IXe gouvernement constitutionnel portugais

IXe gouvernement constitutionnel
(pt) IX Governo Constitucional

IIIe République portugaise

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Premier ministre, Mário Soares.
Président de la République António Ramalho Eanes
Premier ministre Mário Soares
Élection 25 avril 1983
Législature IIIe
Formation
Fin
Durée 2 ans, 4 mois et 28 jours
Composition initiale
Coalition PS-PPD/PSD
Ministres 16
Femmes 0
Hommes 16
Représentation
Assemblée de la République
176  /  250
Drapeau du Portugal

Le IXe gouvernement constitutionnel (en portugais : IX Governo Constitucional) est le gouvernement de la République portugaise entre le et le , sous la IIIe législature de l'Assemblée de la République.

Il est dirigé par le socialiste Mário Soares, vainqueur à la majorité relative des élections législatives anticipées, et repose sur une coalition entre le Parti socialiste et le Parti social-démocrate, le « bloc central ». Il succède au VIIIe gouvernement constitutionnel du libéral Francisco Pinto Balsemão et cède le pouvoir à Aníbal Cavaco Silva et au Xe gouvernement constitutionnel après la victoire du Parti social-démocrate à la majorité relative lors des élections anticipées.

Historique du mandatModifier

Ce gouvernement est dirigé par l'ancien Premier ministre socialiste Mário Soares. Il est constitué et soutenu par le « bloc central », une coalition entre le Parti socialiste (PS) et le Parti social-démocrate (PPD/PSD). Ensemble, ils disposent de 176 députés sur 250, soit 70,4 % des sièges de l'Assemblée de la République.

Il est constitué à la suite des élections législatives anticipées du 25 avril 1983.

Il succède donc au VIIIe gouvernement constitutionnel, démissionnaire depuis , dirigé par le libéral Francisco Pinto Balsemão et constitué et soutenu par l'Alliance démocratique (AD), qui réunissait le Parti social-démocrate, le Parti du Centre démocratique et social (CDS) et le Parti populaire monarchiste (PPM).

FormationModifier

À la suite des élections législatives qu'il remporte avec plus de 36 % des suffrages exprimés, tandis que les trois partis de l'AD perdent leur majorité absolue, Mário Soares refuse d'envisager la constitution d'un gouvernement minoritaire et annonce qu'il consultera les militants socialistes afin de déterminer la stratégie d'alliance du parti, en affirmant vouloir discuter « sans sectarisme ni tabous idéologiques »[1].

Le suivant, le conseil national du Parti social-démocrate approuve la ligne défendue par son président Carlos Mota Pinto d'ouvrir des discussions avec le Parti socialiste, solution déjà approuvée à plus de 80 % par la base militante du PS[2]. Ayant conclu le principe d'un accord entre les deux formations, Mário Soares est chargé le par le président de la République António Ramalho Eanes de former le prochain gouvernement[3]. Le , à l'issue de cinq semaines de négociations, l'accord de coalition est signé par les deux dirigeants, suscitant de fortes critiques du Parti communiste et du Centre démocratique et social[4].

Mário Soares, le vice-Premier ministre Carlos Mota Pinto et les quinze autres ministres du gouvernement sont assermentés le [5]. L'Assemblée de la République accorde sa confiance au nouveau cabinet le , après trois jours de débat et avec l'opposition des communistes et des démocrates-sociaux[6].

SuccessionModifier

Contesté en interne pour avoir envisagé de soutenir un militaire à l'élection présidentielle de 1986 — au lieu d'un civil comme convenu — et de retarder le plus possible l'annonce de cette candidature alors que Mário Soares envisage lui-même d'être candidat, Carlos Mota Pinto démissionne le de la présidence du Parti social-démocrate, quatre jours après que le conseil national l'a soutenu avec seulement deux voix d'avance[7]. Il est remplacé le par le ministre de la Justice Rui Machete[8], aussi le , Mário Soares procède-t-il à un remaniement ministériel à l'occasion duquel Rui Machete remplace Carlos Mota Pinto comme ministre de la Défense et vice-Premier ministre[9].

Le , le congrès du PPD/PSD porte à la présidence du parti l'ancien ministre des Finances Aníbal Cavaco Silva, issu de la tendance favorable à une alliance à droite mais accorde la majorité des sièges du conseil national au courant défendant le maintien de la collaboration avec le PS[10]. Après l'échec des discussions engagées entre les dirigeants des deux partenaires de coalition pour « relancer l'activité du gouvernement » et alors qu'Aníbal Cavaco Silva soutient ouvertement le candidat du CDS à la présidentielle Diogo Freitas do Amaral[11], le Parti social-démocrate annonce au début du mois de son retrait de l'alliance au pouvoir une fois signé le traité d'adhésion du Portugal à la Communauté économique européenne, le [12].

Les ministres libéraux remettent leur démission au président de la République le [13], suivis douze jours plus tard par Mário Soares, après que le PS a échoué à obtenir l'assurance de pouvoir former un gouvernement minoritaire[14]. Le , António Ramalho Eanes indique qu'il procédera le à la dissolution de l'Assemblée de la République, laissant aux députés le temps de ratifier l'accord d'adhésion à la CEE[15]. Au jour prévu, les élections législatives anticipées sont convoquées au , le gouvernement étant chargé de la gestion des affaires courantes[16].

Au cours du scrutin, le Parti social-démocrate devient le premier parti du pays tandis que le Parti socialiste recule fortement et se voit talonné par le Parti rénovateur démocratique (PRD)[17]. Ayant reçu le soutien sans participation du PRD et du CDS, Aníbal Cavaco Silva forme le suivant le Xe gouvernement constitutionnel[18].

CompositionModifier

Initiale (9 juin 1983)Modifier

Portefeuille Titulaire Parti
Premier ministre Mário Soares PS
Vice-Premier ministre
Ministre de la Défense nationale
Carlos Mota Pinto PPD/PSD
Ministre d'État
Ministre des Affaires parlementaires
António de Almeida Santos PS
Ministre de l'Intérieur Eduardo Pereira PS
Ministre des Affaires étrangères Jaime Gama PS
Ministre de la Justice Rui Machete PPD/PSD
Ministre des Finances et du Plan Ernâni Lopes Sans
Ministre de l'Éducation José Augusto Seabra PPD/PSD
Ministre du Travail et de la Sécurité sociale Amândio de Azevedo PPD/PSD
Ministre de la Santé António Maldonado Gonelha PS
Ministre de l'Agriculture, des Forêts et de l'Alimentation
Ministre de l'Agriculture (17/10/1984)
Manuel Soares Costa (jusqu'au 17/10/1984)
Álvaro Barreto
PPD/PSD
Ministre de l'Industrie et de l'Énergie José Veiga Simão PS
Ministre du Commerce et du Tourisme Álvaro Barreto (jusqu'au 17/10/1984)
Joaquim Ferreira do Amaral
PPD/PSD
Ministre de la Culture António Coimbra Martins PS
Ministre de l'Équipement social João Rosado Correia PS
Ministre de la Qualité de vie António Capucho (jusqu'au 12/06/1984)
Francisco de Sousa Tavares
PPD/PSD
Ministre de la Mer Carlos Melancia PS

Remaniement du 15 février 1985Modifier

  • Les nouveaux ministres sont indiqués en gras, ceux ayant changé d'attributions en italique.
Portefeuille Titulaire Parti
Premier ministre Mário Soares PS
Vice-Premier ministre
Ministre de la Défense nationale
Rui Machete PPD/PSD
Ministre d'État
Ministre des Affaires parlementaires
António de Almeida Santos PS
Ministre de l'Intérieur Eduardo Pereira PS
Ministre des Affaires étrangères Jaime Gama PS
Ministre de la Justice Mário Raposo PPD/PSD
Ministre des Finances et du Plan Ernâni Lopes Sans
Ministre de l'Éducation João de Deus Pinheiro PPD/PSD
Ministre du Travail et de la Sécurité sociale Amândio de Azevedo PPD/PSD
Ministre de la Santé António Maldonado Gonelha PS
Ministre de l'Agriculture Álvaro Barreto PPD/PSD
Ministre de l'Industrie et de l'Énergie José Veiga Simão PS
Ministre du Commerce et du Tourisme Joaquim Ferreira do Amaral PPD/PSD
Ministre de la Culture António Coimbra Martins PS
Ministre de l'Équipement social Carlos Melancia PS
Ministre de la Qualité de vie Francisco de Sousa Tavares PPD/PSD
Ministre de la Mer José de Almeida Serra PS

Notes et référencesModifier

  1. « Vers un gouvernement de centre-gauche au Portugal », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. « Socialistes et sociaux-démocrates engagent des pourparlers difficiles pour la formation d'un gouvernement de coalition », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. « M. Soares va former le nouveau gouvernement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « L'accord entre socialistes et sociaux-démocrates rend possible la formation du gouvernement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. « M. Soares se heurtera une fois de plus à l'opposition des communistes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Portugal », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. « La démission du président du Parti social-démocrate affaiblit la coalition gouvernementale », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. « M. Rui Machete sera le numéro deux du gouvernement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. « M. Rui Machete, leader des sociaux-démocrates devient numéro deux du gouvernement Soares », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. « Le Parti social-démocrate entre l'" alliance à droite " et la coopération avec les socialistes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « L'avenir de la coalition socialiste-social-démocrate est compromis », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Crise à Lisbonne », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. « Le général Eanes pourrait annoncer des élections législatives anticipées », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Des élections législatives anticipées auraient lieu en octobre », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. « Le gouvernement Soares pourrait gérer les affaires courantes jusqu'aux élections d'octobre », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Portugal : les élections législatives fixées au 6 octobre », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Le PSD devient la première formation politique • Le parti fondé par les amis du président Eanes fait une percée spectaculaire », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. « Le premier ministre, M. Cavaco Silva, a formé son gouvernement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier