Hedy Lamarr

actrice, productrice et scientifique américaine d'origine autrichienne
Hedy Lamarr
Description de cette image, également commentée ci-après
Hedy Lamarr dans le film Let's Live a Little (Vivons un peu) en 1948.
Nom de naissance Hedwig Eva Maria Kiesler
Naissance
Vienne, Autriche-Hongrie
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Drapeau d'Autriche Autrichienne
Décès (à 85 ans)
Casselberry, Floride, États-Unis
Profession Actrice, inventrice
Films notables Extase
Samson et Dalila

Hedwig Kiesler, dite Hedy Lamarr, est une actrice, productrice de cinéma et inventrice autrichienne naturalisée américaine, née le à Vienne (à l’époque en Autriche-Hongrie) et morte le à Casselberry (Floride, États-Unis). Elle a été désignée en son temps comme la « plus belle femme du monde ».

Au cours de sa carrière cinématographique, elle a joué sous la direction des plus grands réalisateurs de l'époque : King Vidor, Jack Conway, Victor Fleming, Jacques Tourneur, Marc Allégret, Cecil B. DeMille ou Clarence Brown.

Outre sa carrière au cinéma, elle a marqué l'histoire scientifique des télécommunications en inventant en collaboration avec le compositeur George Antheil, pianiste et inventeur comme elle, un moyen de coder des transmissions (étalement de spectre par saut de fréquence). Il s'agit d'un principe de transmission toujours utilisé pour le positionnement par satellites (GPSetc.), les liaisons chiffrées militaires ou dans certaines techniques Wi-Fi.

Biographie et activités artistiquesModifier

JeunesseModifier

Hedwig Eva Maria Kiesler est la fille unique d'un couple de Juifs ashkénazes. Son père Emil Kiesler (1880-1935), né à Lviv (ville appelée « Lemberg » en Autriche-Hongrie) dans l'actuelle Ukraine, était directeur de la banque Creditanstalt-Bankverein[1],[2], alors que sa mère Gertrud Lichtwitz (1894-1977), issue d'une grande famille de la bourgeoisie juive de Budapest en Hongrie, était pianiste concertiste, et espérait avoir un garçon qu'elle aurait appelé Georg[3]. À l'âge adulte, Gertrud s’était convertie au catholicisme sous l'insistance de son premier mari et élèvera ensuite sa fille dans cette religion sans pour autant l’avoir baptisée. Hedwig grandit dans un milieu privilégié, ayant des précepteurs ou étant instruite en Suisse, faisant de l'équitation, allant à l'opéra ; elle en gardera un souvenir fort, impérissable et toujours nostalgique[4],[5].

À l’âge de 12 ans, Hedwig Kiesler remporte un concours de beauté à Vienne[6]. Elle s'intéresse déjà au théâtre et au cinéma, mais à la suite d’une « révélation » en voyant Metropolis (1927) de Fritz Lang, elle veut devenir actrice[7]. Par ailleurs, lors de promenades, son père lui explique comment fonctionnent certaines technologies[4], et à la maison, elle bricole souvent[3].

Carrière en EuropeModifier

Hedwig Kiesler se présente seule, à 16 ans, aux studios Sascha de Vienne, probablement recommandée par une relation de ses parents dont la situation financière s'est dégradée avec la crise économique autrichienne des années 1930[8],[5]. La future Hedy Lamarr entre « dans le monde du silence expressif » par l'entremise de son compatriote metteur en scène Georg Jacoby qui a réalisé de nombreux films parmi lesquels Vendetta (1919), avec Emil Jannings et Pola Negri, Le Petit Napoléon (1922) qui est d'ailleurs le premier film où apparaît Marlene Dietrich, et est cosignataire du fameux Quo vadis ? (1924). Jacoby l'engage pour deux films — Geld auf der Strasse avec Rosa Albach-Retty, future grand-mère de Romy Schneider, et Tempête dans un verre d'eau, en 1930 et 1931 —, puis comme scripte pour la garder près de lui[8].

La jeune fille, qui a abandonné l'école[7], est ensuite engagée par le metteur en scène de théâtre Max Reinhardt qui la présente à la presse comme « la plus belle fille du monde »[9],[7],[3],[10] ; c'est à cette époque qu'elle rencontre Otto Preminger et Sam Spiegel qui rivalisent alors pour obtenir ses faveurs, et qu'elle retrouvera plus tard parmi les Juifs émigrés comme elle aux États-Unis[8],[10].

 
Photo publicitaire d'Hedy Lamarr en 1934.

Hedwig Kiesler gagne Berlin en 1931 où elle tourne aussitôt Les Treize Malles de monsieur O. F. d'Alexis Granowsky avec notamment Peter Lorre et Margo Lion — film pour lequel Hedwig fait l'objet d'une tapageuse campagne de publicité aux retombées intéressantes puisque même le New York Times salue sa présence[8] — puis en 1932 Pas besoin d'argent, du pro-nazi Carl Boese (coréalisateur du classique Le Golem), qui remporte un grand succès.

À la même époque, elle interprète au théâtre un des quatre personnages principaux de Private Lives (Les Amants terribles) de Noel Coward et sa prestation lui vaut encore des critiques élogieuses[8].

Alors qu'elle est assise à lire un script, le cinéaste Gustav Machatý remarque sa beauté[5] et lui fait tourner quelques « navets »[1] puis en 1933, Extase, un film tchécoslovaque quasiment sans dialogue mais à l’esthétique recherchée[10], et dont le scénario est proche de celui de L'Amant de lady Chatterley, où sa nudité et la première scène d'orgasme sur les écrans dans laquelle on ne voit que son visage[a] — dont elle dit avoir exécuté les directives avec naïveté —, et l'absence de jugement moral sur la conduite de l’héroïne, font sensation dans le monde entier, la rendant ainsi célèbre[11],[7],[4],[5] . Cette réputation sulfureuse, acquise l’année de ses 19 ans, ne va plus la quitter et une grande partie de l'Europe la surnomme déjà « The Ecstasy Girl »[5]. Même si les premiers censeurs avaient exigé l'insertion d'un mariage dans le film avant que ladite extase de l'actrice n'ait lieu[5], le film, présenté à la Biennale de Venise, est condamné par le pape Pie XII ; Hitler, depuis peu au pouvoir, l'interdit en Allemagne et les scènes polémiques sont expurgées de la plupart des versions européennes et américaines[7],[3].

Puis, la jeune femme remporte un grand succès sur scène en interprétant Élisabeth d'Autriche (Sissi)[8].

L'industriel de l'armement Friedrich Mandl remarque aussi la jeune actrice dans Extase[5] et leur relation débouche sur un mariage de convenance en 1933 : le mari avait, lui aussi selon toute vraisemblance, été encouragé par ses futurs beaux-parents inquiets pour l’avenir de leur progéniture[8]. Mais la jeune femme, éprise de liberté et trop surveillée par son époux — qui lui interdit de continuer son métier d'actrice et essaie de racheter toutes les copies du film Extase[4],[1] — fuit sa vie dorée en 1937[12]. Elle se rend d'abord en Suisse[b] où elle côtoie la jet set mais aussi l'émigré juif autrichien comme elle, Billy Wilder[10], ou Kay Francis, la star de la Paramount. Elle rencontre également l'écrivain allemand Erich Maria Remarque qui possède une superbe villa à Porto Ronco au bord du lac Majeur[13] où il offre asile à ceux qui fuient l'Allemagne nazie : elle entame avec lui une liaison qui l’écarte pendant une année supplémentaire des écrans.

Par l'entremise de l'agent américain Bob Ritchie[5], elle rencontre ensuite, à Londres, Louis B. Mayer venu engager Greer Garson — qui a eu un certain succès dans la pièce Golden Arrow de Sylvia Thompson aux côtés de Laurence Olivier —, ainsi que Victor Saville qui a réalisé Dark Journey avec Conrad Veidt et Tempête dans une tasse de thé avec Rex Harrison et Vivien Leigh. Apparemment peu intéressé par Hedwig Kiesler, gêné notamment par sa prestation dans Extase (selon l'intéressée)[5], Mayer, le magnat d'Hollywood, lui propose un contrat peu avantageux (six mois d'essai et cent cinquante dollars par semaine) qu'elle refuse[8]. D'après ses propres dires, elle travaille alors comme gouvernante du violoniste prodige Grisha Goluboff[14] avec qui elle embarque sur le Normandie, pour traverser l’Atlantique. À bord, où se trouvent également Mayer et Cole Porter — ce dernier écrira plus tard une chanson sur elle —, Hedwig se met en beauté pour impressionner Mayer et le convainc ainsi de l'engager aux conditions qu'elle souhaite (soit cinq cents dollars par semaine)[4],[1]. Pour autant, le ponte du cinéma, resté sur l'image sulfureuse du film qui fit sa renommée, ne la tiendra jamais en estime, allant jusqu’à éviter de la saluer lorsqu’il la croise[15],[5].

Carrière aux États-Unis : la star MGMModifier

 
De gauche à droite : Sigrid Gurie, Charles Boyer et Hedy Lamarr dans Casbah (1938).

Hedwig Kiesler réapparaît à l'écran, étant liée à la M.G.M. — le plus grand studio de Hollywood — par un contrat de sept ans, au cours duquel elle interprète une quinzaine de longs métrages : sa carrière américaine débute avec Casbah (1938) de John Cromwell, produit par Walter Wanger et United Artists, un remake de Pépé le Moko de Julien Duvivier où elle reprend le rôle de Mireille Balin, et Charles Boyer celui de Jean Gabin[10].

Dès son arrivée à Hollywood, elle change son nom pour devenir Hedy Lamarr[16],[c], sur l'idée de Howard Strickland, publicitaire pour la MGM ; « Hedy » est un diminutif de son prénom Hedwig et « Lamarr » aurait pour origine sa croisière « en mer » à bord du Normandie[4],[15] avec Mayer. D'autres sources indiquent qu’il s’agit d’un hommage suggéré par Mayer, à l'actrice Barbara La Marr précocement disparue en 1926[7],[17],[10].

Après l'Anschluss de , elle aide à faire sortir sa mère, Gertrud Kiesler, d'Autriche pour la faire venir aux États-Unis où elle obtient plus tard la citoyenneté américaine. Celle-ci indique « Hébreue » dans la rubrique « race » sur le formulaire de naturalisation, un terme alors fréquemment utilisé en Europe[18].

Promue révélation et nouvelle sensation de Hollywood, elle enchaîne dans la veine exotique avec le romanesque La Dame des tropiques de Jack Conway, sur un scénario de Ben Hecht avec pour partenaire Robert Taylor, et entame aux côtés de Spencer Tracy le tournage complexe de Cette femme est mienne également sur un scénario de Hecht, commencé par Josef von Sternberg, repris par Frank Borzage non crédité et achevé par W. S. Van Dyke, surnommé « One Shot Woody », qui le signe seul. Certains exégètes affirment que Sternberg a quitté le tournage après quelques scènes parce qu'il ne retrouvait pas Dietrich en Lamarr. Il semble cependant que ce soit l'interventionnisme de Mayer qui ait en réalité détourné Sternberg puis Borzage du projet[8]. Selon le Hollywood Reporter, en , l'actrice exige et obtient un traitement de 5 000 dollars par semaine alors qu'elle en gagnait 750 jusque-là.

 
Hedy Lamarr dans La Dame des tropiques (1939).

Après des débuts en fanfare puis une carrière décevante, ses prestations sont parfois fraîchement accueillies par la critique. La jeune femme est sollicitée par Luther Green pour jouer sur scène Salomé mais le studio s'y oppose.

Elle s'illustre dans la comédie anti-soviétique Camarade X de King Vidor, face à Clark Gable, sur un scénario à nouveau de Ben Hecht : dans un rôle proche de Ninotchka tourné l'année précédente, elle parodie Greta Garbo en aggravant sa voix et, si elle intervient tardivement, amuse dans des situations incongrues comme celle où elle conduit un tramway rempli de chèvres et de paysans en vareuses. La veine parodique lui vaut de nouveau la faveur des critiques et du public[8].

Elle retrouve : dans un rôle qui annonce les futures héroïnes de ses films noirs, Spencer Tracy et Jack Conway pour les aventures de La Fièvre du pétrole, éclipsée cependant par le couple que forment Clark Gable et Claudette Colbert ; et King Vidor pour un de ses chefs-d'œuvre, le nostalgique Souvenirs avec Robert Young, qui dénonce un ordre puritain oppressif.

 
Dans Viens avec moi (1941).

Le cinéaste, qui apprécie les actrices de tête, la compare alors à l'incandescente Jennifer Jones, et le studio RKO la pressent face à John Wayne dans Duel au soleil, également réalisé par Vidor, mais finalement tourné quelques années plus tard avec Jennifer Jones et Gregory Peck[8].

En lieu et place, Lamarr rivalise avec Judy Garland et Lana Turner dans La Danseuse des Folies Ziegfeld de Robert Z. Leonard, un des grands succès de 1941.

Clarence Brown, le réalisateur favori de Garbo, l'emploie dans le romantique Viens avec moi, et Victor Fleming, le metteur en scène d'Autant en emporte le vent, la dirige avec John Garfield et Spencer Tracy dans l'adaptation du roman réaliste de John Steinbeck, Tortilla Flat, qui traite de la vie de pauvres pêcheurs californiens ; la critique Pauline Kael se fend d'une critique élogieuse à l'égard d'Hedy[8]. Dans le même temps, Conway la dirige pour la troisième fois, en même temps que William Powell, dans le mélodrame Carrefours ; dans ce film, Claire Trevor interprète le second rôle féminin, refusé par Marlene Dietrich — qui ne souhaitait pas apparaître en second couteau après Hedy[8].

Dans Tondelayo de Richard Thorpe, grimée en noir, l'actrice est une indigène de la Sierra Leone sur le continent africain, la vile tentatrice de Walter Pidgeon et Richard Carlson, mais sa carrière menace de sombrer dans la série B ; l'acteur et biographe Stephen Michael Shearer[19] qualifie son rôle d’« exercice aguicheur d’érotisme des années 1940 dans ce qu’il a de plus vulgaire »[12],[10].

Elle tourne encore une comédie, Le Corps céleste d'Alexander Hall, qui lui redonne pour partenaire Powell en mari astronome clamant comme un slogan : « It's heaven to be in love with Hedy ».

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'antifasciste qu'elle est participe en tant qu'exilée à l'effort de guerre américain, entourée de Paul Henreid, Sydney Greenstreet et Peter Lorre avec le film noir Les Conspirateurs (1944) de Jean Negulesco, un récit d'espionnage contemporain inspiré du succès de Casablanca. Elle utilise également sa célébrité pour vendre 25 millions de dollars de bonds de guerre, ce qu'elle fait avec grand succès en se rendant dans de nombreux villes américaines, participant également à une campagne de lettres de soutien pour les G.I.[18],[20].

Dans un registre proche, Angoisse de Jacques Tourneur, un des rares budgets importants du réalisateur, confirme une nouvelle fois l'actrice comme héroïne de thriller, entre l'Irlandais George Brent et l'Austro-Hongrois Paul Lukas. Le film est la production la plus coûteuse de la RKO en 1944 ; Hedy Lamarr insiste pour que l'action contemporaine du roman de Margaret Seymour Carpenter (en) soit transposée au début du siècle ; il faut reconstituer des quartiers de New York en 1903 ; l'action se déroulant dans la haute bourgeoisie cosmopolite de la côte Est, les décors d'intérieurs, les costumes, la photographie sont également luxueux.

En 1945, elle interprète le dernier film de son contrat avec la MGM, la comédie La Princesse et le Groom réalisée par Richard Thorpe, avec Robert Walker pour co-vedette. Les ambitions de Mayer ont fait long feu. De Sternberg à Thorpe, Hedy Lamarr échoue à devenir la nouvelle Garbo.

Femme fatale et reine du glamourModifier

 
Hedy Lamarr en 1944.

A partir de Casbah[10] et dans tous ses films tournés avec la MGM, Hedy Lamarr[c] incarne une reine glamour, comme il était courant à cette époque avec notamment Crawford dont l'attrait s'estompait ou Garbo à la retraite[5],[21]. Elle semblait être la définition même du mot avec sa beauté classique, hiératique et sensuelle, ses « cheveux de jais », ses immenses yeux transparents « marbrés bleu-vert », « parfaitement symétriques », aux sourcils en arc-de-cercle, son « nez fin et rectiligne », sa « peau de porcelaine », sa « bouche comparable à l'envol d'un oiseau », son « petit sourire rêveur et sa voix à l'accent exotique » qui était une combinaison de la vieille Vienne et l'école de diction de la MGM[3],[15],[1],[21],[5],[8]. Lors des projections, le public attend toujours le moment où le réalisateur montre en gros plan le profil parfait d'Hedy Lamarr[15].

Elle figure l'archétype de la femme fatale (« à la beauté mystérieuse, intense et troublante, sensuelle mais inaccessible, irrésistiblement attirante mais manipulatrice, dangereuse et traîtresse, souvent étrangère ou carrément exotique »[10]) que sa rivale en beauté et en folies amoureuses, Ava Gardner, pourrait lui disputer[1].

Les magazines se repaissent des potins de caprices de star de celle qui est également surnommée « le cadeau de Vienne aux hommes »[5]. Les femmes qui l'admirent et même des actrices comme Joan Bennett (dont elle épousera l'ex-mari Gene Markey) se teignent les cheveux en noir, les coiffant avec une raie au milieu et des boucles vagues pour ressembler à Lamarr désignée « plus belle femme du cinéma »[5],[10].

Triomphe et déclinModifier

En 1946, Hedy Lamarr se lance dans la production indépendante. Le Démon de la chair est réalisé pour partie par Douglas Sirk, autre émigré de Berlin, et signé par le viennois Edgar Ulmer, choisi expressément par Hedy[8]. Ce psychodrame en costumes, d'un romantisme exacerbé, se déroule dans la Nouvelle-Angleterre au début du XIXe siècle et offre son meilleur rôle à l'actrice : le portrait d'une criminelle schizophrène. D'après un roman de Ben Ames Williams, auteur également de Péché mortel dont l'adaptation à l'écran valut à Gene Tierney une nomination à l'Oscar, Lamarr partage ici l'affiche avec George Sanders et Louis Hayward. Ce film demeure, avec Extase et Samson et Dalila, un de ses classiques.

L'échec de son film suivant, La Femme déshonorée de Robert Stevenson avec John Loder (qu'elle épouse), signe la fin brutale, dès 1947, de son activité en tant que productrice.

Les neuf années suivantes sont marquées par une relative discrétion[7], malgré le triomphe du péplum Samson et Dalila (1949) de Cecil B. DeMille, inspiré du Livre des Juges, avec Victor Mature, George Sanders et Angela Lansbury, où dans une scène, elle reçoit une fortune en émeraudes et saphirs correspondant à la couleur de ses yeux[15] ; le film fixe pour longtemps son image de femme fatale, froide et sans cœur. En août de la même année, elle fait la Une de « Paris-Match »[1].

L'actrice passe alors de la comédie Vivons un peu (en) (Let's Live a Little, 1948) de Richard Wallace avec Robert Cummings et la russe Anna Sten, au film d'espionnage La Dame sans passeport de Joseph H. Lewis dont l'intrigue se déroule à La Havane sous Batista. La comédie et l'espionnage sont réunis dans Espionne de mon cœur de Norman Z. McLeod aux côtés de Bob Hope. Elle expérimente par ailleurs le western (avec peu de succès) à la Paramount, avec Terre damnée de John Farrow, en propriétaire de saloon face à Ray Milland.

Elle achève sa carrière dans L'amante di Paride de Marc Allégret où elle incarne les mythiques Hélène de Troie et impératrice Joséphine, et dans le semi-documentaire L'Histoire de l'humanité, de et produit par Irwin Allen, auquel participent également Ronald Colman et les Marx Brothers et où elle prête ses traits à Jeanne d'Arc.

En 1958, l'actrice partage le générique de son dernier film officiel, Femmes devant le désir (en) (The Female Animal) de Harry Keller, avec la soprano Jane Powell : « une étude assez prenante sur le monde des actrices » selon Gérard Legrand. Fin mars, elle est l'invitée surprise de l'émission télévisée prisée de divertissement What's My Line? sur CBS. La même année meurt Mayer, son second « père en cinéma » après Jacoby.

Au lendemain de son plus grand succès, Samson et Dalila, la chute de la star est amorcée. Hedy Lamarr se retire dès 1957 après une série d'échecs[7]. Sa notoriété s'était déjà estompée ; sa dernière apparition dans le volume 26 du Who's Who in America date des années 1950-1951[15].

En 1960, elle est honorée d'une étoile sur le Hollywood Walk of Fame.

Selon des sources obscures, elle mène une vie mondaine pendant quelques années et dilapide sa fortune. Dans les années 1960, elle est arrêtée à plusieurs reprises pour vol à l'étalage de produits de beauté[4],[7]. Elle déménage de Californie dans un appartement de l'East Side à New York pour mieux s'occuper de ses différentes poursuites judiciaires notamment contre l'éditeur de son livre Ecstasy and Me[22], sur les droits d'un film italien inédit dans lequel elle avait joué, contre son ex-mari Howard Lee qui l'aurait fait co-signer ses prêts ou pour sa défense de l'accusation de kleptomanie[15].

L'arrestation après son premier vol dans le grand magasin May Company, la publicité autour et son séjour pour surmenage dans un hôpital de repos de Los Angeles qui ont suivi ont poussé le producteur Joseph E. Levine avec lequel elle venait de commencer à travailler en 1965 sur un film d'horreur intitulé (en)Picture Mommy Dead à prétendre qu'elle avait déserté l'image, et l'a renvoyée, mettant ainsi fin à sa carrière à Hollywood[23],[15].

Rongée par la hantise de vieillir, elle prend grand soin d'elle-même[15] puis expérimente la chirurgie esthétique, sans succès[21],[5].

Fin de vieModifier

 
Tombe de Hedy Lamarr au cimetière central de Vienne, Autriche.

Gertrud Kiesler, sa mère, meurt en 1977, loin de son mari enterré à Vienne en 1935, et est enterrée en Californie[24].

Au cours des dernières décennies de sa vie, Hedy Lamarr ne communique plus que par téléphone avec le monde extérieur, même avec ses enfants et ses amis proches, vivant recluse dans son appartement de Floride[5]. Elle parle souvent jusqu'à six ou sept heures par jour au téléphone, mais ne passe pratiquement pas de temps avec quelqu'un en personne.

Un film documentaire, Calling Hedy Lamarr, sorti en 2004, met en scène ses enfants, Anthony Loder et Denise Loder-DeLuca[25].

MortModifier

Hedy Lamarr meurt le à l'âge de 85 ans à Casselberry en Floride[26] des suites d'une maladie cardiaque[27]. Selon ses souhaits, sa dépouille est incinérée et, en 2014, son fils Anthony Loder répand une partie de ses cendres dans les bois autrichiens de Vienne[25].

Dans le documentaire Calling Hedy Lamarr, co-réalisé par le fils de l'actrice Anthony Loder, on voit celui-ci jeter la moitié des cendres de sa mère dans les bois entourant Vienne, ville de son enfance où elle n'est jamais retournée. On le voit aussi constater l'oubli concernant Hedy Lamarr sur le Walk of Fame où sa mère a donné l'étoile portant le numéro 6 247[pas clair].

Depuis le , l'urne contenant l'autre moitié des cendres de Lamarr repose, selon le souhait d'Anthony Loder, au cimetière central de Vienne, peu de temps avant le 100e anniversaire de sa mère[28] (groupe 33 G - tombe numéro 80).[réf. souhaitée]

Activités scientifique et techniqueModifier

Hedy Lamarr avait bien d'autres centres d'intérêts que son métier d'actrice (elle disait que les idées lui venaient naturellement[4]) : passionnée de design et inventrice géniale[5].

De ses conversations avec son ami le compositeur d'avant-garde George Antheil, antinazi et antifasciste passionné comme elle[7], naît l'idée d'une invention pour mettre fin, selon elle[5], au torpillage des paquebots de passagers[18]. Il s'agit d'un principe de transmission de signaux, l'étalement de spectre par saut de fréquence[29] (FHSS ou frequency-hopping spread spectrum en anglais). Ce principe est cependant différent de l'étalement de spectre à séquence directe (DSSS), utilisé dans certaines normes Wifi telle que l'IEEE 802.11b.

Lamarr avait pris connaissance des technologies de différentes armes, dont celles de systèmes de contrôle de torpilles, lorsqu'elle était mariée (de 1933 à 1937) à Friedrich Mandl, un très important fabricant d'armes autrichien[29] qui faisait commerce avec l'Heimwehr autrichienne[30].

George Antheil, quant à lui, était familier des systèmes de contrôle automatiques et des séquences de sauts de fréquence, qu'il utilisait dans ses compositions musicales et ses représentations[29], s'appuyant en cela sur le principe des rouleaux de bandes perforées des pianos mécaniques (pianola)[7].

 
Copie de la demande de brevet américain déposé par Hedy Lamarr et George Antheil sur le « Secret Communication System » (10 juin 1941).

Dans le but d'aider les Alliés dans leur effort de guerre, tous deux proposent en leur invention à une association d'inventeurs dans le domaine, le National Inventors Council (en), puis décident le de déposer le brevet[31] de leur « système secret de communication » (Secret communication system)[32],[33],[34],[35], applicable aux torpilles radio-guidées pour permettre au système émetteur-récepteur de la torpille de changer de fréquence, rendant pratiquement impossible la détection d'une attaque sous-marine par l'ennemi. Ils rendent cette invention immédiatement libre de droits pour l'Armée des États-Unis[29].

Le Bureau des brevets américain détient en effet, cosignée par Hedy Lamarr (sous le nom de « Hedy Kiesler Markey »[d]), âgée de 27 ans, la description d'un système de communication secrète pour engins radio-guidés appliqué par exemple aux torpilles. Le brevet, intitulé Secret communication system (brevet des USA no 2 292 387) du (enregistré le )[31] décrit un système de variation simultanée des fréquences de l'émetteur et du récepteur, selon le même code enregistré (le support utilisé étant des bandes perforées inspirées des cartes des pianos mécaniques[4])[31], où Antheil donne tout le crédit de la partie fonctionnalité à Lamarr, précisant que son travail à lui sur le brevet était simplement technique[5].

Cependant, cette idée était tellement novatrice que la Marine américaine n'en a pas immédiatement saisi l'importance[3] et la trouvant « irréalisable »[5] ; elle ne fut donc pas mise en pratique à l'époque[29],[36], bien qu'il y eût, dans les années 1950, un projet de détection de sous-marins par avions utilisant cette technique[29]. Ainsi, Hedy Lamarr n'indiquera même pas cette invention ni le dépôt du brevet dans ses mémoires sulfureuses[5]. Plus tard, les progrès de l'électronique firent que le procédé fut utilisé — officiellement pour la première fois par l'Armée américaine — lors de la crise des missiles de Cuba en 1962[35],[29] et pendant la guerre du Viêt Nam[29].

Quand le brevet fut déclassé (tombé dans le domaine public) en 1959, ce dispositif fut également utilisé par les fabricants de matériels de transmission, en particulier depuis les années 1980[29],[37]. La plupart des téléphones portables mettent à profit les principes de l'invention de Lamarr et Antheil. Ce principe de transmission, par étalement de spectre par saut de fréquence, est encore utilisé au XXIe siècle pour le positionnement par satellites (GPS, GLONASS…), les liaisons chiffrées militaires, les communications des navettes spatiales avec le sol, la téléphonie mobile ou dans la technique Wi-Fi[36],[9].

En 1973, les fondateurs de la première « Journée nationale de l'inventeur » publient un communiqué de presse avec les noms d'inventrices inattendues où figure Hedy Lamarr, la femme qui avait rendu les missiles plus furtifs[5]. Lamarr, âgée alors de 59 ans, en fut surprise, ignorant jusqu'à ce jour que son brevet avait été utilisé ; elle décide d'en obtenir vainement des droits. Mais elle n'a jamais reçu de compensation financière pour son invention (estimée à une valeur de 30 milliards de dollars[20]) malgré ses réclamations, ignorant alors que la législation américaine n'accordait que six années après le dépôt de brevet pour la réclamer et s'entendant souvent encore répondre que son invention n'avait pas servi[4],[38].

En 1997, Hedy Lamarr reçoit le prix de l'Electronic Frontier Foundation américaine pour sa contribution à la société[39],[35],[37],[3]. Vivant alors recluse en Floride, âgée de 82 ans, elle ne se rend pas à la cérémonie, de peur que les gens se moquent de son apparence[38],[37]. L'accusation d'espionnage et de plagiat par Robert Price, historien spécialiste des communications secrètes, contribue à l'oubli de son invention dans la mémoire collective[38]. L'historienne du cinéma Jeanine Basinger (en) estime qu'à une autre époque, Hedy Lamarr « aurait très bien pu devenir une scientifique. C'est une option qui a pâti de sa grande beauté »[3].

Elle compense son amertume contre les magnats du cinéma : « Ils voulaient quelque chose de bon marché et de stupide, dit-elle,... ils voulaient quelque chose de stupide mais j'ai de petites étagères dans mon cerveau »[15]. Dans les années 1970, elle déclare : « Les choses vont par vagues, c'est la vérité, et je dois changer. Alors j'achèterai le yacht... Je suis une personne de l'eau. Dans ma prochaine incarnation, je serai un poisson - une baleine, je pense. Oh, je sais que je vais gagner ! »[15].

Jusqu'à sa mort, Lamarr ne cesse de produire des inventions et laisse derrière elle de nombreux projets ingénieux jetés sur papier[7],[5].

À partir des années 2000, elle devient le symbole de l'innovation et du design ; on célèbre son génie[5]. En 2003, elle figure sur la première de couverture de Dignifying Science: Stories About Women Scientists[40],[5]. Un prix autrichien d'invention porte son nom et son anniversaire le 9 novembre marque la journée de l'inventeur dans les pays germanophones[5].

En 2014, la « plus belle femme du cinéma »[16] et le pianiste George Antheil sont admis au National Inventors Hall of Fame à titre posthume[29],[37].

Vie privéeModifier

Vie amoureuseModifier

La séductriceModifier

Hedy Lamarr figure comme l'une des grandes séductrices de Hollywood.

 
Hedy Lamarr en 1942.

Dans un article de Ciné Télé Revue[Lequel ?], Hedy Lamarr est ainsi décrite :

« La première chose qu'elle remarque, quand un de ces beaux messieurs lui est présenté, c'est sa démarche, sa façon d'être. Est-il aimable, courtois, distingué ? A-t-il un aspect frais, soigné ? Hedy a horreur des hommes qui ont l'air d'avoir oublié de se raser, comme de tous ceux qui éprouvent un malin plaisir à mettre leurs mains au plus profond des poches et les pieds sur le bureau.[réf. souhaitée] »

Le livre de souvenirs de Hedy Lamarr, Ecstasy and Me[22] paru en 1966, a dégradé son image de déesse intouchable[5]. En France, deux ans plus tard, il a fait l'objet d'un compte rendu de Bernard Cohn dans Positif[41]. La star s'y attarde sur sa vie privée mouvementée et particulièrement sexuelle. Ces mémoires figurent parmi les dix autobiographies les plus érotiques de tous les temps selon Playboy, avec La Vie sexuelle de Catherine M., Les Mémoires de Casanova et les autobiographies de Klaus Kinski et Motley Crue. Lamarr a cru que la franchise du livre avait mis un point final à sa carrière et en a accusé ses prête-plume mais le tribunal statue contre Lamarr au motif que son image persistante de piètre moralité, invoquée dans le titre du livre qualifié de « sale, nauséabond et révoltant », permettait de croire très facilement que son contenu n'était pas de la diffamation mais la vérité[5]. L'ouvrage a été même précédé de deux introductions, une médicale et une psychiatrique, car l'activité sexuelle en dehors du mariage était alors considérée comme pathologique.[réf. souhaitée]

Hedy collectionne les aventures. En Angleterre, elle séduit Stewart Granger, encore marié à l'actrice Elspeth March (en)[42][réf. à confirmer]. Elle qualifie l'acteur d'« un des hommes les plus adorables du monde »[10].

 
Hedy Lamarr en 1944.

En , le milliardaire Howard Hughes l'inonde de cadeaux. En , elle fréquente Jean-Pierre Aumont puis Mark Stevens en septembre, et ses fiançailles avec George Montgomery sont rompues en novembre, selon The Hollywood Reporter.

Dans Ecstasy and Me[22], elle raconte qu'en 1945 John Kennedy, de passage à Paris, lui a téléphoné pour lui proposer de venir et lui a demandé ce qu'elle voulait ; elle a répondu « des oranges »[4]. Elle l'a invité dans son appartement où il est arrivé une heure plus tard avec un sac d'oranges ; les agrumes étant à l'époque pratiquement introuvables, le présent a été très apprécié[43].

Parmi les personnalités diverses que la star aurait fréquentées de près :

En faisant part un jour de son « addiction au sexe », qui à l'époque pouvait sembler déplacée, elle conclut : « C'est une malédiction pour une femme d'avoir trop de besoins[1]. »

MariagesModifier

 
Hedy Lamarr dans Lady of the Tropics (1939).

Hedy Lamarr s'est illustrée notamment à travers six mariages, dont le premier, alors qu'elle est âgée de 19 ans, s'avère le plus fameux : Friedrich Mandl est un des quatre plus grands marchands d'armes du monde, ami personnel et fournisseur de Mussolini, Juif converti au catholicisme pour pouvoir faire commerce avec l'Heimwehr autrichienne[30],[7] et promu « Aryen d'honneur » par Josef Goebbels[44]. Dès 1933, il fait d'elle une institution de la haute société de Vienne, recevant des dirigeants étrangers dont Hitler, selon les mémoires de Lamarr, ou Hermann Goering. Sa tâche consistait à être jolie, arborer des bijoux et des fourrures, et très peu parler ou rire : « Il m'a toujours traité comme une poupée, rapporte-t-elle, j'ai dû passer tout mon temps à donner et à aller à des fêtes, à porter des vêtements élégants, à faire des voyages d'agrément en Suisse, en Afrique du Nord, sur la Côte d'Azur…»[5]. Mandl a tenté, selon une légende peu probable[8] mais soutenue[4],[1],[5], de racheter toutes les affiches où elle apparaît languissante et les copies du film Extase pour les détruire. Par ailleurs, Lamarr l'aurait quitté parce qu'il était trop impliqué avec les nazis et que sa jalousie maladive l'étouffait dans la cage dorée où il la cantonnait[1]. Selon cette même légende, elle s'enfuit après avoir drogué la domestique chargée de la surveiller, en lui empruntant son uniforme[4],[1],[5].

 
Hedy Lamarr et John Loder dans une salle d'audience en 1946.

De ses maris suivants, il est assez peu question : avec le scénariste et producteur Gene Markey (en) (1939-1940), dont Hedy déclare plus tard qu'il « était le seul homme civilisé : il crachait dans un crachoir »[15], elle adopte le petit James Markey Lamarr qu'après une lutte pour sa garde[5], elle écarte peu après de sa vie[4], qui, en 1969, s'avère être le principal protagoniste d'un fait divers (devenu policier, il tue un garçon noir de 14 ans) ; avec l'acteur John Loder (1943-1947), elle a deux enfants, Anthony et Denise, avec qui elle entretient des relations difficiles malgré de belles déclarations car l'actrice a la main lourde (Denise a raconté qu'elle pleurait en jouant avec une poupée à l'effigie de sa mère souvent absente) ; suivent ensuite l'acteur et magnat de l'immobilier d'Acapulco Teddy Stauffer (en) (1951-1952), l'industriel pétrolier du Texas W. Howard Lee (1953-1960) et l'avocat de ses précédents divorces Lewis J. Boies (1963-1965). Son mariage le plus long, avec Howard Lee, s'est confirmé de l'aveu de l'actrice comme une « page noire » de sa vie ;[réf. souhaitée] elle sera longuement en procès contre lui[15].

Hedy Lamarr se maria et divorça six fois :

  • Friedrich Mandl, industriel de l'armement autrichien (1933-1937)
  • Gene Markey (en) (1939-1940) ; un fils (adopté), James (né le 6 mars 1939)
  • John Loder (1943-1947) ; deux enfants, Denise (née le 29 mai 1945) et Anthony (né le 1er mars 1947)
  • Teddy Stauffer (en) (1951-1952)
  • W. Howard Lee (1953-1960)
  • Lewis J. Boies (1963-1965).

Ses différentes unions lui font dire : « Je dois arrêter d'épouser des hommes qui se sentent inférieurs à moi. Quelque part, il doit y avoir un homme qui pourrait être mon mari et ne pas se sentir inférieur. J'ai besoin d'un homme supérieur et inférieur »[16].

JudaïsmeModifier

Sa judéité est un élément de sa biographie qu’elle n’évoquera jamais, ni dans son autobiographie ni lors de ses interviews[10] ni même auprès de ses enfants.

Subversion et nuditéModifier

 
Hedy Lamarr dessinée sur la carlingue baptisée du nom de son film Tondelayo, et dans la tenue qui l'avait rendue célèbre dans le film Extase.

Hedy Lamarr est l'une des plus célèbres actrices parues entièrement nues au cinéma, dans le film tchèque Extase (1933), antérieur à sa carrière hollywoodienne. Selon elle, on lui avait garanti qu'elle serait filmée de loin[a],[15].

 
Dans Samson et Dalila (1949).

Dans l'ouvrage Grandes Dames du cinéma (1993), Don Macpherson déplore le manque « de ce charme distinct et de cette personnalité qui ferait écho à sa beauté » ; il salue « un de ses efforts professionnels les plus réjouissants » dans La Danseuse des Folies Ziegfeld et enfonce le clou à propos du péplum à succès de Cecil B. DeMille (Samson et Dalila, 1949) : « Lamarr incarne Dalila avec un bienfaisant mépris du réalisme », au côté de Victor Mature « dont les prouesses d'acteur sont de la même veine » ; l'auteur reconnaît cependant que « sa détermination et son panache » contribuent à sauver le film et termine sur cette note : « Parmi les ruines de son temple "technicoloré", ne dirait-on pas qu'elle a enfin trouvé sa place, si éphémère soit sa gloire »[45].

Beaucoup ne pardonnent pas à Hedy Lamarr d'avoir refusé les films Casablanca (1942), Hantise (1944) et L'Intrigante de Saratoga (1945), qui ont ouvert une voie royale à l’actrice Ingrid Bergman.

À propos de Casablanca, Hedy Lamarr aurait été approchée, comme du reste Irene Dunne et Michèle Morgan (trop chère), mais elle était liée par contrat à la MGM et ne souhaitait pas s'engager sur un projet sans connaître le scénario — l'équipe, Bogart et Bergman compris, n'apprécia pas davantage l'aspect improvisé du tournage[8].

La rumeur dit également que beaucoup d'actrices connues refusèrent car elles ne trouvaient pas Bogart suffisamment séduisant. Celui-ci n'avait à son actif en 1942 que deux rôles en vedette, dans La Grande Évasion et Le Faucon maltais. Ingrid Bergman de son côté débutait aux États-Unis où elle n'avait guère tourné que le remake d’Intermezzo et Docteur Jekyll et M. Hyde. Même Jack Warner n'en revenait pas que Bogart pût paraître sexy et ce dernier lui-même en attribuait le mérite à sa partenaire. D'autre part, George Cukor, réalisateur de Hantise, ne se souvenait pas que Hedy Lamarr eût été mentionnée dans ce projet[8].

 
Hedy Lamarr et George Sanders dans Le Démon de la chair (1946).

Dans l'article du Larousse, le critique cinématographique déplore que « l'esthétique aseptisée de la MGM » ait accentué la « froideur naturelle de son jeu » et mesure les capacités de l'actrice à l'aune de sa prestation dans Le Démon de la chair. Concernant Mayer, l'ouvrage insiste sur sa conception de la star : « élégante, diaphane, lointaine » et souligne la mièvrerie générale des films MGM après la mort d'Irving Thalberg (1936). Pour Jean Tulard, sa carrière ne compte « pas de grands chefs-d'œuvre mais d'excellentes bandes »[46].

La femme n'a pas reçu de meilleures critiques que l'interprète. Du point de vue de l'acteur français Jean-Pierre Aumont :

« Lors d'un dîner auquel l'avait convié Hedy Lamarr, l'acteur sentit soudain sous la table la jambe de son hôtesse se frotter contre la sienne… Huit jours après, Hedy et Jean-Pierre étaient fiancés. Après avoir offert un solitaire à la dame de son cœur, l'acteur téléphona à son père pour lui demander de venir à Los Angeles faire la connaissance de sa future belle-fille. Le temps que monsieur Aumont père fasse le voyage, Jean-Pierre avait réalisé qu'il allait commettre une erreur : capricieuse, futile, Hedy n'était vraiment pas la femme de sa vie. En accueillant son père à l'aéroport, Jean-Pierre lui fit part de sa décision de rompre et lui confia la mission d'en avertir la fiancée. La nouvelle fut mal accueillie. Quand elle revit l'acteur, Hedy lui jeta sa bague au visage, puis, se ravisant, la ramassa et claqua la porte ! »

Avec Howard Lee, l'amour devient haine. Gene Tierney se souvient, dans son autobiographie Mademoiselle, vous devriez faire du cinéma :

« Howard Lee était en pleine procédure de divorce avec Hedy Lamarr. Bien avant que les touristes eussent investi la ville, il avait construit une maison baptisée Villa of Aspen (anciennement Villa Lamarr). (…) A la seule mention de mon nom, il cracha : “Pas question ! J'ai eu mon compte d'actrices de cinéma !” (…) S'il croyait, ou redoutait, une créature hollywoodienne, je ne correspondais plus à cette catégorie, pour autant que ce fût jamais le cas. »

Jane Powell, à propos du dernier film officiel d'Hedy Lamarr, Femmes devant le désir (en) (The Female Animal, 1958), raconte :

« Hedy Lamarr était obsédée par son âge et par sa beauté. Elle ne supportait pas d'être la mère d'une femme adulte et avait interdit toute scène avec moi, ce qui était totalement déraisonnable puisque j'étais censée être sa fille. Elle était star jusqu'au bout des ongles. Chaque jour elle arrivait au studio dans une limousine conduite par son chauffeur et se précipitait à la salle de maquillage le long d'un tapis rouge qu'on avait pris soin de dérouler pour elle. Un jour, elle a claqué la porte au nez de toute l'équipe, croyant qu'une plaisanterie dont nous riions la concernait[47][source insuffisante]. »

La légende noireModifier

Selon le pianiste et compositeur George Antheil, « Hedy était un géant intellectuel comparée aux autres actrices d'Hollywood[8] ». Les apparences l'ont souvent desservie et la solitude et la mélancolie semblent s'attacher à elle. Chirurgie esthétique ratée et faits divers sordides, ces bruits contradictoires composent sa « légende noire ».

Dans le film La Nuit américaine réalisé par François Truffaut, lors d'une crise de désespoir que l'équipe ne s'explique pas, l'actrice principale Julie Bake (interprétée par Jacqueline Bisset) réclame du beurre en motte. Simple observateur, l'un des acteurs principaux (incarné par Jean-Pierre Aumont qui avait été fiancé à Lamarr), commente :

« ... Il [le réalisateur] a encore de la veine dans son malheur. J'ai connu des caprices beaucoup plus coûteux. Il y avait une actrice autrichienne, Hedy Lamarr, qui était une des reines d'Hollywood ; elle regrettait tellement le climat pluvieux de son Tyrol natal qu'elle avait fait installer, dans le jardin de sa propriété en Californie, une machine à faire la pluie. Alors vous voyez, le beurre en motte… »

— Dialogue de Jean-Pierre Aumont dans La Nuit américaine.

En 1949, Hedy Lamarr remporte le seul prix de sa carrière, le prix Pomme acide de l'actrice la moins coopérative remis par les Golden Apple Awards. Cette misanthropie ne s'exerce pas seulement à l'égard des journalistes : le Ciné Télé Revue du 18 au rapporte que :

« Hedy Lamarr n'aime plus guère que l'on parle d'elle. Elle déteste les interviews et se méfie de la sincérité de ses amis. Elle n'en a plus beaucoup du reste. Elle a connu trop de déceptions et donc les redoute. Elle vit presque recluse. Surtout ne pas lui poser de questions trop précises : la laisser parler selon son cœur. Quand elle se sent du vague à l'âme, comme en ce moment, c'est à son enfance viennoise qu'elle pense le plus intensément. Et à son père. »

Au cours de sa vie, sont mentionnées des amitiés féminines, comme l'amitié d'enfance avec la grande chanteuse viennoise Greta Keller : admirée du prince de Galles et du roi Carol de Roumanie, qui avait débuté avec Peter Lorre et Marlene Dietrich et devenue la première vedette du cabaret Oak Room (en).

En 1939, Lamarr comptait parmi ses fans les actrices Katharine Hepburn et Greta Garbo, Tallulah Bankhead et l'acteur Clifton Webb. Une autre de ses amies, Ann Sothern est l'héroïne comique de la série Maisie et une des interprètes des Chaînes conjugales (1949) de Joseph Mankiewicz.

Dès 1960, Lamarr est arrêtée pour vol à l'étalage et relâchée sans procès. En 1966, prise en flagrant délit de vol de produits de beauté dans une grande surface à Los Angeles, elle est jugée et relaxée au motif d'un malentendu[4]. C'est une Hedy Lamarr défaite qui s'explique devant les caméras. Dans les mémoires d'Ava Gardner, l'actrice Lena Horne raconte :

« Quand j'ai rencontré Hedy Lamarr après un de mes spectacles, elle m'a dit : "C'était tout de même merveilleux, la MGM ! On nous choisissait nos vêtements, nous n'avions besoin de penser à rien, Howard Strickling (en) s'occupait de tout et prévoyait ce qu'on aurait à dire." Et cette remarque m'a fait un drôle d'effet, parce que je savais, moi, qu'il y avait quelque chose d'horrible. On a toujours besoin d'être en mesure de penser par soi-même. »

Au milieu des années 1960, Andy Warhol fait la connaissance de Hedy Lamarr dont les mémoires lui inspirent en 1965 le mélodrame parodique Hedy (The Most Beautiful Woman in the World/The Shoplifter/The Fourteen Year Old Girl) qui retrace une fin de vie et le mythe de l'immortalité qui lutte contre le temps à coups d'opérations chirurgicales, « ridiculisant sa carrière post-filmique »[5]. Dans ce film, après avoir dérobé dans des magasins, l'héroïne (jouée par le travesti Mario Montez (en)) subit l'interrogatoire musclé d'une enquêtrice.

