Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Concile de Nicée.

Deuxième concile de Nicée
Pays Empire byzantin
Organisation concile œcuménique
Tribunal grec ancien
Date 787
Personnalités
Composition de la cour Irène, Constantin,patriarche Taraise,

patriarche Nicéphore, Grégoire de Néocésarée, patrice Nicétas

Détails juridiques
Territoire d’application papauté byzantine
Problème de droit iconoclasme
Voir aussi
Icone représentant le VIIe concile œcuménique

Le deuxième concile de Nicée est un concile œcuménique qui eut lieu en 787. Convoqué par l'impératrice Irène, il avait pour objectif de mettre un terme au conflit politico-religieux provoqué par l'iconoclasme. Le concile a affirmé la nécessité de vénérer les images et les reliques : l'honneur n'est pas rendu aux images, ni aux reliques mais, à travers elles, à la personne qu'elles représentent.

Sommaire

Les raisons du concileModifier

ContexteModifier

Depuis le premier concile de Nicée en 325, les conciles avaient pour thème commun « Dieu », et la nature divine du Christ. Le second concile de Nicée a une totale spécificité, puisqu’il porte sur des questions théologiques annexes par rapport aux questions sur la nature divine.

Le VIIIe siècle a été dans l’histoire de la papauté une époque particulièrement troublée. En effet, elle est passée d'une influence byzantine à une protection franque.

Rome prend, dès l'origine, la défense des saintes images, position qu’elle maintient avant et après le deuxième concile de Nicée. Durant le concile, Rome a joué un rôle décisif, avec l'aide du pape Adrien Ier, qui est en faveur du culte des images.

La définition de foi du deuxième concile de NicéeModifier

La querelle des icônes a éclaté plus de cinquante ans auparavant, en 726, sous l’empereur Léon III. En 754, l’Église particulière byzantine a solennellement reconnu l'iconoclasme comme doctrine officielle lors du concile de Hiéreia.

Traditionnellement, l’icône a pour but d’éveiller le souvenir du Christ et des saints ; elle appartient aux choses sacrées. Les icônes font partie de la belle ordonnance des églises, de leur ornement : telle est la tradition de l’Église chrétienne qui veut que les églises soient ornées et que les objets servant au culte soient honorés comme ils doivent l'être. Le Concile de Nicée affirme qu’on ne peut rejeter ou même détruire les icônes sans manquer en même temps de respect aux autres objets sacrés.

Le Concile évoque surtout l’utilité des images, il écarte le reproche d’idolâtrie et affirme la conformité du culte des images avec la tradition de l’Église.

Même si le culte des images, comme celui des reliques, de l’Évangile ou de la croix, n’est qu’une des traditions convenables et légitimes de l’Église, le fait de le rejeter a une portée bien plus vaste qui dépasse la seule question des images et implique toute une conception de la théologie et de la Tradition.

Ainsi le Concile affirme que si la Bible a pu interdire les images dans l'Ancien Testament, Dieu se laisse voir dans le Nouveau par l'Incarnation du Christ. Il est donc désormais permis de représenter ce que l'on a vu car alors « l’honneur rendu à l’image remonte au modèle original »[1].

Le déroulement du concileModifier

Les empereurs Irène et Constantin convoquent un concile.

Nicée est choisie, car Constantinople restait une cité agitée où iconomaques et iconophiles pouvaient en venir aux mains et gêner le travail du concile. De plus, Nicée n’était pas éloignée de Constantinople et elle avait abrité le premier des conciles œcuméniques. Le concile, se tenant dans la cathédrale Sainte-Sophie de la ville, serait présidé par le patriarche Taraise.

La composition de l'assembléeModifier

Selon l'usage, un évangéliaire est ouvert sur l'autel, ce qui signifie que la Parole de Dieu et le Saint-Esprit sont les seuls véritables présidents du concile. Les deux représentants de l'empereur, Pétronas, comte de l'Opsikion, et l'ostiaire Jean, logothète du stratiôtikon, envoyé de Constantinople, siègent devant l'ambon. Le patriarche de Constantinople Taraise est le président effectif.

L'assemblée est nombreuse, ce qui est nécessaire, car il faut surpasser en légitimité le concile de Hiéreia, qui avait rassemblé 338 évêques. A Nicée, en consultant les listes de signatures, différentes d'une session à l'autre, on arrive à un chiffre total de 365 évêques. 37 seulement viennent d'Europe, dont un fort contingent de Sicile. L'essentiel vient d'Asie Mineure. Le pape Adrien Ier est représenté par deux légats, tous deux nommés Pierre, qui ne sont pas évêques : l'archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, et l'abbé du principal monastère grec de Rome. Les patriarches orientaux, bien que dûment convoqués, n'ont pu, en raison de la guerre entre l'Empire byzantin et le califat musulman, ni venir, ni se faire vraiment représenter ; deux Palestiniens non évêques sont censés être leurs « tenant-lieu » (τοποτηρηταί) : le prêtre Jean de Jérusalem (pour Jérusalem et Antioche) et l'higoumène Thomas (pour Alexandrie). Sont en plus présents 132 moines, dont au moins (parmi ceux dont l'origine est identifiable) 25 de Bithynie, 18 de Constantinople, 19 du reste de l'Asie Mineure et des îles de la Mer Égée, et aucun connu venant d'Europe.

