Guy de Montpellier

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Bienheureux Guy de Montpellier
Image illustrative de l’article Guy de Montpellier
Bienheureux Guy de Montpellier, fondateur de l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit
Naissance 1160
Décès 1208 
Nationalité Français
Vénéré par l'Église catholique romaine

Guy (ou Gui) de Montpellier (1160-1208) est le fondateur de l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit et de la confrérie du Saint-Esprit vers 1180[JR 1],[1] créés dans le but d'accueillir les enfants abandonnés, les pauvres et les malades[2]. L'ordre a été reconnu officiellement par le pape Innocent III le [3].

Sa familleModifier

Guy de Montpellier était le quatrième fils de Guilhem VII de Montpellier de la dynastie des Guilhem (Guillaume en langue d'oil), seigneurs de cette ville. Guy semble avoir fait son éducation chez les Templiers, mais en sortit relativement jeune. Il était le frère cadet de Guilhem VIII de Montpellier (1157-1202).

Après la mort de son père en 1172, exécutant ses dernières volontés, il se décida à refonder l'ordre du Saint-Esprit et à créer une autre milice que celle du Temple. Cette milice était destinée, dans son esprit, à d'autres combats : la charité, l'accueil, les soins et l'hospitalité universelle.

  Armes des seigneurs de Montpellier - d'argent au tourteau de gueules

Les ordres hospitaliers caritatifs au XIIe siècleModifier

 
Croix de l'Ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit (sceau d'un vicaire général de l'ordre ; XVIe siècle).

L’établissement de confraternités et d’ordres religieux destinés à soulager les peines des malades connut, en Europe au XIIe siècle, un important développement (explicable par l'essor démographique que connut cette période).

Dans ce mouvement, Guilhem V de Montpellier, fonde au milieu du XIIe siècle (C. 1149), l'Ordre des Frères Hospitaliers du Saint-Esprit. Son petit-fils, Guy de Montpellier réactive l'Ordre en ouvrant dans sa ville un hôpital dédié au Saint-Esprit. Cet ordre qui essaime rapidement en France, soumis à la Règle Augustine est approuvé, le , par une bulle d'Innocent III[3].

En 1204, Innocent III fait construire à Rome, un hôpital appelé « Santa Maria de Sassia ». À la demande du pape, Guy de Montpellier est appelé à Rome pour recevoir la charge de cet hôpital, qui devient dès lors le « Santo Spirito de Sassia ». L'exemple donné par le pape est imité dans toute l'Europe. Ainsi, de nombreuses villes auront un hôpital du Saint-Esprit, bien que tous les établissements portant ce nom n’aient pas tous appartenu à l'ordre de Guy de Montpellier[4].

Une charité universelle et totaleModifier

L'hôpital du Saint-Esprit, est une structure qui accueille et soigne toutes les misères. Cet établissement, le premier construit à Montpellier, était situé à proximité de la porte du Pila Saint Gély et fut détruit en 1562 par les calvinistes durant les Guerres de religion.

Le but de Guy était de reproduire le divin idéal de la charité universelle par un soulagement de toutes les misères (corps, âme et esprit) d'un caractère holistique (c.à.d. global). Il recueillait les enfants, s'occupait de leur éducation, de l'assistance de toutes les misères et de l'hospitalité aux personnes de toutes conditions. Sa foi en acte était, au-delà de l'aspect purement caritatif d'exercer la charité en faveur du prochain, préconisée comme acte de justice.

C'est lui qui le premier créa le concept de famille d'accueil en expérimentant la création des placements familiaux[réf. nécessaire].

Guy de Montpellier vu par les historiensModifier

Julien Rouquette et Augustin Villemagne décrivent Guy de Montpellier comme le saint Vincent de Paul montpelliérain du XIIIe siècle, qui inspira les fondateurs des Lazaristes ou des Sœurs de la Charité[JR 2] dont la gloire aurait été éclipsée par les Dominique et les François d'Assise. Ils trouvent entre Guy et Vincent de Paul beaucoup de similitudes, Guy « recueillait les enfants trouvés et soignait les malades, ouvrait des asiles pour le repentir, protégeait la jeune fille et s'occupait de son avenir, établissait même des œuvres de maternité[JR 1] ». Ils regrettent l'oubli dans lequel il est tombé même du fait des habitants de sa ville natale.

Notes et référencesModifier

  • Julien Rouquette et Augustin Villemagne, Bullaire de l'église de Maguelone., vol. 1, Frédéric Fabrège (préfacier), L. Valat (éditeur), 1911-1914
  1. a et b p. 244
  2. in préface
  • Autres références
  1. Louis Guibert, Ducourtieux et Gout, Les Lépreux et les léproseries de Limoges, 1905, p. 56
  2. Alain Montandon, Lieux d'hospitalité : hospices, hôpital, hostellerie, Centre de Recherches sur les Littératures Modernes et Contemporaines, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2001, p. 185
  3. a et b L'Art de vérifier les dates, 5 volumes, 1819, lire en ligne sur Gallica
  4. Morichini, Instituti di carità a Roma, 1870

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Paul Brune, Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-Esprit, C. Martin, 1892.
  • Louis Guibert, Ducourtieux et Gout, Les Lépreux et les léproseries de Limoges, 1905
  • Frédéric de Lallemant de Vaitte, Idée générale de l'ordre régulier des commandeurs et chanoines hospitaliers du Saint-Esprit de Montpellier, 1718
  • Alain Montandon, Lieux d'hospitalité : hospices, hôpital, hostellerie, Centre de recherches sur les littératures modernes et contemporaines, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2001,
  • (it) Morichini, Instituti di carità a Roma, Rome, 1870
  • Julien Rouquette et Augustin Villemagne, Bullaire de l'église de Maguelone, vol. 1, Frédéric Fabrège (préfacier), L. Valat (éditeur), 1911-1914
  • Jean-Antoine Tousart, Recueil de lettres patentes, édits, déclarations, arrests et autres pièces concernant l'ordre régulier et hospitalier du Saint-Esprit de Montpellier, 2 tomes, Veuve Lefebvre, Paris, 1723.
  • L'Art de vérifier les dates, 5 volumes, 1819, sur lire en ligne sur Gallica
  • (it) P. de Angelis, Innocenzo III e la fondazione dell'ospedale de Santo Spiritu in Sassia, Roma, 1943.
  • (it) P. de Angelis, Guido di Montpellier, Innocenzo III, e la fondazione dell'Ospedale Apostólico di Santo Spiritu in Santa Maria in Saxia, Roma Nova Tecnica Grafica, 1962.

Articles connexesModifier