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Henri Caillavet

homme politique français

Henri Caillavet
Fonctions
Député 1946-1958
Sénateur 1967-1983
Gouvernement IVe République-Ve République
Groupe politique RRRS (1946-1958)
GD (1967-1973)
FSRG (1973-1983)
Conseiller général du Lot-et-Garonne
élu dans le Canton d'Astaffort
1er janvier 1951
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Agen (Lot-et-Garonne)
Date de décès (à 99 ans)
Lieu de décès Bourisp (Hautes-Pyrénées)
Parti politique Radical
MRG
Résidence Lot-et-Garonne

Henri Caillavet, né le à Agen et mort le (à 99 ans) à Bourisp[1], est un homme politique français.

Sommaire

CarrièreModifier

Avocat de formation, Henri Caillavet eut une longue carrière politique et parlementaire (38 années de mandats électoraux — 29 ans député ou sénateur du Lot-et-Garonne).

Il est issus d'une famille de négociant. Son père est drapier, propriétaire de plusieurs magasins à Agen et sa mère d'origine provençale est rationaliste et suffragette avant l'heure. Les Caillavet sont originaire du Gers et ce nom veut dire « petit caillou, gravier  » en gascon. Son père est franc-maçon et occupe au Grand orient de France durant l’entre-deux-guerres, la charge de vénérable de la Loge à Agen. Il fait lire à Henri des ouvrages religieux pour lui former l'esprit. À la maison, l'on reçoit des personnalités : Joffre, Clemenceau, Jean Zay, Joseph Caillaux[2].

Le jeune Henri suit un parcours scolaire classique à Agen : l'école élémentaire Joseph-Bara puis le lycée Bernard-Palissy. Après un brillant cursus universitaire à Toulouse, où Vladimir Jankélévitch lui a « appris à penser », il est licencié es-lettres et docteur en droit. Il exerce la profession d’avocat à la cour, inscrit au barreau de Bagnères-de-Bigorre.

A 21 ans, il est initié en mai 1935 par la Loge des « Vrais Amis Réunis et l'Indépendance Française » (VARIF) du Grand orient de France à l’Orient de Toulouse[3].

En 1937-1938, proche des milieux libertaires et anarchistes, il fait passer des armes démontées pour les Brigades internationales qui se battent au côté des Républicains espagnols[4]

Dès 1940, il s’oppose à la politique du maréchal Pétain. Son appartenance au Grand orient de France n’y est pas étrangère. Ses actions contre le régime de Vichyprovoquent son arrestation, il est interné le 28 octobre 1940, durant 24 heures, au camp de Noé qui « le relâche faute de preuve »[5],[6]. En tant que franc-maçon, il est empêché de passer son agrégation de droit. « Faute de mieux », il plaide au barreau de Bagnères-de-Bigorre.

Il entre en Résistance contre l'occupation allemande en 1940 et fonde avec André Hauriou le mouvement Combat. Il est arrêté par les Allemands et livré à la Gestapo en mai 1942. Grace à un alibi, justifiant sa présence sur la frontière espagnole, il est libéré au bout de neuf semaines[4].

Conseiller général radical-socialiste du canton d’Astaffort de 1951 à 1963, il est élu par ailleurs député le 2 juin 1946, et préserve son mandat jusqu’en 1958. En janvier 1953, on lui confie le porte-feuille ministériel à la France d’Outre-mer dans le gouvernement René Mayer, puis celui à la Marine nationale dans le gouvernement Pierre Mendès France en 1954. En 1958, il s’oppose au général de Gaulle en votant contre son investiture et la nouvelle Constitution.

Il quitte ensuite le Lot-et-Garonne et est élu maire de Bourisp (Hautes-Pyrénées) de 1959 à 1983. Il se présente aux élections sénatoriales en Lot-et-Garonne et est élu en juin 1967. Sénateur de 1967 à 1983, il cumule ce mandat avec celui de député européen de 1979 à 1984.
Il s'illustre notamment par l'élaboration de projets de loi concernant l'interruption volontaire de grossesse (IVG), le divorce par consentement mutuel, les greffes d'organes en 1976, le tribunal de l'informatique, l'euthanasie, et aussi l'acharnement thérapeutique. Il fait aussi des propositions législatives concernant l'homosexualité et le transsexualisme.

