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Hervé Alphand

diplomate français
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Hervé Alphand
JBKJFKMalraux.jpg
Soirée organisée par Hervé Alphand (à gauche) à l'ambassade de France aux États-Unis le en l'honneur d'André Malraux.
Fonctions
Ambassadeur de France aux États-Unis
-
Représentant permanent de la France aux Nations unies
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Père
Charles Alphand (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
André Alphand (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Hervé Alphand, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un diplomate français.

Un inspecteur des finances en missionModifier

Né dans une famille juive[1] de hauts fonctionnaires et de diplomates (il est le fils de Charles Alphand (de) et le frère d'André Alphand), il suit des études de droit et obtient un diplôme de sciences politiques.

En 1930, à 23 ans seulement, il rejoint l'inspection des Finances - dont il sera exclu par le gouvernement de Vichy lors de l'adoption du statut des Juifs[1]. Il se marie la même année avec la chanteuse de music-hall Claude Raynaud dont il divorcera en 1957 pour épouser Nicole Merenda, citoyenne suisse, divorcée du pionnier de l'aviation Étienne Bunau-Varilla.

À 27 ans, il est envoyé à Ankara pour aider le gouvernement de Mustafa Kemal Atatürk à réorganiser les finances de la Turquie, puis il est nommé attaché financier à Moscou en 1936 avant d'occuper divers postes au ministère du Commerce.

Le conseiller économique de De GaulleModifier

 
Lettre dactylographiée de Hervé Alphand, secrétaire général du Comité économique du Gouvernement provisoire de la République française, insistant sur le secret absolu à maintenir autour des textes transmis par le Comité, 28 octobre 1944. Archives nationales de France.

Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il est conseiller financier auprès de l'ambassade de France à Washington. Opposé au régime de Vichy, il démissionne en 1941 et rejoint le général De Gaulle à Londres. Il est alors nommé commissaire national à l'Économie, aux Finances et aux Colonies puis directeur des Affaires économiques du Comité français de la Libération nationale (CFLN), d'abord à Londres, puis à Alger, et devient un des proches de De Gaulle[réf. souhaitée].

Il est avec André Istel, l'un des maîtres d’œuvre des accords de Bretton Woods en juillet 1944[2],[3].

À la libération de Paris, en 1944, Alphand devient directeur des affaires économiques au ministère des Affaires étrangères. Il participe à ce titre aux conférences sur la sécurité et la reconstruction en Europe. Il est notamment le représentant de la France à la conférence des Seize, en , qui définit le programme du plan Marshall.

Le représentant de la FranceModifier

Élevé à la dignité d'ambassadeur de France en 1950, il est représentant français à l'OTAN entre 1952 et 1954, puis représentant permanent de la France à l'ONU en 1955. Il occupe les fonctions d'ambassadeur de France aux États-Unis entre 1956 et 1965. Il joue alors un rôle prépondérant dans les relations franco-américaines. Il doit notamment expliquer la guerre d'Algérie dans un contexte de décolonisation puis, avec le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958, justifier la position française sur l'OTAN qui aboutira au retrait de la France du commandement militaire intégré de l'organisation en 1966.

Lors de leur séjour à Washington, Alphand et son épouse Nicole (ex-femme d'Étienne Bunau-Varilla), qu'il a épousée en 1958, ont fait de l'ambassade de France un lieu de réception réputé pour la société américaine, entretenant notamment des relations d'amitié avec le couple présidentiel des Kennedy[4].

De retour à Paris en 1965, il devient secrétaire général du ministère des Affaires étrangères jusqu'en 1972. Il accomplit ensuite des missions diplomatiques au Moyen-Orient et en Extrême-Orient puis publie en 1977 ses mémoires, L'Étonnement d'être, journal 1939-1973. Il meurt à Paris le .

OuvragesModifier

  • L'Étonnement d'être, journal 1939-1973, Fayard, 1977.
  • Le Partage de la dette ottomane et son règlement, par Hervé Alphand… Préface de M. Anatole de Monzie… – Paris, Les Éditions internationales, 1928. In-8° (23 cm), 208 p.

RéférencesModifier

  1. a et b Jean-François Kesler, Les Hauts fonctionnaires, la politique et l'argent: Grandeur et décadence de l'Etat républicain, Albin Michel, (ISBN 9782226380005, lire en ligne)
  2. Marco Casella, Bretton Woods - Histoire d'un système monétaire, 2015
  3. De Gênes à Bretton Woods, Michel Lelart, Revue d'économie financière, Année 1994, Volume 4, Numéro 1, pp. 521-524
  4. The Party Line, article de Time Magazine, 22 novembre 1963

Liens externesModifier