Le Guerchin

peintre italien
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Giovanni Francesco Barbieri, dit Guercino ou le Guerchin[1], né à Cento le et mort à Bologne le , est un peintre et dessinateur italien baroque de l'école de Ferrare, actif à Rome et Bologne. Il est l'oncle de Benedetto Gennari le Jeune, lui-même petit-fils de Benedetto Gennari dit Seniore.

Le Guerchin
Image dans Infobox.
Portrait de l'artiste tenant une palette, vers c.1624-6,
Naissance
Décès
Pseudonymes
Guercino, Il Guercino, GuerchinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Œuvres principales

Vie et œuvreModifier

FormationModifier

Autodidacte, Giovanni Francesco Barbieri se perfectionne en dessin par l'étude des tableaux des Carrache, soit au travers d'oeuvres conservées à Cento, soit par l'intermédiaire de Bononi et de Scarsellino qui réalisèrent des retables dans la région[2]. En 1608, à 17 ans, il rencontre Benedetto Gennari, peintre de l'école de Bologne.

Parti à Bologne, à travers G. B. Cremonini il entre en contact avec le milieu artistique des Carrache. Attiré par le style de Louis Carrache, il développa son usage de la lumière. Il étudie le Caravage à Venise et l’œuvre de Rubens à Mantoue.

En 1616 à Ferrare il a, à travers Scarsellino, un premier contact avec la peinture vénitienne, qu'il peut approfondir pendant son séjour à Venise (1618) avec l'étude des grands maîtres vénitiens du XVIIe siècle.

Première périodeModifier

 
Fama (1621)
Villa Ludovisi, Rome

Les œuvres de la première période (1615 -1620) et plus spécialement celles postérieures à son séjour vénitien (Suzanne, au musée du Prado, Saint Guillaume d'Aquitaine, à la pinacothèque de Bologne) ont une couleur chaude et intense, des effets de lumière et d'ombre, et représentent peut-être la meilleure partie de son œuvre.

Le Pape Grégoire XV qui était son protecteur à Bologne, l'appelle à Rome en 1621. Il peint, entre autres, la Marie-Madeleine de la pinacothèque du Vatican, la sépulture de Sainte Pétronille de la Galleria Capitolina, et l'Aurore et La Renommée du Casino de la Villa Boncompagni Ludovisi.

Il revient à Cento en 1623 et il y reste, en travaillant intensément, jusqu'en 1642, quand il s'établit à Bologne.

Influence de Reni à partir de 1635Modifier

 
La Gloire de tous les saints (1645)
Musée des Augustins de Toulouse

L'influence de Guido Reni se fait de plus en plus nette et, avec elle, le Guerchin se tourne vers les modes académiques dans la composition, dans le coloris, dans la facture, et finalement même dans les sujets et dans les motifs. L'influence du Caravage sur le premier style du Guerchin est faible. La transformation subie par sa peinture est la preuve la plus évidente de la crise de la culture artistique qui s'installe vers les années 1630 et qui fait triompher le soi-disant « classicisme baroque »[3].

D’une extrême facilité d'exécution, il produit plus de 250 tableaux. Dans ses œuvres on admire la force des coloris, ainsi que le talent avec lequel il imite la nature et crée des illusions d'optique. Citons Jean-Joseph Taillasson[4] :

« Une couleur vigoureuse, monotone, et tendant au noir et au violet, une exécution facile, pleine de feu et de vérité, sont les principaux caractères de son originalité. Il est du nombre des peintres qui faisoient tout d’après nature, et copioient leurs modèles, comme s’ils eussent voulu faire leurs portraits, sans trop penser aux rôles qu’ils devoient jouer. Il est du nombre de ceux dans les ouvrages desquels on reconnoît l’acteur bien plus que le personnage qu’il représente. Ses tableaux ont une physionomie bien differente de celle des tableaux de Michel-Ange de Caravage, de l’Espagnolet, du Valentin, d’Alexandre Véronèse, quoique tous ces artistes aient eu le même but que lui.  »

A la mort de Reni en 1642, il se rendit à Bologne et le remplaça aux yeux d'une société d'amateurs devenue internationale[2].

Il est inhumé en l'Église du Très-Saint-Sauveur de Bologne, tenue alors par les chanoines du Latran qui l'avaient accueilli.

