Guibert-Martin de Gembloux

Guibert-Martin de Gembloux (1124, Gembloux, Belgique - , Florennes, Belgique) était un moine bénédictin, hagiographe médiéval et homme de lettres.

BiographieModifier

Né à Gembloux, Guibert reçoit une éducation soignée à l’école monastique (alors très célèbre) de l’abbaye Saint Pierre, dans sa ville natale. Après ses études, Guibert devient moine dans la même abbaye. La prospérité de l’abbaye et la présence d’une importante bibliothèque permettent à Guibert de se consacrer à des travaux intellectuels. Sa vie change cependant lorsqu’un incendie, en 1156, détruisit complètement l’abbaye. La communauté fut dispersée.

Guibert voyage et rencontre Hildegarde de Bingen, mystique et voyante de allemande, qui lui fut de grande aide spirituelle. Il s’installe même à Rupertsberg en 1177 et en fut son secrétaire, tout en étant le directeur spirituel du couvent.

En 1180, il est rappelé à Gembloux, mais déçu par la situation de relâchement monastique qu’il y trouve, Guibert part en pèlerinage au tombeau de Saint Martin de Tours. Par dévotion pour le saint, il ajoute à son nom celui de Martin (Guibert-Martin). Érudit, sage et profond Guibert fait forte impression au monastère de Marmoutier : on veut l’y retenir mais il décide après quelques mois de rentrer à Gembloux pour y introduire les coutumes de Marmoutier.

En 1185, un nouvel incendie détruisit son abbaye. Guibert repart pour Marmoutier, mais, contre son attente, l’abbé de Gembloux fait renaître de ses cendres l'abbaye Saint Pierre et Guibert y est rappelé (1187). L’année suivante, il est élu père-abbé à Florennes (1188).

Six ans plus tard (1194), les moines de Gembloux l'élisent comme abbé. Pendant dix ans, il s’attache à ramener la communauté de son cher monastère à une vie plus conforme à la règle de saint Benoît.

En 1204, il se retire à Florennes où il vécut comme simple moine les dernières années de sa vie, se consacrant à son travail intellectuel. Guibert-Martin y meurt le .

ŒuvresModifier

De Guibert-Martin de Gembloux, nous avons surtout des œuvres hagiographiques et des lettres spirituelles.

  • Hagiographie : des Vies de Grégoire de Tours, de Saint-Sulpice, et surtout de Saint Martin de Tours. Une vie fragmentaire également de Hildegarde de Bingen.
  • Correspondance : les œuvres les plus importantes de Guibert-Martin sont cependant les 74 lettres répertoriées dans différents fonds d'archives (surtout en Belgique). Sa correspondance avec Hildegarde de Bingen (16 lettres) est particulièrement intéressante, en ce qu’elle est un témoignage éclairant de la culture contemporaine. Le moine érudit était également en rapport épistolaire avec les grands de son époque.

BibliographieModifier

Une dissertation sur Guibert-Martin de Gembloux fut publiée par l'éminent bollandiste Hippolyte Delehaye dans les Analecta Bollandiana, vol. 7, en 1888.

Voir aussiModifier