Guillaume Ier (roi de Wurtemberg)

roi de Wurtemberg
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Guillaume Ier
Illustration.
Guillaume Ier de Wurtemberg par Joseph Karl Stieler
Titre
Roi de Wurtemberg

(47 ans, 7 mois et 26 jours)
Prédécesseur Frédéric Ier
Successeur Charles Ier
Biographie
Dynastie Maison de Wurtemberg
Nom de naissance Wilhelm Friedrich Karl von Württemberg
Date de naissance
Lieu de naissance Lüben (Prusse, Saint-Empire)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Stuttgart (Wurtemberg)
Sépulture Mausolée Wurtemberg (Stuttgart)
Père Frédéric Ier
Mère Augusta de Brunswick-Wolfenbüttel
Conjoints Caroline-Auguste de Bavière
Catherine Pavlovna de Russie
Pauline-Thérèse de Wurtemberg
Enfants Marie de Wurtemberg
Sophie de Wurtemberg
Catherine de Wurtemberg
Charles Ier Red crown.png
Augusta de Wurtemberg

Guillaume Ier (roi de Wurtemberg)
Monarques de Wurtemberg

Guillaume Ier (en allemand : Wilhelm Friedrich Karl von Württemberg), né le à Lüben en Prusse et décédé le à Stuttgart, est de 1816 à 1864 le second roi de Wurtemberg. Fils aîné du duc Frédéric III de Wurtemberg (futur roi Frédéric Ier) et de sa première épouse Augusta de Brunswick-Wolfenbüttel, il appartient à la première branche dite « branche aînée » de la maison de Wurtemberg.

MariagesModifier

Première unionModifier

L'empereur des Français Napoléon Ier, protecteur de la confédération du Rhin, souhaite faire des monarchies d'Allemagne du Sud des États-tampons entre la France et l'Autriche, et s'attacher les princes de ces pays en les mariant à des jeunes filles apparentées à sa Maison. Les souverains allemands, dont les dynasties sont multiséculaires, s'ils doivent leur récente royauté à l'empereur des Français, considèrent avec horreur et mépris cette nouvelle dynastie et une union avec une « Napoléonide » comme indigne d'eux.

 
Caroline-Auguste de Bavière

Dès 1806, Napoléon marie le futur grand-duc de Bade Charles-Frédéric avec Stéphanie de Beauharnais, une nièce de son épouse. Pour éviter le même sort, le à Munich, le prince protestant Guillaume de Wurtemberg épouse précipitamment la princesse catholique Caroline-Auguste de Bavière, fille du roi de Bavière Maximilien Ier et de la défunte Wilhelmine de Hesse-Darmstadt — deux ans plus tard, le roi de Bavière mariera dans les mêmes conditions son fils aîné. Il a 27 ans, elle en a 16. Le prince dira à la jeune mariée : « Nous sommes des victimes de la politique ».

Mais en réalité, le jeune prince s'était promis à une autre princesse, dont il était profondément amoureux, mais que les circonstances l'empêchèrent d'épouser.

Le couple vivra séparément et le mariage ne sera même pas consommé. Il sera annulé en 1814 à la chute de l'Empire français. Ce mariage est resté sans enfant. En 1816, Caroline-Augusta de Bavière se remariera avec l'empereur François Ier d'Autriche, veuf pour la troisième fois. Ce mariage restera également sans enfant.

Seconde unionModifier

 
Catherine de Russie

Quant à Guillaume, il contracte une union brillante en épousant le à Saint-Pétersbourg l'amour de sa vie, sa cousine la grande-duchesse Catherine Pavlovna de Russie, fille du défunt empereur Paul Ier de Russie et de Sophie-Dorothée de Wurtemberg, veuve du duc Georges d'Oldenbourg.

Cette même année, Guillaume succède à son père en tant que roi de Wurtemberg.

Le couple aura deux enfants :

  • Marie de Wurtemberg () ; en 1840, elle épouse morganatiquement le comte Alfred de Neipperg () — sans postérité ;
  • Sophie de Wurtemberg (1818 – 1877) ; en 1839, elle épouse Guillaume III des Pays-Bas (1817 – 1890) ; dont postérité.

Mais l'idylle sera de courte durée car la reine Catherine meurt en 1819, à seulement 31 ans.

Troisième unionModifier

 
Pauline-Thérèse de Wurtemberg

À 39 ans, deux fois veuf et toujours sans héritier mâle, Guillaume Ier se remarie le à Stuttgart avec une autre cousine, de 19 ans sa cadette : Pauline-Thérèse de Wurtemberg, fille du duc Louis-Frédéric de Wurtemberg et d'Henriette de Nassau.

Ils auront trois enfants dont enfin un fils héritier :

  • Augusta de Wurtemberg () ; en 1851, elle épouse le prince Hermann de Saxe-Weimar-Eisenach (), dont postérité.

Cependant l'harmonie du couple sera ternie par la liaison de Guillaume Ier avec une comédienne, et la reine Pauline finira par quitter la cour et s'installer dans la Suisse voisine.

Le roi ne la mentionnera même pas dans son testament.

RègneModifier

 
18 juin 1849 : dissolution du parlement par la troupe
 
Tombeau de Guillaume Ier de Wurtemberg et de Catherine Pavlovna de Russie

Après le décès de son père, Guillaume devient roi de Wurtemberg le . Il publie une amnistie, baisse les impôts et donne en 1819 une constitution au pays.

Le début de son règne est marqué par une forte crise économique dans le royaume. Pour y remédier, Guillaume préserve l'agriculture, base nécessaire pour la nourriture de ses sujets. À partir de cette époque il sera surnommé « le roi des agriculteurs »[1]. Éleveur passionné de chevaux, il encourage l'élevage, l'artisanat et la viticulture.

Guillaume fonde le « l' Institut agricole », devenu depuis une université. Il importe notamment des bovins et des moutons. Il fonde de plus la Société pour l'amélioration du vin (1825), l'Association viticole (1828) et la Coopérative vinicole (1854).

Le , il publie un décret accordant à ses sujets la liberté de foi, réduisant les impôts et les libérant du service militaire. Il rend facultatif le serment devant la cour. Ces mesures visaient à endiguer la vague d'émigration vers la Russie et les États-Unis.

Sous son règne a lieu la Révolution de 1848 qui ébranle les trônes allemands et tente une première unification de l'Allemagne : dès les premières manifestations, Guillaume Ier décrète des mesures libérales afin de « gagner du temps et éviter un bain de sang ». Cependant, à l'instar de ses pairs et parents, il n'est guère favorable à une démocratisation du pouvoir.

L'Allemagne s'enfonce dans la violence. Le , Guillaume Ier ratifie la Constitution de Francfort, ce qui lui apporte un soutien populaire. Le , le parlement de Francfort, à l'invitation du ministre de la Justice du royaume, s'installe à Stuttgart mais, très vite, la situation devient ingérable et le ministre demande au roi de faire intervenir l'armée. Le parlement est dissous par la troupe le .

Guillaume Ier meurt en 1864 avant les événements qui vont détruire la Confédération germanique et provoquer l'unification de l'Allemagne sous l'égide de la Prusse.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Charles Volkmann, Généalogie des rois et des princes, Edit. Jean-Paul Gisserot, 1998

Articles connexesModifier

Liens externesModifier