Il a justifié l'avortement thérapeutique et l'euthanasie par des arguments qualifiés d'eugénistes par certains, affirmant que dès lors qu'un enfant peut poursuivre ses ascendants en justice pour réclamer le droit à ne pas naitre handicapé (arrêt Perruche) : « permettre à un enfant handicapé de venir au monde est une faute parentale et peut-être même le témoignage d'un égoïsme démesuré »[7].

Il perd son mandat de sénateur en 1983 contre Jean François-Poncet. Mais il contribue à lancer de nombreuses initiatives, comme la création de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) et le think tank Réseau Voltaire. C'est ainsi qu'il a présidé la commission pour la transparence et la pluralité de la presse (juin 1985).

Plusieurs fois président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il en démissionne le 23 juin 2007.

Il se présente comme athée et rationaliste et a été intégré au Comité national consultatif d'éthique depuis 1981. Dans le livre Les frères invisibles, les journalistes Renaud Lecadre et Ghislaine Ottenheimer révèlent que Caillavet était une sommité dans le Grand Orient de France.

Il préside le Comité Laïcité République jusqu'en 2009.

Son portrait avait été brossé en décembre 2011 par le journal Le Petit Bleu[2]. Il meurt le (à 99 ans) dans sa maison de Bourisp et est incinéré au crématorium d'Azereix[8].

Fonctions gouvernementalesModifier

Autres mandatsModifier

  • Député (radical) de Lot-et-Garonne (1946-1958)
  • Sénateur (MRG) de Lot-et-Garonne (1967-1983)
  • Député européen (1979-1984)
  • Conseiller général de Lot-et-Garonne (1946-1963-1984)
  • Maire de Bourisp (1959-1983)

BibliographieModifier

  • Henri Caillavet, Manon ou les amours inachevées (Roman), Paris, Éditions Bruno Leprince, , 110 p. (présentation en ligne)
  • Henri Caillavet, Petite traversée du siècle, Éditions Bruno Leprince, 2011
  • Henri Caillavet, Libres Paroles Maçonniques, Paris, Éditions Véga, , 338 p. (présentation en ligne)
  • Henri Caillavet, Un esprit libre : Entretien avec Paul Marcus, Paris, Éditions Le Cherche Midi, coll. « Document », , 383 p. (ISBN 978-2-7491-0917-6, présentation en ligne, lire en ligne)[9]
  • Henri Caillavet, préface à Histoire des transsexuels en France, par Maxime Foerster, Éditions H&O, 2006
  • Henri Caillavet, Paroles de maçon, EDIMAF, 2002
  • Catherine Leguay, Mourir dans la Dignité. Quand un médecin dit oui, préface de Henri Caillavet, Robert Laffont, 2000
  • Henri Caillavet, À cœur ouvert. Combats pour la raison, Éditions Arléa-Corlet, 1994
  • Henri Caillavet, Changer la télévision ou le réel imaginaire, Éditions Flammarion, 1979
  • Questions sur l'essentiel, ouvrage collectif, Paris, Cerf, 1979
  • Henri Caillavet (sommaire en 4e de couverture), Les coudées franches : pour une démocratie réelle (Entretien avec Pierre Jeancard et Jean-Luc Tournier), Paris, Denoël, , 181 p. (présentation en ligne)

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. AFP, Mort d’Henri Caillavet, ancien ministre, sur lefigaro.fr
  2. a et b Henri Caillavet Richard Hecht, Le Petit Bleu de Lot-et-Garonne
  3. « Hommage au 100e anniversaire de Henri Caillavet », sur hiram.be, (consulté le 21 juillet 2018)
  4. a et b voir "un Esprit libre" de 2007
  5. « Agen. L'ancien ministre Henri Caillavet s'est éteint à l'âge de 99 ans », sur ladepeche.fr, (consulté le 21 juillet 2018)
  6. « La disparition discrète d’Henri Caillavet. », sur jmpelletier52.over-blog.com, (consulté le 21 juillet 2018)
  7. Contribution à l'avis n° 68 du CCNE, Handicaps congénitaux et préjudice, 15 juin 2001.. Cf. le commentaire de J. Ricot sur cette citation dans La dignité humaine en questions, Ed. de l'Emmanuel, 2004, p. 173-191
  8. « L'adieu à Henri Caillavet », sur ladepeche.fr, (consulté le 21 juillet 2018)
  9. « Note de lecture de « L'esprit libre » », sur monde-diplomatique.fr, (consulté le 21 juillet 2018)