Des fonctionnaires impériaux sont également chargés d'assurer le bon déroulement du concile. Le principal est le futur patriarche Nicéphore, alors simple laïc, mais qui est « commissaire impérial » (βασιλικός μανδάτωρ) auprès du concile. Il est par exemple chargé, avant la première session, d'aller chercher le vieil évêque Grégoire de Néocésarée, iconoclaste repenti, et surtout dernier survivant du concile de Hiéreia. Un autre fonctionnaire laïc qui joue un rôle important est le patrice Nicétas, cousin de l'impératrice Irène.

Les différentes sessions du concileModifier

  • La première session (24 septembre) : Le concile s’ouvrait à Sainte-Sophie de Nicée où on avait jugé bon de donner la parole à ceux qui avaient souffert pour les saintes images. Après s’être introduits dans l’assemblée et avoir fait leur autocritique, trois évêques iconomaques lurent une profession de foi où ils vénéraient les reliques et les saints, acceptaient les images de Jésus-Christ.
  • La deuxième session (26 septembre) : Le but de cette session fut la lecture de la lettre et des préconisations du pape Adrien, que les légats font approuver par vote.
  • La troisième session (28 septembre) a pour programme la réconciliation du vieil évêque Grégoire de Néocésarée, seul survivant du concile de Hiéreia, et l'intervention des deux « tenant-lieu » des patriarches d’Orient, qui permet de proclamer l'œcuménicité du concile.
  • La quatrième session (1er octobre) : Dans la ligne de la Tradition, il faut respecter les images car elles aboutissent à des miracles de Dieu (guérison, conversions...). L’icône est une de ces traditions que les pères ont léguées à l’Église et que les évêques doivent garder fidèlement. Les citations utilisées au concile de Hiéreia sont rejetées.
  • La cinquième session (4 octobre): Le patriarche Taraise dénonça l’origine et l’inspiration de l’iconoclasme. On voulait rappeler que les iconoclastes n’étaient pas vraiment chrétiens et devaient être considérés comme hérétiques.
  • La sixième session (6 octobre) effectue une réfutation juxta-linéaire de l'« horos » du concile de Hiéreia. L’assemblée se demande si le Christ peut être représenté en image. Ainsi elle affirme que quand l’Église peint le Christ sous forme humaine, elle ne divise pas son unité. (c'est-à-dire qu'il ne constitue pas une quatrième personne dans la Trinité).
  • La septième session (13 octobre) : L'« horos » du concile, définitivement mis au point, fut lu à cette session. Cette profession de foi reproduit le symbole de Nicée Constantinople. Il rappelle que le Christ a promis d'assister son Église et que son aide s'étend des Apôtres aux fidèles d'aujourd’hui. La responsabilité des évêques y est clairement indiquée. Selon le concile, ces mauvais pasteurs sont incapables de distinguer le sacré et le profane, n'ont vu dans les images du Christ et des saints que des idoles diaboliques. Les croix et les images représentant Jésus, Marie, les anges et les saints devaient être vénérées, mais non adorées d'un culte de latrie, qui ne convient qu'à Dieu, qu'on pouvait faire brûler devant elles de l'encens ou des lumières[2].
  • La huitième session (23 octobre) : L'autorité impériale avait jugé meilleur de ne pas assister en personne aux séances, mais Irène voulait participer au triomphe. Elle invitait maintenant les Pères à se rendre à Constantinople, dans le palais de la Magnaure, pour une dernière célébration. L'impératrice fixa donc un jour où elle pourrait célébrer le rétablissement des saintes images.

Les canons du concileModifier

Les Actes du concile de Nicée comportent une série de vingt-deux canons, dont rien ne permet de savoir comment ils ont été élaborés et quand ils ont été promulgués. Ils ont pu être préparés par une commission qui a repris des canons édictés au premier concile de Nicée, à Chalcédoine, au concile in Trullo et dans les « Canons des Apôtres ». Cinq canons (2, 4, 8, 9, 17) sont nouveaux. Cette réglementation traite principalement des évêques et de leurs devoirs, de l’indépendance des clercs et des moines, des séquelles de l’iconoclasme et du comportement des moines et des prêtres avec les femmes. La déposition ou l’excommunication sont les sanctions majeures qu’on a prévues contre les obstinés.

L'observation des saints canonsModifier

Le concile s’ouvre (canon 1) par un rappel de l’exigence de la fidélité aux normes canoniques qui sont des préceptes de vie chrétienne. Elles avaient durement souffert sous l’iconoclasme. Il importe spécialement que celui qui a accédé à la dignité sacerdotale (les évêques) observe ces règles « sans rien y ajouter ni rien y ôter ». Ce sera se mettre dans la tradition des Apôtres et des conciles. Le concile ici se réfère aux Canons des Apôtres, recueil qui peut dater du début du Ve siècle, en qui l’Orient reconnaît sa tradition.

Liste des canons

Les 22 canons des pères réunis à Nicée pour la seconde fois en l'an 6296 de création du monde, dans la 2ème indiction, sous les pieux empereurs Constantin 1er et Irène, sa mère.

