Ibn Jubair

voyageur, géographe et écrivain arabe

Ibn Jubair (en arabe : ابن جبير, de son nom complet Abū al-Ḥusayn Muḥammad ibn Aḥmad ibn Jubayr al-Kinānī, parfois écrit Jabair, Ibn Jubayr ou Ibn Jubaïr) (1145-1217) est un fonctionnaire de cour, intellectuel et écrivain arabe d'Al-Andalus. Il raconta ses voyages à La Mecque dans sa Relation de voyages.

Ibn Jubair
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BiographieModifier

Il naquit à Valence ou peut-être à Xàtiva à 60 km de Valence en 1145. Son père était un haut fonctionnaire et Ibn Jubair reçut une éducation de qualité : il étudia le Coran, les Hadith, le droit, les sciences et la littérature – en particulier la poésie. Secrétaire du gouverneur de Grenade, il entreprit un premier pèlerinage à La Mecque en 1184-1185. Pendant son voyage, il consolida ses connaissances religieuses et découvrit la mystique soufie. Au retour il séjourna un mois à Jérusalem alors que le royaume latin est en crise politique interne et subi la pression de Saladin. Il regagne finalement Grenade le 25 avril 1185 après avoir survécu à un naufrage dans le port de Messine[1].

Après un second pèlerinage en 1189-1191, il séjourna à Grenade, Malaga, Ceuta et Fès. Il commença un troisième pèlerinage en 1217 ; il trouva la mort à Alexandrie (Égypte), où il enseignait, le . Il est l'auteur de diverses poésies, mais son nom reste surtout attaché à sa Relation de voyages.

VoyagesModifier

 
Carte du premier voyage d'Ibn Jubair dès Ceuta jusqu'à La Mecque

Voyage maritime de Ceuta à AlexandrieModifier

Le , il embarque sur un bateau génois pour Alexandrie, passant au large des îles Baléares et de la côte ouest de Sardaigne. À bord, il apprend le sort de 80 musulmans – hommes, femmes et enfants – enlevés en Afrique du Nord et sur le point d'être vendus comme esclaves. Entre la Sardaigne et la Sicile, le navire est pris dans une rude tempête. Il dit des Italiens et des musulmans à bord, marins aguerris, qu'ils « s'accordaient tous à dire n'avoir jamais vu une telle tempête de toute leur vie ».

Après la tempête, ils dépassèrent la Sicile puis la Crète, avant de se diriger vers le sud et de traverser les côtes nord-africaines. Le , ils étaient arrivés à Alexandrie.

Lors de son voyage de retour, Ibn Jubair décrit la ville d'Acre dans le royaume de Jérusalem qu'il traversa, ainsi que la Sicile normande où il aborda après un naufrage et parcourut les villes de Messine et de Palerme.

Œuvres connuesModifier

  • Tadhkira bi-akhbâr `an ittifâqât al-asfâr (Relations des péripéties qui surviennent pendant les voyages), plus couramment appelée Relation de voyages

ÉditionsModifier

  • W. Wright (éd.), The travels of Ibn Jubair, Leyde, 1852, réédité et révisé par M. J. de Goeje, Leyde-Londres, 1907.
  • Notice et traduction de la Relation de voyages par Paule Charles-Dominique, in Voyageurs arabes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1995.

Notes et référencesModifier

  1. Jonathan Phillips, Une Histoire moderne des Croisades, trad.française Flammarion 2010 p. 67

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Yann Dejugnat, « Voyage au centre du monde. Logiques narratives et cohérence du projet dans la Rihla d’Ibn Jubayr », in Henri Bresc et Emmanuelle Tixier du Mesnil (dir.), Géographes et voyageurs au Moyen Âge. Du pèlerinage à la découverte du monde : voyage et écriture de la géographie, Nanterre, Presses universitaires de Paris-Nanterre, 2010, p. 163-206 (en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier