Harponville

commune française du département de la Somme

Harponville est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Harponville
Harponville
L'église et le monument aux morts.
Blason de Harponville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Intercommunalité CC du Pays du Coquelicot
Maire
Mandat
Christophe Lemaitre
2020-2026
Code postal 80560
Code commune 80420
Démographie
Gentilé Harponvillois
Population
municipale
175 hab. (2019 en diminution de 4,37 % par rapport à 2013)
Densité 64 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 02′ 10″ nord, 2° 30′ 11″ est
Altitude Min. 69 m
Max. 147 m
Superficie 2,75 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Amiens
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Albert
Législatives 5e circonscription de la Somme
Localisation
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Harponville

GéographieModifier

LocalisationModifier

Ce village rural picard est situé entre Amiens et Arras, sur le versant nord de la vallée de l'Hallue.

Au lieu-dit la Hayette, en 1897, se trouve le seul écart communal, à 500 mètres du chef-lieu, constitué d'une seule maison[1].

En 2019, la localité est desservie par les autocars du réseau interurbain Trans'80 Hauts-de-France[2].

Communes limitrophesModifier

  Toutencourt Varennes  
N
O    Harponville    E
S
Vadencourt Warloy-Baillon

HydrographieModifier

« A Harponville, é bête et méchant, mais l'ieu ale coule in montant » (A Harponville, c’est bête et méchant mais l'eau coule en montant).

Face au village, se trouve une vallée sèche secondaire de l'Hallue. En 1897, une nappe située à 30 mètres de profondeur alimente les neuf puits du village. Les habitants recueillent l'eau de pluie dans des citernes[1].

La couche végétale est peu épaisse. Au nord et à l'est, elle est formée de terres argileuses mais se révèle plutôt calcaire au sud et à l'ouest. Le sous-sol est constitué de marnes, calcaires siliceux et terres glaises[1]. Cette devise s’explique par la présence de la mare en haut du village alors que l’ensemble du territoire est en pente du nord vers le sud.

ReliefModifier

Au niveau topographique, se remarquent, au nord, une petite vallée assez encaissée appelée vallée Madame et au sud-ouest, une zone boisée appelée bois de Longue Attente.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Harponville est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[3],[4],[5].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 369 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[6],[7].

Occupation des solsModifier

 
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (89,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (89,3 %), zones urbanisées (8,9 %), forêts (1,8 %)[8].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[9].

ToponymieModifier

Dès 1190, Arponville est relevé. Au XIVe siècle, Harmonville en est une version dérivée. Ces toponymes pourraient découler de village au pied du mont[1].

HistoireModifier

Des armes en pierre taillée et des monnaies gallo-romaines ont été découvertes dans le village[1].

Depuis le très haut Moyen Âge, le village d’Harponville devait être dans l'aire d'influence de l’abbaye de Saint-Riquier. À quelques centaines de mètres, se trouvait le village d’Hierville (aujourd’hui disparu) qui lui dépendait très tôt de l’abbaye de Corbie. Le « Grès bénotte » (borne de limite) semble avoir été la délimitation entre les deux zones.

Sa situation stratégique à proximité de la route Amiens - Arras a permis sa survie grâce notamment au chemin de Saint Jacques de Compostelle (Niederstrasse).

Jusqu’au XVIIe siècle, il est difficile de connaître précisément l’histoire du village. Quelques noms d'obscure noblesse apparaissent à l’occasion de l'achat de terres sur la seigneurie (de Houblières, de Rigauville).

C’est à cette époque que la famille de Raincheval achète la seigneurie en 1683. C'est aussi à partir de cette date que Harponville va être marqué par l'influence de la religion protestante ; la belle-mère de Marc François de Raincheval était protestante.

Au XVIIIe siècle, on constate des enterrements de protestants dans leur jardin. Avec l'édit de tolérance, de nombreux protestants harponvillois qui s’étaient mariés à Tournai, officialisent leur union sur l’état-civil français.

Début XIXe siècle, l'entente entre les deux religions est telle que les deux confessions décident d’un commun accord de construire un mur dans l’église pour d’un côté avoir l’église catholique et de l’autre, le temple protestant. Il faudra l’intervention du préfet et de l'évêque en 1804 pour que ce mur soit démoli. Le premier temple protestant du département de la Somme est construit à Harponville en 1823. Il s'agit d'un bâtiment assez sommaire en torchis. Ce temple brûle en 1859 avec une vingtaine de maisons et un second temple (le temple actuel) est construit en 1863.

En , les Prussiens tentent des réquisitions de bestiaux dans le village. Une résistance locale conduit à une intervention brutale sur la localité[1].

La guerre de 1914-1918 n’a pas trop touché le village. Un système défensif (blockhaus, tranchées) assez étendu était installé depuis le lieu-dit Bois de l’Abbaye jusqu’au Mont d’Harponville. Pour l’anecdote, on peut citer l’arrestation d'un soldat anglais pyromane qui avait provoqué l’incendie de plusieurs granges.

La Seconde Guerre mondiale est quasiment passée inaperçue. Néanmoins, il semble qu’un Harponvillois ait caché un résistant informateur pour la préparation de l’opération Jéricho sur la prison d’Amiens.

Politique et administrationModifier

Par arrêté préfectoral du , la commune est détachée le de l'arrondissement d'Amiens pour intégrer l'arrondissement de Péronne[10].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 mai 2020[11] M. Dominique Renaud    
mai 2020[12] En cours
(au 27 mai 2020)
Christophe Lemaitre   Sapeur-pompier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[14].

En 2019, la commune comptait 175 habitants[Note 3], en diminution de 4,37 % par rapport à 2013 (Somme : −0,2 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
468464513538540599608574568
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
592576546479470428411373364
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
332311292245240222245201192
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
177160151150130125148155183
2018 2019 - - - - - - -
174175-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
La croix à l'entrée du cimetière militaire.
  • Église de la Sainte-Trinité. Datant du XIXe siècle, ses pierres proviennent de l’ancien château d’Harponville et de l’ancienne église de l’abbaye de Clairfaye. La base de murs est constituée d'une ceinture de grès, haute d'environ un mètre.
  • Temple protestant du XIXe siècle (exposition permanente à l’intérieur).
  • École datant du XIXe siècle.
  • Ferme de l’Hayette (ancien relais de diligence de 1855).
  • Place du village, terrain de ballon au poing bordé de tilleuls avec calvaire du XIXe siècle.
  • Monument aux morts, surmonté d'une croix de guerre 1914-1918.
  • Cimetière militaire britannique[17].
  • Cimetières civils (communal et protestant).
  • Grès bénotte (au carrefour du bas du village).
  • Vue du Mont d’Harponville.
  • Granges en torchis.
  • Puits communal.
  • Chemin du Tour des Haies.
  • Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
  • Circuit des protestants.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Tiodave Sambé Destrotilles : professeur de picard à l'université d'Amiens, chef d'entreprise en langue et culture picarde à Harponville[18] ;
  • Sam Corwynn : luthier, musicien et sorcier à Harponville[19],[20] ;
  • Véronique Vivien (1781-1869), la grognarde d'Harponville[21].

HéraldiqueModifier

  Blason
De gueules à un fer de harpon à deux crochets d'or[22].
Détails
  Armes parlantes.
Quand, vers 1879, le village d'Harponville a dû reconstruire son église à la suite d'un incendie, la commune s'est dotée un blason, marquant sa participation au financement de la nouvelle construction. La commune avait choisi des armes parlantes, montrant un blason « au fer de harpon à double crochet ». Les émaux sont ceux qui colorent les armes de deux familles ayant possédé la seigneurie d'Harponville : les De Domqueur (XVIe et XVIIe siècles : d'or au chevron de gueules) et les De Raincheval (XVIIe et XVIIIe siècles : de gueules semé de billettes d'or, à un lion du même brochant)[23].

Création 1879 et projet définitif de Jacques Dulphy & Daniel Juric, adopté en .

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Notice géographique et historique réalisée par l'instituteur, M. Choquet, 1897, archives départementales de la Somme, Amiens. Lire la notice en ligne, sur le site des archives départementales.
  2. « Le réseau Trans'80 en ligne ».
  3. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  5. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  6. « Liste des communes composant l'aire d'attraction d'Amiens », sur insee.fr (consulté le ).
  7. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  8. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  9. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  10. « Arrêté préfectoral portant modification des limites territoriales des arrondissements de la Somme - Recueil n°200 des actes administratifs du 27 décembre 2016 des Hauts-de-France », sur http://www.prefectures-regions.gouv.fr/hauts-de-france/, (consulté le ).
  11. « Dominique Renaud ne se représentera pas aux Municipales d’Harponville », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne, consulté le ) « Dominique Renaud, maire pendant 38 ans, ne sera pas candidat à sa réélection en mars. Retraité, âgé de 72 ans, l’édile assume pleinement sa décision ».
  12. « Christophe Lemaitre nouveau maire d’Harponville », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne, consulté en ).
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  17. (en) Site avec photos et mention du nombre de combattants inhumés
  18. http://grebenote.com Chroniqueur d'actualités sur le web en langue picarde http://nomdezeu.over-blog.fr
  19. http://cor-wynn.com Jardinier en permaculture à Harponville http://cor-wynn.com/atelier/pimpmingardin/
  20. « Le luthier militant des sons picards ».
  21. Jacques Dulphy, « Véronique Vivien, la grognarde d'Harponville », Courrier picard,‎ , p. 40.
  22. « 80420 Harponville (Somme) », sur armorialdefrance.fr (consulté le ).
  23. « Le village a enfin son blason », Courrier picard,‎ , p. 22D.