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Hôtel La Louisiane

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'hôtel parisien du 6e arrondissement de Paris. Pour le film documentaire, voir Hôtel La Louisiane (documentaire).

L'hôtel La Lousiane est un hôtel situé 60 rue de Seine à Paris, en France, au croisement avec la rue de Buci, avec une porte au numéro 27. Il est situé au cœur de Saint Germain des Prés, à l'intersection des lignes entre la passerelle des arts (N), le jardin du Luxembourg (S), la rue Saint Guillaume (W) et la place Saint Michel (E).

HistoriqueModifier

Depuis les années 1930 jusqu'à ce jour, géré par la famille Blanchot depuis quatre générations, l'hôtel a une tradition d'accueil des écrivains et des artistes dont certains sont célèbres comme Salvador Dali. Parmi les peintres et plasticiens, l'hôtel a accueilli[1] Bernard Buffet, Alberto Giacometti, Vassilakis Takis, Keith Haring, Dennis Oppenheim, Nam June Paik, Joseph Beuys, Lucian Freud, Benjamin Vautier dit Ben, Cy Twombly, John Pepper, Eva & Adele, James Lee Byars, Yannis Kounellis, Sigmar Polke, Alfred Otto Wolfgang Schulze dit Wols, Sol Lewitt, Miquel Barcelo, Francesco Clemente, Andres Serrano, Yoko Ono, Bernard Venet, Richard Deacon, Klaus Rinke et Djamel Tatah[1].

L'hôtel La Louisiane est souvent comparé au Chelsea Hôtel de New York[2]ou au Château Marmont à Los Angeles[3]. « La Louisiane est l'équivalent de l'hôtel Chelsea de New York avant que celui-ci ne devienne un attrait touristique. Mais l'hôtel parisien conserve son authenticité pour répondre à la demande des nombreux artistes qui y passent et s'y sentent bien » dit Michel La Veaux[réf. souhaitée]  

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir y ont vécu pendant et après la 2e Guerre Mondiale en font le quartier général des existentialistes où se retrouvent Albert Camus, Boris Vian, Anne-Marie Cazalis, et Claude Simon qui y vit quelques temps. Simone de Beauvoir s'installe avec Jean-Paul Sartre à l'hôtel La Louisiane à Saint Germain des Près en 1943 mais dispose de sa propre chambre (chambre 27), elle écrira « Jamais aucun de mes abris ne s'était tant approché de mes rêves; j'envisageais d'y rester jusqu'à la fin de mes jours ».  

Jean-Paul Sartre installe Juliette Gréco dans la chambre 10 et déménage à la chambre 19 qu'il gardera à son nom jusqu'en 1950. Juliette Gréco et Miles Davis se rencontrent dans l'hôtel et y vivront une histoire d'amour[4]. Albert Cossery, écrivain égyptien francophone y a résidé et écrit ses livres de 1945 à sa mort en 2008 (chambre 77). D’autres écrivains y ont vécu ou résidé, dont Ernest Hemingway, Antoine de Saint-Exupéry, Henry Miller, Cyril Connolly, Peter Berling, Harvey Goldberg, et Abertine Sarrazin. Frédéric Mitterrand en a aussi été client et le raconte dans son livre autobiographique "La Mauvaise Vie". Le 4 novembre 1965, Albertine Sarrazin écrit à sa mère : (...) je suis à l'hôtel Louisiane, 60, rue de Seine. Paraît que Verlaine, Apollinaire, Sartre, Camus, y sont venus. Une chambre, vieillotte, plafond circulaire, et pleine de voix (...)"[5]

L'hôtel la Louisiane est aussi associé aux musiciens de jazz des années 1950 et 1960. Oscar Peterson, Miles Davis, Bud Powell et son épouse Buttercup, Max Roach, Dizzy Gillespie, Art Blakey, Billie Holiday, Lester Young et Charlie Parker, Archie Shepp, John Coltrane, Chet Baker, Mal Waldron, Dexter Gordon, Ben Sidran, Wayne Shorter y ont séjourné[6]. Durant ces années, des caves de Saint Germain des Près sont transformées en salles de concert de Jazz jusque sous l'hôtel la Louisiane avec le « Petit Zinc »[7].

