Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bothe.

Herta Bothe
Herta Bothe
Herta Bothe en août 1945

Surnom La Sadique du Stutthof
Naissance
Teterow, Allemagne
Allégeance Flag of Germany (1935–1945).svg Troisième Reich
Grade Flag of the Schutzstaffel.svg Aufseherin
Conflits Seconde Guerre mondiale

Herta Bothe, née le à Teterow (Mecklembourg-Schwerin, Allemagne) est une gardienne SS de camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est capturée, emprisonnée, jugée et condamnée à dix ans de prison.

Sommaire

BiographieModifier

À l'âge de 16 ans (en 1938), Hertha Bothe aide son père dans sa petite échoppe de menuisier à Teterow, travaille ensuite un certain temps dans une usine, puis comme infirmière dans l'industrie hospitalière. En 1939, elle devient membre de la Ligue féminine nazie, où elle brille sur le plan athlétique.

À Ravensbrück et au StutthofModifier

En septembre 1942, elle est enrôlée (conscription) comme gardienne au camp de concentration de Ravensbrück. L'ancienne infirmière suit une formation de quatre semaines avant d'être envoyée comme Aufseherin au Stutthof près de Danzig (aujourd'hui Gdańsk). Là, elle devient la « Sadique du Stutthof » à cause de sa façon sauvage de frapper les détenues[1].

En juillet 1944 elle est envoyée par l'Oberaufseherin Gerda Steinhoff au camp annexe de Bromberg-Ost.

Le , âgée de 24 ans, Bothe accompagne une marche de la mort de femmes détenues depuis le centre de la Pologne jusqu'au camp de concentration de Bergen-Belsen près de Celle. En route pour Bergen-Belsen, elle et les détenues séjournent temporairement au camp de concentration d'Auschwitz. Elle déclare à son procès être arrivée à Bergen-Belsen entre les 20 et 26 février 1945.

Bergen-BelsenModifier

Arrivée au camp, Bothe est surveillante d'un Kommando du bois composé d'une soixantaine de détenues chargées d'aller chercher du bois qui est utilisé comme combustible. Le camp est libéré le .

Elle passe pour être la plus grande parmi les femmes arrêtées. Bothe se différencie aussi des autres Aufseherinnen par le fait que la plupart des femmes SS portaient des bottes noires, alors qu'elle avait aux pieds des chaussures de ville ordinaires. Les soldats alliés la forcèrent à placer les cadavres de prisonniers morts dans des fosses communes adjacentes au camp principal. Soixante ans après, elle rappelle dans une interview, que pendant qu'elles transportaient les corps, elles n'étaient pas autorisées à porter des gants. Elle était terrifiée à l'idée de contracter le typhus. Elle dit aussi que les cadavres étaient si pourris que les bras et les jambes se détachaient des corps quand on les bougeait. Elle se souvient aussi que les corps émaciés étaient si lourds qu'ils lui causaient des douleurs de dos. Bothe est arrêtée et emprisonnée à Celle.

Le procès dit « de Belsen »Modifier

Le procès de Belsen dure 54 jours (du 17 septembre au ) en présence de 200 journalistes et observateurs internationaux. Il a lieu en Allemagne, à proximité du camp, dans la ville de Lüneburg, au 30 Lindenstraße. Condamnée à une peine de dix ans de prison, Bothe sera libérée en décembre 1951, bénéficiant d'une mesure de grâce.

Vie ultérieureModifier

Après sa libération, Bothe se marie et vit en Allemagne sous le nom de Hertha Lange.

Dans une de ses rares interviews[2], diffusée en 2004, elle apparaît sur la défensive quand on lui demande pourquoi elle a décidé de devenir gardienne de camp de concentration. Elle répond : « Ai-je fait une erreur ? Non. L'erreur était que c'était un camp de concentration, mais je devais y aller, sinon j'y aurais moi-même été enfermée. Cela a été mon erreur[3]. »

Notes et référencesModifier

  1. (en) Nazi women exposed as every bit as bad as Hitler's deranged male followers - Allan Hall, Daily Mail, 12 février 2009.
  2. (de)  Holokaust [TV mini-series]., Dreykluft, Friederike () Germany : MPR Film und Fernsehproduktion.
  3. (en) Clare Raymond, « Nazi She-Devils », Mirror, (consulté le 25 juin 2011) : « Did I make a mistake? No. The mistake was that it was a concentration camp, but I had to go to it, otherwise I would have been put into it myself. That was my mistake »

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier