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Historiographie de la Seconde Guerre mondiale

Rayonnage de livres consacrés à la Seconde Guerre mondiale dans une librairie au Japon.

Cet article concerne l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale.

Le second conflit mondial est l'évènement clivant du XXe siècle. Il fut aussi le conflit le plus coûteux en vies de l'histoire de l'humanité ; depuis sa conclusion énormément de temps et d'efforts lui ont été consacrés pour en faire le récit ou l'interpréter.

Il n'est donc pas étonnant que des débats concernant l'interprétation de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale aient surgi.

Cet article tente de les recenser.

Sommaire

Définition(s)Modifier

La discipline étudie les procédés par lesquels la connaissance historique concernant le déroulement de la guerre est obtenue et transmise. En termes généraux, l'histoire de l'Histoire inspecte l'histoire militaire et la méthodologie historique, y relevant les publications des auteurs universitaires, les travaux de recherche, les œuvres de critique littéraire, le style et les conflits d'intérêts portant sur la Seconde Guerre mondiale.

Dans la mesure où les instruments de la recherche historique ont évolué depuis la fin du conflit et influé par leur application les différents États qui les ont utilisés, la notion elle-même prend des sens variés et n'est plus associable à une définition qui s'appliquerait à l'ensemble d'entre eux.


Historiographie selon les paysModifier

FranceModifier

Première phase : mise en avant d'une France résistanteModifier

À partir de la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale pour la France le , les Français sont conscients de vivre dans un pays divisé entre ceux qui ont collaboré, ceux qui ont résisté et, pour la plus grande majorité, ceux qui ont attendu. Très vite, des épurations de collaborateurs sont ordonnées par le GPRF. Ces épurations atteignent leur paroxysme lors des procès du maréchal Pétain et de Pierre Laval, principaux artisans de la politique de collaboration avec l'Allemagne pendant la guerre. En réalité, de Gaulle veut donner un sentiment d'unité à une nation encore traumatisée par la guerre. Il met alors à l'honneur une France résistante, considérant que faire l'apologie de la collaboration désunifierait les Français. Il n'est pas le seul à penser cela, les communistes, pourtant éloignés de sa vision politique, le soutiennent dans son éloge du résistancialisme, car eux-mêmes avaient résisté âprement de l'intérieur face aux armées allemandes, le parti communiste se présente même à la fin de la guerre comme le parti des 75 000 fusillés. Durant toute la IVe République ainsi que pendant les mandats de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou à la tête de l'État, la France fera honneur à cette mémoire résistante. Ainsi, le transfert des cendres de Jean Moulin, figure nationale de la résistance française, dessert les intérêts de la vision gaullienne de la France.

Cette politique a néanmoins des inconvénients, les réelles victimes de la Seconde Guerre mondiale sont oubliées. Ainsi, les travailleurs français du STO, les soldats français de 1940 et surtout la communauté juive sont complètement oubliés des honneurs de par cette politique, amenant même les juifs à se commémorer eux-mêmes du sort de leurs parents ou amis de même confession, décédés dans ce que Claude Lanzmann appellera la Shoah. Cette indifférence à l'égard des victimes est totale de 1945 à 1961. L'année 1961 marque une rupture dans le fait qu'un procès très médiatisé s'ouvre en Israël : le procès Eichmann. Ce procès, où des témoins de la Shoah témoignent envers l'ex-dirigeant nazi, remet le génocide juif à l'ordre du jour. Mais ce n'est pas encore suffisant, il faudra attendre la mort du général de Gaulle et surtout la retraite des générations ayant connu la guerre, et qui commencent à la raconter dans leurs mémoires, pour que l'historiographie autant que la société se réveille sur les « oubliés de la guerre ».

Seconde Phase : L'éclatement des mémoiresModifier

Après la mort de Charles de Gaulle, le contexte est favorable aux témoignages. Le point de départ de ces témoignages semble être le film le Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls, qui montre une France qui n'a pas eu peur de la collaboration. En 1973, Robert Paxton, écrit la France de Vichy. Ce livre est particulièrement intéressant du fait que c'est un étranger, donc quelqu'un de parfaitement neutre qui écrit à propos de Vichy. Ce qu'il écrit déclenche de vives polémiques, il affirme dans son livre que c'est le gouvernement de Vichy qui a insisté pour collaborer auprès des Allemands, thèse alors inexplorée.

Les années 80-90 marquent un réel tournant dans l'historiographie française de la Seconde Guerre mondiale. Avec les travaux cités ci-dessus, l'éclatement des mémoires, les films documentaires (notamment Shoah de Lanzmann en 1985), et la réouverture des procès des criminels nazis, la France est passée d'une mémoire résistante à une mémoire de collaboration. En 1995, Jacques Chirac, dans un discours resté célèbre, affirme le rôle déterminant de la France dans la déportation des juifs dans les camps d'exterminations nazis. Les victimes sont alors progressivement remises à l'honneur, les juifs reçoivent de multiples hommages ainsi que les justes (les personnes ayant aidé un juif à survivre).

Exemples d'articles historiographiquesModifier

Voir aussiModifier

  • Historiographie
  • Révisionnisme | Négationnisme : tentations (idéologiques) associées au sujet dans le récit des faits ; ceci est indépendant du débat des historiens (basé sur la preuve documentaire), mais tente de les influencer.