Dans les années 1960 et 70, l'hôtel est un repaire pour la Beat génération, et accueille des artistes hippie et beatnik[8] et aussi de nombreux photographes.

Parmi eux des musiciens de rock dont Jim Morrisson and The Doors, Ray Manzarek, John Densmore, Robby Krieger ; et les Pink Floyd, Roger Waters, David Gilmour, Rick Wright, Nick Mason ; et d'autres comme  Gene Vincent, Frank Zappa, Nico et Marie-France. Roger Keith Barrett, dit Syd Barrett, inventeur du psychédélisme, et fondateur des Pink Floyd, habite chambre 36. Barbet Schroeder s'installe avec Mimsy Farmer et Klaus Grunberg à la Louisiane pour y tourner "More", du même nom que l'album "More" des Pink Floyd, musique du film.

Dans l'été 1970, Gene Vincent et Adrian Owlett s'installent à La Louisiane pour produire l'album The Day the World Turned Blue et organiser sa tournée en France.

A la fin des années 1980, Quentin Tarantino devient client[9], il appellera le restaurant de la scène final de son film Inglourious Basterds, "la Louisiane"[10][source insuffisante].

Bertrand Tavernier tourne son film Autour de minuit à la Louisiane. Leos Carax y séjourne ainsi que Juliette Binoche pour le tournage du film les "Amants du Pont Neuf". Parmi les autres personnalités du théâtre et du cinéma qui ont dormi à La Louisiane, Robert Wilson, Louis Malle, Alain Tanner, Benoit Jacquot, Pépé Danquart, Michael Shamberg, Sally Potter, Klaus Kinski, Heinz Egelman, Jane Campion, Pierre et Fréderic Schoenderffer, et Jerome Andrews, danseur and chorégraphe, décédé à l'hôtel où il s’était installé.

Parmi les autres personnalités du théâtre et du cinéma qui ont dormi à La Louisiane, Robert Wilson, Louis Malle, Alain Tanner, Benoit Jacquot, Pepe Danquart, Michael Shamberg, Sally Potter, Klaus Kinski, Heinz Edelmann, Jane Campion, Pierre et Fréderic Schoenderffer, et Jérôme Andrews, danseur and chorégraphe, décédé à l'hôtel où il s’était installé.

Le film documentaire de Michel La Veaux Hôtel La Louisiane met en lumière la faculté de l'hôtel à inspirer artistes et écrivains. Ses acteurs ont tous vécu et travaillé à la Louisiane : Albert Cossery, écrivain, Gérard Oberlé, écrivain et bibliographe, Robert Lepage, acteur, metteur en scène et auteur, Olivier Py, dramaturge et metteur en scène, Juliette Greco, chanteuse et actrice, Aurélien Peilloux, réalisateur et scénariste, Régis Doumecq, comédien et Xavier Blanchot, entrepreneur.

En septembre 2002, l’artiste Pascale Marthine Tayou a investi 3 chambres et les parties communes de l’hôtel, lors de son exposition « Game of Power » et y remonte au troisième étage la l'installation Green Labyrinthe.

En 2002, du 14 au 27 décembre, la galerie Alain Le Gaillard ‘’héberge’’ 24 artistes dans 12 chambres[11] de l’hôtel La Louisiane pour Chambre Double : Jean-Pascal Bernier, Julien Beneyton, Jean-luc Bichaud, Chen Chieh-Jen, Gaston Damag, Yann Delacour, G-Wen, Suzanne Junker, Régine Kolle, Eric Le Maire, Patrick Lebret, Pascale Marthine Tayou, Cécile Mathieu, Philippe Mayaux, Liu Ming, Aimé Ntakayica, François Paire, Guillaume Paris, Franck et Olivier Turpin, Nicole Tran Ba Vang, Barthélémy Toguo, Lionel Scoccimaro, Emmanuelle Villard,Wang Du[12].

Puis en 2007, à l'occasion de l'exposition Curating Contest, les chambres de trois étages sont transformées en galeries. Dans chacune, un curateur invite un ou plusieurs artistes[réf. souhaitée] : Ami Barak présente Grace Ndiritu, David Cascaro présente Sophie Bin, David Rosenberg présente Vlad&Alina, Didier Semin présente Domitille Chaudieu, Elodie Lesourd invite Peter Beste, Emmanuel de Brantes présente L'Atlas, Jean-Max Colard invite Julien Berthier, Judicael Lavrador présente Jorge Satorre, Luc Aubort présente Damien Navarro et Gilles Furtwängler, Mathilde Villeneuve présente Benoît Maire, Olivier Robert présente Chen Chieh-Jen, Pascale Marthine Tayou présente Plinio Avila, Patrice Joly présente Olivier Babin, Philippe Terrier-Hermann invite Emmanuelle Antille, Richard Leydier  présente Natacha Merritt.

Avec aussi la participation des australiens de A Constructed World, Aime Ntakiyica, Aline Bouvy et John Gillis, Anne-Laure Sacriste, Arnaud Maguet, Babou, Barbara Visser, Boogie, Eric Pougeau, Florence Reymond, Florian Göttke, Françoise Pétrovitch, Haemoth, Joel Andrianomearisoa, Julie Trannoy, Julien Beneyton, Kristian von Hornsleth, Laetitia Benat, Lamia Ziadé, Les artistes du Studio55, Lionel Scoccimaro, Mark Hosking, Nicolas Pol, Ondrej Brody et Kristofer Paetau, Pablo Cots, Paule Ka, Rebecca Sakoun, Regine Kolle, Riyas Komu, Sich, Stéphane Pencréac'h, Sun7, Vuk Vidor, Yu Chin Tseng[13]. Lors du vernissage a lieu un concert de Pearl and John.

Du 31 mai au 16 juin 2018, dans le cadre du Parcours Saint-Germain, un évènement qui rassemble plusieurs commerces et hôtels, exposant des œuvres contemporaines, l'hôtel La Louisiane accueille l'exposition "Chambre 10" du collectif "Sans Titre 2016". Les artistes : Paloma Proudfoot, Marie Aly, Ieva Kraule, Agnes Scherer, Bea Bonafini, Camilla Steinum, Saelia Aparicio et Agata Indarden[1] exposent dans les chambres 7, 8, 9 et 10.

Du 23 mai au 2 juin 2019, une exposition intitulée « Flower Power » a lieu dans l'hôtel pour le Parcours Saint-Germain. Quatre chambres ont été transformées en espace d'exposition. Des artistes ont ainsi présenté leurs créations sur les années hippie, ravivant à leur façon les couleurs des années 60-70 : Martine Aballéa, Pierre Joseph, Vydia Gastaldon, Hsia-Fei-Chang et Frank Perrin, Jais Elalouf, Suzanne Husky, Sophie Kitching[14], avec la participation de l'atelier Nathalie Talec des Beaux-Arts de Paris.

En novembre 2019, l'exposition « Shining » rend hommage au film de Stanley Kubrick et investit les murs de l'hôtel la Louisiane, 10 artistes y proposent ensemble une vision du film légendaire[15] avec leurs photographies et leurs courts métrages. Abdel Abdessemed, Virginie Barré, Jean-Luc Blanc, Olaf Breuning, Etienne Daho, Brice Dellsperger, Bertrand Mandico, Gianni Motti, et Frank Perrin; avec un Workshop de l’Atelier Clément Cogitore de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Anaïd Demir est la curatrice de l'exposition.

La Louisiane est mentionnée dans plusieurs livres dont Hôtels littéraires. Voyage autour de la terre où Nathalie de Saint-Phalle intègre dans son récit une description des trois chambres rondes préférées des écrivains (numéros 10, 19 et 36)[16].

Les combats pour la Libération de Paris ont été très violents rue de Seine et rue de Buci, sous les fenêtres de l'hôtel. Sur le mur de l’hôtel près de sa porte, où on distingue encore les traces de balles, une plaque commémorative indique « Ici est tombé Jacques Francesco de la 2e Division Blindée tour la France le 24 août 1944 ». Jacques Francesco est le pseudonyme de Auguste Fenioux, engagé dans la 2ème Division Blindée du Général Leclerc[17].

Le propriétaire actuel, Xavier Blanchot, l'un des pionniers de l'Internet Français La Louisiane a aussi hébergé dans ses espaces de bureaux de nombreuses startups[18] depuis 1999[n 1].

NotesModifier

  1. Startups : Axidium Espace, Cyberdeck, Localeo, Internet Performance, Viafrance, O!Deal, Kiosque Wap, Viaeuropa, Intelisens, Aquaray, L2APR, Onsen, Fil Tourisme, NP6, Villesime, GeoNeo, Antidot, Actualité Locale, Restopolitan, Allomatch, Edivia,Theodo, AppsPanel, Lagenda, Swingsy, Evenby, Finamatic.

RéférencesModifier

  1. a b et c (en-US) « Chambre 10 at Hôtel la Louisiane – Art Viewer » (consulté le 11 novembre 2019)
  2. « Documentaire sur un hôtel mythique de Paris », sur La Presse, (consulté le 11 novembre 2019)
  3. (en-US) « ‘Chambre 10’ – Group show at Hôtel la Louisiane », sur OFluxo, (consulté le 11 novembre 2019)
  4. « Hôtel La Louisiane », sur Le Devoir (consulté le 11 novembre 2019)
  5. Albertine Sarrazin, Lettres de la vie littéraire (1965-1967), Fayard/Pauvert, (ISBN 9782720216145, lire en ligne)
  6. Andrew White, Time Out Book of Paris Walks, Penguin, (ISBN 978-0-14-028721-9, lire en ligne), p. 236
  7. Guy Fichez, Le cru des beaux arts: Récoltes 1964 et suivantes, Editions Edilivre, (ISBN 9782332561688, lire en ligne)
  8. « St Germain & Buci », sur paris70.free.fr (consulté le 11 novembre 2019)
  9. Par: claude et re1, « Hôtel La Louisiane: îlot de résistance », sur Journal Métro, (consulté le 11 novembre 2019)
  10. (en) « La Louisiane », sur Inglourious Basterds Wiki (consulté le 11 novembre 2019)
  11. 19 rue de Mazarine 75006 Paris 06 France, « Galerie Alain Le Gaillard | Centre national des arts plastiques », sur www.cnap.fr, (consulté le 26 octobre 2019)
  12. 19 rue de Mazarine 75006 Paris 06 France, « Galerie Alain Le Gaillard | Centre national des arts plastiques », sur www.cnap.fr, (consulté le 10 novembre 2019)
  13. « Curating Contest - Hôtel La Louisiane - Paris - Germain Pire », sur agenda.germainpire.info (consulté le 10 novembre 2019)
  14. « FLOWER POWER AT LA LOUISIANE - CRASH Magazine », sur www.crash.fr (consulté le 10 novembre 2019)
  15. « THE SHINING AT LA LOUISIANE - CRASH Magazine », sur www.crash.fr (consulté le 10 novembre 2019)
  16. « Zoom sur les écrivains à l'hôtel », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 10 novembre 2019)
  17. « Une plaque … une histoire – Partie 6 | La Libération de Paris », sur liberation-de-paris.gilles-primout.fr (consulté le 10 novembre 2019)
  18. (en-US) Kevin J. DelaneyStaff Reporter of The Wall Street Journal, « A Fabled Hotel in Paris Plays 'Inn-cubator' for Dot-Coms », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le 11 novembre 2019)