Henri V de Carinthie

Henri V (mort le ), est un prince issu de la maison de Sponheim, fils du duc Ulrich Ier de Carinthie. Il fut duc de Carinthie de 1144 à sa mort[1] et margrave de Vérone de 1144 jusqu'en 1151. Selon le chroniqueur contemporain Otton de Freising, Henri est « un homme vaillant, plein d'expérience dans les conseils de guerre » (latin: fortem et exercitatum in bellicis consiliis virum)[1],[2].

Henri V de Carinthie
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Fonction
Duc de Carinthie
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Sépulture
Monastery of Rosazzo (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Maison de Sponheim (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Judit von Baden (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie

BiographieModifier

Henri est le fils aîné d'Ulrich Ier de Sponheim, duc de Carinthie depuis 1135, et de son épouse Judith, fille du margrave Hermann II de Bade[1]. Il succède à son père encore jeune. Il épouse Elisabeth, fille du margrave Léopold de Styrie et veuve du comte Rodolphe II de Stade, mais leur union reste stérile[1].

Au début, son règne est affectée par de lourdes pertes : son riche grand-oncle, le comte Bernard de Trixen, mort dans la deuxième croisade en 1147, avait légué ses biens allodiaux ainsi que ses ministeriales (serfs de rang supérieur) en Carinthie et en Styrie (Mark an der Drau) au margrave Ottokar III de Styrie[1]. En 1151 son oncle maternel, Hermann III de Bade, est investi de la vaste marche de Vérone, qui a été détenue en union personnelle par les ducs de Carinthie depuis 976. Le roi Conrad III de Hohenstaufen ignore si Henri a protesté lors de la perte de ce grand territoire du nord-est de l'Italie[1].

Néanmoins, en 1158 Roman Ier, évêque de Gurk, le nomme Vogt, c'est-à-dire chargé d'assurer la protection séculière de son diocèse en Carinthie,[1] mais il s'agit d'un petit accroissement de puissance pour Henri avec ce territoire dominé par les États avec des seigneurs tant séculiers qu'ecclésiastiques non résidents[3]. De plus, il se battait contre l'archevêque de Salzbourg.

Malgré les crises et les revers, Henri apporte son fidèle soutien à la maison de Hohenstaufen. Présent lors de la Diète de Wurtzbourg en , où Frédéric Barberousse fixa la date de son expédition romaine, il prend part aux campagnes du roi dans le nord de l'Italie en 1154–55 et en 1158–60[1]. Otton de Freising le cite parmi les princes les plus éminents qui après l'abandon de la campagne contre les Normands de Sicile reviennent avec la permission de l'empereur en Germanie au milieu de l'année 1155[4]. Le continuateur d'Otton , Rahewin, relève que lors de la deuxième campagne de 1158, Henri et le duc Henri II d'Autriche reçoivent le commandement d'un contingent hongrois de 600 archers, avec leurs « comtes et barons », qui cheminent de la Carinthie à travers le val Canale (Pontebba) vers la marche de Vérone, par la route connue comme la via Canalis[5],[6].

Henri est un des membres de l'ambassade envoyé par Frédéric Barberousse à la cour byzantine de l'empereur Manuel Ier Comnène en 1160–61[1],[2],[6]. Henri a sans doute été envoyé car son oncle Engelbert III de Sponheim, margrave d'Istrie, avait épousé Matilde de Sulzbach, une sœur de l'épouse de Manuel, l'impératrice Irène[1]. Sur le chemin du retour, Henri se noie dans l'embouchure de la rivière Tagliamento. Son corps est inhumé dans l'abbaye de Rosazzo au Frioul[1]. Il a comme successeur son frère cadet Hermann II[1], dont les descendants ont gouverné le duché de Carinthie jusqu'en 1269.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k et l Moro 1969, p. 361.
  2. a et b de Freising et Rahewin 1966, p. 330 (IV.lxxxiv).
  3. Kosi 2001, p. 154–56.
  4. de Freising et Rahewin 1966, p. 155 (II.xxxviii).
  5. de Freising et Rahewin 1966, p. 201 (III.xxvi).
  6. a et b Kosi 2001, p. 154.

BibliographieModifier

  • (de) Friedrich Hausmann, « Die Grafen zu Ortenburg und ihre Vorfahren im Mannesstamm, die Spanheimer in Kärnten, Sachsen und Bayern, sowie deren Nebenlinien », Ostbairische Grenzmarken – Passauer Jahrbuch für Geschichte Kunst und Volkskund, Passau, no 36,‎ , p. 9-62
  • (de) Gotbert Moro, « Heinrich V. », Neue Deutsche Biographie (NDB), Berlin, Duncker & Humblot, vol. 8,‎ , p. 361 (lire en ligne)
  • (de) Eberhard Graf zu Ortenburg-Tambach, Geschichte des reichsständischen, herzoglichen und gräflichen Gesamthauses Ortenburg, vol. 1 : Das herzogliche Haus in Kärnten, Vilshofen,
  • (en) Otton de Freising et Rahewin, The Deeds of Frederick Barbarossa, New York, W.W. Norton, , 2e éd.
  • (en) Miha Kosi, « The Age of the Crusades in the South-East of the Empire (Between the Alps and the Adriatic) », dans Zsolt Hunyadi et József Laszlovszky, The Crusades and the Military Orders: Expanding the Frontiers of Medieval Latin Christianity, Budapest, Central European University Medievalia, , p. 123–66