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Invasion de Sumatra
Description de cette image, également commentée ci-après
Les installations portuaires d'Oosthaven sont détruites pour empêcher leur utilisation par les japonais, le .
Informations générales
Date 14 février -
Lieu Sumatra, Indes orientales néerlandaises
Issue Victoire japonaise
Belligérants
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Japon Japon
Commandants
Drapeau des Pays-Bas Roelof T. Overakker
Drapeau des Pays-Bas John Blogg
Drapeau des Pays-Bas George Gosenson
Naval Jack of the Netherlands.svg Karel Doorman
Drapeau du Japon Jisaburō Ozawa
Drapeau du Japon Shintarō Hashimoto
Drapeau du Japon Kakuji Kakuta
Drapeau de l'Empire du Japon Tomoyuki Yamashita
Drapeau de l'Empire du Japon Hitoshi Imamura

Seconde Guerre mondiale

Batailles

Invasion des Indes orientales néerlandaises
Bornéo (1941-1942) · Manado · Tarakan (1942) · Balikpapan (1942) · Amboine · Makassar · Sumatra · Badung · Timor · Première bataille de la mer de Java · Détroit de la Sonde · Java · Seconde bataille de la mer de Java

L'invasion de Sumatra qui dura du 14 février au , se déroula durant la campagne des Indes orientales néerlandaises, dans le cadre du théâtre asiatique de la Seconde Guerre mondiale. L'invasion devait avoir lieu avant l'invasion de Java pour détruire le flanc ouest des alliés et permettre l'accès à Java.

Sommaire

ContexteModifier

Après la conquête japonaise de la péninsule malaise, les Alliés commencèrent à transférer des troupes à Sumatra en décembre 1941. Les premiers bombardiers britanniques et australiens se relayèrent au sud de l'île pour évacuer des troupes sur la péninsule malaise. Les opérations ramenèrent environ 3 400 soldats australiens à Sumatra.

Lors d'une conférence conjointe le 16 décembre, les Pays-Bas demandèrent une aide pour renforcer la défense de Sumatra et de Java. En outre, des plans furent établis à Sabang pour créer des camps de ravitaillement à Medan et à Pekanbaru. Cependant, ces plans furent révisés le 27 décembre, et les aérodromes P1 (Pangkalanbenteng) et P2 (Praboemoelih) furent choisis comme emplacements du nouveau quartier général pour stationner un relais de bombardier opérationnel. En raison du mauvais état des aérodromes, la réinstallation commença le 31 décembre et le personnel au sol disponible arriva au début de janvier. Un autre aérodrome était situé à Oosthaven. Des routes entre Medan et Pekanbaru furent construites et six canons antiaériens lourds et légers Bofors 40 mm furent livrés à chaque aérodrome de Palembang, tandis que huit autres canons antiaériens furent placés dans les raffineries. Cependant, les Alliés devaient faire face une pénurie de munitions car les navires de livraison de munitions furent coulés par les japonais pendant la traversée.

Opération LModifier

Le premier raid aérien japonais débutent le 6 février, frappant le terrain d'aviation P1 de Palembang, au cours duquel deux bombardiers Blenheims et quatre Hurricanes sont détruits et deux autres Hurricanes sont endommagés. Au sol, les japonais détruisent deux Buffalos tandis que les Alliés n'abattent qu'un seul Nakajima Ki-43 japonais. En guise de contre-mesure, les Alliés lancèrent des raids nocturnes contre les lignes japonaises sur la péninsule malaise et assurèrent la protection aérienne des convois de réfugiés en provenance de Singapour.

Pour l'opération « L », l'Armée japonaise aligna le 229e régiment de la 38e division d'infanterie de Hong Kong à la baie de Cam Ranh, en Indochine. Huit transports partirent le , escortés par la 7e division de croiseurs, comprenant un croiseur, quatre destroyers, cinq dragueurs de mines et deux chasseurs de sous-marins sous le commandement du Contre-amiral Shintarō Hashimoto pour envahir Bangka et Palembang. Le lendemain, la force du Contre-amiral Jisaburō Ozawa suivit en compagnie de la Flotte de Couverture Occidentale, composée du porte-avions Ryūjō, du navire amiral Chōkai, cinq autres croiseurs, quatre destroyers et un groupe aérien, sous le commandement du Contre-amiral Kakuji Kakuta. La majeure partie de la force d'invasion fut acheminée dans treize transports le 11 février, étant accompagnés par un croiseur lourd, une frégate, quatre destroyers et un chasseur de sous-marin.

Le pétrolier néerlandais Manvantara est coulé par des avions japonais le en mer de Java. Quatre sous-marins hollandais sont déployés depuis les îles Anambas, trop éloignés pour atteindre la flotte japonaise. Les transports atteignent Singapour pendant que des cargos de réfugiés alliés se déplaçant en direction de Java et de Sumatra sont attaqués par des avions du Ryūjō. Ces même avions endommagèrent le croiseur léger britannique Durban qui dut se détourner à Colombo et attaquèrent l'unité aérienne de Genzan en compagnie de bombardiers terrestres japonais. Deux navires-citernes alliés, un bateau à vapeur et de nombreux navires plus petits furent coulés, et un pétrolier et deux transports furent gravement endommagés.

Le 14 février à 8 heures du matin, les gardes antiaériens avertissent Palembang qu'une grande vague d'attaque japonaise est en route vers la ville. Cependant, toutes les forces aériennes alliées disponibles étaient en mission pour protéger les convois maritimes et n'étaient pas à portée radio. La vague de bombardiers japonais bombardèrent l'aérodrome P1, mitraillant toute résistance. Peu de temps après, 260 parachutistes japonais de la première division aéroportée japonaise de Kahang (en) atterrirent sur P1. La deuxième vague, composée de 100 parachutistes de Kluang (en), atterrirent peu après à quelques kilomètres à l'ouest de P1, près de la raffinerie.

Face à eux, furent opposés 150 hommes antiaériens britanniques, 110 soldats hollandais et 75 hommes de la défense territoriale britannique de P1. Alors que les japonais empilaient des véhicules pour faire des barrages routiers, de nombreux accrochages éclatèrent pendant que les avions atterrirent pour les ravitailler. Face au feu antiaérien, les avions se dirigèrent vers l'aérodrome P2. Dans l'après-midi, les britanniques tenaient toujours l'aérodrome, mais ils étaient bientôt à court de munitions. Après un faux rapport annonçant d'autres atterrissages japonais à environ 25 kilomètres de distance, le commandant britannique, H. G. Maguire, décida d'évacuer l'aérodrome et la ville. Le lendemain, 100 autres parachutistes japonais atteignirent la raffinerie. Après de violents combats qui durèrent toute la journée, les Alliés parvinrent à repousser les Japonais, mais la raffinerie fut lourdement endommagée par des tirs de mitrailleuses et avant de prendre feu. D'autres petites installations environnantes furent également endommagées.

Pendant ce temps, la flotte d'escorte du Vice-amiral Ozawa passa au nord de Bangka pour former un écran de couverture de grande envergure pour les débarquements japonais qui eurent lieu peu de temps après. Une avant-garde arriva à Bangka, tandis que les unités principales ayant atterri près de Palembang, à l'embouchure du fleuve Musi, avançaient le long du fleuve jusqu'à la ville.

Au même moment, des avions de reconnaissance japonais aperçoivent la flotte ABDACOM, sous le commandement du Contre-amiral Karel Doorman. Sur l'ordre de Wavell, Doorman avait rassemblé la flotte au sud de Bali, composée des croiseurs hollandais De Ruyter, Java et Tromp, accompagné du croiseur britannique Exeter, du croiseur léger australien Hobart et dix destroyers, faisant route en direction de Sumatra depuis le 14 février. Les chasseurs japonais du Ryūjō et d'une base de Malaisie attaquèrent la flotte de ABDACOM à midi le lendemain et firent reculer tous ses navires vers le sud.

La flotte d'invasion dans le détroit de Bangka est également repérée par des avions de reconnaissance britanniques du P2. Au petit matin 22 Hurricanes, 35 Blenheims et trois Hudsons, lancent une attaque contre les navires, engagés immédiatement par des avions japonais qui donne lieu à de violentes batailles aériennes.

À P2, la nouvelle du débarquement de parachutistes japonais sur P1 est connue. Le commandant initie alors les préparatifs pour l'évacuation de l'aérodrome. Cependant, le commandement apprend que l'aérodrome P1 n'est pas abandonné, préparant alors une attaque de nuit. Dans le brouillard matinal, l'aéronef Allié lance de violentes attaques contre les japonais débutant leur débarquement à l'embouchure du fleuve. Les avions japonais se retirèrent peu de temps après le début de la bataille, profitant alors aux Alliés qui attaquèrent les transporteurs. Vingt engins de débarquement furent coulés par des Hurricanes et des centaines de japonais furent tués sur la plage au sud-ouest de Bangka.

Pendant ce temps, le commandement néerlandais ordonna la destruction des dépôts de pétrole et des décharges de caoutchouc. Les ferrys dans le fleuve Musi furent détruits dans l'heure suivante afin qu'ils ne puissent pas être utilisés par les japonais pendant que les défenseurs de P1 commencèrent une retraite rapide. Dans la nuit du 15 février, des unités japonaises ayant survécu à l'attaque aérienne dans l'embouchure de Musi atteignirent Palembang et appuyèrent les parachutistes qui débarquèrent sur P1 et à la raffinerie.

Le maréchal Archibald Percival Wavell était le commandant suprême des forces ABDACOM. Dans la matinée du 15 février, Wavell organisa une retraite régulière à Oosthaven, où plusieurs petits navires gisaient dans le port. Le 17 février, 2 500 membres de la RAF britannique, 1 890 fantassins britanniques, 700 soldats néerlandais et environ 1 000 civils furent évacués par l'intermédiaire de douze navires. La corvette australienne Burnie couvrant la retraite détruisit les installations portuaires et les réservoirs de pétrole. Un bateau à vapeur plus petit resta au port pour pouvoir prendre en charge les réfugiés arrivant plus tard.

Entre-temps, les japonais avaient complètement pris Palembang et avaient détruit les raffineries de pétrole de deux stations plus petites. De petits transporteurs de troupe remontèrent le fleuve jusqu'à Menggala (en).

Tous les avions de combat Alliés restants quitte la zone au plus tard le 16 février tandis que le personnel des aérodromes est évacuer par bateau vers l'Inde. La ville Oosthaven n'étant toujours pas tombée, une force opérationnelle se rend à terre le 20 février pour s'emparer de pièces de rechange des avions tout en détruisant les dernières installations encore utilisables.

Le 24 février, les japonais atteignirent Gelumbang.

Opération TModifier

Les unités alliées restantes à Sumatra, principalement du KNIL, se retirent dans les provinces du centre et du nord de l'île. Les Hollandais prévoient une reconquête de Palembang pour tenter d'expulser les japonais de l'île. Ce plan fut d'une courte durée face à la poursuite agressive japonaise de Palembang menée par un régiment de reconnaissance motorisé d'environ 750 hommes. Les forces en infériorité numérique et en retraite continuelle commandées par le Major C.F. Hazenberg ne comptait que 350 habitués du KNIL divisées en deux compagnies. Les forces également très dispersés permettait aux japonais mieux formés et mieux équipés d'avancer rapidement. Après trois semaines, les japonais sont finalement confinés sur Moearatebo le 2 mars. Les renforts néerlandais de Padangpandjang purent remonter lorsque de fortes pluies rendirent les rivières pratiquement infranchissables. Ce retard donna aux commandants locaux du KNIL le temps de déployer des unités supplémentaires depuis les provinces du centre, empêchant ainsi le flanc des unités en retraite de tourner.

Les 3 et 7 mars, de nombreux tirs d'embuscades eurent lieu alors que les unités japonaises tentaient de traverser la rivière. À l'arrêt de l'offensive, des espions hollandais revinrent avec des rapports comptabilisant de nombreux morts et blessés, signalant par ailleurs que le régiment ne comptait plus que 200 hommes. Malgré tout, le major Hazenberg décida de contre-attaquer dans la nuit du 8 au 9 mars. Le 7 et le 8, plusieurs bateaux indigènes furent rassemblés à l'abri des regards et chargés de vivres et de munitions pendant la formation des groupes d'assaut. Cependant, le 8 mars, la nouvelle de la capitulation de Java arriva, et tous les efforts offensifs dut être interrompus car Sumatra était dépendante des livraisons de Java. Il fut alors décidé de prendre une direction défensive. Le Sumatra occidental devait être laissé aux japonais, et seulement qu'une petite partie du nord serait défendue avec toutes les forces disponibles aussi longtemps que possible, jusqu'à ce qu'une évacuation par la mer puisse être organisée.

Pendant la retraite, les unités du KNIL détruisent tous les aérodromes et toutes les installations portuaires. Ils se retirèrent dans des positions défensives à l'entrée sud de la vallée d'Alice, où il est prévu de tenir la position aussi longtemps que possible. Si les positions tombent, une guerre de guérilla dans les environs est prévue. Mais cette option se révéla difficile en raison de l'hostilité de la population de Sumatra envers les Hollandais, due à la colonisation.

L'opération « T » débute le 28 février, lorsque 27 transports embarquant 22 000 soldats de la Garde impériale quittent Singapour. Ils sont répartis en quatre convois et sont accompagnés par trois croiseurs, dix destroyers, plusieurs patrouilleurs et d'unités de défense sous-marine. La force japonaise atteint le nord de Sumatra sans aucun problème, les Alliés ne disposant à ce moment-là d'aucun soutient aérien ou maritime.

Le 12 mars, le Détachement Kobayashi capture l'île de Sabang et l'aérodrome de Koetaradja sans rencontrer d'opposition. Le Détachement Yoshida débarque au sud d'Idi avec un seul bataillon d'infanterie, devant s'emparer des champs pétrolifères de Lantja et de Pangkalan Brandan (en). Ils se dirigent ensuite vers le sud en direction de Medan, où ils exercent une pression sur les positions néerlandaises. La force principale débarque à environ quatre miles au nord-ouest de Tandjoengtiram, suivant l'autoroute Pematang-Siantar-Balige (en)-Tarutung (en) en coupant toutes les forces du KNIL tentant de se retirer de Medan, tout en allant vers le nord en saisissant l'aérodrome de la ville.

Sumatra tombe le 28 mars lorsque le major-général néerlandais R. T. Overakker et 2 000 soldats se rendent près de la ville de Kutatjane, au nord de Sumatra.

Beaucoup de prisonniers de guerre alliés ont été forcés de construire une ligne de chemin de fer entre Pekanbaru et Moera (en). Overakker et d'autres officiers du KNIL en captivité furent fusillés en 1945 en vue de la défaite imminente japonaise.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Tom Womack, Dutch Naval Air Force Against Japan: The Defense of the Netherlands East Indies, 1941-1942, McFarland & Company, (ISBN 0-7864-2365-X)
  • Nicholas Tarling, A Sudden Rampage: The Japanese Occupation of South East Asia, C. Hurst & Co., (ISBN 1-85065-584-7)