En 1990, le magazine Télé Poche évoque un téléfilm biographique de Lamarr avec Melissa Morgan, ex-patineuse et actrice dans Les Feux de l'amour.[réf. souhaitée]

L'année suivante, Jean Tulard écrit[Où ?] qu'elle a « sombré dans l'anonymat et, dit-on, dans la misère »[réf. souhaitée]. La même année, Hedy Lamarr récidive au supermarché Eckerd de Casselberry en Floride où elle vit : elle est condamnée à un an de contrôle judiciaire[e].

L'auteur et confidente de stars, Joan MacTrevor[48], confirme en 1990 l'aisance de Lamarr :

« Née […] d'une mère hongroise mondialement connue pour sa beauté et d'un père directeur de banque, elle est riche. Elle possède même une île dans les Caraïbes. Dernièrement, elle déclarait encore à la presse : “Une femme doit, jusqu'à son dernier soupir, soigner sa personne. Elle ne peut pas laisser son physique et sa beauté se dégrader !” […] Hedy Lamarr n'a vraisemblablement pas supporté l'oubli de ses fans. Souffrant en plus de cataracte, elle donne aujourd'hui la triste image d'une star déchue[49]. »

FilmographieModifier

CinémaModifier

 
Clark Gable et Hedy Lamarr dans Camarade X (1940).
 
Avec James Stewart dans Viens avec moi (1941).

TélévisionModifier

ProductriceModifier

CitationsModifier

« N'importe quelle fille peut avoir l'air glamour, tout ce [qu’elle a] à faire est de rester immobile et de prendre un air idiot[50]. »

« Mon visage est un masque que je ne peux pas enlever : je dois toujours vivre avec. Je le maudis[5]. »

« Peut-être mon problème dans le mariage — et c'est le problème de beaucoup de femmes — a été de vouloir à la fois la proximité intime et l'indépendance[51]. »

« J'ai un pouvoir qui peut apporter des choses. Je suis une petite personne qui poursuit une grande entreprise, mais je vais gagner parce que je sais que j'ai raison[15]. »

« L'espoir et la curiosité pour l'avenir… L'inconnu a toujours été si attrayant pour moi… et l'est toujours[16]. »

« Le monde ne devient pas plus facile. Avec toutes ces nouvelles inventions, je crois que les gens sont de plus en plus pressés… Se précipiter n'est pas la bonne voie ; il faut du temps pour tout — du temps pour travailler, du temps pour jouer, du temps de repos[16]. »

« J'ai rencontré les personnes les plus intéressantes en avion ou en bateau. Ces méthodes de voyage semblent attirer le genre de personnes qui me conviennent[16]. »

Hedy Lamarr s'est beaucoup exprimée sur les hommes, souvent en formules lapidaires comme celle-ci : « En dessous de 35 ans, un homme a trop à apprendre et je n’ai pas le temps de lui donner des leçons. »

HommagesModifier

À propos de l'actriceModifier

« Let's Speak of Lamarr, that Edy so fair,
Why does she let Joan Bennett wear all her old hair?
 »

— Cole Porter, Let's No Talk About Love, 1941.

Cette chanson est cruelle pour Joan Bennett, qui effectuait alors une carrière de femme fatale brune chez Fritz Lang et Jean Renoir, après avoir été une jeune première blonde, mariée à Walter Wanger (le producteur de Casbah) et ex-femme de Gene Markey (deuxième mari d'Hedy)… Apparemment, la chanson fut inspirée par la première apparition de Lamarr à Hollywood qui fit une forte impression, Joan Bennet décidant alors de devenir brune comme de nombreuses femmes à l'époque[4].

« Sir Henry — Vous voyez la petite maison au bout de la route, en face de celle où Monsieur Poirot logeait l’an dernier ? Tenez-vous bien, elle a été louée par une vedette de cinéma. Les voisins en ont les yeux qui leur sortent de la tête.
Midge — Est-elle vraiment aussi fascinante qu’on le dit ?
Sir Henry — En fait, je ne l'ai pas encore vue, mais je crois savoir qu’elle est par ici ces jours… Quel est son nom déjà ?
Midge — Hedy Lamarr ? »

— Agatha Christie, Le Vallon, 1946

« But talk about an entrance! Hedy Lamarr holds the record for that. One entrance she made at Ciro's is a vision I'll never forget.
Hedy was at the height of her beauty, with thick, wavy, jet-black hair. With that stunning widow's peak, her face was magnificent. We all looked up and there she was at the top of the stairs. She wore a cape of some kind up to her chin, and it swept down to the floor. I can't even remember the color of the cape, because all I saw was that incredible face, that magnificent hair… She was enough to make strong men faint.
 »

— Lana Turner, Lana, the Lady, the Legend, the Truth, 1982

« Lorsque j’ai fait la connaissance d’Hedy Lamarr il y a environ vingt ans, elle était si époustouflante que toutes les conversations s’interrompaient dès qu’elle entrait dans une pièce. Où qu’elle allât elle devenait le point de mire de tous les regards. Je doute qu’il y ait eu un seul individu pour s’inquiéter de savoir s’il y avait quelque chose derrière cette beauté. Tout le monde était trop occupé à la fixer bouche bée. »

— George Sanders, Mémoires d’une fripouille, 1960 (réédition PUF, p. 155)

« I think Hedy to be one of the most underestimated actresses, one who has not been lucky enough to get the most desirable roles. I have seen her do a few brilliant things. I always thought she had great talent, and as far as classical beauty is concerned you could not then, nor perhaps even now, find anyone to top Lamarr. »

— Errol Flynn, My Wicked Wicked Ways, 1959.

Par ailleurs, Flynn voulait engager Hedy Lamarr pour le premier rôle féminin de William Tell (1943/1944), un de ses projets les plus chers, qui ne vit jamais le jour.

« You didn't miss that beautiful face of hers. Oh, it was fabulous, just fabulous ! People assume,apparently because of her beauty, that Hedy is a blank. Not at all. She was always charming when I knew her, with a nice sense of humor. »

— Myrna Loy, Being and Becoming, Primus/Donald I. Fine, Inc. New York, 1988 (p.139)

Dans la culture populaireModifier

LittératureModifier

  • En 1979, Manuel Puig publie le roman fantastique Pubis Angelical (en), inspiré par la trajectoire de Lamarr (épouse d'un grand marchand d'armes européen et star de cinéma) où il réduit la femme à un pur fantasme sexuel[8].
  • Géraldine Beigbeder a publié en 2007 son premier roman[Lequel ?], un road-movie dans une quête dans l'Europe de l'Est post-communiste de sponsors pour un long métrage sur Hedy Lamarr, mythique star antinazie des années 1930.
  • Anarquia (2004), roman de Brad Linaweaver et J. Kent Hastings présente une histoire alternative de la guerre civile espagnole de 1936 à 1939 : artistes, écrivains émigrés, reporters, philosophes, activistes politiques (Hedy Lamarr, Wernher von Braun, Ernest Hemingway, George Orwell, John Dos Passos, Ayn Rand, G. K. Chesterton…) portent ici les espoirs du monde sur leurs épaules.
  • Une biographie interdite de Marlon Brando décrit Hedy comme la « reine des orgasmes » sur plusieurs pages, avec des dialogues salaces entre l'acteur et elle (Darwin Porter, Brando Unzipped, 2006).
  • En 2008, Devra Z. Hill publie un livre, What Almost Happened to Hedy Lamarr, qualifié de « biographie fictionnalisée » par Ruth Barton, dans lequel l'auteur décrit notamment les relations sexuelles saphiques de la star et sa liaison avec Hitler (dont Hedy exhibe les cadeaux).