  • 1. Qu'il faut en tout observer les divins canons. Pour ceux qui ont obtenu la dignité sacerdotale l'observance des directives des ordonnances canoniques tient place de témoignage de bonne conduite et d'exploit. Ce sont elles que nous aussi nous recevons et chantons avec joie après le prophète David à notre Seigneur Dieu, en disant : "Je me suis réjoui dans la voie de tes témoignages, ils sont toute ma richesse" et : "Tu prescris la justice, donne-moi l'intelligence de tes témoignages et j'en vivrai éternellement". Eternellement nous ordonne la voix du prophète de garder les témoignages de Dieu et d'en vivre, c'est-à-dire dans une observation sans ébranlement ni changement, puisque même Moïse qui a vu Dieu en dit : "On ne peut rien y ajouter, on ne peut rien en ôter" ; et le divin apôtre Pierre y trouve sa gloire et proclame : "Les anges voudraient y jeter un regard" ; et (Paul nous dit) : "Quand bien même ce serait un ange du ciel, qui vous annoncerait un évangile autre que celui que nous avons annoncé, qu'il soit anathème". Puisqu'il en est ainsi, devant ces exhortations qui nous sont adressées, nous embrassons de tout cœur les divins canons, exultant en eux comme celui qui a fait un riche butin, et nous confirmons dans son entier et sans changement le contenu de leurs ordonnances, tel qu'il fut exposé par les saintes trompettes de l'esprit, les tout glorieux apôtres, les six saints conciles œcuméniques, les conciles particuliers rassemblés en vue d'édicter de telles ordonnances et nos saints pères ; car tous sans exception, illuminés par le même esprit, ont décidé ce qui est à notre avantage. Ceux qu'ils ont condamnés à l'anathème, nous les anathématisons ; ceux qu'ils ont condamnés à la déposition, nous les déposons ; ceux qu'ils ont condamnés à l'excommunication, nous les excommunions ; ceux qu'ils ont livrés aux peines canoniques, nous les y soumettons de même. "Notre conduite n'est pas inspirée par l'amour de l'argent, nous nous contentons de ce que nous avons", nous clame à toute voix le divin apôtre Paul, qui monta jusqu'au troisième ciel et entendit des paroles inénarrables.
  • 2. Que l'évêque à sacrer doit promettre par écrit de garder les canons, sinon il ne doit pas être sacré. Etant donné que nous promettons à Dieu dans nos chants de psaumes : "Je méditerai tes commandements, je n'oublierai pas tes paroles", il est certes salutaire que tous les chrétiens observent cette promesse, mais tout spécialement le devront faire ceux qui ont revêtu la dignité pontificale. C'est pourquoi nous ordonnons, que le candidat à la dignité épiscopale doit absolument bien posséder le psautier, afin qu'ainsi il puisse obliger tout son clergé à s'y initier de la même manière ; de plus il devra répondre sous serment au métropolitain s'il est disposé à lire, non pas en passant, mais en cherchant à en comprendre le sens, les divins canons, le livre des saints évangiles, le livre des épîtres de l'apôtre et toute la sainte écriture ; à se conduire selon les divins commandements et à catéchiser son peuple. "L'armature essentielle de notre hiérarchie, ce sont en effet, les paroles inspirées de Dieu", c'est-à-dire la vraie connaissance des divines écritures, comme l'a déclaré le grand Denys. Et s'il y fait des objections et ne consent pas avec joie à agir et enseigner de cette façon, qu'il ne soit pas sacré ; car Dieu a dit par son prophète : "Tu as repoussé la connaissance, je te repousserai et empêcherai d'être mon prêtre".
  • 3. Que les Seigneurs laïcs ne peuvent prendre part à l'élection d'un évêque. Toute élection d'évêque ou de prêtre ou de diacre, faite sur la proposition de Seigneurs laïcs restera sans valeur, conformément au canon qui dit : " Si un évêque, se servant de l'appui de laïcs influents, obtient grâce à eux une Eglise, qu'il soit déposé et qu'on excommunie tous ceux qui sont en communion avec lui". En effet, le futur candidat à l'épiscopat doit être proposé par des évêques, selon qu'il fut décidé par les saints pères du concile de Nicée dans le canon qui dit : "L'évêque doit être choisi par tous les évêques de la province ; mais si une nécessité urgente ou la longueur de la route s'y opposait, trois évêques absolument doivent se réunir et procéder à l'élection, munis du consentement écrit des absents. La confirmation de ce qui s'est fait revient de droit dans chaque province au métropolitain".
  • 4. Que l'évêque doit s'abstenir de tout commerce. Le héraut de l'Eglise, Paul, le divin apôtre, prescrivant pour ainsi dire une règle aux prêtres d'Ephèse, ou plutôt à tout l'ordre sacerdotal, s'est exprimé en ces termes, disant : "Je n'ai désiré ni l'or, ni l'argent, ni le vêtement de personne, je vous ai toujours montré que c'est en travaillant ainsi qu'il faut venir en aide aux faibles" : il estimait qu'il y a du bonheur à donner. C'est pourquoi, nous mettant à son école, nous aussi, nous décidons qu'un évêque ne doit point penser à un gain sordide, et prétextant des prétextes de péché exiger de ses subordonnés, évêques ou clercs ou moines, de l'or ou de l'argent ou quelque autre espèce ; l'apôtre, en effet, nous avertit : "Les injustes n'hériteront pas le royaume de Dieu" ; et : "Ce n'est pas aux enfants à amasser des trésors pour leurs parents, mais plutôt aux parents pour leurs enfants". Si donc quelqu'un, exigeant de l'or ou quelque autre espèce ou bien pour satisfaire sa passion, se trouve avoir prononcé la suspense ou l'excommunication contre un clerc dépendant de lui, ou jeté l'interdit contre une Eglise, de manière à ce qu'aucun service divin ne s'y fasse, déversant ainsi sa folie contre des choses privées de sens, un tel est lui-même privé de sens et subira la loi du talion et sa peine retombera sur sa tête, parce qu'il est transgresseur de la loi de Dieu et des ordonnances apostoliques ; car Pierre, le chef suprême des apôtres, nous exhorte : "Faites paître le troupeau qui vous est confié, non par la contrainte, mais de bon gré, selon la volonté de Dieu, non pour un gain sordide, mais par dévouement, non en dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en vous rendant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne inflétrissable".
  • 5. Que ceux qui raillent les clercs entrés dans la cléricature sans cadeaux préalables seront sujets aux peines canoniques. C'est un péché qui mène à la mort, que de rester incorrigible, lorsqu'on a péché ; et pire que cela, c'est de redresser la tête et de s'élever contre la foi et la vérité, en préférant Mammon à l'obéissance envers Dieu et en ne tenant pas compte des ordonnances canoniques ; Dieu notre Seigneur n'est point avec de telles gens, à moins qu'ils ne se réveillent enfin de leur faute, en s'en humiliant ; il faudrait en effet qu'ils s'approchent de Dieu et lui demandent d'un cœur contrit la rémission de ce péché et son pardon, plutôt que de se glorifier de l'inique marché, car "le Seigneur est près de ceux qui ont le cœur brisé". Ceux donc qui se vantent d'avoir obtenu à prix d'or un rang dans la hiérarchie de l'Eglise et fondent toutes leurs espérances d'avenir sur cette coutume malhonnête, qui sépare de Dieu et de tout l'ordre sacerdotal, gens qui par suite de cela d'un visage effronté et d'une bouche sans retenue jettent le discrédit avec leurs propos injurieux sur les personnes choisies par le saint Esprit à cause de leur vertu et enrôlées dans le clergé sans avoir eu à payer de l'or pour cela ; de telles gens occuperont la dernière place dans les rangs de leur ordre, la première fois qu'ils commettront cette faute ; en cas de récidive, ils seront amenés à se corriger par des peines canoniques. Si cependant quelqu'un est convaincu d'avoir agi de la sorte à propos d'ordination, on lui appliquera le canon apostolique qui dit : "Si quelque évêque obtient le grade où il est à prix d'argent, ou même un prêtre ou un diacre, qu'il soit déposé lui et celui qui l'a ordonné, et qu'ils soient tous deux rejetés de la communion de l'Eglise, comme le fut Simon le magicien par moi Pierre" ; et aussi conformément au deuxième canon de nos saints pères de Chalcédoine, qui dit : "Si quelque évêque fait une ordination pour de l'argent et met à l'encan la Grâce sans prix, et ordonne pour de l'argent un évêque ou un chorévêque ou un prêtre ou un diacre ou quelqu'un de ceux inscrits au catalogue des clercs ou nomme à prix d'argent un économe ou un avoué ou un tuteur d'Eglise ou en général quelqu'un de la curie, poussé par un bas sentiment de lucre ; celui qui entreprend une telle chose, s'expose, si le fait est avéré, à perdre son propre grade ; et celui qui a été ordonné de cette manière ne tirera aucun profit de l'ordination ou de la promotion, mais perdra la dignité ou la place acquise ainsi à prix d'argent. Si de plus quelqu'un s'est entremis pour ce commerce honteux et prohibé, il devra, s'il est clerc, déchoir de son grade, et s'il est laïc ou moine, être frappé d'anathème".
  • 6. Qu'il faut convoquer le synode provincial une fois par an. Comme il y a bien un canon qui prescrit : "Que les questions canoniques soient examinées deux fois par an par l'assemblée des évêques de chaque province", les saints pères du sixième concile, considérant la fatigue à laquelle sont exposés les évêques à réunir et leur manque de moyens de se déplacer, ont décidé "que de toute façon et tout prétexte étant exclu, l'assemblée se fera une fois par an et que l'on corrigera ainsi ce qui est à reprendre". Nous renouvelons donc nous aussi ce canon ; et s'il se trouvait quelqu'un des puissants pour y mettre obstacle, qu'il soit excommunié ; si d'autre part un métropolitain négligeait de réunir l'assemblée, sauf le cas de nécessité, de violence et de quelque motif raisonnable, qu'il se voie appliquer les peines canoniques. Comme un tel synode a pour objet l'application des canons et des prescriptions évangéliques, il faut que les évêques réunis se préoccupent des divins et vivifiants commandements de Dieu ; car : "Grande est la récompense de ceux qui les observent", et : "Le commandement est un flambeau, la loi une lumière, et les avertissements de la sagesse conduisent à la vie" ; et : "Le commandement du Seigneur est pleine de lumière, il éclaire les yeux". Le métropolitain n'a point le droit d'exiger pour lui-même la bête de somme ou quelque autre chose de ce que l'évêque venant au synode portera avec lui ; s'il est convaincu de l'avoir fait, il le rendra au quadruple.
  • 7. Qu'il faut suppléer à la consécration des Eglises, dont la dédicace a été faite sans déposition de reliques. Paul le divin apôtre dit : "Les péchés de certains hommes sont manifestes, chez d'autres, par contre, on ne les découvre que plus tard" : les péchés qui ont précédé sont suivis par d'autres. C'est ainsi que l'hérésie impie des " accusateurs des chrétiens " fut suivie par d'autres impiétés ; car, de même qu'ils ont soustrait à la vue des fidèles les vénérables images dans les Eglises, ils ont de même supprimé d'autres coutumes, qu'il faut restaurer et garder à nouveau selon la tradition écrite ou orale. C'est pourquoi nous ordonnons que dans toutes les vénérables Eglises, qui ont été consacrées sans la déposition de saintes reliques de martyrs, on fasse la déposition des reliques avec la prière d'usage. Et celui qui consacrera une Eglise sans déposition de saintes reliques, qu'il soit déposé, comme transgresseur des traditions ecclésiastiques.
  • 8. Qu'il ne faut point recevoir dans l'Eglise les juifs, à moins qu'ils ne se convertissent d'un coeur sincère. Vu que certains sectateurs de la religion juive dans leur erreur ont imaginé de se moquer du Christ notre Dieu, feignant d'être chrétiens et reniant le Christ en secret, en gardant en cachette le sabbat et accomplissant d'autres rites de la religion juive : nous ordonnons qu'on n'admette de telles gens ni à la communion, ni aux offices, ni à l'Eglise, mais qu'ils restent juifs selon leur propre religion, et qu'ils ne fassent point baptiser leur enfant, ni n'achètent ou possèdent un esclave. Si cependant quelqu'un d'entre eux se convertit d'une foi sincère et confesse le christianisme de tout cœur, dévoilant publiquement leurs coutumes et leurs rites, au point de reprendre et corriger d'autres personnes, celui-là qu'on le reçoive et qu'on baptise lui et ses enfants et qu'on s'assure qu'ils ont renoncé aux manières de vivre juives ; s'il n'en est pas ainsi, qu'on ne les reçoive point.
  • 9. Qu'on ne doit pas garder en cachette un écrit de l'hérésie iconoclaste. Tous ces hochets enfantins et transports de furie bachique, que sont les pseudo-traités écrits contre les vénérables images, doivent être remis à l'évêché de Constantinople, pour qu'ils soient déposés avec le reste des livres hérétiques. S'il s'en trouve quelqu'un qui les garde en les cachant, si c'est un évêque ou un prêtre ou un diacre, qu'il soit déposé ; si c'est un laïc ou un moine, qu'il soit excommunié.
  • 10. Que le clerc ne doit pas quitter son diocèse pour se rendre dans un autre, à l'insu de son évêque. Comme au mépris des canons quelques clercs quittent leur diocèse pour s'en aller dans un autre, et surtout dans cette ville impériale gardée de Dieu, et s'attachent au service des puissants et célèbrent l'office divin dans leurs oratoires ; à l'avenir, nul clerc ne doit se faire recevoir sans l'assentiment de son évêque et de l'évêque de Constantinople dans une maison ou dans un oratoire ; celui qui persistera à agir ainsi sera déposé. Ceux cependant qui agiront ainsi avec l'assentiment des évêques indiqués plus haut, ne devront pas accepter de remplir des charges séculières et temporelles, vu que cela leur est défendu par les canons. Si quelqu'un est trouvé ayant accepté la charge de majordome, il doit ou cesser ou être déposé. Ce serait mieux, s'il instruisait les enfants et les domestiques, et qu'il leur lut les saintes écritures, car c'est pour cela qu'il a reçu le sacerdoce.
  • 11. Qu'il doit y avoir des économes dans les évêchés et les monastères. Etant obligés de garder tous les divins canons, nous devons observer inviolablement celui-là aussi qui prescrit de nommer dans chaque diocèse un économe. Si un métropolitain institue un économe dans son Eglise, tout est bien ; sinon, l'évêque de Constantinople aura le droit d'y nommer lui-même un tel ; le même droit est accordé aux métropolitains aussi, si leurs évêques suffragants ne se décident pas à instituer des économes dans leurs propres Eglises. La même ordonnance devra être aussi observée pour des monastères.
  • 12. Que l'évêque ou l'higoumène ne doivent pas vendre les propriétés rurales de l'Eglise. Si un évêque ou un higoumène a remis à un Seigneur ou à une autre personne une partie des possessions de l'évêché ou du monastère, cette remise est nulle, aux termes du canon apostolique qui dit : "Tous les biens d'une Eglise sont commis aux soins de l'évêque ; qu'il les administre sous le regard de Dieu, et qu'il ne lui soit pas permis de s'en approprier quoi que ce fût, ou de faire cadeau des biens de Dieu à sa propre parenté ; si celle-ci est pauvre, qu'il lui vienne en aide comme à des pauvres, mais qu'il ne dissipe pas les choses de Dieu sous ce couvert". S'il prend pour prétexte que telle propriété occasionne des frais et n'est point rentable, même alors ce n'est pas aux Seigneurs qu'il faut l'abandonner, mais à des clercs ou à des colons. Si après cela ils usent de ruse et le Seigneur achète ce bien aux clercs ou aux colons, l'achat sera frappé de nullité ; l'évêque ou l'higoumène qui auront fait cela, seront chassés, l'évêque de son évêché, l'higoumène de son monastère, car ils dissipent mal ce qu'ils n'ont point ramassé.
  • 12. Que l'évêque ou l'higoumène ne doivent pas vendre les propriétés rurales de l'Eglise. Si un évêque ou un higoumène a remis à un Seigneur ou à une autre personne une partie des possessions de l'évêché ou du monastère, cette remise est nulle, aux termes du canon apostolique qui dit : "Tous les biens d'une Eglise sont commis aux soins de l'évêque ; qu'il les administre sous le regard de Dieu, et qu'il ne lui soit pas permis de s'en approprier quoi que ce fût, ou de faire cadeau des biens de Dieu à sa propre parenté ; si celle-ci est pauvre, qu'il lui vienne en aide comme à des pauvres, mais qu'il ne dissipe pas les choses de Dieu sous ce couvert". S'il prend pour prétexte que telle propriété occasionne des frais et n'est point rentable, même alors ce n'est pas aux Seigneurs qu'il faut l'abandonner, mais à des clercs ou à des colons. Si après cela ils usent de ruse et le Seigneur achète ce bien aux clercs ou aux colons, l'achat sera frappé de nullité ; l'évêque ou l'higoumène qui auront fait cela, seront chassés, l'évêque de son évêché, l'higoumène de son monastère, car ils dissipent mal ce qu'ils n'ont point ramassé.
  • 14. Qu'on ne doit pas faire durant la synaxe des lectures de haut de l'ambon sans avoir reçu l'ordination de lecteur. Il est évident pour tous que l'ordre doit régner dans l'exercice de la charge sacerdotale et qu'il est agréable à Dieu de veiller scrupuleusement sur les fonctions sacerdotales, Comme nous voyons que certains ayant refusé la tonsure cléricale encore très jeunes, sans autre bénédiction de l'évêque, font cependant les lectures du haut de l'ambon durant la synaxe eucharistique, sans que cela soit permis par les canons, nous ne permettons plus que cela se fasse ; la même règle sera appliquée aux moines. Toutefois, il sera permis à l'higoumène, mais seulement dans son propre monastère, de conférer l'ordination de lecteur, à condition qu'il ait reçu pour gouverner le monastère la bénédiction de l'évêque, évidemment étant prêtre. Les chorévêques aussi, selon l'ancienne coutume, ne doivent promouvoir des lecteurs qu'avec l'autorisation de l'évêque.
  • 15. Qu'un clerc ne doit pas être inscrit parmi le clergé de deux Eglises à la fois. Qu'aucun clerc ne soit à l'avenir préposé à deux Eglises à la fois : c'est du commerce, du mauvais lucre et étranger aux usages ecclésiastiques. Nous avons entendu en effet la voix du Seigneur, que "personne ne peut servir deux maîtres, car il haïra l'un et aimera l'autre, et s'il supporte l'un, il méprisera l'autre". "Chacun donc doit rester, selon la voix de l'apôtre, dans la vocation, dans laquelle il a été appelé", et être attaché à une seule Eglise. Ce qui se fait par esprit de lucre à propos des choses d'Eglise, est étranger à Dieu. Pour subvenir à ses besoins, il existe divers métiers légitimes ; par eux on peut, si l'on veut, se procurer ce qui manque. L'apôtre dit en effet : "À mes besoins et à ceux de mes compagnons ont subvenu ces mains". Cette règle sera applicable à cette ville gardée de Dieu. Quant aux localités de la campagne, à cause de leur population clairsemée, il sera permis d'en desservir plusieurs.
  • 16. Qu'un clerc majeur ne doit pas être revêtu d'habits luxueux. Toute dissolution et parure corporelle doivent rester étrangères à l'ordre sacerdotal ; les évêques donc et les clercs qui se parent d'habits éclatants et riches, doivent être repris, et s'ils persistent, subir les peines ecclésiastiques ; de même, ceux qui s'oignent d'essences parfumées, Comme d'autre part l'hérésie des " accusateurs des chrétiens " est devenue une racine d'amertume produisant sans cesse de la contagion, et que ses adeptes, non contents de détester les reproductions en peinture, repoussent aussi toute piété, poursuivant de leur haine ceux qui vivent dans la modestie et la religion, et en eux se trouve réalisée la parole de l'écriture "le pécheur a en horreur toute piété" ; si donc il y en a qui se moquent de ceux qui portent un habillement pauvre et modeste, qu'ils soient corrigés par des peines ecclésiastiques ; car depuis toujours les clercs n'ont porté qu'un vêtement simple et modeste ; en effet, tout ce qui n'est pas porté par nécessité, mais pour l'embellissement doit être condamné "comme vanité", selon la parole du grand saint Basile. Ils n'étaient pas non plus vêtus de vêtements de soie de diverses couleurs, ni n'ajoutaient des ornements bariolés aux pans de leur manteaux ; ils avaient en effet entendu de la bouche aux divines paroles : "Ceux qui sont mollement habillés, habitent les palais des rois".
  • 17. Qu'on ne doit pas entreprendre de construire un oratoire, si l'on n'en a pas les moyens. Vu que certains moines désireux de commander et las d'obéir, abandonnent leurs monastères et se mettent à bâtir des maisons de prières, sans avoir assez de ressources pour achever l'œuvre commencée ; si donc quelqu'un essaie de faire cela, qu'il en soit empêché par l'évêque du lieu ; mais s'il a assez de bien pour exécuter ce qu'il projette, qu'il le mène a bon terme. La même règle sera applicable aux clercs et aux laïcs.
  • 18. Que des femmes ne doivent pas demeurer dans les évêchés et les monastères. "Ne soyez pas une pierre d'achoppement, même pour ceux du dehors" dit le divin apôtre, or le fait que des femmes résident dans les évêchés ou dans les monastères est cause de toute sorte d'achoppement. Si donc quelqu'un est convaincu de posséder dans son évêché ou dans son monastère une femme, esclave ou libre, chargée d'un service quelconque, qu'il soit soumis aux peines canoniques, et s'il persiste, qu'il soit déposé. Et s'il arrive que des femmes se trouvent dans les propriétés de campagne et que l'évêque ou l'higoumène dirigent leurs pas vers ces lieux, tant que l'évêque, ou l'higoumène, sera présent, on ne chargera d'aucun service une femme pendant ce temps, mais elle demeurera quelque part ailleurs, jusqu'à ce que l'évêque reprenne le chemin du retour ; et cela pour rester sans reproche.
  • 19. Que les admissions de clercs, moines et moniales doivent se faire sans cadeaux préalables. La passion honteuse de l'amour de l'argent s'est tellement répandue parmi les chefs des Eglises et des monastères, que certains hommes et femmes parmi ceux qu'on estime pieux, oubliant le précepte de Dieu, se laissent induire en erreur et font payer à prix d'argent la réception des candidats à la cléricature ou à la vie monastique. Ainsi se vérifie la parole du grand saint Basile, "début vicié corrompt tout l'ensemble", car il n'est pas possible de servir Dieu par Mammon. Si donc quelqu'un est pris faisant cela, s'il est évêque ou higoumène ou quelqu'un du clergé, il doit cesser ou être déposé, suivant le deuxième canon du saint concile de Chalcédoine ; si c'est une " higoumena ", elle doit être chassée du monastère et mise en obéissance dans un autre monastère ; de même, l'higoumène qui ne serait pas prêtre. Quant à ce que les parents donnent en dot à leurs enfants, ou ce que les candidats apportent eux-mêmes, déclarant qu'ils le consacrent à Dieu, il est décidé que ces biens restent acquis au monastère selon la promesse du candidat, que celui-ci reste ou quitte le monastère, à condition que l'higoumène n'ait rien à se reprocher pour le départ.
  • 20. Qu'il ne faut plus construire dorénavant des monastères doubles, et des monastères doubles. Nous décidons qu'on n'érige plus désormais des monastères doubles, parce que c'est une cause de scandale pour un grand nombre. S'il y en a qui désirent renoncer au monde avec un groupe de parents et embrasser la vie monastique ensemble, que les hommes prennent le chemin d'un monastère d'hommes, et les femmes entrent dans un monastère de femmes, car c'est là ce qui plaît à Dieu. Quant aux monastères doubles déjà existants, qu'ils se conforment à la règle de notre père saint Basile et vivent selon ses prescriptions : Qu'un seul et même monastère ne serve pas en même temps de résidence à des moines et à des moniales, car l'adultère suit toujours de près la cohabitation. Que le moine n'ait aucune familiarité avec la moniale, ni la moniale avec le moine, pour se parler en particulier. Que le moine ne couche dans un monastère de femmes, ni ne prenne jamais de repas seul avec une moniale. Quand les provisions nécessaires seront transportées du monastère des hommes à celui des femmes, qu'elles soient reçues à la porte de celui-ci par la supérieure accompagnée d'une sœur âgée. S'il arrive qu'un moine ait besoin de voir une religieuse, de ses parentes, qu'il lui parle en présence de la supérieure en quelques mots brefs et reparte aussitôt.
  • 21. Que les moines ne doivent pas quitter leurs monastères et s'en aller dans d'autres. Aucun moine, ou moniale, ne doit abandonner son propre monastère et passer dans un autre. Si cela arrive, il faut lui donner l'hospitalité, mais il ne convient pas de l'inscrire dans la communauté sans le consentement de son higoumène.
  • 22. Que les moines doivent, si le cas se présente de prendre leur repas en compagnie de femmes, le faire en esprit d'action de grâces et en toute modestie et piété. Confier à Dieu toutes choses et ne pas être esclave de ses propres volontés, est une grande chose ; En effet, "soit que vous mangiez, soit que vous buviez, dit le divin apôtre, faites tout à la gloire de Dieu". Or, le Christ notre Dieu a ordonné dans ses évangiles de couper les racines mêmes des péchés ; car il ne châtie pas seulement l'adultère, mais il condamne aussi le mouvement de la pensée qui pousse à commettre l'adultère, en disant : "Celui qui a regardé une femme avec le désir, a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur". Nous avons appris par là qu'il faut purifier nos pensées "car si tout est permis, cependant tout n'est pas profitable", ainsi que nous l'apprenons de la bouche de l'apôtre. Il est certes nécessaire à tout homme de se nourrir pour vivre ; et pour ceux qui ont choisi la vie dans le mariage, au milieu des enfants et dans l'esprit du siècle, de manger tous ensemble, hommes et femmes, est sans reproche, pourvu qu'ils rendent Grâce à Celui qui donne la nourriture, loin de ces jeux scéniques suivis de chansons sataniques, de cithares et de danses impures, sur qui tombe la malédiction du prophète, qui dit : "Malheur à ceux qui boivent leur vin au milieu du jeu de la cithare et du luth, et n'ont pas un regard pour les oeuvres du Seigneur, ni de compréhension pour les oeuvres de ses Mains". Si jamais il se trouvait parmi les chrétiens de telles gens, qu'ils s'en corrigent ; sinon qu'on leur applique ce qui avant nous fut statué par les canons. Tandis que ceux qui ont choisi la vie solitaire, ayant promis au Seigneur Dieu de prendre le joug de la vie solitaire, qu'ils gardent la solitude et le silence. De même il n'est pas permis à ceux qui ont choisi l'état sacerdotal de prendre en particulier des repas avec des femmes, si ce n'est en compagnie de plusieurs hommes et femmes, pieux et craignant Dieu, afin que même ce repas pris en commun mène à l'édification spirituelle. La même règle s'appliquera aux rapports avec la parenté. Toutefois, s'il arrive que dans un voyage un moine ou un clerc n'ait pas apporté avec lui de vivres, et se voit dans la nécessité d'entrer dans une hôtellerie ou dans une maison privée, il lui sera permis de le faire, puisqu'il y est forcé par la nécessité.

Une difficile reconnaissance du concileModifier

Les images et leurs partisans triomphaient, mais le courant iconomaque ressurgit, en particulier en Occident dans l'entourage de Charlemagne. En effet, un contre-concile eut lieu à Francfort en 794 qui utilisa les travaux de réfutation systématique de Alcuin et de Théodulf d'Orléans compilés dans un ouvrage appelé les Livres Carolins (Libri carolini), compilation entreprise dans le but de désapprouver Nicée[3]. Mais le pape, Adrien Ier défendit Nicée. Pour rétablir les images, le concile de Paris () veut remettre en ordre la présence des images dans l’Église. L’Église franque jugeait que l’Église romaine s’était trompée dans la querelle des images en exagérant leur valeur religieuse.

En Orient, Irène imposa de représenter par des images inertes, peintes ou sculptées, la Sainte Vierge et les saints, et de les vénérer. Le premier et principal reproche des iconoclastes contre la culture des images est celui de l’idolâtrie. Le principal argument des partisans des images est l'Incarnation.

Le concile antinicéen de 815 interdit donc de faire des images et condamne leur adoration. Taraise invalide Nicée et ses pratiques et accepte le concile de Sainte-Marie des Blachernes de 754.

Sous Michel II, les images commencent à réapparaître dans les Églises. Il y en avait même qui était vénérées dans le palais impérial par Théodora et ses filles. La persécution ne prit des formes violentes que pour ceux qui s’opposaient au basileus. Lazare, un moine artiste, fut fouetté et emprisonné et l’on finit par lui brûler les mains, il est fêté comme confesseur le 17 novembre.

Le rétablissement des images se fait en 843 quand toutes les églises recouvrèrent leur parure et furent ornés de la splendeur des vénérables images. On établit des prêtres et des chefs fidèles à l’orthodoxie. Il ne restait plus qu’à retirer tous les iconomaques des églises. C’est le cas par exemple de l’ex-patriarche Jean, qui dans un monastère avait crevé les yeux à une image dont il ne supportait pas le regard. Il fut ainsi fustigé par ordre de l’impératrice. Le (premier dimanche des jeûnes du Carême) est la date officielle du rétablissement des images.

Notes et référencesModifier

  1. « Est-il légitime de prier devant des statues alors que la Bible semble l'interdire ? », sur Questions Aleteia.
  2. A. Boulenger, Histoire générale de l'Église, volume IV, 5° édition, Paris, 1933, p. 190.
  3. La France avant la France (481-888), octobre 2010, par Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux, Belin. p. 609. (ISBN 978-2-7011-3358-4)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Gervais Dumeige, Nicée II, Éditions de l’Orante, Paris, 1978, 302p.
  • Christoph von Schönborn O.P., L’Icône du Christ : Fondements théologiques, Éditions Universitaires, Fribourg, 1976, 245p.
  • Extrait du Dictionnaire universel et complet des conciles du chanoine Adolphe-Charles Peltier, publié dans l'Encyclopédie théologique de l'abbé Jacques-Paul Migne (1847), tomes 13 et 14.
  • In Nicée II, 787-1987. Douze siècles d’images religieuses. Actes du Colloque international Nicée II tenu au Collège de France, Paris les 2, 3, 4 octobre 1986, Éditions du Cerf, Paris, 1987 :
    • Emmanuel Lanne, Rome et Nicée II, p. 219-p.229,
    • Jean-Claude Schmitt, L’Occident, Nicée II et les images du VIIIe au XIIIe siècle, p. 271-p.303
    • André Chastel, Le concile de Nicée et les théologiens de la Réforme catholique, p.333-p. 339
  • Antonio Calisi, I Difensori Dell'icona: La Partecipazione Dei Vescovi Dell'italia Meridionale Al Concilio Di Nicea II 787, Createspace Independent Pub 2017, (ISBN 1978401094 et 978-1978401099).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier