Henri Perregaux

architecte suisse
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Henri Perregaux
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Nationalité
Activité
Œuvres principales

Henri Perregaux, né Mathieu-Henri à Lausanne le et mort ibidem le , est un architecte suisse[1].

BiographieModifier

Protestant, bourgeois des Geneveys-sur-Coffrane, de Corcelles-Cormondrèche, de Valangin et de Lausanne, il est le fils de l'orfèvre et architecte Alexandre Perregaux et de Jeanne Catherine Maisonny[2]. Il épouse en 1828 Annette-Adélaïde-Antonie (dite Adèle) Müller[3].

Henri Perregaux suit une formation d'architecte, probablement auprès de son père, puis devient l’architecte quasi-attitré de l'État de Vaud, mais n’a jamais occupé de poste important dans l'administration lausannoise ou vaudoise. Entre 1814 et 1818, il est cependant nommé inspecteur des bâtiments pour les édifices lausannois appartenant à l’État. Entre 1826 et 1834, il est membre de la commission des ponts et chaussées. Son style architectural se caractérise par un néoclassicisme aux formes sobres et épurées. Il restaure et transforme la cathédrale de Lausanne, élabore des plans d'églises (neuf réformées et six catholiques), construit des hôtels de ville, des prisons de district, près de trente écoles, ainsi que de nombreuses demeures particulières.

Libéral, il siège au Conseil communal (législatif) de Lausanne entre 1815 et 1832 et au Conseil municipal entre 1815 et 1833. Il se présente en outre aux élections du Grand Conseil en 1828 mais ne sera pas élu. Henri Perregaux est de plus franc-maçon, membre de l'Abbaye de l'Arc et cofondateur du Cercle littéraire de Lausanne en 1819[4].

En 1821, Perregaux est signalé comme franc-maçon, de la Loge de la Cordialité, à l'Orient de Lausanne[5].

RéalisationsModifier

Restaurations monumentalesModifier

  • Lausanne, cathédrale (multiples campagnes de travaux entre 1810 et 1835, dont la reconstruction après incendie de la tour-lanterne, 1825-1827, et la suppression du jubé du XIIIe siècle en 1827). Selon l'architecte français Eugène Viollet-le-Duc qui conçoit une nouvelle flèche en 1872, la flèche de Perregaux présente plusieurs défauts, son poids étant mal réparti et portant sur la voûte[6].
     
    La flèche Perregaux de la cathédrale de Lausanne en 1873.
  • Moudon, église Saint-Étienne (1837-1841).
  • Lausanne, aménagements du château Saint-Maire entre 1814 et 1815, avec construction de la conciergerie annexe[7].

ÉglisesModifier

Protestantes: Lausanne, ancienne église allemande de la Mercerie (1810). – Bex (1813-1814). – Trélex (1813) [projet non réalisé] – Les Charbonnières (1834). – La Sarraz (1835-1837). – Forel (Lavaux) (1838) – La Praz (1840) – Mont-sur-Rolle (1840-1843) – Huémoz (1841).

Catholiques: Lausanne, Notre-Dame du Valentin, église catholique (1829-1831). – Yverdon-les-Bains, église catholique (1838). – Bottens, église catholique (néogothique, 1842) – Morges, église catholique (néogothique, 1842-1844)[8]Assens, église catholique (1842-1845) – Poliez-Pittet (1846) [projet non réalisé].

Précisons que l'église catholique Notre-Dame du Valentin (1832), néo-classique, a été élevée au rang de basilique en 1992 par le pape Jean-Paul II. C’est le plus grand sanctuaire catholique sur les dix que compte Lausanne[9],[10].

HospicesModifier

Grand-Saint-Bernard (surélévation, 1822-1823). – Simplon (construction 1826-1832).

Tribunaux, prisons, casernes et arsenauxModifier

Lausanne, tribunal d’appel (1830-1835). – Tribunaux de district (1837-1839, aménagés dans des bâtiments existants). – Prisons de district, dont Château-d'Œx (1841) et Morges (1844).

Lausanne, casernes de la place du Château (rénovation en 1834-1835 d’un bâtiment plus ancien déjà transformé par son père, Alexandre Perregaux, en 1804-1807).

Arsenaux de Morges (1836-1839)[11] et de Moudon (1836-1839)[12].

ThermalismeModifier

Pompaples (Saint-Loup), pavillon des bains (1815) – Yverdon-les-Bains, pavillon des bains (1829) – Lavey-les-Bains, plusieurs projets importants, non exécutés (1833-1835).

Hôtels de villeModifier

Morges, voir aussi grenette et casino (1822-1827)[13]. – Thonon-les-Bains (1822-1823). – Moudon (1838-1841)[12] ,[14].

Écoles (classées par types)Modifier

Gollion (1839). – Lausanne (Chalet à Gobet) (1829-1831). – Ollon (1835). – Bursinel (1838). – Curtilles (1838). – Vufflens-la-Ville (1839). – Penthalaz (1838-1841). – Cottens (1842). – Moulins de Château d'Oex (1842) – Saint-Livres (1843). – Dommartin (1844-1845). – Corcelles-près-Payerne (1843).

Villars-le-Terroir (1837-1841). – Penthaz (1833-1838). – Avenches (1836-1837). – Ballens (1843-1844). – Baulmes (1836). – Trey (1845).

Grandson (Les Tuileries) (1837-1838). – Sédeilles (1841). – Lovatens (1841). – Lucens (1841-1842). – Vufflens-le-Château (1842). – Bière (1842-1844). – Bottens (1845-1846).

Payerne, école des filles (1835). – Aubonne (1839). – Morges, école des filles (1845). – Lausanne, Ancienne Académie (transformations, 1843).

Édifices de plaisance : Abbaye de l’Arc et casinoModifier

Lausanne, Abbaye de l'Arc (1813-1814). – Lausanne, casino de Derrière-Bourg (1823-1824). – Morges, grenette et casino : voir aussi hôtels de ville (1822-1827).

Maisons d’habitationModifier

Nombreuses cures, immeubles de rapport, établissements agricoles et viticoles, maisons de campagne dont, à Lausanne, la villa Sainte-Luce[15], et la campagne de Mon-Repos, qu'il a rénovée à la demande de Vincent Perdonnet[16].

Manuscrits autographesModifier

Liste des œuvres bâties d'Alexandre Perregaux et Henri Perregaux, ainsi qu'un mémoire de synthèse, intitulé « De l’architecture dans le canton de Vaud » (1844-1845) (intégralement publiés)[17].


BibliographieModifier

  • Paul Bissegger, D'ivoire et de marbre. Alexandre et Henri Perregaux ou l'Âge d'Or de l'architecture vaudoise (1770-1850) (Bibliothèque historique vaudoise 131), Lausanne 2007, 783 p.
  • Paul Bissegger, «En marge des architectes Perregaux, au XIXe siècle, un miniaturiste méconnu et un dessinateur-architecte mort à la guerre de Sécession (États-Unis): Henri Brunner, dit Fontaine, père et fils», La monnaie de sa pièce... Hommages à Colin Martin (Bibliothèque historique vaudoise 105), Lausanne 1992, pp. 313-351.

GalerieModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. Paul Bissegger, D'ivoire et de marbre. Alexandre et Henri Perregaux ou l'Age d'Or de l'architecture vaudoise (1770-1850), Bibliothèque historique vaudoise, coll. « Bibliothèque historique vaudoise », (ISBN 9782884541312).
  2. Isabelle Rucki, Dorothee Huber (ed.), Architektenlexikon der Schweiz 19./20. Jahrhundert, Birkhäuser Verlag, (ISBN 3-7643-5261-2), p. 413.
  3. Paul Bissegger, « Perregaux, Henri » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  4. La famille Perregaux sur le Guide des sources d'archives d'architecture et des bureaux techniques du site de l'EPFL.
  5. Bissegger 2007, p. 149.
  6. Anne Coste, L'architecture gothique : lectures et interprétations d'un modèle, Presses Universitaires de Saint-Etienne, , 231 p. (ISBN 9782862721088, lire en ligne), page 180.
  7. Les aménagements du château St-Maire sur le site www.patrimoine.vd.ch.
  8. Historique de l'église de Saint-François-de-Sales sur le site www.cath-morges.ch.
  9. Bref historique de la construction de la Basilique Notre-Dame au Valentin sur le site www.cath-vd.ch.
  10. L'église Notre-Dame du Valentin sur le site officiel de la ville de Lausanne.
  11. Transformation de l'arsenal de Morges sur le site www.architectes.ch.
  12. a et b Monique Fontannaz, Monuments d’art et d’histoire du canton de Vaud VI, Moudon, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Monuments d’art et d’histoire de la Suisse 107 », (ISBN 978-3-906131-82-5), p. 192-197
  13. Paul Bissegger, Monuments d’art et d’histoire du canton de Vaud V, La ville de Morges, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Monuments d’art et d’histoire de la Suisse 91 », (ISBN 3-909164-66-8), p. 179-182.
  14. L'hôtel de ville de Moudon sur le site officiel de la commune.
  15. Paul Bissegger, «En marge des architectes Perregaux, au XIXe siècle, un miniaturiste méconnu et un dessinateur-architecte mort à la guerre de Sécession (États-Unis): Henri Brunner, dit Fontaine, père et fils», La monnaie de sa pièce... Hommages à Colin Martin (Bibliothèque historique vaudoise 105), Lausanne 1992, pp. 313-351.
  16. Marcel Grandjean, Les Monuments d'art et d'histoire du canton de Vaud IV. Lausanne, villages, hameaux et maisons de l'ancienne campagne lausannoise, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Monuments d'art et d'histoire de la Suisse 71 », (ISBN 3-7643-1208-4), p. 232-270
  17. Paul Bissegger, D'ivoire et de marbre. Alexandre et Henri Perregaux ou l'Age d'Or de l'architecture vaudoise (1770-1850), Bibliothèque historique vaudoise, coll. « Bibliothèque historique vaudoise 131 », (ISBN 9782884541312), p. 609-715