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Guy Bedos

acteur français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bedos.
Guy Bedos
Description de cette image, également commentée ci-après
Guy Bedos à Paris, en avril 2013.
Naissance (85 ans)
Alger, département d'Alger, Algérie
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Humoriste
Artiste de music-hall
Acteur
Scénariste
Films notables Les Tricheurs
Le Caporal épinglé
Le Pistonné
Un éléphant ça trompe énormément
Nous irons tous au paradis

Le Bal des casse-pieds

Guy Bedos, né le à Alger[1], est un humoriste français[1], artiste de music-hall, acteur et scénariste, pied-noir d'ascendance espagnole[2].

BiographieModifier

 
Guy Bedos à Auderghem (Belgique) en 2011.

Arrière-petit-fils d'Alfred Letellier, Guy Bedos est le fils d'Alfred Bedos, visiteur médical, et d'Hildeberte Verdier, fille du proviseur du lycée Bugeaud (l'actuel lycée Émir Abd el-Kader), où il a été élève[3]. Ses parents s'étant séparés, il est ballotté de maison en hôtel, entre Kouba, où il est mis en pension à l'âge de sept ans chez Finouche[4], qui lui sert d'institutrice, Souk Ahras et Constantine[5]. Il est scolarisé à treize ans au lycée public Saint-Augustin de Bône[6] (aujourd'hui Annaba). Selon son autobiographie Mémoires d’outre-mère, ses mauvais rapports avec sa mère et son beau-père (ouvrier, puis patron d'une scierie avec lequel Hildeberte s'est remariée) lui rendent la vie difficile[7] : son beau-père bat sa mère, qui bat son fils en retour. Il y raconte aussi que c'est son beau-père, raciste et antisémite, et sa mère, maréchaliste, qui lui ont donné sa conscience politique humaniste[3]. Il révèle également qu'il présentait à cette époque des troubles obsessionnels compulsifs (par exemple il lui arrivait de monter et de descendre plusieurs fois dans la journée les escaliers un journal à la main)[8].

C'est son oncle Jacques Bedos, qui a travaillé à Radio Alger avant d'entrer à l'ORTF à Paris, qui est à l'origine de sa vocation d'artiste[9].

Arrivé à Paris en juin 1949 avec ses parents et ses deux demi-sœurs jumelles, il quitte la maison familiale de Rueil-Malmaison en février 1950 et vit de la vente de livres, pratiquant le porte à porte[7],[3]. À l'âge de 17 ans, il entre à l’école de la rue Blanche, y apprend le théâtre classique et signe sa première mise en scène à 17 ans et demi : il s'agit de la pièce de Marivaux Arlequin poli par l’amour. Il joue au théâtre mais aussi dans les cabarets, comme La Fontaine des Quatre-Saisons, où il est engagé par François Billetdoux, quand Jacques Prévert, qui lui trouve des talents d'écriture, l'incite à écrire des sketches[10]. Il y interprète son premier sketch, signé par Jacques Chazot, La Galerie 55.

En 1954, il fait sa première apparition au cinéma dans Futures Vedettes de Marc Allégret et a la télévision sur la RTF Télévision en 1956[réf. souhaitée].

Devant accomplir son service militaire durant la guerre d'Algérie, il fait la grève de la faim et réussit à être réformé pour maladie mentale[11].

Vie privéeModifier

Guy Bedos a été marié trois fois :

Dans un entretien paru dans Libération le [15], il évoque ses proches disparus, et notamment Françoise Dorléac : « J’avais une fiancée, Françoise Dorléac. Depuis sa mort, je ne peux plus passer devant le Louvre sans la voir »[16].

CarrièreModifier

 
Guy Bedos en 2011 à Mouans-Sartoux.

En 1965, il débute au music-hall à Bobino en co-vedette avec Barbara[10], puis se lance dans une carrière d'humoriste en formant un duo avec Sophie Daumier. Après leur séparation, il se lance dans une carrière solo, tout en s'affirmant comme un acteur accompli au cinéma et dans des téléfilms.

Au cinéma, dans les années 1970, il est connu pour son rôle récurrent de Simon, médecin étouffé par sa mère juive pied-noir très possessive, dans Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis d'Yves Robert.

Depuis, il a réalisé et interprété de nombreux spectacles, dont un avec Michel Boujenah et Smaïn intitulé Coup de soleil à l'Olympia et un en duo avec Muriel Robin en 1992.

Il a aussi joué dans des pièces de théâtre comme La Résistible Ascension d'Arturo Ui de Bertolt Brecht.

Il a contribué régulièrement à l'hebdomadaire satirique Siné Hebdo créé par le dessinateur Siné, jusqu'à ce qu'il cesse d'être publié. Il avait pris la défense de Siné lorsque celui-ci avait été accusé d'antisémitisme par le directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val[17].

Engagements politiques et publicsModifier

Quelquefois en désaccord avec les idées de ses compatriotes pieds noirs, il se sent « tout de même plus proche d'Albert Camus que d'Enrico Macias[18] ».

Guy Bedos se revendique « homme de gauche » sans soutenir un parti politique en particulier[19]. En 2012, il se déplace à Hénin-Beaumont pour appuyer la candidature de Jean-Luc Mélenchon[20].

Il est souvent désigné comme l'un des représentants de la gauche caviar[21] par des essayistes et des personnalités de droite, dont notamment Éric Zemmour ou Jean Roucas[22], mais aussi par des journalistes de gauche, comme Hervé Algalarrondo, journaliste à l'Obs, dans son livre paru en 1994, "Les beaufs de gauche".

Il est membre du groupe d'intellectuels qui s'oppose à l'extradition du terroriste italien d'extrême-gauche Cesare Battisti après 2002[23].

Dès 2008, il apporte son soutien à Yvan Colonna[24].

En octobre 2013, lors d'un spectacle, il injurie l'ancienne ministre de la Famille Nadine Morano, déclenchant alors de nombreux commentaires dans les médias[25],[26]. Attaqué en justice par cette dernière, il est finalement relaxé par le tribunal de Nancy[27]. Le la Cour de Cassation a définitivement déboutée Nadine Morano de ses poursuites contre Guy Bedos[28].

Le 25 septembre 2015, il déclare sur France Info : « Zemmour est juif. Mais il veut être plus français que les Français. Mon grand-père était bâtonnier à Alger, il a milité pour le décret Crémieux qui a fait des juifs d'Algérie des Français. Rétrospectivement, quand je vois Zemmour, je le regrette[29]. ».

Il soutient également à plusieurs reprises les militants de l'association Droit au logement[30]. Il est membre de la Ligue des droits de l'Homme.

Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité[31]. Il s'implique régulièrement aux côtés de l'association, et cosigne en 2012 un appel aux candidats à l'élection présidentielle leur demandant de s'engager à déposer un projet de loi pour légaliser l'euthanasie[32].

Il fait partie du comité de soutien du journaliste Denis Robert à Florange le [33].

À la primaire citoyenne de 2017, il soutient Arnaud Montebourg, déclarant « Je trouve que Manuel Valls est de gauche comme je suis d'extrême-droite. Il y a des tas de choses qui m'ont déplu dans son comportement quand il était Premier ministre et même ministre de l'Intérieur[34] ». Initialement nommé à la tête du comité de soutien de Montebourg, Bedos commence par refuser de le présider, puis accepte avant d'à nouveau renoncer[35],[36].

Il intervient de nouveau, de manière impromptue selon lui, lors de son dernier meeting parisien avant le premier tour déclarant qu’il était « de gauche mais pas socialiste » et a rappelé qu’il était contre le racisme sous toutes ses formes ajoutant « Mais je ne suis pas toujours d’accord avec la façon dont mes amis musulmans traitent les femmes. Je le dis. Je m’en fous si ça déplaît à certains”[37]. ».

Guy Bedos était venu soutenir Jean-Luc Mélenchon le 18 mars 2017 à la marche pour la VIe République de la France insoumise[38]. Il vote pour Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle, considérant que battre le Front National est "une urgence absolue"[39].

Il co-signe une pétition en soutien à Gérard Filoche, exclu du Parti Socialiste à la suite d'un tweet jugé antisémite, en soulignant l'« atteinte portée à l’honneur d’un militant qui a consacré sa vie entière à défendre les libertés syndicales et le Code du travail, à lutter contre le racisme et l’antisémitisme. »[40]

Condamnation aux prud'hommesModifier

Guy Bedos a été condamné en 1995 par le conseil des prud'hommes de Tours pour avoir licencié abusivement un couple, qu'il avait embauché pour l'entretien d'un château loué[41].

FilmographieModifier

CinémaModifier

Certaines sources le créditent à tort dans Carambolages (1962), de Marcel Bluwal

TélévisionModifier

DocumentairesModifier

Courts-métragesModifier

ThéâtreModifier

PublicationsModifier

DistinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Alors département français; voir Département d'Alger. L’indépendance de l'Algérie sera obtenue en 1962 : voir Histoire de l'Algérie depuis 1962
  2. « Guy Bedos, mort au vachard ! », sur Libération.fr (consulté le 14 juin 2016)
  3. a b et c Interview de Guy Bedos par Laurence Garcia, émission À voix nue sur France Culture, « Guy Bedos (1/5) » 28 avril 2014
  4. Son livre Mémoires d’outre-mère lui est dédié.
  5. Christine Deymard, Voyage autour de ma mère, Le Nouvel Observateur, décembre 1988, p. 168
  6. Émission Panique dans l'oreillette du 21 octobre 2009 sur France 2 consacrée à Guy Bedos et Mathilda May
  7. a et b Guy Bedos, Matthias Gurtler, vsd.fr, 21 mars 2007
  8. Mémoires d’outre-mère, Stock, 2005, (ISBN 978-2-234-05765-4)
  9. Kaddour M'Hamsadji : "De Jacques Bedos à Guy Bedos" ou le Hasard du 18e Sila, sur le site lexpressiondz.com du 5 novembre 2013, consulté le 13 novembre 2015.
  10. a et b Gilles Renault, « Guy Bedos « Comme une histoire d’amour qui s’achève » », sur liberation.fr,
  11. a et b Interview de Guy Bedos par Laurence Garcia, émission À voix nue sur France Culture, « Guy Bedos (2/5) », 29 avril 2014
  12. Mariage Sophie Daumier / Guy Bedos, sur ina.fr
  13. Jean Paul Billo, « Guy Bedos, rescapé de sa jeunesse », Les portraits des invités de France Bleu, sur radiofrance.fr, France Bleu (consulté le 13 novembre 2012).
  14. « Ainsi était Philippe Bedos, le fils de Sophie Daumier… », sur le site francedimanche.fr
  15. Guy Bedos, mort au vachard, sur le site liberation.fr
  16. Françoise Dorléac est morte à 25 ans au volant d'une Renault 10 de location en dérapant à trop grande vitesse sur la chaussée, rendue très glissante par un fort orage, en allant prendre (avec retard) un avion à l'aéroport de Nice. Le drame arriva alors même que Guy Bedos prenait difficilement des cours de conduite ; il n'a jamais plus touché un volant depuis
  17. Philippe Val, Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France., initialement sur Rue89
  18. « Guy Bedos à propos de son livre "Je craque" », Apostrophes - 12/03/1976
  19. Guy Bedos: « Copé me fait beaucoup de tort. C’est le plus grand humoriste du moment », entretien, varmatin.com, 11 octobre 2012
  20. Guy Bedos à Mélenchon : « Je veux bien être son impresario !», liberation.fr, 5 juin 2012
  21. Guy Bedos, 77 ans et toujours « mal aux autres », lecourrier.ch, 25 février 2012
  22. Roucas fustige « la gauche caviar qui pardonne à Cantat », lepoint.fr, 4 octobre 2013
  23. « Qui soutient Battisti en France ? », sur europe1.fr,
  24. Guy Bedos : Yvan Colonna subit « un acharnement pénitentiaire », sur le site corsematin.com
  25. Le monde selon… Guy Bedos, Christian Gambotti, lenouveleconomiste.fr, 14 octobre 2013
  26. Bedos/Morano : les humoristes, ça ose tout…, Isabelle Marchandier, causeur.fr, 16 octobre 2013
  27. Nadine Morano insultée: l'humoriste Guy Bedos relaxé, l'express.fr, 13 septembre 2015
  28. Nadine Morano a définitivement perdu contre Guy Bedos, europe1.fr, 7 juin 2017
  29. « Goldnadel : misère ordinaire de la gauche antiraciste », Le Figaro, 28 septembre 2015.
  30. Guy Bedos s’invite sur le campement du DAL, leparisien.fr, .
  31. Liste des membres du Comité de parrainage, sur le site de l'ADMD
  32. Euthanasie : des personnalités s'engagent pour « une loi d'ultime liberté », Notre Temps/AFP, 22 février 2012
  33. Guy BEDOS soutient Denis Robert -Le 10 novembre 07 Florange, (lire en ligne)
  34. Robin Verner, « Selon Guy Bedos, "Manuel Valls est de gauche" comme lui est "d'extrême-droite" », bfmtv.com, (consulté le 4 janvier 2017)
  35. « Guy Bedos à la tête du comité de soutien d'Arnaud Montebourg : le couac en six actes », sur France Info, (consulté le 4 janvier 2017)
  36. Geoffroy Lang, « Guy Bedos renonce (encore) à présider le comité de soutien d’Arnaud Montebourg », sur rtl.fr, (consulté le 5 janvier 2017)
  37. Ilyes Ramdani, « A quatre jours du scrutin, Montebourg joue la carte du "retour de la gauche" sans épargner ses adversaires », sur bondyblog.fr, (consulté le 19 janvier 2017)
  38. Alicia Dubreuil, « Jean-Luc Mélenchon en meeting à République : Guy Bedos est venu le soutenir », sur non-stop-people.com, (consulté le 18 mars 2017)
  39. « Présidentielle 2017 : 32 personnalités s'engagent pour le second tour », leparisien.fr,‎ 2017-04-28cest09:44:40+02:00 (lire en ligne, consulté le 29 juin 2017)
  40. « L’honneur d’un militant, Gérard Filoche », L'Humanité, 29 novembre 2017.
  41. Guy Bedos a été condamné, jeudi, par le conseil des prud'hommes de Tours, Libération, 18 mars 1995.
  42. [vidéo]Guy Bedos à propos de son livre "En attendant la bombe", sur le site ina.fr du 11 novembre 1980, consulté le 6 février 2016.
  43. Pointes, piques et répliques, sur le site du Cherche-Midi
  44. Arrêtez le monde je veux descendre, sur le site du cherche-midi
  45. Mémoires d’outre-mère, sur le site Stock
  46. Plan rapproché, sur le site Stock
  47. Les Molières : Lauréats 1990, Site officiel des Molières

Liens externesModifier

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