ŒuvresModifier

 
Martyre de Jean et de Paul (1632)
Musée des Augustins de Toulouse
Première période
  • Giuseppe Gaetano Righetti ? présenté à la Vierge par quatre saints (1616 pour San Agustino, Cento) huile sur toile, 309 × 192 cm, Musées Royaux des beaux-arts, Bruxelles[5]
  • Le Concert champêtre ou Divertissement d'été (1617 ?)[6], huile sur cuivre, 34 × 46 cm, Musée des Offices, Florence[7]
  • Suzanne et les vieillards, 1617
  • L'Adoration des bergers, plume et encre brune, lavis brun sur papier beige. H. 0,230 ; L. 0,307 m. Beaux-Arts de Paris. Cette étude est préparatoire à la fresque représentant l'Adoration des bergers de la cathédrale de Plaisance exécutée vers 1617. Cette composition est très éloignée de la version finale mais fait partie du processus de sa réalisation[8].
  • Apollon et Marsyas, 1618 pour le grand-duc Côme III[6], huile sur toile, 186 × 205 cm, Galerie Palatine, Florence[9].
  • Étude d'homme nu couché, pierre noire trempée dans une solution de gomme, quelques traits de craie sur papier beige. H. 0,268 ; L. 0,385 m. Beaux-Arts de Paris. Cette académie est préparatoire à la figure de Marsyas peinte dans Apollon écorchant Marsyas, conservé au Palazzo Pitti. L'étude a été reprise telle quelle dans la version finale[10].
  • Anges pleurant sur le Christ mort, 1617-1618, huile sur cuivre, 37 × 44 cm, National Gallery, Londres[11]
  • Saint Pierre ressuscitant Tabithe (1618 pour Alessandro Ludovisi)[6], huile sur toile, 133 × 160 cm, Galerie Palatine, Florence[12]
  • Herminie et Tancrède (1618-1619), huile sur toile, 145 x 187 cm, Galerie Doria-Pamphilj, Rome.
  • Le Martyre de Saint Pierre (1618-1619), huile sur toile, 320 x 193 cm, Galleria Estense, Modène.
  • Saint François en extase (vers 1618-1620), huile sur toile, 63 x 52,5 cm, Musée Fabre, Montpellier.
  • Le retour du fils prodigue (1619), Kunsthistorisches Museum, Vienne.
  • Samson capturé par les Philistins (1619), huile sur toile, 191,1 x 236,9 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.
  • Les Enfants de Jacob lui montrant la robe ensanglantée de Joseph.
  • La Résurrection de Lazare (vers 1619), huile sur toile, 201 × 233 cm, Musée du Louvre, Paris[13]
  • Saint Jérôme, assis dans le désert, croyant entendre une trompette qui l'appelle au jugement universel (1619-1620), huile sur cuivre, 42 × 48 cm[14], Paris, musée du Louvre[15].
  • Jacob bénissant les fils de Joseph (1620), galerie nationale d'Irlande, Dublin[16].
  • L'Aurore (1621), casino de la villa Ludovisi.
  • La Femme adultère (vers 1621), Dulwich Picture Gallery, Londres.
  • Saint Pierre en prison délivré par un ange (vers 1622-23), musée du Prado, Madrid
  • Ecce homo et sainte Pétronille, à Rome (1622-1623), musées du Capitole, Pinacothèque capitoline, Rome.
  • Saint Pierre en prison, vers 1623, anciennement à Madrid au musée du Prado, localisation actuelle inconnue[17].
  • Sainte Marie-Madeleine, (vers 1623), musées du Vatican, Rome.
  • Sémiramis, reine d'Assyrie, plume et encre brune sur papier beige. H. 0,227 ; L. 0,173 m. Beaux-Arts de Paris. Cette tête de femme couronnée est à rapprocher de celle de la reine de Babylone dans Sémiramis à sa toilette apprend la révolte des Babyloniens peinte par le Guerchin en 1624[18].
  • La Mort de Didon (1630), palais Spada, Rome.
  • La Visitation, (vers 1632), huile sur toile, 320 × 213 cm, musée des beaux-arts de Rouen.
  • Le Martyre de Jean et de Paul 1632 huile sur toile, 310 × 205 cm, musée des Augustins de Toulouse.
  • Château en ruine dans une gorge, plume, encre brune sur papier beige. H. 0,265 ; L. 0,418 m. Beaux-Arts de Paris. Ce dessin n'est pas préparatoire pour une toile. Le Guerchin ne se limite pas à un simple croquis mais conçoit sur une feuille d'un format imposant un vaste paysage qu'il prend soin d'encadrer d'un trait de plume[19].
Influence de Reni
 
