Henri Nouvion (médecin)

médecin français, phtisiologue, inventeur du « spiroscope compensateur »
Henri Nouvion
Biographie
Naissance
Ayen
Décès (à 82 ans)
Brive-la-GaillardeVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfants André-Pierre Nouvion
Thématique
Formation Université de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession MédecinVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Assistance publique - Hôpitaux de Paris
Œuvres principales invention du spiromètre compensateur

Henri Nouvion ( à Ayen - à Brive-la-Gaillarde[1]) est un médecin français, phtisiologue, inventeur du « spiroscope compensateur » ou spiromètre[2],[3],[4].

CarrièreModifier

Élève du professeur Émile Sergent, Henri Nouvion était médecin-Chef puis Chef de Service de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) au Sanatorium Joffre destiné à l’hospitalisation des malades tuberculeux parisiens et à l'hôpital Joffre-Dupuytren (Draveil) (AP-HP)

Invention du Spiroscope compensateur (1927)Modifier

Il déposa le brevet du Spiroscope compensateur en 1927[3]. Ce spiromètre à eau fut construit et commercialisé par les établissements E. Spengler (Paris)[2].

Au fil des décennies, les illustres médecins du XIXe siècle imaginaient le spiromètre, mais sans succès et ce n'est qu'au début du XXe siècle, plus précisément en 1927, que le premier spiromètre moderne vit le jour. Son inventeur fut le phtisiologue Henri Nouvion (1900-1982) et ses travaux de recherche sur la tuberculose, qui imagina le « spiroscope compensateur » ou spiromètre à eau.[5],

Arrété par la police allemande pour avoir caché des résistants au milieu des malades (1945)Modifier

Pendant la seconde guerre mondiale, des soldats américains évadés ou en fuite après l'échec de leur commandos, des pseudo-malades résistants, juifs, fils et filles de résistants ont été cachés au milieu des malades tuberculeux et dans les familles des médecins du Sanatorium Joffre. Marcelle Auclair, épouse de Jean Prévost homme de lettres et héros de la résistance était notamment hébergée chez la famille Nouvion. Au début de l'année 1945 et à la suite d'une dénonciation, Henri Nouvion et les médecins Guilbaud, Place-Verghnes et Chovelon furent arrêtés par l’armée allemande à leur sortie du sanatorium puis relâchés pendant la débâcle quelques semaines après. Seul le docteur Blondeau échappa à la rafle. Doté par le maquis d'une motocyclette, il était en mission ce matin-la pour soigner les résistants réfugiés dans la forêt de Sénart. Après la période d'occupation, Henri Nouvion fut élu de 1946 à 1952 maire adjoint RPF de Draveil aux côtés du maire SFIO, Henri Boissier.

A l'origine du traitement contre la tuberculose basé sur l’antigène méthylique (1949-1959)Modifier

Comme membre de la Société française de la tuberculose jusqu'en 1965, il y exposa de 1952 à 1960 ses recherches sur notamment « la conduite pratique du traitement par iodure de potassium-antigène-méthylique ». L'antigène méthylique est un extrait bacillaire obtenu par Léopold Nègre et Alfred Bocquet. Le docteur Léopold Nègre a démontré, par ses expériences sur le cobaye et le lapin que l’action thérapeutique de la streptomycine était nettement renforcée lorsque l’antigène méthylique lui était associé.

Durant 10 années, de 1949 à 1959 Henri Nouvion et ses collaborateurs ont adapté cette méthode au traitement de la Tuberculose chez l’homme[6], ; leurs résultats ont confirmé les recherches de L. Nègre sur les animaux de laboratoire : l’antigène méthylique a renforcé l’action de la streptomycine de l’INH. Henri Nouvion et ses collaborateurs ont appliqué ce traitement avec succès aux formes graves et invétérées de tuberculose pulmonaire chronique chez plusieurs centaines de malades. L’Antigène était injecté par voie intramusculaire (dans la même seringue que la Streptomycine) et à doses fortes huit jours consécutifs chaque mois. Les bons résultats de la thérapeutique élaborée par Nouvion ont été confirmés au Japon dès 1954 et en particulier par le Pr Yuso Kawamori de la Faculté de Médecine d'Osaka (33e Congrès de la Société Japonaise de la Tuberculose - 24 à )[7],.

