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Histoire de Péronne

Armoiries de Péronne
blasonnement : D'azur aux trois fleurs de lis d'or, à la lettre P capitale couronnée du même en abîme.
devise : Urbs nescia vinci (i.e. ville Jamais vingt cu ), adoptée en 1656.
Supports: deux chiens griffons d'argent dressés.
Cimier: une pucelle d'argent tenant une épée nue.
ornements extérieurs :
. Légion d'honneur ;
. Croix de guerre 1914-1918 avec palme;
. Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.
historique : Les armoiries de Péronne datent du rattachement définitif de la ville à la France sous Louis XI au XVe siècle[1]. Cependant elles ont été modifiées en par François Ier qui a permis à la ville d'ajouter à son blason une couronne fleurdelisée au-dessus du "P", en souvenir du siège soutenu victorieusement par les Péronnais contre les Impériaux.
En 1729, la municipalité remplaça les supports extérieurs existants par deux chiens barbets "insigne de la fidélité des habitants de Péronne" et ajouta au-dessus de la couronne le buste d'une femme tenant la banderole où la devise de la ville est inscrite.

L'histoire de Péronne commence à la Préhistoire. Située sur une colline, presque totalement entourée par la Somme et ses étangs naturels, Péronne a été peuplée depuis le Néolithique mais le nom du site ne nous est connu que depuis la période mérovingienne. La ville se développa autour de son château et subit plusieurs sièges et destructions qui marquèrent son histoire du Moyen Âge au XXe siècle.

Sommaire

PréhistoireModifier

PaléolithiqueModifier

Des silex taillés retrouvés dans les environs de Péronne, tendent à prouver que la région était peuplée dès le Paléolithique. Nous ne possédons pas d'information plus précise concernant le site de Péronne.

NéolithiqueModifier

La présence d'un menhir dit Doigt de Gargantua sur le territoire de la commune de Doingt, limitrophe de celle de Péronne, montre que le site était peuplé à l'époque néolithique.

ProtohistoireModifier

En , les fouilles archéologiques sur le tracé du futur chantier du canal Seine-Nord Europe ont mis au jour la tombe d'un haut personnage de la tribu gauloise des Viromanduens qui peuplaient la région. Cette tombe a été datée de [2]

AntiquitéModifier

En ce qui concerne l'existence d'un habitat gallo-romain à Péronne, nous en sommes réduits aux conjectures.

Moyen ÂgeModifier

Haut Moyen ÂgeModifier

La tradition rapporte que ce qui est aujourd'hui le centre ville de Péronne, situé sur une éminence dominant la Somme, s'appelait le Mont des Cygnes. Au pied de ce promontoire, se trouvait une île, Sobotécluse (aujourd'hui le faubourg de Paris), qui fut par la suite reliée par une digue au Mont des Cygnes[3].

Péronne, une résidence mérovingienneModifier

 
Radegonde menée auprès du roi Clotaire. Vie de sainte Radegonde, XIe siècle. Poitiers, Bibliothèque municipale.

Dans la Vie de Sainte Radegonde, Venance Fortunat, dans la seconde moitié du VIe siècle, évoquant le séjour de la reine des Francs, nous révéla le nom du lieu : « Peronam urbem regiam »[4]. C'est-à-dire Péronne.

Radegonde (520-587), princesse thuringienne, fut faite prisonnière avec son frère Hermanfield par les fils de Clovis, Thierry Ier, roi de Metz et Clotaire Ier, roi de Soissons. Le tirage au sort en fit la prisonnière de Clotaire[5]. Elle fut conduite à la villa royale d'Athies, près de Péronne, dans le Vermandois. Clotaire décida d'épouser Radegonde. Celle-ci aurait tenté de s'enfuir, mais fut rattrapée dans les alentours de Péronne en un lieu nommé depuis Sainte-Radegonde[Note 1]. Devenue l'épouse de Clotaire, elle mena une vie austère et se retira à Poitiers où elle fonda un monastère.

Le culte de sainte Radegonde fut célébré à Péronne et dans les environs[6].

La résidence royale de Péronne devait être un castrum protégé par une simple palissade de bois. Jusqu'au règne de Dagobert Ier, Péronne resta en la possession des rois francs. En 636, Péronne fut incluse dans la dote de Rothilde, fille de Dagobert mariée à Lyderic Ier, comte de Flandre. Après la mort prématurée de Rothilde, Péronne revint au roi Clovis II, fils de Dagobert qui l'attribua à Erchinoald, son parent qui devint par la suite maire du palais. Ce fut le premier seigneur de Péronne[7].

Péronne christianiséeModifier

Fursy (567 - 648) était un moine irlandais qui arriva dans le nord de la Gaule en 639, avec ses frères Feuillen et Ultan de Fosses. Fursy y accomplit des miracles ce qui aurait amené Erchinoald, maire du palais sous Clovis II à l'accueillir dans son château de Péronne et à lui demander de baptiser son fils. Il lui aurait également demandé de fonder un monastère dans l'un de ses domaines. C'est ainsi que Fursy aurait fondé l'Abbaye du Mont Saint-Quentin tout près de Péronne dont Ultan de Fosses fut le premier abbé. Feuillen de Fosses quant à lui quitta Péronne pour Nivelles en Austrasie puis fonda, dans les environs, le monastère de Fosses-la-Ville. Ayant décidé de retourner en Angleterre, Fursy décéda en cours de route à Mézerolles, village du Ponthieu. Une querelle aurait opposé alors, Haynuon, gouverneur de la région et Erchinoald au sujet de la sépulture du saint homme. Erchinoald aurait décidé de s'en remettre au jugement de Dieu. La dépouille fut déposée sur un chariot attelé de deux bœufs. On s'accorda sur le fait que la dépouille reposerait dans le domaine sur lequel le chariot s'arrêterait. Sur le parcours, il y eut de nombreux miracles de guérison : aveugles, paralytiques… Le chariot s'arrêta à Péronne[8]. Fursy devint dès lors le saint patron de la ville.

En 650, une collégiale fut construite pour abriter le tombeau de saint Fursi dont le corps fut déposé dans une châsse conçue par Éloi de Noyon.

Période carolingienne : le roi Charles III détenu à PéronneModifier

En 817, le château de Péronne fut donné à Pépin, fils de Bernard d'Italie, petit-fils de Charlemagne.

En 849, à Péronne, le roi Charles II le Chauve et son frère Lothaire Ier conclurent une alliance.

Péronne faisait partie, à l'époque carolingienne, à la fin du IXe siècle, du comté de Vermandois dirigé par Herbert Ier, fils de Pépin. En 887, les Vikings, remontant la Somme pillèrent et incendièrent Péronne et l'abbaye du Mont Saint-Quentin. Pour la défendre, Herbert Ier dota alors la ville de sa première fortification en grès, dont l'emplacement est encore visible aujourd'hui.

En 924, le roi des Francs, Raoul Ier, confirma à Herbert II, fils d'Herbert Ier de Vermandois la possession du château de Péronne.

Herbert II de Vermandois fut un des plus puissants seigneurs du nord de la France. En 923, il captura son cousin, le roi Charles III le Simple qui récemment détrôné, était venu chercher son soutien. Il le garda prisonnier à Péronne jusqu'à sa mort en 929, et s'en servit comme moyen de pression vis-à-vis du roi Raoul obtenant ainsi de ce dernier le siège archiépiscopal de Reims pour son fils Hugues. Charles le Simple fut inhumé dans la collégiale Saint-Fursy de Péronne jusqu'à la destruction du bâtiment, juste après la Révolution française[6].

Moyen Âge classiqueModifier

Pendant tout le Moyen Âge, Péronne fut une ville de passage pour les voyageurs et commerçants de la route des Flandres, et pour les pèlerins de la Via Francigena (route reliant Canterbury en Angleterre à Rome en Italie) ce qui permit à la ville de développer ses activités commerciales par un marché et une foire.

Rôle accru de Péronne sous Philippe AugusteModifier

 
Entrée du château de Péronne

En 1109, Le roi Louis VI le Gros, ratifia à Péronne, par un diplôme, les donations faites par la veuve du châtelain Robert III, à l'abbaye du Mont Saint-Quentin.

En 1192, fut conclu, à Péronne, par le cardinal Guillaume aux Blanches Mains, pour le compte du roi Philippe Auguste, un accord reconnaissant le comte de Flandre Baudouin V de Hainaut comme successeur de Philippe d'Alsace, comte de Flandre, contre le versement de 5 000 marcs d'argent[6].

En 1200, par le traité de Péronne, Baudoin IX, comte de Flandre et de Hainaut se reconnaissait vassal du roi de France Philippe Auguste.

Article détaillé : Traité de Péronne (1200).

La ville fut dotée d'une organisation municipale dès le XIIe siècle vraisemblablement. On ne connait pas avec exactitude la date de la première charte communale de Péronne. On sait, en revanche, qu'en 1209, le roi Philippe Auguste confirma la charte communale de Péronne ainsi que nombre de coutumes[9].

C'est à Philippe Auguste également que l'on doit la construction du château fort vers 1204, sur un modèle typique de l'Architecture philippienne[1], confirmant le rôle de place-forte royale de la ville.

Article détaillé : Château-fort de Péronne.

En 1214, après la bataille de Bouvines, Renaud de Dammartin, comte de Boulogne fut retenu captif au château de Péronne.

La ville de Péronne fut au Moyen Âge, une « ville drapante »; elle fit partie au XIIIe siècle de la « Hanse des dix-sept villes », dont le but était de favoriser l'écoulement de la production textile aux Foires de Champagne[Note 2].

La présence de l'Église à PéronneModifier

 
Blason du chapitre Saint-Fursy de Péronne

La ville de Péronne dépendait du diocèse de Noyon, elle possédait plusieurs édifices religieux au Moyen Âge:

  • l'église Saint-Quentin-en-l'Eau à Sobotécluse, la première de la ville;
  • l'église Saint-Quentin-Capelle au pied de la butte Saint-Fursy, qui remplaça une ancienne chapelle, d'où son nom;
  • l'église Saint-Sauveur, construite au XIIIe siècle;
  • l'église Notre-Dame de l'Assomption au faubourg de Bretagne, datant du XIIIe siècle;
  • la collégiale Saint-Fursy qui conservait les reliques de Fursy de Péronne.
  • la chapelle Notre-Dame de Pitié à La Chapelette avec un ermitage dont les trois ermites remplissaient la fonction de fossoyeur.

La ville possédait un chapitre de chanoines réguliers, un couvent de cordeliers (franciscains) depuis 1222 ainsi qu'une maladrerie depuis 1108 et un hôtel-Dieu.

En 1256, eut lieu la translation du corps de saint Fursy dans une nouvelle châsse, en présence du roi Saint Louis et du connétable Gilles de Trazegnies dit le Brun[6].

Le 24 septembre 1256, par le Dit de Péronne, le roi Saint Louis rendit un arbitrage au sujet de la succession de Marguerite de Flandre qui opposait ses cinq fils[10].

Privilèges accordés à la ville de Péronne par Philippe IV le BelModifier

La ville de Péronne bénéficia de la bienveillance du roi de France Philippe IV le Bel qui prit, à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle, une série de mesures en sa faveur.

Par les chartes de février et juin 1292, Philippe IV le Bel confirma la foire de la Saint-Michel qui existait antérieurement. Sa date de début fut fixée au 29 septembre, sa durée étant de huit jours. Cette foire marchande était franche de droits ce qui favorisa le commerce local.

En 1301, le roi Philippe IV le Bel passa par Péronne avant la bataille de Courtrai, accompagné de son frère Charles de Valois. Il y rencontra Amédée de Savoie venu y conclure avec lui une trêve.

Après la bataille de Mons-en-Pévèle (1304), Philippe le Bel accorda à la ville de Péronne, en remerciement des hommes et de l'argent fournis pour cette expédition, la seigneurie de Sobotécluse et des grands moulins appartenant au roi qui s'y trouvaient, contre le paiement d'une redevance de soixante livres parisis.

Bas Moyen ÂgeModifier

Péronne dans la Guerre de Cent AnsModifier

Suppression de la commune par le roi Jean le BonModifier

En 1356, Charles le Mauvais, roi de Navarre fut détenu à Péronne ce qui suscita une querelle entre la commune et le chapitre Saint Fursy au sujet du paiement des deux seigneurs qui le gardaient au château.

Le roi Jean II le Bon avait donné la seigneurie et le château de Péronne à Jean d'Artois, comte d'Eu, captif avec lui en Angleterre mais libéré sur parole. En 1360, le comte d'Eu et le duc d'Orléans vinrent à Péronne mais les habitants craignant que le duc d'Orléans ne livrât la ville aux Anglais[Note 3] refusèrent de lui ouvrir les portes. Ils assiégèrent le château où se trouvait la comtesse d'Eu, parvenant même à incendier l'avant-cour. Le roi par mesure de rétorsion supprima la commune.

En 1369, les Anglais commencèrent le siège de Péronne mais ils furent si vigoureusement repoussés qu'ils ne purent la prendre et abandonnèrent morts et blessés sur le terrain. L'année suivante, Robert Knolles et ses troupes ravagèrent le Vermandois sans attaquer Péronne.

Restauration de la commune par le roi Charles VModifier

Le roi Charles V, par lettres patentes du 27 février 1368, rendit aux Péronnais leurs anciens privilèges, le droit d'avoir un mayeur et de reconstruire un beffroi. Une nouvelle charte de commune leur fut accordée le 11 décembre 1369[6].

Charles V octroya aux habitants de Péronne, en 1373, le droit de percevoir sur chaque tonneau de vin vendu au détail en ville, la somme de 60 sols parisis, pendant trois ans. En contre-partie, la ville devait réparer ses remparts.

Un ancien beffroi aurait été construit sur les ruines du premier château. En 1375 commencèrent les travaux d'un nouveau beffroi dont la construction s'acheva en 1396.

Péronne entre Armagnacs et BourguignonsModifier
 
Gisant de Charles VI, basilique Saint-Denis.

En novembre 1382, le roi Charles VI arriva à Péronne lors de l'expédition pour mater les Flamands révoltés. Après la Bataille de Roosebeke, à son retour à Péronne, le roi y créa la charge de capitaine de la ville et accorda également à la ville la création d'un grenier à sel.

Dans la Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, Péronne fut bourguignonne dès 1410 et repoussa une attaque des Armagnacs. En 1412, le duc de Bourgogne Jean sans Peur marcha sur Paris mais les Péronnais refusèrent de lui ouvrir leurs portes. Le 26 juin 1414, Charles VI séjourna à Péronne après avoir reconquis Compiègne, Soissons et Laon. Pendant son séjour, il reçut la visite de Marguerite de Bourgogne, comtesse de Hainaut et de son frère Antoine de Brabant qui tentaient de réconcilier le roi et de duc de Bourgogne; cette tentative échoua. Le 9 juillet 1414, Charles VI quitta Péronne et marcha sur Bapaume et Arras.

