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Dans ce nom chinois, le nom de famille, Hong, précède le nom personnel Xiuquan.
Hong Xiuquan
Hong Xiuquan.jpg
Portrait de Hong vers 1860.
Fonction
Empereur de Chine
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Hong Renkun
Nationalités
Activités
Enfant

Hong Tianguifu Red crown.png
Hong Tiangming
Hong Tianguang
Hong Tianyou
TaiPingRevolutionSeal.png
blason

Hong Xiuquan (chinois : 洪秀全 ; pinyin : Hóng Xiùquán) (1 janvier 1813-1 juin1864)[1] est un Hakka. Il est un personnage clef de la révolte des Taiping. Il se proclama « Empereur du Ciel » et contesta le pouvoir de l'empereur Xianfeng.

EnfanceModifier

Hong est le cadet d'une famille de quatre enfants. Il est remarqué pour son intelligence dès son plus jeune âge, et toute sa famille et son village le poussent à passer les examens impériaux afin de devenir fonctionnaire[2].

Visionnaire, et « frère cadet de Jésus »Modifier

Les examens impériaux sont difficiles et le nombre de candidats très nombreux. Il échoue une première fois en 1827, puis à deux autres reprises[2]. Il eut des visions, au cours d'une maladie qui le frappa en 1837 (sans doute une dépression nerveuse), après son troisième échec aux examens pour entrer dans la fonction publique, et au cours de laquelle il fut pris de délire. Lors de ses visions, il vit un homme doté d'une longue barbe dorée, qui l'appela son fils, et lui demanda de combattre les démons en lui présentant une épée et un sceau, aidé par un homme plus jeune qui se présenta comme son frère aîné.

Les examens ont lieu à Guangzhou (ou Canton), une ville ouverte au commerce avec l'Occident. Il y reçoit en 1837, lors de son troisième examen, un livre expliquant les bases de la foi chrétienne, écrit par Liang Fa (en). Il interprète ses visions sous ce prisme, et en conclut qu'il avait vu Dieu le Père, accompagné de Jésus, et que lui, Hong Xiuquan, était le frère cadet de Jésus. Il conclut également que les démons à chasser étaient les Mandchous de la dynastie Qing, qui n'étaient pas Chinois[3]. En 1843, après son quatrième échec aux examens impriaux, il décide de se baptiser, se considère dès lors comme chrétien et commence à prêcher sa nouvelle doctrine. Un de ses premiers disciples est Feng Yunshan[2].

En 1847, il rencontre le missionnaire américain Issachar Jacox Roberts (en) pendant deux mois. S'il ne se rapproche pas des doctrines chrétiennes, Hong Xinquan prend conscience de la présence d'autres pays, et rejette l'ethnocentrisme chinois au profit de l'égalité de toutes les nations au regard de Dieu[2].

Délenchement de la révolte des TaipingModifier

Article détaillé : Révolte des Taiping.

Il commence à prêcher en juillet 1850 et accompagne son message spirituel de promesses aux paysans pauvres concernant l'égalité et la propriété partagée des terres. Ses propos font écho dans un contexte où les paysans sont souvent soumis à la famine et au chômage, et n'ont pas de terres. Lui et ses disciples marchent sur les routes, en vendant de l'encre et des pinceaux, et s'organisant en communautés où tout est mis en commun. Il rencontre un grand succès dans le sud-est de la Chine[3]. Le mouvement se mue en révolte contre la Chine des Qing. Le , il proclame le « Royaume céleste de la Grande Paix » (chinois simplifié : 太平天国 ; chinois traditionnel : 太平天國 ; pinyin : Tàipíng Tiān Guó)[2].

Rapidement, les insurgés remportèrent de grands succès le long du cours du Yangzi Jiang. Des villes et villages entiers se joignent à eux[2].

Les Taiping prirent Nankin, l'ancienne capitale de la dynastie Ming, dont ils firent la capitale du « Royaume Céleste de la Grande Paix ».

Peu à peu cependant, ils perdirent du terrain, avec en particulier deux grands tournants dans la guerre :

  • Le massacre de Tianjing, où les principaux chefs Taiping s'entretuèrent eux et leurs partisans, entraînant la perte de l'unité du mouvement, et celle de nombreux soldats (morts, ou partis),
  • La perte de la neutralité des Occidentaux, à la suite d'un certain nombre « d'erreurs » stratégiques des Taiping : ils attaquèrent Shanghai (un port-clé pour l'Occident) à plusieurs reprises, en 1860 et en 1862, ils répétèrent leur volonté d'interdire le commerce de l'opium (pour le commerce duquel la Grande-Bretagne venait de faire la guerre), ils montrèrent un grand dogmatisme pour affirmer une « doctrine chrétienne » très personnelle, bien éloignée de celle que l'on connaît en Occident, et débouchant sur une théocratie bureaucratique et dystopique[4],[5].

Il s'entoure d'un important harem, alors qu'il interdit les relations sexuelles, et qu'hommes et femmes sont séparés parmi ses disciples. Il fait tuer certains de ses généraux et s'entoure de ses proches, moins compétents[2].

Sa mortModifier

Il meurt le , « après avoir mangé de la manne », dira son cousin Hong Rengan, ou, plus exactement, en s'alimentant d'herbes sauvages (qu'il appelait la « douce rosée ») pour résister à la famine qui sévissait dans la ville assiégée. Il fut alors victime d'une intoxication alimentaire qui mit 20 jours à le tuer[6], peu avant la chute de Nankin aux mains de l'armée impériale, le 19 juillet 1864.

PostéritéModifier

 
Une statue de Hong Xiuquan à Nankin.

Sun Yat-sen venait de la même région que Hong Xiuquan, et on dit[Qui ?] qu'il s'identifiait depuis son enfance avec Hong Xiuquan.

Les communistes chinois considèrent qu'il a ouvert la voie à leur propre révolution[7].

Notes et référencesModifier

  1. Eric J. Hobsbawm, L'ère du capital 1848-1875, Paris, Fayard, 1978, p. 183.
  2. a b c d e f et g (en) Lee Nathan Feigon, « Hong Xiuquan », sur Encyclopedia Britannica, (consulté le 2 octobre 2019).
  3. a et b (en) Carrie Gracie, « Hong Xiuquan: The rebel who thought he was Jesus's brother », sur BBC, (consulté le 2 octobre 2019).
  4. (en) Alar Laats, Christian Apocalyptic Extremism: A Study of Two Cases, p. 163 (note 1), pp. 166-167
  5. Teng S.Y. : The Taiping Rebellion and the Western Powers, page 312. Oxford at the Clarendon Press, 1971.
  6. Teng S.Y. : The Taiping Rebellion and the Western Powers, page 323. Oxford at the Clarendon Press, 1971.
  7. Jacques Tiberi, « Hong Xiuquan, le Jésus chinois qui inspira la révolution », sur Le Zéphyr, (consulté le 8 mars 2019)

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Jonathan D. Spence, God's Chinese Son : The Taiping Heavenly Kingdom of Hong Xiuquan, Londres, W.W. Norton & C°. New-York, (ISBN 0-393-03844-0).