Henri Nouvion

Henri Nouvion ( à Philippeville, Algérie - à Paris[1]) est un banquier français, président et fondateur de la Banque de l’Afrique Occidentale (actuelle Banque internationale pour l'Afrique occidentale).

Henri Nouvion
Henri Nouvion.jpg
Henri Nouvion par Vladimir de Terlikowski
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BiographieModifier

Fils de préfet du Second empire, Henri Nouvion débuta de bonne heure dans les affaires financières notamment à la Banque de France où il occupa différentes fonctions pendant 14 ans.

Directeur de la Banque du Sénégal puis Administrateur Directeur-général de la Banque de l’Afrique occidentale (BAO)Modifier

Nommé Directeur de la Banque du Sénégal pour faire le diagnostic de la ‘’maladie de la banque’’[2], il séjourna pendant trois années au Sénégal. Suite aux problèmes financiers importants de la banque, il est chargé de sa liquidation.

La Banque du Sénégal est alors remplacée le par la Banque de l’Afrique occidentale (BAO) dont le siège est alors transféré à Paris. La Banque de l'Afrique Occidentale s'étendait sur tous les territoires constituant l'Afrique de l'Ouest Française et l'Afrique Équatoriale Française. Elle avait droit d'émission sur l'ensemble de l'Afrique Occidentale et Équatoriale Française. La BAO devint par la suite, la Banque internationale pour l'Afrique occidentale.

La nomination d’Henri Nouvion, ami personnel de la famille Maurel, comme premier directeur-général de la BAO illustra la victoire des actionnaires bordelais et notamment Émile Maurel qui en devint président (également directeur de Maurel et Prom)[3]., Il demeura actif à la BAO comme président puis administrateur jusqu’en 1931.

Henri Nouvion a obtenu pour la Banque trois prix aux expositions universelles : grand prix à l'Exposition de Marseille de 1906, grand prix à l'Exposition de Londres de 1908 et grand prix à l’Exposition universelle de 1935 de Bruxelles (classe 117)[4],[5].,

Collectionneur à l’instar de son oncle le baron Arthur Chassériau, Henri Nouvion s'est montré tout au long de sa vie comme un ami des arts. Il apporta notamment son soutien au peintre polonais Vladimir de Terlikowski et confia la création artistique des billets de banques de la BAO au peintre Henri Bellery-Desfontaines.

Lobbyiste de l'Afrique occidentale françaiseModifier

Il demeura un membre influent et pendant de nombreuses années, le seul banquier assidu de la section AOF (Afrique-Occidentale française) de l’Union coloniale française. Cette section eut notamment après la grande guerre à discuter les questions sur la structure et les pratiques spéculatives du commerce des oléagineux en AOF[6].,

Au travers de ses différents mandats[7] et comme banquier, Henri Nouvion a été un lobbyiste important pour le développement du commerce avec les colonies[8],. Le Comité national des Conseillers du commerce extérieur de la France, désigna Henri Nouvion qui présidait sa commission des Questions coloniales, comme son représentant au comité national de l’Exposition coloniale internationale de Paris en 1928.

Proche du prince NapoléonModifier

Proche du prince Victor Napoléon, Henri Nouvion a été le 13e parrain de sa fille, la princesse Marie-Clotilde Bonaparte et fait Premier Page d'honneur le à Bruxelles[9],[10]., Le premier parrain était le roi des Belges et la 1re marraine l’impératrice Eugénie. Le à Bruxelles, Henri Nouvion eut le privilège de tenir aux lieu et place de la nourrice, la princesse Marie-Clotilde sur les fonts baptismaux. Il avait revêtu pour cette cérémonie la grande tenue des pages d’honneur. Il offrit comme cadeau à la princesse, enchâssé dans un cadre d’okuma doré, le premier billet de banque de l’A.O.F. ayant cours exclusif dans la colonie du Haut-Sénégal et Niger (exemplaire figurant à l'Exposition universelle de 1913).

En 1912, le prince Victor Napoléon qui avait été pressenti pour monter sur le trône de l’Albanie, voulu s’assurer du concours permanent d’Henri Nouvion en le chargeant de l’organisation des finances de la nouvelle principauté[11].,

DistinctionsModifier

  • Officier de la Légion d'honneur, décoré en 1911 au titre des expositions universelles
  • Membre des cercles du Club des Cents, de l'Union interalliée, du Cornet, de la Société de géographie d’Alger ou encore de l’association des Amis de Montmartre et protecteurs des petits « Poulbots »

FamilleModifier

Fils du préfet d'Oran Jean-Baptiste Nouvion, il obtient en 1911 pour le compte de sa famille la concession des mines de zinc plomb argentifère de l'Oued Oudina en Algérie (ancienne concession Gustave Mercier-Lacombe). Ces mines furent exploitées par la société des mines de l'Oued Oudina.

Notes et référencesModifier

  1. Relevé généalogique sur Geneanet
  2. Décret du Président de la République le 24 janvier 1898
  3. De la vie coloniale au défi international par Jacques Alibert, Paris, Chotard, 1983
  4. Dictionnaire de biographie française sous la direction de MM. Prévost et Roman d’Amat, Paris, Letouzey
  5. Dictionnaire biographique des hommes du XIX° - Panthéon de la légion d'honneur. Par T. Lamathiere, Paris, E. Dentu, Libraire Éditeur
  6. Les Africains et la Grande Guerre - L'appel à l'Afrique (1914-1918) - Karthala Éditions, 2003
  7. Administrateur de la Compagnie française des Chemins de fer du Dahomey, Administrateur de la Société auxiliaire africaine pour le développement du commerce, de l’industrie et de l’agriculture en Afrique Occidentale, Administrateur de la 'Compagnie colonial de Madagascar', Institut Colonial, etc.
  8. The French colonialist lobby in the 1930's: the economic foundations of imperialism, Volume 2 par Thomas Adrian Schweitzer, Éd. University of Wisconsin-Madison, 1971
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6360529s/f1.item.r=nouvion.zoom 13e parrains après quelques souverains en exercice et juste après le Duc de Connaught d'après 'Les Annales coloniales' daté du 26 mars 1912
  10. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6360531v/f1.item.r=nouvion.zoom 'Les Annales coloniales' : organe de la "France coloniale moderne" / directeur : Marcel Ruedel (Paris) – du 26 mars et 25 mai 1912
  11. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63606138/f1.item.r=nouvion.zoom 'Les Annales coloniales' : organe de la "France coloniale moderne" / directeur : Marcel Ruedel (Paris) – 28 novembre 1912

Liens externesModifier