La paix signée entre le duc de Bourgogne et le roi de France mit la ville de Péronne dans la dépendance du duc qui fit son entrée dans la Péronne, le 26 août 1418. Le roi cependant nommait toujours le capitaine du château.

En 1420, le roi Charles VI sépara Péronne, Roye et Montdidier du gouvernement de Picardie et créa pour ces trois villes un gouvernement et une élection dont le siège se trouvait à Péronne[6].

Péronne au cœur de la rivalité entre France et BourgogneModifier

En 1435, par le Traité d'Arras qui scellait la réconciliation entre le duc de Bourgogne Philippe le Bon et le roi de France Charles VII, Péronne fut incluse dans les villes de la Somme accordées au duc de Bourgogne[11]. Ces villes de la Somme qui gardaient la frontière du nord du royaume furent l'objet de manœuvres et d'intrigues de 1463 à 1477 entre Louis XI et Charles le Téméraire.

L'entrevue de Péronne entre Louis XI et Charles le TéméraireModifier

La seconde moitié du XVe siècle fut marquée par les conflits opposant le roi de France Louis XI au puissant duc de Bourgogne Charles le Téméraire, souverain de fait de l'État bourguignon.

En 1467, Charles le Téméraire succéda à son père à la tête de l'État bourguignon, il était allié au roi d'Angleterre Édouard IV. Jugeant cette alliance dangereuse pour la France, Louis XI préféra traiter avec le duc de Bourgogne pour désamorcer tout conflit potentiel. À l'automne 1468, les émissaires du roi négocièrent une entrevue avec le duc de Bourgogne, son cousin, pour convenir des conditions d'un traité de paix entre les deux puissances. La rencontre eut lieu à Péronne où Louis XI arriva le 9 octobre accompagné de princes du sang, de son principal ministre le cardinal Jean de la Balue, d'Olivier Le Daim, son conseiller et d'une petite centaine d'hommes, principalement des archers de sa garde écossaise.

Le 12 octobre, on apprit que les habitants de Liège s'étaient révoltés contre leur prince-évêque et le gouverneur bourguignon. Des envoyés du roi de France se trouvant au même moment à Liège, le duc de Bourgogne vit dans la révolte un complot du roi de France. Le duc fut saisi de colère devant la duplicité de celui qu'il accueillait. Il fit fermer les portes du château de Péronne où séjournait Louis XI, et les portes de la ville elle-même. Voilà le roi pris au piège et à la merci de son bouillant cousin. C'est alors que Philippe de Commynes, pourtant chambellan du duc de Bourgogne[Note 4], fit parvenir au roi de France un message disant que si le roi acceptait les deux conditions du duc de Bourgogne, aucun mal ne lui serait fait mais que s'il refusait « il se mettrait en si grand péril que nul plus grand ne pourrait lui advenir ». En danger de mort, Louis XI se vit contraint de signer le traité de Péronne et d'accompagner Charles le Téméraire dans son expédition punitive contre Liège pour y mater la rébellion.

 
Louis XI, roi de France

Le 4 novembre, le roi quitta le duc de Bourgogne et repartit pour Paris[12].

Article détaillé : Traité de Péronne (1468).
Péronne rattachée à la couronne de FranceModifier

À la mort de Charles le Téméraire, le 7 janvier 1477, sa fille, Marie de Bourgogne, étant enfant, une partie de ses États fut récupérée par Louis XI : duché de Bourgogne et Picardie notamment.

C'est ainsi que la ville de Péronne redevint définitivement possession des rois de France. Le blason de Péronne date de cette époque. À la demande des habitants, le roi vint à Péronne en février 1477 et confirma les privilèges accordés aux habitants dont l’exemption de taille.

En 1482, Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes, gouverneur-général de Picardie et d'Artois, fonda à Péronne un couvent de clarisses.

Époque moderneModifier

Épidémie et disette à PéronneModifier

En 1507, les coutumes de la ville de Péronne furent publiées.

En 1509, le roi Louis XII accorda à la ville de Péronne la perception des droits seigneuriaux des prévôtés de Péronne, Roye et Montdidier pour financer la reconstruction de l’hôtel de ville. L'église Saint-Jean-Baptiste de Péronne fut terminée la même année.

Article détaillé : Hôtel de ville de Péronne.

Le 2 octobre 1513, une émotion populaire provoquée par la disette entraîna le pillage des magasins de grains.

En 1514, une épidémie de peste sévit à Péronne.

En 1515, une attaque des impériaux dans les faubourgs de Péronne fut repoussée par la population.

Le siège de 1536Modifier

Article détaillé : Siège de Péronne (1536).

En 1536, Henri III de Nassau-Breda commandant l'armée de Charles Quint assiégea la ville du au . Malgré d'incessants bombardements et plusieurs assauts, la ville défendue par Robert de La Marck tint bon.

Par cet épisode glorieux Péronne obtint du roi François Ier plusieurs privilèges : par l'édit de Chantilly de février 1537, le roi confirmait aux Péronnais leur exemption de taille, des droits de nouveaux-acquêts etc. De plus, ils étaient affranchis du droit de franc-fief et du logement des gens de guerre ; les nobles étaient exemptés de marcher à la convocation du ban et de l'arrière-ban. En outre, François Ier octroya à la ville de Péronne l'honneur de porter un « P » couronné sur son blason.

Du siège de 1536, naquit l'histoire (ou la légende) de Marie Fouré ou Catherine de Poix qui à l'imitation de Jeanne Hachette se serait illustrée lors du siège de la ville.

Les Péronnais refusent le protestantismeModifier

En prolongement de son Grand Tour de France organisé par sa mère Catherine de Médicis, le roi Charles IX se rendit à Péronne le 21 août 1567.

L'Édit de Moulins du 10 février 1566 donna lieu à la rédaction des coutumes générales du gouvernement de Péronne, Roye et Montdidier. Les députés des trois ordres se réunirent à Péronne, le 15 septembre 1567, pour mettre la dernière main à la rédaction des coutumes[13].

L'édit d'Amboise du 19 mars 1563 autorisait l'exercice du culte protestant dans les faubourgs à raison d'une ville par bailliage. Henri Ier de Bourbon-Condé, chef protestant et gouverneur de Picardie, avait obtenu du roi Henri III, en 1576, que Péronne fut une place protestante. Les habitants de Péronne refusèrent que les faubourgs de leur ville accueillissent un lieu de culte huguenot. Une échauffourée entre protestants des faubourgs et habitants aggrava la situation. Les seigneurs d'Estourmel et d'Haplaincourt intercédèrent auprès du roi qui leur donna satisfaction, Péronne ne devint pas une place protestante.

Péronne, berceau de La LigueModifier

La Ligue fut le nom donné à un groupe de nobles catholiques dont le but affiché était la défense de la religion catholique contre le protestantisme. L’attribution de places de sûreté aux protestants provoqua la révolte des catholiques contre le roi. Jacques d'Humières, gouverneur de Péronne, refusa de remettre la ville aux protestants. Avec des nobles des environs, il prépara un manifeste au château d'Happlaincourt, probablement en juin 1576. Ce manifeste fut signé et rendu public à Péronne le 13 février 1577. C'était un appel aux princes et prélats du royaume, afin de rétablir la religion catholique et « l’obéissance de Sa Majesté ». Le mouvement s’étendit rapidement à toute la Picardie (avec les villes d'Abbeville, Saint-Quentin, Beauvais, Corbie etc.) puis à toute la France avec le soutien actif de l’Espagne. Néanmoins, le 14 septembre 1577, la liberté de conscience et de culte fut accordée aux protestants pour six ans dans tout le royaume.

La crise ressurgit en 1584, avec la mort de l'héritier du trône, François, duc d'Alençon; Henri de Navarre, le futur roi Henri IV, prince protestant devint le nouvel héritier du trône. Parallèlement, Henri de Guise prit la tête d’une nouvelle Ligue.

La Ligue publia sa proclamation le 31 mars 1585, à Péronne, où elle déclara vouloir rétablir la religion unique, soustraire le roi à l'emprise de ses favoris, et l'obliger à faire appel régulièrement aux états généraux. Henri III fut assassiné le 1er août 1589, Henri de Navarre devint roi de France mais dut combattre l'armée de la Ligue.

En 1593, Péronne se rallia à Henri IV qui confirma ses privilèges le 23 avril 1594. Il vint prendre possession de Péronne le 15 août 1594[13].

Péronne sous la menace espagnoleModifier

En 1595, les hostilités avec l'Espagne ayant repris, le comte de Fuentès chef des troupes espagnoles marcha sur Péronne pour en faire le siège. Louis de Gonzague, duc de Nevers, commandant les armées françaises, s'y retrancha. Les Espagnols restèrent quatre jours devant Péronne sans pouvoir la prendre et partirent pour Cambrai.

 
Louis XIII par Philippe de Champaigne

Le 19 août 1611, Concino Concini fit son entrée dans Péronne en sa qualité de gouverneur.

En 1614, l'assemblée des trois ordres se réunit à l'hôtel de ville de Péronne pour désigner les députés aux états généraux: Claude Thuet, docteur en théologie, fut élu pour le clergé, M. de Bernavillers pour la noblesse, et Robert Choquel, avocat du roi et mayeur de Péronne pour le tiers état.

En 1616, les habitants en appelèrent au roi et se soulevèrent contre Concino Concini, maréchal d'Ancre, qui tentait de rogner leurs privilèges. Un mémoire dénonçant les excès du Maréchal d'Ancre fut adressé au roi. Le 31 octobre 1616, Louis XIII cassait toutes les décisions prises par Concini à l'encontre des Péronnais et confirmait les privilèges accordés antérieurement à la ville. Le 24 avril 1617, Concini était assassiné dans la cour du Louvre, par ordre du roi.

Le 7 octobre 1621, un incendie au faubourg de Bretagne détruisit trente maisons.

En janvier 1632, une épidémie de peste sévit dans la ville.

Le 3 janvier 1635, le dégel rapide provoqua un débordement de la Somme qui emporta la moitié de la chaussée du faubourg de Paris, le corps de garde et les soldats qui s'y trouvaient.

Du 1er au 8 mai 1635, Louis XIII, la reine Anne d'Autriche, le cardinal de Richelieu, les princes du sang et la cour, séjournèrent à Péronne. Le roi confirma les privilèges de la ville.

À partir de 1635, la France prit part à la Guerre de Trente Ans qui se prolongea jusque 1659 par la Guerre franco-espagnole.

En 1636, les Espagnols entrèrent en Picardie. Jean de Werth et le Cardinal-Infant commandaient les armées qui rôdaient autour de Péronne. La ville avait reçu des renforts pour tenir en cas de siège mais la peste y sévissait.

Le 30 juillet, le château de Mesnil-Bruntel fut pris par l'ennemi et le village de Brie incendié. Les troupes espagnoles concentrées au Mont Saint-Quentin tiraient au canon sur la ville. Cependant, une partie des troupes ennemies poursuivie par le comte de Soissons quitta les environs de Péronne et marcha sur Bray-sur-Somme et Corbie.

Tandis que Corbie tombait aux mains des Espagnols le 15 août, Péronne tenait bon. La ville fut définitivement dégagée de la pression étrangère et Gaston d'Orléans entra dans Péronne, le 23 septembre 1636.

Le 27 août 1638, Richelieu arriva à Péronne pour inspecter les réparations des fortifications. Du 11 au 13 juillet 1639, le roi Louis XIII et Richelieu séjournèrent dans la ville. Ils y revinrent du 29 juin au 19 juillet puis du 11 au 21 septembre 1641. Le 18, ils apprirent la reddition de Bapaume et le 21 celle de Coni, dans le Piémont.

C'est pendant le séjour de Louis XIII que furent signés à Péronne deux traités :

  • Le traité de Péronne du 19 septembre 1641, signé entre le roi de France et les institutions catalanes reconnaissait Louis XIII, qui s'engageait à respecter les libertés catalanes, comme comte de Catalogne.

Religion et enseignement à Péronne au XVIIe siècleModifier

 
Péronne au XVIIe siècle, in Topographia Galliæ de Martin Zeiller

Le XVIIe siècle, siècle de la Contre-Réforme en France, fut marqué, à Péronne, par la création de plusieurs établissements religieux :

  • couvent des capucins, en 1605 et 1618;
  • couvent des minimes, vers 1610;
  • couvent des ursulines, fondé, le 18 juin 1689, par la veuve de Louvel de Fontaines, maire de Péronne.

En 1678, à l'initiative de la veuve Louvel de Fontaines, les sœurs de Sainte-Agnès établir à Péronne un établissement d'éducation pour les jeunes orphelines. L'hôpital Sainte-Agnès accueillit également des vieillards.

Depuis le Moyen Âge, il existait un collège d'enseignement à Péronne, lié au chapitre de chanoines de Saint-Fursy. On y enseignait gratuitement les humanités jusqu'à la classe de troisième. En 1614, le collège fut reconstruit sur un terrain appartenant à la municipalité chargée de l'entretien du bâtiment; elle rémunérait également en partie les professeurs. C'est l'hôtel de ville et le chapitre de chanoines qui nommaient le principal. La gestion du collège fut d'abord confiée à des oratoriens puis à partir de 1660 à des mathurins jusqu'à la fin du XVIIIe siècle[6].

Péronne fidèle au roi de France pendant la FrondeModifier

Pendant la Fronde des princes (1650-1653), Péronne resta fidèle au roi de France. Mazarin, principal ministre de la régente Anne d'Autriche, dût quitter Paris et se réfugier à Péronne le 26 février 1651. Le 28, il quitta la ville pour aller en exil à Cologne.

 
Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun.

La porte de Paris fut reconstruite au frais du roi à partir du 25 juillet 1652. Après la victoire des partisans du roi sur Condé révolté, Mazarin rappelé par le roi passa de nouveau par Péronne en février 1653. En 1654, Condé allié à l'archiduc Léopold, gouverneur des Pays-Bas espagnols, fit le siège d'Arras. Louis XIV et sa cour séjournèrent à Péronne du 13 août au 2 septembre 1654. Le 15 août, après la messe, le roi toucha vingt-cinq malades. Le 25 août, on apprit que Condé avait levé le siège d'Arras.

En 1655, Louis XIV et Mazarin passèrent de nouveau par Péronne en se rendant en Flandre. C'est la même année que Charles de Monchy d'Hocquincourt, gouverneur de Péronne, prit le parti de Condé. Mazarin lui ayant proposé de lui racheter pour 400 000 écus les gouvernements de Péronne et de Ham, le maréchal d'Hocquincout refusa et se rangea au côté de Condé. Il s’apprêtait à agir le 24 août 1655. C'était sans compter sur la détermination du mayeur de la ville Louvel de Fontaines qui, dès le lendemain matin, fit fermer les portes de la cité et disposer les gardes suisses dans la ville. Ne pouvant agir, le gouverneur quitta Péronne et gagna le bois de Rocogne, à l'est de la ville, où l'attendait les soldats de Condé.

En 1656, Louis XIV remercia les Péronnais pour leur fidélité durant la Fronde en leur accordant la devise Urbs Nescia Vinci, qui apparaît pour la première fois sur des jetons frappés en or, en bronze et en argent, sur ordre du roi, par la Monnaie de Paris[1]. Il confirma les privilèges dont bénéficiait la ville.

En 1668, une nouvelle épidémie de peste sévit à Péronne.

En 1701, la façade du bailliage s'écroula. Louis XIV finança sa reconstruction en 1703. La municipalité décida alors d'orner le fronton du bâtiment d'un soleil en plomb doré avec la devise du roi « Nec pluribus impar ».

Péronne à la fin de l'Ancien RégimeModifier

En mai 1744, Louis XV séjourna plusieurs jours à Péronne avant de se rendre en Flandre.

Le 29 août 1751, le faubourg de Paris (ancien Sobotécluse) fut entièrement détruit par un incendie. En 1765, on reconstruisit le pont entre la porte de Paris et le couvent des clarisses, on répara la porte et le corps de garde fut rebâti en 1767.

En 1783, on procéda à l'agrandissement de l'hôtel de ville pour lequel le roi Louis XVI donna 15 000 livres. Le 13 mars 1787, Péronne se dota d'un éclairage public, seize réverbères éclairèrent la nuit les rues de la ville.

En 1779, Péronne était desservie par un service de diligences la reliant à Paris et à Lille, trois jours par semaine. Le temps de trajet était d'une journée entre Péronne et chacune des deux villes. Une diligence reliant Paris à Saint-Omer une fois par semaine, passait également par Péronne[15].

Le 19 mars 1789, dans l'église Saint-Jean-Baptiste de Péronne eut lieu la réunion des trois ordres des bailliages de Péronne, Roye et Montdidier. Les cahiers de doléances furent rédigés et on élut les députés : Jean-Sifrein Maury, abbé du prieuré de Lihons-en-Santerre et l'abbé Calixte de La Place, curé de Languevoisin pour le clergé; le chevalier Alexandre de Lameth et le duc de Mailly, pour la noblesse ; Louis-Ghislain de Bouteville du Metz, Charles François de Bussi[Note 5], agriculteur à Rouvrel, Marie-Louis-Nicolas Pincepré de Buire et Marc-Florent Prévost, avocat du roi au bailliage de Roye, pour le tiers états.

Époque contemporaineModifier

La Révolution française à PéronneModifier

En 1790, à la création du département de la Somme, Péronne devint chef-lieu de district et siège d'un Tribunal civil.

 
Henri de Saint-Simon

Les 16 et 19 mars 1791, trois des cinq curés de Péronne qui avaient prêté le serment civique se rétractèrent. Par la loi du 29 mai 1791, toutes les paroisses de Péronne furent réunies en une seule, la proisse Saint-Fursy.

Le 8 juin 1792, La Patrie ayant été déclarée en danger par l'Assemblée législative, on ouvrit, à Péronne, un registre pour l'enrôlement des volontaires pour combattre l'ennemi.

Le , après la défection du général Dumouriez, la Convention nationale ordonna de rassembler à Péronne les éléments de l'Armée du Nord désorganisée.

Le , le comte Henri de Saint-Simon se présenta à la mairie de Péronne et déclara renoncer à son titre et à son patronyme. Il prit alors le nom d'Henri Bonhomme. Il reprit par la suite son nom d'origine et obtint, au XIXe siècle, une longue postérité en tant que penseur politique et social.

Dans la nuit du 7 au 8 octobre 1793, le maire de Péronne, Antoine Dehaussy de Robecourt, fut arrêté et envoyé à la prison de La Providence d'Amiens sur ordre d'André Dumont, envoyé en mission par la Convention nationale. Le 8 frimaire an II (28 novembre 1793), l'église saint Fursy fut transformée en Temple de la Raison. Le culte de l'Être suprême fut instauré à Péronne, le 20 prairial an II (9 juin 1794).

Péronne au XIXe siècle, une ville assoupie ?Modifier

Le , la garnison de Péronne se rendit au général Wellington. Quelques jours plus tard, Louis XVIII et le tsar Alexandre Ier traversèrent la ville pour se rendre à Paris.

La population de la ville augmenta pendant la première moitié du XIXe siècle passant de 3 706 habitants en 1800 à 4 887 en 1851. La seconde moitié du siècle fut marqué par une stagnation voire un léger déclin démographique (4 816 habitants en 1896).

Du au , l'armée prussienne assiégea Péronne. La ville résista treize jours, ayant subi un bombardement incessant, elle capitula le  : plus de 600 immeubles furent détruits ou endommagés. C'est pendant ce siège que se déroula l'épisode du marin Delpas. Le 29 décembre 1870, un obus prussien tiré des hauteurs de La Maisonnette éclata sur les remparts tuant le marin Delpas et blessant quatre canonniers près des moulins Damay. Un monument fut élevé, par la suite, à la mémoire du marin.

Article détaillé : Siège de Péronne (1871).
 
Gare de Péronne - Flamicourt, en construction en 1909.

La révolution industrielle eut un impact limité à Péronne. En 1873, le chemin de fer arriva. La gare de Péronne - Flamicourt était située sur la ligne Paris – Saint-Just-en-Chaussée – Cambrai. À la fin du siècle, la ville comptait une minoterie et une fabrique de bicyclettes. La commune voisine de Doingt possédait une fabrique d'huiles et tourteaux, une scierie et une fabrique de sucre. Pendant cette période, le port fluvial de Péronne connut une certaine activité : transport de produits agricoles, de farines et de phosphate des environs[16].

En 1874, à l'initiative d'Alfred Danicourt, maire de Péronne et collectionneur d'art et d'objets archéologiques, fut créé, dans l'hôtel de ville, un musée qui ouvrit ses portes, le 7 octobre 1877. À sa mort en 1887, Danicourt légua à la ville l'intégralité de ses collections.

Article détaillé : Musée Alfred-Danicourt.

À la fin du siècle, Péronne fut marquée par une évolution politique, une majorité d'électeurs montra par son vote son attachement à la République: Gontran Gonnet fut maire et député républicain de la ville puis ce fut Gustave Trannoy lui aussi républicain modéré. Ni à la fin du XIXe siècle, ni au début du XXe, Péronne ne montra d'adhésion aux idéaux socialistes alors en plein essor en France.

XXe siècle, Péronne entre destruction et renouveauModifier

Première Guerre mondiale, Péronne anéantieModifier
 
Médaille de chevalier de la Légion d'honneur

Quelques jours avant la déclaration de guerre, la ville de Peronne reçut la croix de la Légion d'honneur des mains du président de la République, Raymond Poincaré, le avec la citation suivante (décret du date 3 octobre 1913 - article 2) :

« [...] Au nombre des villes frontières qui, aux diverses époques de notre histoire, ont eu à subir les assauts de l'ennemi, il en est peu qui possèdent dans leurs annales des titres aussi glorieux que la ville de Péronne. Le siège mémorable qu'elle soutint en 1536 contre les Impériaux du comte de Nassau est devenu légendaire et suffirait à lui seul pour l'illustrer. Plus près de nous, le siège de 1870-1871, pendant lequel la ville de Péronne eut à supporter un bombardement des plus violents, constitue également des titres dont cette cité peut, à bon droit, s'enorgueillir. Il a donc paru qu'il convenait au gouvernement de la République de perpétuer le souvenir de ces événements mémorables en autorisant la ville de Péronne à ajouter à ses armoiries la croix de la Légion d'honneur. » [...][17] »

La guerre fut déclarée le 3 août 1914. Dès le 23 août 1914, on entendit à Péronne le grondement du canon. Le passage de réfugiés belges et français, le 26, avait alerté la population, comme le notait dans son journal l'abbé Caron, curé de Péronne. Le 27 août dans la soirée, la cavalerie française, passant par le faubourg de Bretagne, se replia en bon ordre. Le sous-préfet et l'administration municipale évacuèrent la ville. Le , vers 1 heure du matin, les obus allemands tombèrent sur la ville, la population se terra dans les caves. À partir de 5 heures du matin les soldats français, se repliant, traversèrent la ville en tirant sur l'ennemi. Les Allemands pénétrèrent dans la ville vers 6 heures au son du canon. Maisons et magasins, sur leur passage, furent dévastés. La ville était en flamme : église, maisons, sous-préfectures furent incendiées. Le 29 août, les notables restés en ville : conseillers municipaux, juge de paix, curé etc. furent retenus sur la Grand-place comme otages. Le 31 août, l'état-major allemand installé à l'hôtel de ville quitta la ville, n'y laissant qu'une faible garnison[18].

Les Allemands abandonnèrent Péronne le 15 septembre après la Bataille de la Marne. Ils la réoccupèrent le 23 et y installèrent un camp retranché, solidement fortifié.

 
Vue partielle du camp retranché allemand de Péronne.

À la fin du mois de janvier 1916, l’église Saint-Jean-Baptiste fut transformée temporairement en prison. Près de 500 prisonniers français capturés sur le front à Frise y furent détenus avant d'être embarquer dans des wagons à bestiaux pour la captivité en Allemagne.

Le 1er juillet 1916, débuta la Bataille de la Somme. Le 7 juillet, le centre-ville croula sous les obus. Les jours suivants, sur ordre des autorités allemandes, la ville fut vidée de ses habitants.

En mars 1917, les Allemands quittèrent volontairement l'est du département de la Somme et se replièrent sur la Ligne Hindenburg, dans le département de l'Aisne. Le 20 mars, les troupes britanniques entrèrent dans Péronne, tout y était détruit : hôtel de ville, église, maisons dont aucune n'était intacte[18].

Péronne fut occupée une nouvelle fois par les Allemands de mars à au cours de la Bataille du Kaiser. La contre-attaque des Alliés fut menée à partir du 8 août par l'Offensive des Cent-Jours. L'attaque pour la prise de Péronne fut confiée aux Australiens. Le général John Monash organisa un assaut frontal qui obligeait la deuxième division australienne à traverser des marais pour attaquer les hauteurs du Mont-Saint-Quentin. Les Australiens traversèrent la Somme dans la soirée du 30 août. Le 31 août à 5 heures du matin, deux bataillons australiens appuyés par l'artillerie donnèrent la charge sur le mont Saint-Quentin. Les Allemands repoussés arrivèrent cependant à regagner la crête. Les Australiens la reconquirent le lendemain. Le 1er septembre, les forces australiennes entrèrent dans Péronne qui tomba entièrement entre leurs mains le lendemain.

Article détaillé : Bataille du mont Saint-Quentin.

À la fin du conflit, la ville était anéantie.

Le peintre François Flameng fit de nombreux croquis et tableaux de la ville pendant la Grande Guerre.

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Entre deux guerres, Péronne en reconstructionModifier

Péronne s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 avec palme, en 1921, avec la citation à l'ordre de l'armée suivante () : « Cité qui, au cours de cette guerre, s'est montrée digne de son passé. Tombée dès les premières heures de la campagne sous le joug de l'envahisseur, délivrée en 1917, captive de nouveau en 1918, ayant vu la rage de l'ennemi détruire sur son territoire ce que le canon avait épargné, a mérité la reconnaissance du pays par la noblesse de son attitude. »[19].

La première tâche qui incomba aux autorités fut le déblaiement des ruines et l'installation d'un habitat en tôle. C'est en février 1922 qu'un concours national fut ouvert pour la reconstruction de l'hôtel de ville. Ce fut le projet de l'architecte amiénois Jacques Debat-Ponsan qui fut retenu. L'architecte conduisit la reconstruction du collège de filles et du collège de garçons ainsi que celles des écoles communales. La Fête de la Renaissance eut lieu le 27 octobre 1927. Ce jour là furent inaugurés, l'hôtel de ville, la gendarmerie, les écoles et des habitations reconstruites[20]. Le 20 juin 1926, avait été inauguré le monument aux morts, œuvre de l'architecte picard, Louis Faille; le sculpteur Paul Auban étant l'auteur de la sculpture représentant une Picarde maudissant la guerre qui, à genoux, tend un poing vengeur au-dessus du cadavre de son fils[Note 6]. Les deux bas-reliefs en bronze représentant Le Siège de Péronne en 1536 et La Tranchée sont de Paul Theunissen.

La population de la ville connut un sévère déclin, de 4 691 habitants en 1911, elle passa à 3 1855 en 1921 pour atteindre 4 346 en 1936.

La période de l'entre-deux-guerres fut marquée par une évolution sur le plan politique. Après avoir élu député, l'avocat péronnais, Gontrand Gonnet de 1919 à 1932, aux élections législatives de 1932 et 1936, les électeurs de l'arrondissement de Péronne, élurent député, Alfred Basquin, un hôtelier de la ville, sous l'étiquette socialiste SFIO.

Seconde Guerre mondiale, Péronne bombardéeModifier

La Drôle de guerre prit fin brusquement le 10 mai 1940 avec l'attaque allemande aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Belgique. Après la percée allemande à Sedan, une suite de revers des armées française et britannique entraîna une avancée rapide des armées allemandes.

Le maire et conseiller général de Péronne, Louis Daudré, commandant du 3e bataillon du 51e régiment d'infanterie, fut tué au combat dans les Ardennes, le 25 mai 1940.

Le , au matin, l'ordre préfectoral d'évacuation des populations civiles arriva par télégramme à la mairie. L'évacuation devait être effectuée dans la journée même. Dans l'après-midi, la ville fut bombardée par six avions allemands, de nombreuses maisons du centre ville furent incendiées ainsi que l'aile droite de l'hôtel de ville. Le 18 mai au soir, les Allemands entraient dans Péronne[21]. Le sous-préfet et la municipalité évacués à Saint-Lô furent de retour à Péronne, fin août 1940.

La ville fut libérée le par l'armée américaine et les résistants. Dans la nuit du 31 août 1944, des résistants FFI d'Amiens et de la vallée de la Somme arrivèrent à Péronne au petit matin. Les chars américains provenant de Barleux et de Biaches arrivèrent dans la ville, l'après-midi[22]. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 36,6 % des immeubles de la ville furent détruits.

Essor économique de Péronne pendant les Trente GlorieusesModifier

Péronne s'est vu décerner la Croix de guerre 1939-1945 avec la citation à l'ordre du régiment suivante (11 novembre 1948) : « Ville à l'esprit magnifique et au patriotisme exemplaire. Point de passage important, particulièrement visé en mai 1940. Elle a eu le tiers de ses habitations détruites, sept de ses fils tués et vingt autres touchés. Surmontant courageusement ses épreuves et sa douleur, s'est remise avec cœur et acharnement au travail »[19].

Après 1945, la ville de Péronne procéda à la reconstruction des immeubles dévastés et bénéficia de la croissance économique qui touchait l'ensemble de l'Europe de l'Ouest. La construction d'un échangeur sur l'autoroute A 1, à Estrées-Deniécourt en 1966, favorisa l'implantation d'industries agro-alimentaires à Péronne et dans les communes voisines. Des quartiers périphériques s'édifièrent et la population augmenta passant de 4 012 habitants en 1946 à 9 129 en 1982. Cette augmentation de population s'explique également, en partie, par la fusion des communes de Mont-Saint-Quentin en 1964 et de Sainte-Radegonde en 1965 avec la commune de Péronne.

La ligne de chemin de fer Saint-Just-en-Chaussée-Cambrai fut fermée au trafic voyageurs, le 31 mars 1970. Seule la gare de Péronne-La Chapelette resta ouverte au trafic marchandises. Péronne n'est donc plus reliée au réseau ferré national depuis cette date.

Péronne au cœur du tourisme de mémoireModifier

Péronne est l'un des points de départ du Circuit du Souvenir consacré à la bataille de la Somme principalement. À l'été 1992, eut lieu l'ouverture de l' Historial de la Grande Guerre qui est à la fois un musée d'histoire de la Grande Guerre, un centre international de recherche et un centre de documentation. Ce lieu contribue très largement à la renommée de Péronne, en France et à l'étranger. Il génère également une activité touristique qui contribue à la prospérité économique de la ville.

La vie politique à Péronne depuis 1945 : l'alternance gauche-droiteModifier

Les Péronnais accordèrent dès l'après-guerre leur confiance à la gauche, Daniel Boinet puis Jean Daudré, tous deux radicaux, furent maires de 1947 à 1977. Ce fut le communiste Edouard Guilbeau qui remporta les élections municipales en 1977 mais en 1989, ce fut la droite qui l'emporta avec Jean-Pierre Viénot à sa tête. En 2008, la gauche revint aux affaires municipales avec la victoire de Valérie Kumm, conseillère régionale socialiste mais, en 2014, ce fut la droite qui triompha de justesse et Thérèse Dheygers fut élue maire de Péronne.

XXIe siècle, Péronne victime de la désindustrialisationModifier

L'agglomération de Péronne comme bon nombre d'autres fut frappée à partir de la fin des années 1970 par la désindustrialisation qui se poursuit encore de nos jours. En 2003, elle fut le théâtre d'une fermeture d'usine qui attira l'attention des médias nationaux. L'usine Flodor de Flaucourt tout à côté de Péronne avait été, pendant trente ans, la principale usine de chips en France fournissant la moitié du marché de l'hexagone. Rachetée en 1991 par le groupe italien Unichips, l'usine employait 800 salariés. En 2003, ils n'étaient plus que 280 dont une centaine d'intérimaires, Flodor ne fournissant plus que 5 % du marché, à cause du prix de revient trop élevé de la production sur le site, selon la direction[23]. Le 21 août 2003, alors que les salariés avaient été mis en congé, les patrons du groupe organisèrent le démontage des chaînes de production et leur déménagement en Italie à l'insu des salariés. La presse relatant les faits parla de « patrons voyous »[24]. Malgré la mobilisation des salariés soutenus par la CGT, le 22 février 2005, l'entreprise Flodor était mise en liquidation judiciaire.

Péronne et l'intercommunalitéModifier

Dans le cadre de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République, la ville de Péronne est devenue le siège de la Communauté de communes de la Haute-Somme regroupant 60 communes appartenant aux anciens cantons de Combles, de Roisel et de Péronne.

Commémoration du centenaire de la Grande GuerreModifier

Emmanuel Macron, président de la république a visité l'Historial, le 9 novembre 2018, dans le cadre des cérémonies de commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Il a ensuite rencontré des historiens spécialistes de la Première Guerre mondiale, à l'hôtel de ville de Péronne.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

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  • Didier et Joëlle Arisio, Péronne (tome 2), 2001
  • Didier et Joëlle Arisio, Péronne (tome 3), 2005
  • Louis Cadot, La Vérité sur le siège de Péronne : réponse au Général Faidherbe, 1872
  • Achille Caraby, Histoire du bombardement de Péronne 1870-1871, 1873
  • Alfred Danicourt, Une révolte à Péronne sous le gouvernement du Maréchal d'Ancre en 1616, 1885
  • Abbé Paul Decagny, L'Arrondissement de Péronne : Recherches sur les villes, bourgs, villages et hameaux qui le composent, (lire en ligne)
  • Abbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne et de plusieurs localités circonvoisines,
  • Abbé Paul Decagny, Complément à l'histoire de l'arrondissement de Péronne,
  • Jean Dehaussy, Journal du siège de Péronne en 1536, 1897
  • David de Sousa, Péronne et les rois de France : amour et désamour pour la Couronne, Péronne, Imp. Vincent,
  • David de Sousa, Palettes et ciseaux, artistes de la Haute-Somme au XIXe siècle, Folio 7, Péronne, 2012
  • Gustave Devraine (conservateur du Musée Alfred Danicourt), Péronne, son histoire, ses monuments : des origines à nos jours, Péronne, Imp. Vincent,
  • Gustave Devraine, Les Mayeurs de Péronne, leurs familles et leurs descendants, 1894
  • Jules Dournel, Histoire générale de Péronne, Péronne, J. Quentin imprimeur,
  • Jules Dournel, Histoire générale de Péronne, éd. La Vague verte (réédition) - Tome 1 : De l’origine à 1610, 260 p. (ISBN 978-2-913924-12-3) - Tome 2 : De 1610 à 1880, 260 p. (ISBN 9782913924154)
  • Robert Embry, Les rues de Péronne, tome 1, 2000
  • Robert Embry, Les rues de Péronne, tome 2, 2001
  • Robert Embry, Les rues de Péronne tome 3
  • Robert Embry, La Reconstruction après 14-18 dans les régions dévastées, 1996
  • Robert Embry, La vie à Péronne et dans sa région pendant la guerre 14-18.
  • Robert Embry et Gérard Boutte, La Vie à Péronne pendant la Révolution
  • Robert Embry, René Lavalard, Histoire du Château de Péronne et réalisation de l'Historial, 1994
  • Robert Embry, René Lavalard, Visite guidée de Péronne : la vie d'hier à travers les rues d'aujourd'hui, 1992
  • Pierre Fenier (Père), Relation du siège mémorable de Péronne, 1843
  • J. Gosselin (Abbé), Histoire du chapitre royal de Saint-Fursy de Péronne, 1874
  • Anne Leduc et Dominique Scorby, Les privilèges royaux accordés à la ville de Péronne à la suite du siège de 1536 et leur évolution à travers les problèmes religieux jusqu'en 1635
  • Véronique Lemaire, Les distractions des Péronnais pendant l'entre deux guerres (1922-1939) selon la presse locale
  • René Lavalard, Seconde Guerre Mondiale et Résistance : Péronne et sa région 1939-1945, 2007
  • Bernard Leguiller, 1939-1945 : chroniques d'un jeune Picard, 1994
  • Roger Locuty, La Résistance : secteur de Péronne, chronologie des faits 1940-1945, 1994.
  • Pierre MALICET, Les institutions municipales de Péronne sous l'Ancien Régime, 1903.
  • F.J. Martel, Essai historique et chronologique sur la ville de Péronne 2004
  • Alexandre Pillon, Michel Dournel, Péronne et son arrondissement, 1989
  • Gustave Ramon, La Révolution à Péronne, en 8 volumes :
    • La Révolution à Péronne (1re série) : Fêtes, Cérémonies et Réjouissances (1789-1804)
    • La Révolution à Péronne (2e série) : Les États Généraux de 1789
    • La Révolution à Péronne (3e série) : 1789-1791
    • La Révolution à Péronne (4e série) : 1792-1793
    • La Révolution à Péronne (5e et 6e séries) : 1793-1795
    • La Révolution à Péronne (7e série) : 1793- An III
    • La Révolution à Péronne (8e série) : 1795-1834
  • Gustave Ramon, Coutumes, ordonnances, usages locaux avant 1789. Règlement de justice municipale, 1879.
  • Gustave Ramon, La Forteresse de Péronne et la ligne de la Somme pendant la guerre de Trente ans, 1888
  • Gustave Ramon, Le vieux Péronne
  • Gustave Ramon, L'invasion en ¨Picardie : récits et documents concernant les communes de l'arrondissement de Péronne pendant la guerre allemande 1870-1871, 1873
  • Henry Routier, Le Château de Péronne.
  • Eustache de Sachy, Essai sur l'Histoire de Péronne, 1866
  • Guy Savary, Péronne, la vie municipale entre les deux guerres mondiales et sous l'Occupation 39-40, 2001
  • Dominique Scobry, Les maladies du corps et de l'âme dans le Vermandois au XVIe siècle
  • Dominique Scobry, Les problèmes militaires à Péronne dans la première moitié du XVIe siècle
  • Daniel Therby, Pierre Mac Orlan et Péronne, 1993
  • Daniel Therby, Autour du Marin : petites histoires de plaques, 2007
  • Georges Vallois, Péronne son origine et ses développements, 1880

Liens internesModifier

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La commune de Sainte-Radegonde fut rattachée à la commune de Péronne, le 1er mars 1965
  2. Cette hanse groupait en réalité plus de 17 villes; en 1270 on y trouvait : Abbeville, Amiens, Arras, Aubenton, Bailleul, Beauvais, Bruges, Cambrai, Châlons-en-Champagne, Dixmude, Douai, Gand, Huy, Lille, Montreuil-sur-Mer, Péronne, Reims, Saint-Omer, Saint-Quentin, Tournai, Valenciennes et Ypres
  3. Le Traité de Brétigny du 8 mai 1360 prévoyait la livraison aux Anglais de plusieurs places fortes. Le duc d'Orléans avait été chargé de cette mission
  4. Philippe de Commynes passa en 1472 au service du roi de France
  5. Il démissionna le 23 août 1789 et fut remplacé par Antoine Mareux, cultivateur à Tricot
  6. Le message de la sculpture est ambiguë : dénonce-t-il la guerre ou l'injustice, est-il pacifiste ou revanchard? (Cf. Annette Becker, Les Monuments aux morts mémoire de la Grande Guerre, p. 76-77; Paris, Éditions Errance (OCLC 847441147))

RéférencesModifier

  1. a b et c Dournel 1879.
  2. http://fresques.ina.fr/picardie/fiche-media/Picard00624/decouverte-d-une-tombe-gauloise-sur-un-chantier-archeologique-a-peronne.html
  3. Jules Dournel, Histoire générale de Péronne, Péronne, Péronne, J. Quentin imprimeur, 1879 - réédition, Paris, Sedopols, 1985 (ISBN 2 - 904 177 - 04 - 3)
  4. Gustave Devraine (conservateur du Musée Alfred Danicourt), Péronne, son histoire, ses monuments : des origines à nos jours, Péronne, Imp. Vincent, 1970
  5. Patrick Périn et Gaston Duchet-Suchaux, Clovis et les mérovingiens, collection Historia, éditions Tallandier, p. 98
  6. a b c d e f et g Abbé Paul Decagny, L'Arrondissement de Péronne ou recherches sur les villes, bourgs, villages et hameaux qui le composent, 1844 - réédition, Péronne et son canton, collection Jusant, Inval-Boiron, La Vague verte, 2010 (ISBN 978-2-913924-75-8)
  7. Jules Dournel, Histoire générale de Péronne, Péronne, Péronne, J. Quentin imprimeur, 1879 - réédition, Paris, Sedopols, 1985 p. 14 (ISBN 2 - 904 177 - 04 - 3)
  8. Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum
  9. Charte de Péronne de 1209.
  10. http://chrisagde.free.fr/capetiens/l9peronne.htm
  11. Jean Favier, Louis XI, p. 440-441, Paris, Fayard, 2011 (ISBN 9 782 213 610 030)
  12. Paul Murray Kendall, Louis XI, Paris, Arthème Fayard, 1974
  13. a et b Jules Dournel, Histoire générale de Péronne, Péronne, J. Quentin, imprimeur, 1879 - réédition, Paris Sédépols, 1985 (ISBN 2-904177-04-3)
  14. de Sousa 2009.
  15. Almanach royal, Paris, Le Breton, 1779
  16. Notice géographique sur la commune de Péronne, rédigé par G. Guérin, instituteur, Archives départementales de la Somme
  17. Jacques Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, préface de Pierre-Marcel Wiltzer, Préfet de la région Picardie, Préfet de la Somme, Abbeville, 1972, Imprimerie F. Paillart p. 59-60
  18. a et b Abbé Charles Calippe, La Somme sous l'occupation allemande 27 août 1917-19 mars 1917, 1918 - réédition, Paris, Office d'édition du livre d'histoire, 1996 (ISBN 2 - 84 178 - 095 - 3)
  19. a et b Jacques Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, préface de Pierre-Marcel Wiltzer, préfet de la région Picardie, préfet de la Somme, Abbeville, 1972, Imprimerie F. Paillart
  20. Anne Duménil et Philippe Nivet (sous la direction de), Les Reconstructions en Picardie, Amiens, Encrage Édition, 2003 (ISBN 2-911576-39-X)
  21. Francine François-Dejuine, 1935-1955, Mémoires de 28 communes du Santerre, Inval-Boiron, La Vague verte, collection "Souvenance", 2011, (ISBN 978 - 2 - 35 637 - 035 -8)
  22. Jacques Béal, Hommes et combats en Picardie 1939 / 1945, Amiens, Éditions Martelle, 1998 (ISBN 2 -87 890 - 035 -9)
  23. Catherine Moal, « Flodor licencie à Péronne, en Picardie », L'Usine nouvelle du 3 janvier 2005
  24. Flodor brisé par ses patrons voyous de Stéphanie Platat in Libération du 22 août 2003