Travaux et publicationsModifier

Ouvrages
  • Henri Nouvion, Capacité vitale et force respiratoire. Y a-t-il automatisme pulmonaire ?, Paris, Thèse de médecine, Paris. 1926. no 273 - Librairie Marcel Vigné, (OCLC 197054544)
  • Henri Nouvion, H. Rotenstein, Elise Pauc, Aurothérapie et cure sanatoriale. Les sels d'or ont-ils le pouvoir de provoquer des nettoyages radiologiques pulmonaires chez les tuberculeux en cure sanatoriale ?, Paris, Éditions Masson,
  • Henri Nouvion, Conseils à l'entrée au Sanatorium : Édité sous le patronage du Comité National de Défense contre la Tuberculose, Paris, Polydor (édition sonore), (notice BnF no FRBNF37992921)
  • Henri Nouvion, Le Moi et l'autre : Propos sur la vie et la mort, le monde des images, Paris, La Pensée universelle, (OCLC 1230161)
Articles
  • Un sanatorium russe - H. Nouvion, P. Gilhem, A. Mouret (Revue de la tuberculose 1947 p.93)
  • Pour interpréter l'action de la chimiothérapie dans la tuberculose pulmonaire; sels d'or et selz de bismuth - H. Nouvion, A. Place-Verghnes, R. Chovelon (Revue de la tuberculose 1947 - 11(9-10):739-41)
  • Essai de traitement de la Tuberculose pulmonaire chronique par la streptomycine associée à l’iodure de potassium et à l’antigène méthylique - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 10-11 1952).
  • Action de la streptomycine ou d’Isoniazide associée à l’Iodure de K. et à l’antigène méthylique sur les foyers pulmonaires de la tuberculose chronique - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 6 1953).
  • Iodure de K et l’antigène méthylique dans la Tuberculose pulmonaire chronique (variation du nombre des améliorations radiologiques et bacilloscopiques suivant les modalités du traitement par streptomycine et Isoniazide - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 10 11 1953).
  • Iodure de K et l’antigène méthylique dans la Tuberculose pulmonaire chronique traitée par streptomycine et Isoniazide (étude comparative contre épreuve) - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 7 / 8 1954).
  • Réactions focales provoquées par l’iodure de potassium et essai d’immunisation par l’antigène méthylique dans la Tuberculose pulmonaire chronique - H. Nouvion et Coll. (Le Poumon N° ).
  • L’antigène méthylique par voie orale - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 3 1955).
  • Sensibilité et résistance au Bacille de Kock aux antibactériens (seuil de résistance) - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 5 1956).
  • L’antigène méthylique dans la Tuberculose Pulmonaire (application clinique) - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 7/8 1956).
  • Action de l’antigène méthylique dans la Tuberculose Pulmonaire (rôle du temps physiologique) - H. Nouvion et Coll. (Le Poumon et le Cœur N° 8 1956).
  • Comment augmenter le taux d’INH dans les foyers de tuberculose pulmonaire - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose et de pneumologie N° 8/9 1959).

DistinctionsModifier

  • Lauréat de la Faculté de Médecine de Paris - Prix de Thèse (Médaille bronze) - 1926

FamilleModifier

Petit-fils du préfet de l'Empire, Jean-Baptiste Nouvion, Henri Nouvion était marié à la fille d'un industriel et propriétaire de mines en Turquie, Léon Faure qui fut conseiller technique de Mustafa Kemal Atatürk.

Notes et référencesModifier

  1. Relevé généalogique sur Filae
  2. a et b Centre national de la recherche scientifique, Bulletin analytique, Publié par Centre de documentation du C.N.R.S., 1947, vol. 8, p. 1341
  3. a et b Biologie médicale: revue bimestrielle des sciences biologique considérée dans leur rapport avec la médecine, publié par Specia, 1932, vol. 22-23, p. xii
  4. Centre national de la recherche scientifique, Bulletin de la société de biotypologie, Publié par Laboratoire de biométrie humaine du C.N.R.S., 1949, vol. 10-14, p. 67
  5. Faculté de Médecine de Nice - Thèse de médecine soutenue le 10/04/2014 par M. Dadyou Hichem, pages 28-29 «Evaluation du dépistage précoce de la BPCO par le spiromètre informatisé au sein d'un groupe de 23 médecins ayant participé à une formation spécifique dans le cadre de la formation médicale continue, MG PACA » - https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01168645/document
  6. Histoire du traitement de la tuberculose pulmonaire sur le site de la Société Française d’Histoire des Hôpitaux - http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhh/lieux.htm
  7. Therapy with Antigène Méthylique,Combined with Potassium Iodide and Antitubercular Agents - Senichiro Hashimoto, Tooru Matsumoto, Ichiteru Shishioka, Seiji Imabayashi, Dentaro Kurokawa, Hiroko Maeda, Tatsuko Yamamoto, Hisako Takano, Tomie Kawahara - Makino Hospital, Kansai Medical School (Japan) – 1958 https://www.jstage.jst.go.jp/article/jkmu1956/10/2/10_65/_pdf