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Henry de Groux

artiste peintre, graveur et sculpteur symboliste belge
Henry de Groux
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
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Nationalité
Activités
Formation
Père

Henry de Groux est un artiste peintre, graveur et sculpteur symboliste belge, né le 16 novembre 1866 près de Bruxelles et mort le à Marseille.

BiographieModifier

 
Le Christ aux outrages
 
La Chevauchée des Walkyries (ca. 1890)

Fils du peintre belge Charles de Groux, défenseur du réalisme social en peinture, Henry de Groux suit une formation à l'Académie de Bruxelles. Il réalise à 22 ans Le Christ aux outrages, tableau qui le rendra célèbre. Membre du groupe L'Essor en 1884, il est accepté en 1886 au groupe des XX mais sera obligé d'en démissionner en 1890 pour avoir refusé d’exposer dans la même salle que van Gogh et avoir injurié celui-ci ainsi que Paul Signac et Toulouse-Lautrec.

Il s’installe ensuite à Paris où il réalise la majeure partie de son œuvre et côtoie d’autres artistes tels que Toulouse-Lautrec, Whistler, Gauguin, Ensor, Rodin et Debussy. Il fréquente également de nombreux écrivains, parmi lesquels son futur gendre Émile Baumann, Mallarmé, Apollinaire, Oscar Wilde, Léon Bloy — avec qui il entretient une amitié fusionnelle — Verlaine, Zola, Heredia, Gide, Milosz, Rémy de Gourmont et Huysmans. Il prend parti dans l’affaire Dreyfus et assure la protection de Zola contre la foule hostile à la sortie du tribunal. Il réalise plusieurs portraits de l'écrivain (lithographie, pastel) et un tableau, conservé à la maison Zola à Medan, retraçant l'épisode de la sortie du palais de justice tel qu'il le raconte dans son journal à la date du 9 février 1898: "Zola aux outrages". Cette prise de position en faveur de Dreyfus et de Zola contribue à la dégradation de son amitié avec Léon Bloy et à la rupture retentissante qui intervient entre les deux hommes en juin 1900. Ils ne se reverront qu'à la fin 1916, quelques mois avant la mort de Bloy.

Circulant à travers toute l’Europe, de Groux expose à Paris, dont chez Le Barc de Boutteville en 1894[1], à Bruxelles, Ostende, Spa, Amsterdam, Londres et Florence. Dans cette dernière ville, où il est arrivé en 1903, espérant relancer sa carrière par la confrontation à un nouveau public, il est accompagné de Germaine Lievens, nièce de son épouse avec laquelle il vit une relation amoureuse passionnée. Côtoyant les milieux artistiques et mondains de la ville, stimulé par la fréquentation du musée des Offices et des autres richesses artistiques de Florence, il produit un nombre considérable d'œuvres et organise une grande exposition de ses œuvres au palais Corsini en 1904. Toujours confronté à de terribles difficultés financières, brutalement assailli par une violente crise de jalousie vis-à-vis de Germaine Lievens, il est interné à l' hôpital psychiatrique de San Salvi, à Florence, en juin 1904. Après quelques semaines, il s’en évade pour rejoindre Gênes à pied. De là, il embarque pour Marseille, où sa femme Marie vient le chercher et le ramène à Spa, en Belgique.

Il illustre de nombreux ouvrages littéraires. Il participe en tant que lithographe à L'Estampe originale (1893) et L'Épreuve (1895). À partir de la fin 1909, il se consacre également à la sculpture: il réalise des bustes de Wagner, Beethoven, Baudelaire, Edgar Poe, Balzac, Tolstoï, Shakespeare, Byron, Villiers de l'Isle-Adam, Emmanuel Signoret, et de grandes statues en pied: Tolstoï, Ecce Homo. Il est l'auteur de la statue du monument aux morts de La Roque d'Anthéron. Plusieurs de ses grands projets de sculpteur ne se finalisent pas: du grand monument à la mémoire de Claude Debussy, il ne reste que les photos de quelques maquettes et le buste en bronze du compositeur, conservé à Paris au musée de l'Opéra.

Entre 1892 et 1910, il tient un journal, remplissant 18 cahiers manuscrits (des ajouts y ont en outre été portés entre 1926 et 1928). L'ensemble a été déposé par les héritiers du peintre à l'INHA et une édition partielle en a été faite en 2007 par les éditions Kimé.

Il est cité en préambule du livre de Léon Bloy La Femme pauvre : « À l’exception de notre grand peintre Henry de Groux, qui donc est descendu aussi profondément que vous et d’aussi bon cœur dans ma fosse noire ? » (Édition La Part Commune, 1897).

ExpositionsModifier

2019: "Henry de Groux (1866-1930). Maître de la démesure", du 25 mai au 22 septembre, Musée Félicien Rops, rue Fumal 12, 5000 Namur (Belgique).

  • 2015 : « Henry de Groux. Le Front de l'étrange », du 26 juin au 29 novembre, Musée Fenaille, Rodez.
  • 2015 : « Un symboliste engagé » du 6 février au 22 mars, Galerie - Musée La Roque d'Anthéron.
  • 2013 : « Un visage de la victoire, 1914-1918 », du 4 mars au 12 mai, atelier de Cézanne[2], Aix-en-Provence.
  • 1954 : « Henry de Groux : peintre, sculpteur », musée Cantini, Marseille[3]

Notes et référencesModifier

BiographieModifier

  • La Vie terrible d’Henry de Groux, Émile Baumann, Grasset, 1936
  • Henry de Groux, Journal, Kimé, 2007, (ISBN 978-2-84174-417-6)
  • Henry de Groux (1866-1930) Témoin de guerre (catalogue de l'exposition au musée In Flanders Flieds, Ypres 2007-2008, avec des contributions de Jan Dewilde et Thomas Schlesser) Ypres, 2007.
  • Figures de guerre, Henry de Groux (catalogue de l'exposition, Avignon, 8 février-8 mars 2014, avec des contributions de Sylvestre Clap, Jérôme Descamps), Palais du Roure - Fondation Flandreysy-Espérandieu, Avignon, 2014. (ISBN 978-2-9546921-2-8)
  • Henry de Groux, le front de l'étrange (catalogue de l'exposition, avec des contributions de Benoît Decron, Jérôme Descamps, Aurélien Pierre), Éditions Lienart (Paris) – Musée Fenaille (Rodez), 2015 (ISBN 978-2-35906-144-4)
  • Henry de Groux (1866-1930), Maître de la démesure (catalogue de l'exposition, avec des contributions de Véronique Carpiaux, Jérôme Descamps, Laura Fanti, Denis Laoureux, Louis Millet, Pascal de Sadeleer, Bertrand Tillier), Musée Félicien Rops, Namur - In Fine éditions d'art, Paris, 2019. (ISBN 978-2-902302-08-6)

SourcesModifier

RéférenceModifier

  1. Journal des débats politiques et littéraires, 11 juillet 1894.
  2. Voir sur cezanne-en-provence.com.
  3. Catalogue ; biographie par André Bellaïs ; préface de Gaston Castel, avant-propos de Francis Ripert.

Voir aussiModifier