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Gustave Ador

personnalité politique suisse

Gustave Ador
Illustration.
Gustave Ador
Fonctions
Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR)

(18 ans)
Prédécesseur Gustave Moynier
Successeur Max Huber
Président de la Confédération suisse

(1 an)
Élection
Vice-président Giuseppe Motta
Chancelier Adolf von Steiger
Prédécesseur Felix-Louis Calonder
Successeur Giuseppe Motta
45e conseiller fédéral

(2 ans, 5 mois et 29 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Arthur Hoffmann
Successeur Jean-Marie Musy
Chef du Département de l'intérieur

(2 ans)
Prédécesseur Felix-Louis Calonder
Successeur Ernest Chuard
Chef du Département politique

(5 mois et 29 jours)
Prédécesseur Arthur Hoffmann
Successeur Felix-Louis Calonder
Conseiller national

(14 ans et 9 mois)
Législature 19e (1902-1905)
20e (1905-1908)
21e (1908-1911)
22e (1911-1914)
23e (1914-1917)
24e (1917-1919)

(12 ans, 10 mois et 7 jours)
Législature 14e (1887-1890)
15e (1890-1893)
16e (1893-1896)
17e (1896-1899)
18e (1899-1902)
19e (1902-1905)
Président du Conseil national

(7 mois et 29 jours)
Prédécesseur Fritz Bühlmann
Successeur Ulrich Meister
Conseiller d'État du canton de Genève

(12 ans, 7 mois et 29 jours)
Successeur Étienne Patru

(1 an et 11 jours)
Successeur Marc Héridier
Conseiller aux États

(1 an, 8 mois et 30 jours)
Législature 11e (1878-1881)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Cologny (Suisse)
Origine Vuitebœuf et Genève
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Genève (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique Parti libéral suisse (PLS)

Gustave Ador
Conseillers fédéraux de Suisse
Présidents de la Confédération suisse

Gustave Ador, né le à Cologny et décédé le à Genève, est homme politique suisse membre du Parti libéral.

Il représente son canton aussi bien au Conseil national qu'au Conseil des États. De 1917 à 1919, il est membre du Conseil fédéral et où il est responsable en grande partie de l'installation du siège principal de la Société des Nations (SDN) à Genève. Par ailleurs, de 1910 à sa mort, il exerce la fonction de président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

BiographieModifier

JeunesseModifier

Fils de Louis, directeur d'une banque commerciale, et de Constance Paccard, il voit le jour en décembre 1845 dans une riche famille de Genève. À l'âge de 23 ans, en 1868, il termine ses études de philologie et de jurisprudence avec une licence en droit et donc la capacité d'exercer le métier d'avocat.

Ador se marie avec Alice Perdonnet qui meurt en 1908. Ils ont cinq filles et un fils. Puisque ce dernier n'aura pas d'enfants, aucun de ses 34 petits-enfants ne porte son nom.

Carrière genevoiseModifier

Il est Conseiller municipal de Cologny de 1870 à 1878, Maire de cette même commune de 1878 à 1879 ainsi que de 1882 à 1885. L'interruption étant due au faite que la fonction de Mairie d'une commune est incompatible avec celle de Conseiller d'Etat.

En 1874, Ador est élu comme candidat de la droite libérale-conservatrice (noyau du futur Parti libéral suisse) au Grand Conseil du canton de Genève et garde son siège jusqu'en 1915. Il est en outre occasionnellement membre du Conseil d'État, le gouvernement cantonal, de 1879 à 1880 puis de 1885 à 1897. En tant que responsable du département des finances, il est considéré comme un grand connaisseur de cette thématique et applique une politique budgétaire rigoureuse.

Carrière suisseModifier

La politique nationale de la Suisse est marquée par le passage de Ador. C'est ainsi qu'il est membre du Conseil des Etats de 1878 à 1880 puis du Conseil national de 1889 à 1917. On lui suggère alors plusieurs fois d'être candidat au Conseil fédéral. En tant que membre d'un groupe minoritaire de l'Assemblée fédérale (parlement), Ador rejette toutefois cette idée. Mais lorsqu'en 1917 le conseiller fédéral Arthur Hoffmann se retire à la suite d'une affaire de politique extérieure, Ador est élu au Conseil fédéral, à l'âge de 72 ans, par 168 voix sur 192. Il n'est pas choisi sur la base de son appartenance partisane mais sur sa compétence. Durant son mandat de deux ans et demi, il dirige durant l'année 1917 le département politique (affaires étrangères) puis, de 1918 à 1919, le département de l'intérieur. Elu le 12 décembre 1918, il devient président de la Confédération suisse.

Ador développe de multiples activités diplomatiques : il soutient au mieux l'idée formulée par Woodrow Wilson d'une Société des Nations contrairement aux traditions suisses. Durant ses fonctions de président de la Confédération, il se rend par deux fois à Paris en 1919 pour participer à la conférence de Versailles. Grâce à son engagement, Genève devient le siège principal de la nouvelle SDN. Il obtient également l'adhésion de la Suisse à cette dernière et la confirmation du statut de neutralité particulier de la Suisse.

Fin 1919, il se retire du Conseil fédéral. Ador est à ce jour le seul homme politique libéral qui ait été élu au Conseil fédéral ainsi que le plus âgé à être élu.

Carrière internationaleModifier

 
Gustave Ador

Dès 1870, Ador est coopté comme membre du CICR. En 1910, il succède à son oncle, le cofondateur du CICR Gustave Moynier, et devient ainsi le troisième président de l'histoire du comité. Il conserve cette fonction jusqu'à son décès en 1928 et reste donc membre du comité durant 58 ans dont 18 en tant que président.

Durant son mandat, la Première Guerre mondiale place le CICR devant de grands défis. Sur la base de son initiative, l'Agence internationale des prisonniers de guerre est créée le 15 octobre 1914. Les activités du CICR pendant la guerre conduisent à une amélioration de son image ainsi qu'à une expansion de son autorité et de ses compétences par rapport aux États. En 1917, le CICR reçoit le seul prix Nobel de la paix remis durant les années de guerre. La Fédération des sociétés de la Croix-Rouge est fondée en 1919 en tant qu'organisme de coordination des sociétés de la Croix-Rouge nationales mais, durant les années suivantes, apparaîtront des litiges entre le CICR et la fédération en ce qui concerne l'organisation du mouvement ainsi que la répartition des tâches entre les deux organisations. Ador réussit dans ce contexte à imposer et à renforcer la position particulière du CICR et son exigence de conduite au sein du mouvement.

On décide également en 1923 d'étendre la possibilité d'affiliation au CICR à tous les ressortissants suisses et d'abandonner la restriction antérieure aux seuls citoyens genevois. En outre, en 1925, le protocole d'interdiction d'interdiction de l'utilisation des gaz toxiques ainsi que des armes bactériologiques au cours de conflits est signé.

Après son retrait du Conseil fédéral, il exerce encore différents mandats pour la SDN.

HéritageModifier

Gustave Ador a atteint une importance internationale comme peu de politiciens suisses l'ont fait. Son appel international fut d'une grande utilité pour son pays après la Première Guerre mondiale. En tant que politicien d'un pays neutre, ses sympathies pour les alliés lui furent toutefois reprochées.

George Favon lui reproche notamment d'avoir expulsé Pierre Kropotkine de Genève[1].

SourcesModifier

BibliographieModifier

  • André Durand, History of the International Committee of the Red Cross. Volume II. From Sarajevo to Hiroshima, éd. Institut Henry Dunant, Genève, 1984 (ISBN 2880440092)
  • Roger Durand, Gustave Ador. 58 ans d'engagement politique et humanitaire. Actes du colloque Gustave Ador tenu au palais de l'Athénée les 9, 10 et 11 novembre 1995, éd. Fondation Gustave Ador, Genève, 1996 (ISBN 297001002X)
  • Caroline Moorehead, Dunant's dream. War, Switzerland and the history of the Red Cross éd. Harper Collins, Londres, 1999 (ISBN 0006388833)

Notes et référencesModifier

  1. Daniel François Ruchon, Histoire du mouvement ouvrier en Suisse, Librairie Droz, (ISBN 9782600041874, lire en ligne), p 124 125

Liens externesModifier