Hôtel Bouhier de Savigny

hôtel particulier à Dijon (Côte-d'Or)

Hôtel Bouhier de Savigny ou du Président Bouhier de Dijon
Image illustrative de l’article Hôtel Bouhier de Savigny
Hôtel Bouhier de Savigny
Type Hôtel particulier
Début construction vers 1640
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Maison Bouhier de Savigny
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel Privé
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1928)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (2015, Climats du vignoble de Bourgogne)
Coordonnées 47° 19′ 14″ nord, 5° 02′ 27″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Commune Dijon
Géolocalisation sur la carte : Bourgogne
(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Hôtel Bouhier de Savigny ou du Président Bouhier de Dijon
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Hôtel Bouhier de Savigny ou du Président Bouhier de Dijon
Géolocalisation sur la carte : Dijon
(Voir situation sur carte : Dijon)
Hôtel Bouhier de Savigny ou du Président Bouhier de Dijon

L’Hôtel Bouhier de Savigny est un hôtel particulier de la ville de Dijon situé dans son secteur sauvegardé au 12 rue Vauban. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1928[1].

HistoriqueModifier

Construction au XVIIe siècleModifier

Il fut construit vers 1640 par un membre de la Maison Bouhier de Savigny

La RévolutionModifier

Le citoyen André-Antoine Bernard dit Pioche Fer Bernard est envoyé en mission à Dijon, par le Comité de salut public, il y arrive le et de suite s'installe dans l'Hôtel Bouhier de Savigny propriété du Président : Jean Vivant Micault de Corbeton, émigré. Ce dernier parti avec son épouse en , est rentré entre le et le , échappant théoriquement à la sanction du double impôt pour l'année en cours. Il s'installe à Luxeuil et fournit les certificats de résidence. Malgré cela, le Directoire du département confisque ses biens le (13 Brumaire an II). L'inventaire de tous ses biens est établi

Il est incarcéré à la prison de Luxeuil. Le Ministre de l'Intérieur adresse une lettre au Directoire du département pour plaider en sa faveur le , mais n'obtiendra pas gain de cause. Il est transféré au château de Dijon le (25 Pluviôse An II), sur réquisition de Pioche Fer Bernard. Le (4 Ventôse An II), il est transféré à La Conciergerie sous l'inculpation d'avoir émigré.

Pioche Fer Bernard est assez content de son installation dans ce bâtiment, comme il l'écrit :« ...Mon coup d'essai a été de prendre gîte dans la maison de Crésus Micault, président du Parlement, et j'ai eu assez bon nez, car outre que la cave est meublé de très bon vin, c'est qu'il s'y est trouvé quelques petites armoiries qui m'ont mis dans le cas de faire confisquer au profit de la nation ce superbe hôtel, bien plus richement meublé que le château de Montbéliard. J'ai donc fait une bonne capture qui, j'espère sera suivies de quelques autres, et en outre j'envoie chercher le maître de Luxeuil pour le faire juger émigré. Si cela est , 4 000,000 livres de rente vont tomber dans les coffres de la nation  » Après avoir mis la pression sur le Tribunal et exigé un jugement rapide, il obtient la tête de Micault de Corbeton qui est guillotiné le sur la place du Morimont (aujourd'hui place Émile Zola) Quelque temps après la mort de Robespierre, les six sections révolutionnaires de Dijon envoient à la Convention nationale une dénonciation pour Pioche Fer Bernard, l'accusant :«  d'avoir envoyé ce vieillard à l'échafaud et d'après l'inventaire fait après ses 69 jours passés dans l'Hôtel Bouhier de Savigny, d'avoir subtilisé 537 bouteilles de grands crus, dont 38 bouteilles de Chambertin et une pièce trois quarts de Santenay, ainsi que la casse de beaucoup de vaisselle »

Galeries de photographiesModifier

ArchitectureModifier

C'est le type même de l'hôtel classique en pierre, comprenant une cour d'honneur et un jardin à l'arrière. Possède des fenêtres couronnées de frotons alternés et des lucarnes richement ornées de sculptures. Le portique du bâtiment dans la cour d'honneur fut rajouté vers 1785 par Jean Vivant Micault de Corbeton. Il fit également sculpter le chat dans un médaillon au-dessus du passage, à gauche, rappelant ainsi ses armoiries.

BibliothèqueModifier

La splendide bibliothèque que Jean Bouhier de Savigny a héritée de ses ancêtres et qu’il met à la disposition des poètes et des lettrés qu’il reçoit à Dijon dans son hôtel Bouhier de Savigny au 12 rue Vauban. À la fin de sa vie, sa bibliothèque, qu’il n’a eu cesse d’enrichir, compte quelque 35 000 ouvrages et 2 000 manuscrits. « On dit qu’à force de gribouiller dans les marges des livres qu’il annotait tout en les lisant, Bouhier défigurait les plus belles éditions de Henri Estienne et d’Antoine Vérard. Un de ses hôtes a décrit la splendeur sobre des rayons de sa bibliothèque, en bois de rose et drapés de soie, sur lesquels reposaient les éditions rares et les longues rangées de manuscrits[2]. » Toutes ses collections seront dispersées après sa mort et vendues en majeure partie à l’abbaye de Clairvaux en 1784.

PropriétairesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Notice no PA00112322, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Bouhier used to read his books and make notes upon them; and it is said that he carried the practice to such excess as to deface with marginal scribblings the finest work of Henri Estienne and Antoine Vérard. A visitor to his library described the sober magnificence of the rosewood shelves with silken hangings in which the rare editions and long rows of manuscripts were ranged. » Charles Isaac Elton & Mary Augusta Elton, The Great Book-Collectors, chapitre XV, 1893.

Voir aussiModifier

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Lien externeModifier