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Collage d'une page sur un mur copiée de Google Images et montrant des photographies de l'Homme de Tian'anmen.
Collage d'une page sur un mur copiée de Google Images et montrant des photographies de l'Homme de Tian'anmen.

L’Homme de Tian’anmen, Tank man (l’« Homme au char ») ou encore The Unknown Protester (« Le Manifestant inconnu ») est le surnom de l'homme resté anonyme, mais mondialement célèbre, qui fut filmé et photographié alors qu'il s'efforçait de bloquer symboliquement la progression d'une colonne d'au moins dix-sept chars Type 59 de l'Armée populaire de libération lors des manifestations de la place Tian'anmen, en 1989, en République populaire de Chine.

L'image de la scène est prise par deux reporters-cameramen et cinq reporter-photographes perchés sur un balcon de l'hôtel Beijing (en). Le cliché iconique est celui de Jeff Widener de l'Associated Press, qui a fait la une de nombreux journaux et magazines à l'époque, ce qui pose la question des paramètres sur lequel sont jugés l'iconicité des images, ces photographies ayant été toutes prises du même angle de vue[1].

Le monde entier fut frappé par la scène de ce char tentant vainement de contourner l'inconnu. L'image de l'incident est couramment utilisée pour symboliser le courage et la force de la non-violence face à la répression armée.

Sommaire

DéroulementModifier

L'incident se déroule à Pékin, le [2], à proximité de la place Tian'anmen, qui se trouve au sud de la Cité interdite. Au deuxième jour des violentes répressions entreprises par le gouvernement chinois à l'encontre des manifestations, l'homme se tenait à 800 mètres à l'est de la porte Tian'anmen, au carrefour entre l'avenue Dongchang'anjie (东长安街), empruntée par les chars, qui arrivent de l'ouest, l'avenue Zhengyilu (正义路) au sud, et l'avenue Nanheyandajie (南河沿大街) au nord (39° 54′ 23,5″ N, 116° 23′ 59,8″ E). Les photos et films de la confrontation ont été réalisés par des journalistes étrangers depuis l'hôtel Pékin (北京饭店, Beijing Fandian) situé sur Dongchang'anjie.

L'homme, portant un sac de couleur claire dans chaque main, est seul debout au milieu de la route quand les chars s'approchent. Les chars s'arrêtent devant lui et il semble leur faire signe de repartir. En réponse, le char de tête essaie à plusieurs reprises de contourner l'homme mais celui-ci se place à nouveau sur sa route. Puis l'individu grimpe sur le dessus du char de tête et a une brève conversation avec un membre d'équipage. Les versions de ce qui a été dit au conducteur varient : « Pourquoi êtes-vous là ? Ma ville est en chaos à cause de vous », « Faites demi-tour et arrêtez de tuer mon peuple » et « Partez ». Les vidéos prises par les journalistes occidentaux montrent que le jeune homme fut ensuite approché par un cycliste qui discute un court instant avec lui . Puis un homme les bras levés fait signe au chef de char qui le voit, le char étant alors immobilisé ; enfin, trois autres hommes se mettent autour du jeune manifestant, le font se déplacer sur le côté de l'avenue où il se trouvait, hors du champ de vison des photographes ou journalistes qui ont filmé cette scène de résistance passive.

Selon certaines journalistes, les quatre personnes étant intervenues étaient en fait des policiers en civil, présents dans ce secteur et devant faciliter le passage des chars, ce qui fut le cas, la progression des blindés lourds s'effectuant ensuite sans aucune résistance.

L'hommeModifier

On ne connaît pas de façon certaine l'identité de l'homme[3]. Peu de temps après l'incident, le tabloid britannique the Sunday Express l'identifia comme étant Wang Weilin (王維林), un étudiant de 19 ans. Toutefois, la véracité de cette information paraît douteuse.

Il existe plusieurs histoires non concordantes relatives à ce qu'il est advenu de l'homme après la manifestation. Bruce Herschensohn, ancien assistant adjoint du président Richard Nixon rapporta que l'homme fut exécuté 14 jours plus tard ; d'autres sources avancent qu'il a été passé par les armes devant un peloton d'exécution quelques mois après les protestations de la place Tian'anmen. Dans Red China Blues: My Long March from Mao to Now, Jan Wong écrit qu'il est toujours vivant et se cache quelque part en Chine.

Le récit d'un témoin oculaire des événements, publié en octobre 2005 par Charlie Cole, photographe pour le magazine Newsweek à l'époque, indique que l'homme fut arrêté immédiatement après l'incident[4] par le Bureau de sécurité publique chinois.

Le gouvernement de la République populaire de Chine fit peu de commentaires sur ces circonstances et l'homme impliqué. Dans une entrevue de 1990 avec la journaliste américaine Barbara Walters, Jiang Zemin, alors secrétaire général du Parti communiste chinois, indique qu'il ignore s'il a été arrêté, et qu'il pense qu'il n'a jamais été tué.

Ding Zilin, une des mères de Tiananmen, indique qu'aucune d'entre elles n'a reconnu un de ses proches[5].

Un article de juin 2006 dans le journal hongkongais Apple Daily prétend que l'homme réside actuellement à Taïwan[réf. nécessaire].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Ronald L. Grimes, Ute Husken, Udo Simon, Eric Venbrux, Ritual, Media, and Conflict, Oxford University Press, , p. 16.
  2. « article sur l'express », sur http://www.lexpress.fr (consulté le 5 juin 2012)
  3. « Tank Man », quatre angles de vue pour l'icône de Tiananmen Le Monde, 4 juin 2014
  4. L'homme de Tiananmen : l'acte de bravoure et la censure de Pékin L'Obs, 13 août 2016
  5. Christophe Deloire, L'Homme qui ne se retourne pas, janvier 2014.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Adrien Gombeaud, L’Homme de la place Tiananmen, Éditions du Seuil, mai 2009 (ISBN 978 2 02 098254 2)

Liens externesModifier