Ingrid Daubechies

physicienne et mathématicienne belge, naturalisée américaine

Ingrid, baronne Daubechies (née le [1],[2] à Houthalen en Belgique) est une physicienne et mathématicienne belge, naturalisée américaine en 1996[3].

Ingrid Daubechies
Ingrid Daubechies (2005).jpg
Ingrid Daubechies en 2005.
Titre de noblesse
Baronne
Biographie
Naissance
Nationalités
Formation
Université libre de Bruxelles (en)
Vrije Universiteit Brussel (Philosophiæ doctor) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Membre de
Directeurs de thèse
Jean Reignier (d), Alexander Grossmann (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinctions
Prix Princesse des Asturies de la recherche scientifique et technique ()Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Elle a effectué ses études universitaires à la Vrije Universiteit Brussel, où elle obtient son doctorat en physique en 1980. Elle part ensuite aux États-Unis, en tant que chercheur post-doctoral, puis revient en tant qu'enseignante à la Vrije Universiteit Brussel, au département de physique théorique. Son travail portait sur des opérateurs de physique quantique. Elle s'installe définitivement aux États-Unis en 1987, employée d'abord aux Laboratoires Bell, puis obtient un poste de professeur à Princeton en 1994, première femme à y occuper une telle position en mathématiques.

Prix et distinctionsModifier

Elle est élue à l'Académie américaine des arts et des sciences en 1993 et à l'Académie nationale des sciences en 1998 où elle sera par ailleurs la première femme à se voir décerner le prix de mathématiques (en 2000). Elle est aussi élue comme membre étranger de l'Académie des sciences (France) en 2009. Elle a reçu le prix Ruth-Lyttle-Satter en 1997 et en 2005, elle est docteur honoris causa de l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC)[4]. En 2005 elle est lauréate de la Conférence Sofia Kovalevskaïa décernée par la Society for Industrial and Applied Mathematics (SIAM) conjointement avec l'Association for Women in Mathematics (AWM). Elle a donné une conférence Noether en 2006 puis une conférence von Neumann en 2011. Elle est anoblie par le roi Albert II en 2012[5]. En 2015, elle est lauréate de la Conférence Gauss.

Le , elle devient la première femme à prendre la présidence de l'Union mathématique internationale[6].

En , son nom est donné à l'astéroïde aréocroiseur (42609) Daubechies[7].

En 2019, elle reçoit le prix l'Oréal-Unesco pour les femmes et la science pour sa contribution exceptionnelle au traitement numérique de l’image et du signal, [8].

En 2020, elle reçoit le prix Princesse des Asturies (catégorie Recherche scientifique et technique)[9] conjointement avec Yves Meyer, Terence Tao et Emmanuel Candès.

TravauxModifier

Son domaine d'études porte principalement sur la transformée en ondelettes avec des applications comme l'imagerie médicale, la détection des ondes gravitationnelles[10], le cinéma numérique[11], le codage numérique[12].

Son travail le plus connu est la construction d'ondelettes à support compact en 1988[13], propriété essentielle pour l'utilisation numérique pratique de ce type d'outil. Son nom a été donné aux ondelettes de Daubechies, utilisées dans le standard JPEG 2000.

Parmi ses mentors, elle cite Alex Grossmann, John Klauder (de) et Yves Meyer[14].

NotesModifier

  1. « Ingrid Daubechies' Curriculum Vitae », sur www.pacm.princeton.edu (consulté le 26 mars 2017)
  2. « Ingrid Daubechies' Personal Biography », sur web.math.princeton.edu (consulté le 26 mars 2017)
  3. Ingrid Daubechies' Curriculum Vitæ.
  4. Page des DHC 2005 de l'université UPMC.
  5. « Ingrid Daubechies, la baronne des maths », Le Monde, 15 juillet 2014.
  6. « Ingrid Daubechies, présidente de l'IMU », Fondation Sciences Mathématiques de Paris, 2010.
  7. (en) « (42609) Daubechies », sur le site du Centre des planètes mineures (consulté le 17 octobre 2015)
  8. « News Press - 21e édition du prix international L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science - UNESCO - Organisation des Nations unies pour l'Education la Science et la Culture », sur www.newspress.fr,
  9. https://www.fpa.es/en/princess-of-asturias-awards/laureates/2020-yves-meyer-ingrid-daubechies-terence-tao-and-emmanuel-candes.html
  10. La première détection des ondes gravitationnelles a par exemple été réalisée avec l'algorithme de Sergey Klimenko, le 14 septembre 2015, basé sur l'analyse temps-fréquence.
  11. La première projection de cinéma numérique en Europe a par exemple été réalisée par Philippe Binant, le 2 février 2000, avec pour le traitement de l'image l'analyse par ondelettes.
  12. Prix Abel 2017.
  13. Daubechies. Orthonormal bases of compactly supported wavelets. Comm. Pure Applied Math., XLI(41):909--996, novembre 1988.
  14. Ingrid Daubechies' Personal Biography.

Liens externesModifier