Helene Mayer

escrimeuse allemande

Helene Mayer
Helene Mayer en 1928
Helene Mayer en 1928
Carrière sportive
Sport pratiqué escrime
Arme fleuret
Biographie
Nationalité Drapeau : Allemagne allemande puis
Drapeau : États-Unis américaine (1940)
Naissance 20 décembre 1910
Lieu de naissance Offenbach-sur-le-Main, Grand-duché de Hesse
Décès (à 42 ans)
Lieu de décès Munich, Allemagne
Palmarès
Jeux Olympiques 1 1
Championnats du Monde 3 1
Championnats des États-Unis 8

Helene Mayer (née le , morte le ) est une fleurettiste allemande puis américaine. Elle participe aux Jeux Olympiques de 1928, 1932 et 1936. Étudiante aux États-Unis, à partir de 1932, elle est la seule sportive juive de l'équipe olympique allemande aux Jeux olympiques de Berlin.

BiographieModifier

Helene Mayer remporte, à l'âge de 13 ans, son premier championnat d'escrime en 1924[1]. En 1930, elle a déjà remporté six championnats au niveau national. Elle gagne sa première médaille d'or aux Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam, où elle représente l'Allemagne, à l'âge de 17 ans.

En 1931, elle suit des cours à la Sorbonne, à Paris, pendant un semestre. La même année, elle perd son père, le Dr Ludwig Mayer. En 1932, grâce à un programme d'échanges, elle commence des études au Scripps College de Claremont, près de Los Angeles, en Californie. La même année, elle se classe 5e aux Jeux olympiques de Los Angeles.

En 1933, alors qu'elle poursuit ses études au Scripps College, elle est exclue in abstentia du club d'escrime d'Offenbach-sur-le-Main, où elle est toujours licenciée. L'année suivante, après avoir achevé ses études universitaires à Claremont, Helene Mayer commence à enseigner l'escrime puis l'allemand au Mills College d'Oakland, près de San Francisco. Elle remporte le championnat des États-Unis la même année.

En 1936, elle est invitée à rejoindre l'équipe nationale allemande d'escrime, ce qu'elle accepte, malgré les appels de personnalités, comme le prix Nobel de littérature Thomas Mann. Elle est la seule sportive juive de l'équipe olympique allemande — ce qu'elle ignore lorsqu'elle accepte l'invitation — et permet ainsi au régime nazi de contrecarrer la campagne de boycottage des Jeux olympiques de Berlin[2]. Elle remporte une médaille d'argent, mais déclenche une controverse en arborant un brassard à croix gammée lors de la cérémonie de remise des médailles et en faisant le salut nazi. Sa mère et deux de ses frères vivent toujours en Allemagne.

Après les Jeux olympiques, elle retourne vivre aux États-Unis, y participant à de nombreuses compétitions d'escrime. En 1940, elle devient citoyenne américaine. Elle continue d'enseigner au Mills College d'Oakland jusqu'en 1947 et travaille ensuite au City College de San Francisco.

En 1952, Helene Mayer revient s'installer en Allemagne. Elle se marie avec le baron Erwin Falkner von Sonnenburg et s'installe à Munich. Peu de temps après, elle décède d'un cancer du sein, deux mois avant son 43e anniversaire.

Compétitions internationalesModifier

En 1928, elle remporte le championnat italien d'escrime.

Elle est championne du monde de fleuret en 1929-31 et 1937.

Championnat américainModifier

Elle poursuit sa carrière aux États-Unis et remporte plusieurs championnats de fleuret : 8 fois de 1934 à 1946 (1934, 1935, 1937, 1938, 1939, 1941, 1942 et 1946).

Hall of FameModifier

Elle est introduite dans l'USFA Hall of Fame en 1963.

PalmarèsModifier

Jeux olympiquesModifier

Discipline Amsterdam
1928

  Pays-Bas
Los Angeles
1932

  États-Unis
Berlin
1936

  Allemagne
Fleuret individuel Or 5e Argent

Championnats du monde (entre 1921 et 1936)Modifier

Discipline Naples
1929

  Italie
Vienne
1931

  Autriche
Fleuret individuel Or Or

Championnats du mondeModifier

Discipline Paris
1937

  France
Fleuret individuel Or
Fleuret par équipe Argent

NotesModifier

  1. Romain Métairie, « Helene Mayer, une fleurettiste juive allemande aux Jeux nazis de 1936 », .
  2. Voir Paul Taylor, Jews and the Olympic Games : the clash between sport and politics, Brighton, Sussex Academic Press, 2004, pp. 9-13. Selon l'auteur, l'attitude de Helene Mayer s'explique par son ignorance de l'ampleur des persécutions déjà en cours en Allemagne contre les Juifs et parce qu'elle ne se sentait pas personnellement menacée ; seul son père, décédé, était juif et elle-même était grande et blonde, l'incarnation de l'idéal « aryen » des nazis.

BibliographieModifier

Liens externesModifier