (consulté le 30 janvier 2016).
  18. Jean Lebeuf, Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, vol. 1, , 544 p. (présentation en ligne), p. 245.
  19. « CORDILLOT Suzette [née VARENNE Suzette] - Maitron », sur maitron.fr (consulté le 17 juin 2020).
  20. « LOUKI Pierre [VARENNE Pierre, dit] - Maitron », sur maitron.fr (consulté le 12 juin 2020) : « Écolier, il fréquenta la classe de son père, adepte de la méthode Celestin Freinet, à Irancy (Yonne). ».
  21. Bienvenu 2017, p. 93.
  22. « FERRY Marcel », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr.
  23. Jacques Dupont, « Bienvenu à Irancy », sur Le Point, (consulté le 14 juin 2020).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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