Judith tenant la tête d'Holopherne (1651)
Musée des beaux-arts de Brest
 
Saint Pierre Apôtre
Collection Motais de Narbonne
Dates non documentées

PostéritéModifier

GravureModifier

LittératureModifier

  • Que de peine ne se donnait-il pas pour arriver à cette physionomie de foi fervente et aveugle, prête à tout croire et à tout souffrir, que l'on trouve si fréquemment dans les couvents d'Italie, et dont, à nous autres laïcs, le Guerchin a laissé de si parfaits modèles dans ses tableaux d'église. (Stendhal, Le Rouge et le noir, 1830)

Notes et référencesModifier

  1. Guercino signifie loucheur; il est borgne de l’œil droit.
  2. a et b Daniele Benati, « Les peintres émiliens et romagnols », dans Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 650
  3. Le Guerchin sur L'Encyclopédie Treccani.
  4. Jean-Joseph Taillasson, Observations sur quelques grands peintres (lire en ligne), « Le Guerchin ».
  5. G. Righetti, Bruxelles (musée)
  6. a b et c Mina Gregori (trad. de l'italien), Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Paris, Editions Place des Victoires, , 685 p. (ISBN 2-84459-006-3), p. 355-357
  7. Concert, Offices (VirtualUffizi)
  8. Brugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 79-80, Cat. 17.
  9. Apollon et Marsyas, Florence (Utpictura18)
  10. Brugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 73-75, Cat. 15.
  11. Anges pleurant, Londres (musée)
  12. Tabithe ressuscitée, Florence (gettyimage)
  13. Lazare, Louvre (atlas)
  14. St. Jérôme, Louvre (atlas)
  15. Une autre version, aujourd'hui non localisée, lui était attribuée dans la collection de Jacques Augustin de Silvestre par François-Léandre Regnault-Delalande dans son Catalogue raisonné d'objets d'art du cabinet de feu M. de Silvestre, ci-devant chevalier de l'ordre de Saint-Michel et maître à dessiner des enfants de France, 1810., p. 2, lot n°3, qui mentionne une version du même tableau dans les collections du Louvre (dit Musée Napoléon en 1810). Le Guerchin fit plusieurs versions de son Saint Jérôme. Celui que Regnault-Delalande attribue au peintre dans la collection Silvestre est, selon lui : « coloré avec sentiment et touché avec liberté. »
  16. Art in Focus – Jacob Blessing the Sons of Joseph (1620) by Il Guercino
  17. Le tableau est vendu aux enchères à Rennes en à un acheteur américain, pour 110 000 . Voir V.Chopin, « Rennes : un tableau de Le Guerchin vendu 110 000 € aux enchères », sur France 3 Bretagne.
  18. Brugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 76-77, Cat. 16.
  19. Brugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 82-84, Cat. 18.
  20. Sabine Gignoux, « Un chef-d’œuvre du Guerchin volé dans une église de Modène », sur La Croix
  21. Gloire des saints, Toulouse (musée)
  22. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXe siècle, Paris/Milan, Musée du Louvre Editions, , 122 p. (ISBN 2-35031-032-9), p. 349
  23. Larmes de St Pierre, Louvre (atlas)
  24. Brugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p.88-90, Cat. 20.
  25. St Jerôme, Ermitage (musée)
  26. « Sainte Petronille »
  27. (it) Tourisme à Reggio
  28. Renaissance du Musée de Brest, acquisitions récentes : [exposition], Musée du Louvre, Aile de Flore, Département des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris, , 80 p.
  29. Brugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 69-72, Cat. 14.
  30. Brugerolles, Emmanuelle, van Tuyll, Carel, Le Dessin à Bologne, Carrache, Guerchin, Dominiquin …, Chefs-d’œuvre des Beaux-Arts de Paris, Paris, Beaux-Arts édition, 2019, p. 85-87, Cat. 19.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier