Hubert Germain

résistant, compagnon de la Libération et homme politique français

Hubert Germain
Fonctions
Ministre des Relations avec le Parlement

(2 mois et 25 jours)
Gouvernement Messmer III
Prédécesseur Joseph Comiti
Successeur René Tomasini (secrétaire d'État)
Ministre des Postes et Télécommunications

(1 an, 7 mois et 25 jours)
Gouvernement Messmer I et II
Prédécesseur Robert Galley
Successeur Jean Royer
Député français

(1 mois et 24 jours)
Circonscription 14e de Paris
Législature Ve (Ve République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Jean Turco

(4 ans et 26 jours)
Circonscription 14e de Paris
Législature IVe (Ve République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Serge Boucheny
Successeur Jean Turco

(4 ans, 4 mois et 8 jours)
Circonscription 14e de Paris
Législature IIe (Ve République)
Groupe politique UNR-UDT
Prédécesseur Jean-Baptiste Biaggi
Successeur Serge Boucheny
Maire de Saint-Chéron
Prédécesseur Jules Collas
Successeur Raymond Lochard
Biographie
Nom de naissance Hubert Jean Louis Germain
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 16e (France)
Date de décès (à 101 ans)
Lieu de décès Paris 7e (France)
Nationalité Français
Père Maxime Germain
Profession Cadre de société

Hubert Germain, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un résistant et homme politique français.

Engagé dans les Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale, il mène ensuite une carrière politique, au cours de laquelle il est maire de Saint-Chéron dans l'Essonne et député de la quatorzième circonscription de Paris (13e arrondissement). Il est, entre 1972 et 1974, ministre dans les gouvernements Messmer.

Fait compagnon de la Libération en 1944, il est l'ultime membre de cet ordre à mourir.

BiographieModifier

Famille et formationModifier

Hubert Germain est né le dans le 16e arrondissement de Paris[1]. Il est le fils du général français Maxime Germain[2].

Suivant les affectations de son père, il est élevé à la mission laïque franco-arabe de Damas de 1930 à 1932, effectue sa scolarité au lycée Albert-Sarraut d'Hanoï, où il passe son baccalauréat[2], puis au lycée Saint-Louis à Paris. Il étudie ensuite en classes préparatoires au lycée Michel-Montaigne de Bordeaux[1].

À la mi-juin 1940, au moment où il passe le concours de l'École navale, les Allemands entrent dans Paris. Il décide alors de rendre copie blanche pour ne pas avoir à servir dans une armée aux ordres de l'ennemi[3],[4].

Le , il épouse Simone Millon avec laquelle il aura trois enfants.

Seconde Guerre mondialeModifier

Hubert Germain refuse l'armistice du 22 juin 1940. Il décide de continuer le combat et de rejoindre la Grande-Bretagne avec trois de ses camarades. Le , ils parviennent à s'embarquer sur l'Adandora Star à Saint-Jean-de-Luz à destination de Liverpool. À l’Olympia Hall de Londres, il s'engage dans les Forces françaises libres. Il suit une formation d'élève officier de marine à bord du cuirassé Courbet[5].

Au printemps 1941, il est affecté, en Palestine, à la 1re division française libre (1re DFL) commandée par le général Legentilhomme. Il participe à la campagne de Syrie au sein de l'état-major de la division[1].

En , à l'issue de sa formation d'officier à Damas, il est nommé aspirant et affecté à l'état-major de la 1re Brigade française libre commandée par le général Kœnig[1].

En , il est affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE). Il participe, comme chef de section antichars, à la bataille de Bir Hakeim, où il est cité à l'ordre de l'armée[1].

En , il est nommé sous-lieutenant[1].

Au sein de la 1re division française libre (1re DFL), il participe à la bataille d'El Alamein puis à la campagne de Tunisie[1].

Le , pendant la campagne d'Italie, à Pontecorvo près de Monte Cassino, il est blessé et évacué vers Naples[5].

En , il participe au débarquement de Provence et aux combats de la 1re armée française qui remonte la vallée du Rhône vers l'Allemagne[1].

Après la Libération, il devient aide de camp du général Kœnig qui commande les Forces françaises d'occupation en Allemagne de au [1].

Carrière civile et politiqueModifier

Hubert Germain travaille de 1950 à 1952 comme cadre pour l’entreprise Cinzano[6], à Gennevilliers[7].

De 1953 à 1965, il est maire de Saint-Chéron (commune alors située en Seine-et-Oise, aujourd'hui dans l'Essonne)[1].

De 1960 à 1962, il est chargé de mission au cabinet de Pierre Messmer, ministre des Armées puis, conseiller technique de 1967 à 1968[1]. Il y est employé en tant qu'attaché parlementaire du ministre. Il prend connaissance des interventions des députés et sénateurs et y répond en signant le courrier du nom du ministre dont il est « secrétaire de la main », fonction autorisée, nanti d'une délégation interne au ministère.[pertinence contestée]

Il est ensuite député de la quatorzième circonscription de Paris, dans le 13e arrondissement, d'abord de 1962 à 1967, puis de 1968 à 1972, et enfin en 1973. Il est aussi secrétaire général (1969-1971) et président (1971-1973) de l'amicale parlementaire Présence et Action du gaullisme, dont il est l'un des fondateurs avec Pierre Messmer. René la Combe, Compagnon de la libération et député du Maine-et-Loire lui succédera à la tête de ce mouvement gaulliste.

Sa carrière politique est marquée par sa participation aux trois gouvernements Messmer du au , d'abord comme ministre des Postes, télégraphes et téléphones (PTT), puis ministre chargé des Relations avec le Parlement du au . Il a également assuré l’intérim au ministère des PTT du au , à la suite de la démission de Jean Royer qui se présente à l'élection présidentielle de 1974[8]. Il a accepté ces postes « plus par fidélité que par goût du pouvoir » note Le Monde[2].

De 1975 à 1982, il est nommé président de la Société française de télédistribution[1], succédant à Robert Bourgeot[9].

Franc-maçon, il a été initié à la Grande Loge de France en 1975. Il est membre fondateur de la loge « Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération » et grand-maître d'honneur de la Grande Loge de France[10]. Également membre de la juridiction du Suprême Conseil de France, il est 33e degré du Rite écossais ancien et accepté[10].

RetraiteModifier

À partir de 2010, Hubert Germain est membre du Conseil de l'ordre de la Libération. Il est pensionnaire de l'Institution nationale des Invalides à Paris[11]. Le général Thierry Burkhard, chef d'état-major de l'Armée de terre, lui rend visite le , jour de sa prise de fonction[12],[13].

Lors des commémorations des 80 ans de l'appel du 18 Juin, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, annonce que les quatre derniers compagnons de la Libération (Edgard Tupët-Thomé, Daniel Cordier, Pierre Simonet et Hubert Germain) sont nommés membres honoraires de l'ordre de l'Empire britannique[14]. La décoration est remise à Hubert Germain par Ed Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni à Paris le lors d'une cérémonie aux Invalides[15],[16].

En octobre 2020, dans son ouvrage Espérer pour la France[17], écrit avec Marc Leroy, il déclare : « Quand le dernier d'entre nous sera mort, la flamme s'éteindra. Mais il restera toujours des braises. Et il faut aujourd'hui en France des braises ardentes ! »[18].

Il est le dernier survivant des compagnons de la Libération après la mort de Daniel Cordier le [19],[20].

Par décret du , Hubert Germain est nommé chancelier d'honneur de l'ordre de la Libération[21].

Le , anniversaire du dernier jour de la bataille de Bir Hakeim, une cérémonie est organisée en son honneur sous ses fenêtres, aux Invalides[22].

Mort et obsèquesModifier

La ministre des Armées Florence Parly annonce la mort d'Hubert Germain, à 101 ans, le [23],[24], en début d'après-midi dans sa chambre de l’hôpital militaire des Invalides, à Paris. En tant qu'ultime survivant des 1 038 Compagnons de la Libération, il devrait être inhumé dans la crypte du mémorial de la France combattante au mont Valérien, où le dernier caveau[23] du Mémorial lui est réservé[25]. Une cérémonie présidée par le président de la République, Emmanuel Macron, lui a rendu hommage aux Invalides le [23], et son inhumation est prévue le 11 novembre avec une cérémonie commençant à l'Arc de triomphe pour s'achever au Mont-Valérien[23].

DécorationsModifier

Titulaire de plusieurs décorations étrangères.

PublicationModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r « Hubert Germain », sur ordredelaliberation.fr (consulté le ).
  2. a b et c Benoît Hopquin, « Hubert Germain, le dernier des compagnons de la Libération, est mort », sur Le Monde, (consulté le ).
  3. « Hubert Germain, entretien avec le dernier des compagnons de la Libération », sur parismatch.com, .
  4. Corinne Laurent, « Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération », sur la-croix.com, .
  5. a et b « Hubert Germain », sur Musée de l'Armée (consulté le )
  6. « Hubert Germain », sur gaullisme.fr, 19 juin 2020 (consulté le 15 octobre 2021).
  7. « Etablissement de vins spéciaux dit coopérative Cinzano, actuellement Vernhes », notice no IA92000105.
  8. « Parmi les nouveaux candidats - M. Jean Royer fera une campagne « vigoureuse et ardente » », Le Monde, 13 avril 1974.
  9. Postes, téléphone et télécommunications ; Société française de Télédistribution (1964-1982), Archives nationales, p. 6.
  10. a et b « Hubert Germain Grand Croix de la Légion d'Honneur », sur le site jlturbet.net.
  11. « J'ai suivi Antérès, de la constellation du Scorpion », dans Anne-Marie Grué-Gélinet, S'accrocher à une étoile : ainsi va la vie aux Invalides, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-6361-1), p. 45-59.
  12. Maxime Simonnot-Virbel, « Général d'armée Burkhard. Relève au contact », Terre information magazine, no 307,‎ , p. 9 (lire en ligne, consulté le ).
  13. Nicolas Barotte, « Thierry Burkhard, ou l’art de commander dans la continuité », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Londres va décorer les quatre derniers compagnons de la Libération », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. « Cérémonie de remise de l'Ordre de l'Empire Britannique », sur Ordre de la Libération, (consulté le ).
  16. « Tweet d'Ed Llewellyn », (consulté le ).
  17. Hubert Germain et Marc Leroy, Espérer pour la France : Entretiens avec Marc Leroy, Les Belles Lettres, , 96 p. (ISBN 978-2251451411, lire en ligne)
  18. « Qui est Hubert Germain, le dernier survivant des Compagnons de la Libération ? », sur ladepeche.fr, (consulté le ).
  19. Le Figaro avec AFP, « Décès de l'un des trois derniers compagnons de la Libération, Pierre Simonet », sur Le Figaro.fr, (consulté le ).
  20. Philippe-Jean Catinchi, « L’ancien résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin pendant la seconde guerre mondiale, est mort », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  21. Décret du 25 novembre 2020 portant nomination du chancelier d'honneur de l'Ordre de la Libération.
  22. Jean Chichizola, « Le dernier Compagnon célébré aux Invalides », Le Figaro,‎ 12-13 juin 2021, p. 10 (lire en ligne).
  23. a b c et d "Mort d'Hubert Germain : des cérémonies aux Invalides et à l'Arc de Triomphe avant l'inhumation au Mont Valérien", LCI, 12 octobre 2021
  24. Le Figaro avec AFP, « Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération, est mort », sur lefigaro.fr,
  25. Benoît Hopquin, « Les derniers compagnons de la Libération passent la main », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Benoît Hopquin, Nous n'étions pas des héros, Calmann-Lévy, , 344 p. (ISBN 978-2-7021-5524-0, présentation en ligne).
  • « J'ai suivi Antérès, de la constellation du Scorpion », dans Anne-Marie Grué-Gélinet, S'accrocher à une étoile : ainsi va la vie aux Invalides, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-6361-1), p. 45-59.

Liens externesModifier