Henri Romans-Petit

chef des maquis de l'Ain

Henri Romans-Petit
Henri Eugène Petit[1]
Henri Romans-Petit
Portrait d'Henri Romans-Petit.

Surnom Moulin[2], le patron[3], Romans[1]
Naissance
à Firminy, France
Décès (à 83 ans)
à Ceignes, France
Origine française
Allégeance Drapeau de la France France
Grade Colonel
Commandement Chef des maquis de l'Ain et du Haut-Jura
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale

Henri Romans-Petit, né Henri Denis Jean-Marie[4] Petit le à Firminy et mort le à Ceignes[5],[6], est un résistant français de la Seconde Guerre mondiale. Il organisa plusieurs maquis : ceux de l’Ain et du Haut-Jura, et ceux de Haute-Savoie.

BiographieModifier

Formation et Première Guerre mondialeModifier

Né en 1897[7], Henri Petit est engagé volontaire en . Affecté au 13e bataillon chasseurs alpins de Chambéry, il commence la guerre dans l'infanterie et reçoit le baptême du feu en .

Sa conduite exemplaire lui vaut d'être cité à l'ordre du bataillon, puis nommé caporal et assez vite sergent. Il est ensuite désigné pour suivre le cours d'élève officier à Saint-Cyr. À sa sortie, il choisit de rejoindre l'aviation à la BR 127, une escadre de bombardement. Il y gagne ses galons d'aspirant puis de sous-lieutenant.

Démobilisé en 1918, il termine ses études de droit et intègre un groupe de presse dont il devient agent général régional.

Mobilisation pour la guerre 1939-1940Modifier

Il est mobilisé en 1938, puis à nouveau en 1939 comme capitaine de réserve et on lui confie le commandement des bases aériennes de Nice et Cannes. À l'armistice du 22 juin 1940 il échoue dans sa tentative de rejoindre la France libre à Londres, le Potez dont il compte s'emparer pour gagner l’Angleterre ayant été placé sous la surveillance des gendarmes à la suite d'une indiscrétion commise par l'un de ses trois compagnons d'évasion.

Il demande alors à être démobilisé et regagne Saint-Étienne, où il entre en relation avec le réseau L'Espoir rattaché à Franc-Tireur. On le charge de repérer les terrains pour les parachutages autour de Lyon.

« Je suis sûr que beaucoup d'entre vous comprennent aujourd'hui la signification du mot “Patrie”. Non, la guerre n'est pas finie… »

— Message du capitaine Henri Petit le 22 juin 1940 aux militaires placés sous ses ordres à la base de Cannes[8].

Commandement des maquis de l'Ain, du Haut-Jura et de Haute-SavoieModifier

Il organise à la fin de l'année 1942 les maquis de l'Ain et du Haut-Jura et acquiert durant cette période le nom de résistant Romans par Julien Roche qui lui confectionne une fausse carte d'identité le [9]. Il conservera ce nom après la guerre pour se faire appeler Henri Romans-Petit. Durant l'été 1943, Romans-Petit est d'ailleurs nommé chef des maquis de l'Ain, puis chef départemental de l'Armée secrète, succédant à ce poste à Bob Fornier qui a été arrêté[10].

Il défile, le , dans la ville d'Oyonnax, à la tête de ses maquisards. Ce haut fait décide les forces anglaises et françaises de Londres, jusqu'alors réticentes, à parachuter des armes pour les maquisards français, qui en étaient jusqu'alors quasiment privés.

 
La tombe d'Henri Romans-Petit au cimetière d'Oyonnax[11].

Il organise les débuts des maquis en Haute-Savoie et en confie le commandement à Tom Morel afin de se dédier totalement aux maquis de L'Ain. Au cours de l'été 1944, il installe une véritable administration civile à Nantua et fait paraître La Voix du maquis.

À la Libération, il est emprisonné quelques semaines au Fort Lamothe à Lyon par le nouveau commissaire de la République Yves Farge, sur instruction militaire[12]. Il semble qu'il y ait eu un premier contact difficile entre les deux hommes : Romans-Petit ne sait pas qui est son visiteur[13] et le traite en importun ; Farge le prend en grippe et l'accuse d'abus d'autorité[12].

DistinctionsModifier

ŒuvresModifier

  • Les Obstinés, Janicot, Lille, 1945.
  • Moustique, Janicot, Lille, 1946.
  • L’Appel de l’aventure, Dorian, Saint-Etienne, 1947.
  • Les Maquis de l'Ain, Hachette, 1974.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Henri Romans-Petit, Moustique, Lille, Janicot, , 192 p., p. 140.
  2. Patrick Veyret, Une porte ouverte sur le maquis de l'Ain, Châtillon-sur-Chalaronne, La Taillanderie, , 144 p. (ISBN 2-87629-279-3), p. 61.
  3. « L'événement phare de l'automne 1943 », sur maquisdelain.org (consulté le 29 avril 2013).
  4. Registre Etat-Civil 1897 Naissances n°66, Firminy.
  5. « Henri Romans-Petit », sur maquisdelain.org (consulté le 10 septembre 2010).
  6. « Henri ROMANS-PETIT », sur Memorialgenweb.org (consulté le 29 avril 2013).
  7. « Henri Romans-Petit », sur ordredelaliberation.fr (consulté le 10 septembre 2010).
  8. Henri Romans-Petit, Moustique, Lille, Janicot, , 192 p., quatrième de couverture.
  9. Patrick Veyret, Une porte ouverte sur le maquis de l'Ain, Châtillon-sur-Chalaronne, La Taillanderie, , 144 p. (ISBN 2-87629-279-3), p. 62.
  10. « La Résistance armée », Mémoire de la Déportation dans l'Ain (1939-1945) (consulté le 22 février 2014).
  11. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi, , 385 p. (ISBN 978-2-7491-2169-7, lire en ligne), p. 12.
  12. a et b Le Goupil et Marcot 1996, p. 243.
  13. Le Goupil et Marcot 1996, p. 245.

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Raymond Ruffin, Ces chefs du Maquis qui gênaient, Paris, Presses de la Cité, , 286 p. (ISBN 2-258-00776-3)
  • Jean-François Romans-Petit, « Un homme, un événement: le colonel Romans-Petit », 39-45 magazine, no 291,‎
  • Georges Le Goupil et François Marcot (dir.), « Débats stratégiques autour des maquis de l'Ain », La Résistance et les Français : lutte armée et maquis, Presses universitaires de Franche-Comté, colloque international de Besançon 15-17 juin, Volume=617,‎ , p. 549