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Henri-Frédéric Amiel

écrivain et philosophe suisse romand
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Henri-Frédéric Amiel
Description de cette image, également commentée ci-après

Amiel (mine de plomb par Joseph Hornung)

Naissance
Genève (Suisse)
Décès (à 59 ans)
Genève (Suisse)
Activité principale
écrivain et philosophe
Auteur

Œuvres principales

Journal

Signature de Henri-Frédéric Amiel

Henri-Frédéric Amiel (né le à Genève – mort le dans la même ville) est un écrivain et philosophe suisse, auteur d'un journal intime exceptionnel tant par son volume (17 000 pages) que par la valeur et l'universalité de son message.

Sommaire

BiographieModifier

Il est le premier fils d'Henri Amiel et de Caroline Brandt. Deux tragédies familiales marquent son enfance : la mort de sa mère (d'une tuberculose), alors qu'il n'a que onze ans, et, moins de deux ans plus tard, le suicide de son père, qui se pend. Henri-Frédéric, alors âgé, de 13 ans, et ses deux sœurs cadettes, Fanny et Laure, sont recueillis par leur oncle Frédéric Amiel et leur tante Fanchette, déjà parents de onze enfants. Ce séjour dure sept ans. Après avoir commencé ses études dans sa ville natale, Henri-Frédéric voyage en Suisse, en Italie, en France et en Belgique. En Allemagne, il s'arrête d'abord pendant neuf mois à Heidelberg. Puis, de 1844 à 1848, à Berlin, il étudie la philosophie (avec Schelling), la psychologie (avec Friedrich Eduard Beneke), la philologie et la théologie.

En 1849, il revient à Genève et devient professeur d’esthétique et de littérature française, à l'université de Genève, grâce à son étude Du Mouvement littéraire dans la Suisse romande et de son avenir. De 1854 jusqu'à sa mort, il conserve sa chaire de philosophie.

Il introduit dans la langue française et anglaise, aux alentours de 1860, le terme d’inconscient, au sens de ce qui est non-conscient[1].

ŒuvresModifier

Amiel publia plusieurs volumes de poèmes, d’études historiques ou philologiques et des essais philosophiques influencés par la philosophie idéaliste allemande. L’œuvre la plus populaire qu'il publia durant toute sa vie était la chanson patriotico-militariste Roulez, tambours ! (1857).

Journal intimeModifier

La postérité vint à Amiel grâce à son monumental journal intime de 17 000 pages (16 847 exactement), qu’il tint de 1839 à 1881. C’est après sa mort qu’on le découvrit. Les courts extraits qui furent publiés dès 1882 (cinq cents pages seulement furent retenues), en deux volumes, grâce aux soins de l'amie du diariste, Fanny Mercier, et du critique Edmond Schérer, provoquèrent une grande sensation à cause de la clarté de la pensée de l'auteur, de la sincérité de son introspection, de l'exactitude des détails, de sa vision découragée de l'existence et de sa tendance à la critique de soi. Ils influencèrent les écrivains de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle non seulement en Suisse, mais aussi ailleurs en Europe (par exemple Léon Tolstoï).

L'intégralité du Journal d'Amiel a été publié en douze volumes aux éditions L'Âge d'Homme sous la direction de Bernard Gagnebin.

On y trouve notamment cette phrase devenue célèbre : « Chaque paysage est un état d'âme » (en allemand « jedes Landschaftsbild ist ein Seelenzustand »).

Depuis 1996, l'artiste français Gérard Collin-Thiébaut recopie le Journal intime d'Amiel. Il en est à son 69e cahier (20 février 1858). Un de ces cahiers est présenté en permanence dans « L'Atelier d'Aujourd'hui » de Gérard Collin-Thiébaut, au musée d'art moderne et contemporain de Genève[2].

Autres œuvresModifier

  • Berlin au printemps de l’année 1848 (1849)
  • Du mouvement littéraire dans la Suisse romane et de son avenir (1849)[3]
  • Grains de mil (1854), poésies et pensées
  • Il penseroso (1858), poésies-maximes
  • La Cloche (1860), poème de Schiller
  • La Part du rêve (1863), nouvelles poésies
  • L’Escalade de MDCII (1875), ballade historique
  • Charles le Téméraire (1876), romancero historique
  • Les Étrangères (1876), poésies traduites de diverses littératures
  • L’Enseignement supérieur à Genève depuis la fondation de l’Académie depuis le 5 juin 1559 (1878)
  • Jean-Jacques Rousseau jugé par les Genevois d’aujourd’hui (1879)
  • Jour à jour (1880), poésies intimes
  • Fragments d’un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927)
  • Philine (1927), fragments inédits du Journal intime
  • Lettres de jeunesse (1904)
  • Essais, critiques (1931) (réédités en 2006)

Notes et référencesModifier

  1. Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de psychanalyse, Paris, Fayard, p. 731
  2. MAMCO
  3. Du mouvement littéraire dans la Suisse romande et de son avenir (texte scanné) site amiel.org consulté le 25 octobre 2008.

SourcesModifier

BibliographieModifier

  • Les Écrivains célèbres, tome III, le XIX et le XXe siècles, Éditions d’art Lucien Mazenod.
  • Bernard Bouvier, Henri-Frédéric Amiel. Fragments d'un journal intime, Paris, Stock, 1932.
  • Fabrizio Frigerio, "Les notes de cours d'Henri-Frédéric Amiel sur la philosophie de Schopenhauer", in: Zeit der Ernte, Festschrift für Arthur Hübscher, Stuttgart-Bad Cannstatt, Frommann-Holzboog, 1982, p. 248-260.
  • Ursula Schöni, Henri-Frédéric Amiel. Réflexions sur les Français et les Allemands à l'occasion de la guerre franco-prussienne de 1870-71, , 123 p. (OCLC 561477)
  • Henri-Frédéric Amiel (1821-1881), Genève, coll. « La revue de belles-lettres », (OCLC 43124122)
  • Pierre Trahard, Henri-Frédéric Amiel, juge de l'esprit français, Paris, H. Champion, , 108 p. (OCLC 4529531)
  • Amiel et ses amies : Égérie : correspondance, 1853-1868, Lausanne, coll. « Au cœur du monde », , 358 p. (ISBN 978-2-8251-1740-8, OCLC 56328958)
  • Amiel et sa plus jolie amie, Elisabeth Guédin : une lecture du journal intime d'Amiel, Métamorphoses, coll. « Ne m'oubliez pas », , 111 p. (OCLC 428229972)

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Liens externesModifier