Guerre du Maghreb (1699–1702)

La guerre du Maghreb (1699–1702) était un conflit impliquant une coalition tunisienne, tripolitaine et marocaine et la régence d'Alger. C'était une étape importante dans l'affaiblissement supplémentaire de l'emprise ottomane déjà fragile sur le Maghreb, les deux parties ayant totalement ignoré les appels du sultan ottoman à signer un traité de paix[2] Cette guerre a également conduit au renouvellement des luttes intestines des Mouradides, qui conduiront plus tard à l'établissement du Beylicat de Tunis, et de la dynastie Husseinites en 1705[3].

Guerre du Maghreb (1699–1702)

Informations générales
Date 1699–1702
Lieu Le Maghreb, principalement l'Algérie
Issue

Impasse

  • Les ambitions algériennes stoppées
  • Le Maroc et Tunis réussissent à envahir l'Alger mais sont contre-attaqués
  • Chute de la dynastie mouradite
Changements territoriaux Très peu de changements ou aucun changement
Belligérants
Régence d'Alger
Régence de Tripoli (1700–1702)
Empire chérifien
Régence de Tunis
Régence de Tripoli (1699–1700)
Commandants
Hadj Mustapha
Hassan Chaouch
Mustapha Bouchelaghem
Ali Khodja Bey
Ahmed ben Ferhat
Gelibolulu Haci Mustafa
Ismaïl ben Chérif
Zidan ben Ismaïl
Murad Bey III
Ibrahim Cherif
Bosnak Ismail Pasha
Forces en présence
Alger : 30,000–40,000 Hommes
Tripoli : 5,000–10,000 Hommes
Maroc : 50,000–60,000 Hommes
Tunis : 15,000–20,000 Hommes[1]

Contexte

Dès les années 1690, un changement de cap est opéré dans la politique étrangère de la régence d'Alger par le dey Hadj Chaabane qui détourne Alger des guerres de mer contre les Européens et cherche à fédérer tout le Maghreb sous son autorité. Il était spécifiquement intéressé à élargir ses frontières en agrandissant le Beylik de Mascara[4]. Il voulait également annexer Tunis et en faire un quatrième gouvernorat de Beylik.

Pendant ce temps, la dynastie alaouite fraîchement montante cherchait également à étendre son contrôle, et s’intéressait surtout le Beylik de Mascara, un gouvernorat algérien à l'ouest du pays.

Déroulement

Invasion marocaine du Beylik de Mascara

Dans l'année hégirienne de 1111 (1699-1700), l'armée marocaine, principalement composée de la Garde noire, dirigée par le fils d'Ismail, Zidan, entra en Algérie[5]. En tant que Bey de Mascara, Mustapha Bouchelaghem n'était à l'époque pas prêt à défendre son territoire, l'invasion fut rapide. Le premier engagement eut lieu à Tlemcen où l'armée marocaine assiégea la ville défendue par des Kouloughlis armés qui étaient les principaux habitants de la ville[6]. Après sa chute, l'armée marocaine a continué et a même capturé Mascara, la capitale du Beylik où il a pillé le palais du Bey[7].

Campagne tunisienne sur Constantine

En 1699, des troupes tunisiennes renforcées par des troupes tripolitaines envahirent le Beylik de Constantine, en même temps que les marocains. Le Bey de Constantin à l'époque, Ali Khodja Bey était plus préparé que son homologue mascaran, bien qu'il ait échoué de manière décisive dans une bataille près de Constantine contre Murad III Bey et son commandant Ibrahim Sharif de Tunis[7],[8]. Bien que son objectif ne soit pas nécessairement clair, il a très probablement voulu incorporer la Kabylie et le Constantinois à la Tunisie d'une manière similaire à celle de la dynastie hafside.

Retraite marocaine

Après plusieurs raids contre lui, Zidan a choisi de se retirer des territoires algériens capturés, gardant son butin avec lui. Cette retraite a irrité son père qui l'a remplacé.

Contre-attaque algérienne

Bataille de Jouami' al-Ulama

Le 3 octobre 1700, les forces algériennes ont vaincu avec succès les armées de Murad lors de la bataille de Jouami 'al' Ulama près de Sétif[9]. This defeat cause a rout, and Murad had to retreat back into Tunisian territories, abandoning all of his gains. Although he did lose, he attempted to raise another army in hopes of attacking Algeria again. He also sent his commander Ibrahim Sharif to Constantinople to recruit additional janissaries[2].

Bataille de Chelif

Ismail a dirigé une grande armée de jusqu'à 50 000 hommes[10] contre les armées du Dey d'Alger. la régence d'Alger a pu remporter une victoire sur les armées marocaines[11]. Cela a conduit à un cessez-le-feu entre Alger et le Maroc, et a permis au Dey de se concentrer sur Tunis à la place.

Assassinat de Murad III et fin de la guerre

En 1702, Murad III lève une armée pour lancer une autre offensive en Algérie. Ibrahim Sharif est revenu de Constantinople avec une grande quantité de janissaires turcs qui ont plu à Mourad, bien qu'il ne l'ignore pas, Sharif avait des plans précis. Agissant sur les ordres secrets du sultan ottoman, le 2 juin, il assassina Mourad et tua toute sa famille, rétablit le contrôle ottoman sur le territoire et mettant fin à la dynastie des Mouradides[12],[13]. Il a signé un traité de paix avec les Algériens quelques semaines plus tard, mettant fin à la guerre par un statu quo ante bellum.

Conséquences

Bien que les guerres n'aient eu aucun effet à court terme autre que la destruction, leurs effets à long terme étaient plus importants. En 1705, à la suite directe de cette guerre, une autre guerre éclate entre Alger et Tunis, qui conduit à l'établissement de la dynastie Husainid.

Après que Hadj Mustapha ait perdu sa popularité à Alger à la suite de ces guerres, il a été tué en 1705, et après sa mort, le pays est tombé dans le chaos, car Deys était souvent tué dans les jours ou parfois les heures suivant son élection. Ce n'est qu'en 1710 qu'Alger est stabilisée par un nouveau Dey appelé Baba Ali Chaouch.

Celles-ci, ainsi que d'autres défaites militaires de la Tripolitaine, conduiraient à l'instabilité et à l'ascension de la dynastie Karamanli en 1711.

Notes et références

  1. https://www.google.co.uk/books/edition/Revue_politique_et_parlementaire/zsobAQAAMAAJ?hl=en
  2. a et b André Raymond, Tunis sous les Mouradites : la ville et ses habitants au XVIIe sièce (lire en ligne)
  3. Ibn Abi Dhiaf 1990, p. 107.
  4. H. D. de Grammont, Histoire d'Alger sous la domination turque (1515–1830) (lire en ligne)
  5. Henri Garrot, Histoire générale de l'Algérie (lire en ligne)
  6. De Gaulle and Algeria, 1940-1960, 688 p. (ISBN 9780704370234, lire en ligne)
  7. a et b Cour Auguste, « Chapitre X », L’établissement des dynasties des Chérifs au Maroc et leur rivalité avec les Turcs de la Régence d’Alger, Saint-Denis, Éditions Bouchène, « Histoire du Maghreb », 2004, p. 150-155.
  8. Alphonse Rousseau, Annales tunisiennes: ou, Aperçu historique sur la régence de Tunis (lire en ligne)
  9. Mahfoud Kaddache, Alger, EDIF2000, 2011 (1re  éd. 1982) p. 419
  10. Léon Galibert, L'Algérie ancienne et moderne (lire en ligne)
  11. Guy Turbet-Delof, La presse périodique française et l'Afrique barbaresque au XVIIe [dix-septième] siècle: 1611-1715 (ISBN 978-2-600-03532-3, lire en ligne)
  12. Ibn Abi Dhiaf, op. cit., p. 95
  13. Andreas Tunger-Zanetti, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », 1996, 300 p.