Guidantonio da Montefeltro

Guidantonio da Montefeltro (1378-1443) est un condottière, fils d'Antoine II de Montefeltro, qui prend pacifiquement, en 1403, les rênes du duché d'Urbino. Il rachète au pape Boniface IX le titre de seigneur d'Urbino. Mécène de Piero della Francesca, il est vicaire pontifical sous Martin V.

Guidantonio da Montefeltro
Fonction
Seigneur (en)
Titre de noblesse
Duc
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Église de San Bernardino (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Conjoints
Rengarda Malatesta (de à )
Caterina Colonna (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Distinction
Coat of arms of the House of Montefeltro.svg
blason

BiographieModifier

Guidantonio da Montefeltro commence sa carrière de scélérat en enlevant des femmes avec des amis[1].

En 1404, pour la somme de 12 000 florins d'or, il se fait investir par le pape Boniface IX seigneur d'Urbino avec survivance jusqu'à la troisième génération. Il prend ensuite ses distances avec le pape pour s'allier au roi Ladislas Ier de Naples, qui en 1411 le nomme grand connétable du royaume. En 1412, Guidantonio combat pour le compte de l'antipape Jean XXIII et est excommunié par le pape Grégoire XII, ce dont il prend prétexte pour s'emparer d'Assise. L'élection au trône papal de l'évêque d'Urbino, Martin V, en 1417 amène sa réconciliation avec le Saint-Siège, dont il devient le principal allié aux côtés des Sforza et qu’il soutient contre Braccio da Montone. Pour ses services envers l'Eglise, il reçoit du pape en 1420 la rose d'or, hommage de la papauté aux guerriers qui ont combattu pour la foi, et qui est conservée dans la cathédrale d'Urbino[1]. En 1426 le pape lui attribue le fief de Casteldurante qu'il a assiégé et qu'il occupe en 1427. Promu gonfalonnier et duc de Spolète, il se met en 1424 au service de la république de Venise, puis en 1430 au service de la république de Florence. D'après le témoignage de Giorgio Vasari, Piero della Francesca a travaillé longtemps pour Guidantonio.

Il développe l'emprise territoriale de la seigneurie autour de Gubbio, Cagli et Urbino, soit une centaine de villages et de châteaux. Grâce à la via Flaminia qui traverse ses terres, il bénéficie d'un flux de richesse lié à une économie de transit entre l'opulente Toscane et le rivage de l'Adriatique. Il s'appuie sur une condotta d'environ 2 000 hommes d'armes, talentueux et craints, qui surveillent et défendent les voies de circulation. Guidantonio privilégie les recrutements locaux afin de mieux s'aliéner une clientèle asservie. Grâce à cette troupe réputée, il obtient la charge de connétable du royaume de Naples au côté d'Alberico da Barbiano[1].

En juillet 1443, il subit l'attaque des clans déshonorés et meurt sous les coups reçus dans son lit. Son corps et ceux de ses amis sont dépecés et suspendus dans plusieurs lieux emblématiques de la ville[1]. Guidantonio est inhumé dans l'église San Donato d'Urbino.

Mariages et descendanceModifier

Il épouse en 1397 Rengarda Malatesta, dont il n'a aucun fils en vingt-sept ans de mariage. Mais de sa relation avec Élisabeth des Accomandugi, dame de compagnie de la comtesse, est né :

D'une autre relation extraconjugale est née :

Après la mort de Rengarda par suite de maladie, il épouse Caterina Colonna, issue d'une grande famille de condottieres romains[1] et nièce du pape, laquelle lui donne finalement un héritier mâle, Oddantonio II de Montefeltro. Le couple a au total 6 enfants :

BibliographieModifier

  • P. Litta, Famiglie celebri italiane, Milan, 1834.
  • F. Ugolini, Vite dei conti e duchi di Urbino, Urbino, 1859.
  • G. Franceschini, I Montefeltro.

SourcesModifier

  1. a b c d et e Sophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie, XIIIe-XVIe siècle, Paris, Ellipses, , 551 p. (ISBN 978-2-7298-6345-6)