CinémaModifier

TélévisionModifier

  • En 2017, Hedy Lamarr, incarnée par Celia Massingham, est un personnage principal d'un épisode de la série DC : Les Légendes de demain (saison 3, épisode « La belle Hélène de Troie »)[55],[56]. Screenrant classe cette apparition d'Hedy Lamarr comme la plus intéressante parmi les apparition de personnalités historiques dans cette série[57].
  • Dans la série animée Hé Arnold !, Hedy Lamarr est mentionnée dans l'épisode 8 de la saison 2 intitulé Brutus César. En effet, le grand-père d'Arnold présente une photo d'Hedy à un journaliste. De plus, à la fin de cet épisode, le même personnage fait référence aux nombreux mariages d'Hedy en disant qu'il va se marier avec elle.
  • En 2018, elle apparaît dans la série Timeless (saison 2, épisode 3, « Hollywoodland »), incarnée par Alyssa Sutherland[58],[59].

DocumentaireModifier

  • En 2006, les Journées de Soleure ont accueilli le documentaire « Hedy Lamarr - Secrets of a Hollywood Star » réalisé par Barbara Obermaier.

Bande dessinéeModifier

Jeu vidéoModifier

MilitaireModifier

  • Tondelayo est le nom donné par l'équipage du lieutenant Ralph Wallace, d'après le personnage de Vénus noire d'Hedy Lamarr dans le film de 1942, à un bombardier B-25 devenu un des plus célèbres avions de guerre américains.
  • The Ruptured Duck, le surnom de la prestigieuse médaille militaire The Honorable Discharge Lapel Pin est attribué à Hedy Lamarr qui, prenant l'avion pour fuir Mandl (celui-ci voulait l'assassiner car tout le monde avait découvert qu'elle était l'auteure des inventions militaires qu'il s'était attribuées), avait comparé son terrible vol à un « segeltuch gebrochen » (broken bird) mais cela fut traduit par « ruptured duck ». L'expression fut reprise par les employées de l'usine qui fabriquait le Duck pour commémorer le vol héroïque de Lamarr[60].

SciencesModifier

  • En 1998, le festival Ars Electronica rend hommage à la star H. Lamarr et à l'inventeur.
  • Depuis 2005, on célèbre dans les pays de langue allemande la « Fête des inventeurs » le jour de l'anniversaire de sa naissance, soit le .

InternetModifier

  • En 2015, le jour de son anniversaire, le site Google affiche sur sa page d’accueil un doodle consacré à Hedy Lamarr.
  • Sur Internet, Hedy Lamarr suscite un véritable commerce puisqu'on y trouve des « robes Hedy Lamarr » et des tee shirts avec la citation « The secret of life is to try everything ».

MusiqueModifier

  • En 2001, l'artiste allemande Michaela Melián rend à son tour hommage aux deux Hedy avec sa création Life as a Woman, Hedy Lamarr.
  • En 2010 est donné au Hegsbourg Center Auditorium le Ballet Mécanique : A Spread-Spectrum Ecstasy, comportant la lecture du poème de John Matthias, Automystifstical Plaice, extrait de son livre Working Progress, inspiré par la vie d'Hedy, son mariage avec Mandl et sa collaboration avec Antheil.
  • En 2015, création dans la ville d'Arles du groupe Hedy Lamarr, un duo composé de Thézame Barrême (textes et voix) et Abdul Jaba (piano).

PersonnalitéModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. a et b À propos de sa prestation dans le film, Hedy Lamarr déclare : « (...) dans cette scène avec les seins, (le réalisateur) a dit : « Personne ne vous verra à part moi ». Comment savoir qu'il utilisait un objectif zoomar ? Mais la scène d'amour était bonne », NYTimes, op. cit.
  2. Le biographe S. M. Shearer indique qu'elle quitte Vienne pour fuir d'abord vers Paris (par le Trans-Europ-Express) puis passant par Calais, traverse la Manche pour se réfugier à Londres à l'hôtel Regent Palace de Piccadilly Circus.
  3. a et b Son nom fonctionnait également comme le jeu de mots « Hedy G-lamar » (glamour), « TheHairPin », op. cit.
  4. « Markey », nom de son mari à cette époque.
  5. Le magazine Ciné Télé Revue du lui consacre une page, dont voici des extraits :
    « Un témoin raconte sa récente arrestation : "Les policiers l'ont presque malmenée. Plus personne ne se souvenait d'elle. Elle clamait à tue-tête son nom, disant qu'elle avait été l'un des piliers de Hollywood, mais personne ne la croyait. Moi-même, je ne l'avais pas reconnue. Triste fin pour un sex-symbol… Je les ai suivis jusqu'au commissariat. Elle fut interrogée comme une voleuse ordinaire. On lui a même pris ses empreintes digitales." […] "deux représentants de l'ordre s'emparent de la femme qui, tête baissée, les suit. Sous son foulard, qui masque sa chevelure, et ses lunettes noires, elle ressemble à un zombie. […] Cette femme a dérobé pour plus de vingt dollars de produits de beauté. […] Son nom : Hedy Lamarr ! Personne n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles."
    Un psychologue explique : "Hedy Lamarr est kleptomane parce qu'elle est désespérément seule. Il est fréquent qu'une femme, qui a connu la gloire et qui, maintenant, est abandonnée de tous, commette les pires excentricités pour se faire remarquer des autres. C'est sa manière à elle de prouver qu'elle existe encore…" ; selon un psychanalyste, "sa certitude d'avoir volé sa gloire et ses millions de dollars, elle choisit pour en faire l'aveu de se faire arrêter dans un supermarché pour kleptomanie." »

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j et k Jean-Marie Rouart, « Splendeurs et misères de la vie de star : Hedy Lamarr, l’insatiable », sur parismatch.com, (consulté le ).
  2. (en) Shearer, Stephen Michael, 1951-, Beautiful : the life of Hedy Lamarr, Thomas Dunne Books/St. Martin's Press, (ISBN 978-0-312-55098-1 et 0-312-55098-7, OCLC 471817029, lire en ligne).
  3. a b c d e f g et h « La double vie fascinante d'Hedy Lamarr, scientifique et déesse de Hollywood », sur SciencesetAvenir.fr, (consulté le ).
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Alexandra Dean, Star et inventeurs de génie : Hedy Lamarr ((en)Bombshell) 2017, film (85 min). Visionner en ligne du 17/10/2020 au 18/11/2020.
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Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Pénélope Bagieu, « Hedy Lamarr, actrice, inventrice », dans Culottées 2 - Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, Gallimard, (ISBN 9782075079846) (bande dessinée) [présentation en ligne]
  • Hedy Lamarr (trad. Charles Villalon), Ecstasy and me : La folle autobiographie d'Hedy Lamarr, Seguier, , 320 p. (ISBN 978-2-84049-755-4)
  • William Roy et Sylvain Dorange, La plus belle femme du monde : The Incredible Life of Hedy Lamarr, La boîte à bulles, , 176 p. (ISBN 978-2-849-53300-0)

DocumentaireModifier

documentaire américain de 2017 sur Hedy Lamarr, mêlant images d'archives, extraits de films et témoignages (ses enfants, amis, journalistes etc.) et qui revient sur le parcours d'une femme à la fois actrice et scientifique [présentation en ligne] (sur le site Allociné) [présentation en ligne] (sur la chaîne YouTube de PBS NewsHour, en anglais)

Émission de radioModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Ressources cinématographiquesModifier