Ouvrir le menu principal
La Porte Saint-Martin, vue depuis l’endroit où était situé le café Le Denis-Martin.

Le Groupe du Denis-Martin est un groupe informel de création picturale et poétique, ainsi que de critique sociale, qui s'est réuni entre 1975 et 1981 plusieurs fois par semaine au premier étage du café Le Denis-Martin, situé à Paris à l'angle de la rue Saint-Martin et du boulevard Saint-Denis, face à la porte Saint-Martin.

Sommaire

HistoriqueModifier

 
Couverture du catalogue du Salon Écritures, Musée du Luxembourg, Paris, octobre 1977
 
Bruno Montpied, sans titre, 50x65cm, exposé sous le pseudonyme de Bruno Silja au Salon Ecritures (Musée du Luxembourg, Paris, 1977) sous le titre "Compartiments géométriques".

Ses principaux jeunes protagonistes étaient la poétesse et traductrice Christine Bruces (1956-2001), la créatrice lettriste Anne-Catherine Caron, l'essayiste et poète Joël Gayraud, son frère le slaviste et traducteur Régis Gayraud, futur fondateur et rédacteur des Carnets de l'Iliazd-Club et le peintre, cinéaste amateur, écrivain et futur chercheur d'art brut et singulier Bruno Montpied. S'y sont également retrouvés le futur musicien et cinéaste Jacques Burtin, le futur historien d'art Vincent Gille, le poète khmer Amrindo Sisowath (1956-1999) et un certain nombre d’autres personnes qui venaient tenter d’imaginer des réponses existentielles au questionnement posé par une époque à construire sur les bases du surréalisme, du lettrisme et de l'aventure situationniste[1].

Jacques Burtin, Vincent Gille et Bruno Montpied formèrent en marge du Denis-Martin un sous-ensemble de recherche créative, le groupe Zoom Back, Camera ! qui produisit, entre autres performances non destinées a priori à s’inscrire dans l'histoire de l'art (happenings dans la vie quotidienne, essais de conversations automatiques[2]), quelques films expérimentaux dont certains furent projetés au Musée du Luxembourg dans le cadre du Salon Ecritures du groupe lettriste (octobre 1977). Les œuvres de trois membres du groupe du Denis-Martin figurèrent dans ce même Salon[3].

Un second ensemble composé de Christine Bruces, des frères Gayraud et de Bruno Montpied, telle une seconde poupée russe, envisagea également un moment de former un sous-groupe indépendant intitulé Colonne Sèche. L'idée d'élaborer une revue fut caressée. Bruno Montpied réalisa seul ce projet en faisant paraître La Chambre Rouge en 1982[4], ainsi que les fascicules de la collection La petite Chambre rouge, où l'on retrouve la plupart des affidés du Denis-Martin. De son côté, Régis Gayraud accomplit entre 1978 et 1983 plusieurs performances de "cuisine automatique" dite Culin'art. Citons L'Affaire du porc à l'orange (1979), Toasts colorés (1980)[5], Haro sur le borchtch! (1983). Dans le même esprit, c'est au Denis-Martin qu'il énonça la théorie du ravioli comme monade, mettant en évidence la dialectique de la pâte et de la farce. Une partie des recherches culinaires de Régis Gayraud s'est retrouvée ensuite poétisée dans son recueil banaliste Faire chou blanc (1983). Notons aussi que c'est au Denis-Martin qu'en 1978 Joël Gayraud et Johan-Peter Ölund ont traduit du danois l'ouvrage de Vilhelm Bjerke-Petersen, Symboler i abstrakt kunst (Des symboles dans l'art abstrait).

BibliographieModifier

  • Bruno Montpied (sous le pseudonyme de Julian Silja), Journal du Cercle, éd. Réflexion, Paris, 1977.Notice du catalogue BnF
  • Anne-Catherine Caron, Roman à équarrir, Anakota, Paris, 1978[6].
  • Vilhelm Bjerke-Petersen, Des symboles dans l'art abstrait, postfacé par Troels Andersen, traduit du danois par Joël Gayraud et Johan-Peter Ölund, éd. Yves Rivière, Paris, 1980.Notice sur catalogue BnF
  • Roland Chelle, Vers luisants, dessin original de Bruno Montpied, éd. La Petite chambre rouge, Paris, 1984
  • Régis Gayraud, Faire chou blanc, dessin original de Bruno Montpied, éd. La Petite chambre rouge, Paris, 1984. Notice du catalogue BnF
  • Jean-Pierre Le Goff, Sur le tas, dessin original de Bruno Montpied, éd. La Petite chambre rouge, Paris, 1984.
  • Joël Gayraud, Prose au lit, dessin original de Bruno Montpied, éd. La Petite chambre rouge, Paris, 1985.

FilmographieModifier

  • Bruno Montpied (sous le pseudonyme de Julian Silja), Pont-au-Double, Super 8, Couleurs, sonore, avec Anne Pagès, Joël et Régis Gayraud, 8 min, 1976-1977.
  • Bruno Montpied, Film hachés (Trilogie): Trouvez Hortense (1977), Eloge du Denis-Martin (1979), Folie : Mère y court (1979), 17 min, Super 8 (films expérimentaux muets en hommage aux films d'avant-garde dada comme Entr'acte ou par la suite les films de Norman Mac Laren).
  • Jacques Burtin et Bruno Montpied, Corps à corps, Super 8, Couleurs, Muet, 12 min, 1977.
  • Bruno Montpied, Conversation aigre sur les malheurs du temps, Super 8, Couleurs, Sonore (bande-son enregistrée à part, indépendante de la bande-image), 24 min, 1977.
  • Jacques Burtin et Vincent Gille, L'innocence du grand large, Super 8, Couleurs, Sonore, 20 min 20 s, 1977.
  • Jacques Burtin, DCD - Déchire la Chair du Désir, scénario et découpage d’un film non réalisé, 1977.
  • Jean-Loup Montpied, Film sans titre, Super 8, Couleurs, Muet, 1977.
  • Bruno Montpied, Trianglu, Super 8, Couleurs, muet, 17 min, 1978.
  • Jacques Burtin, Préface, Super 8, Couleurs, Stéréo, 41 min, 1979.
  • Bruno Montpied, Les Jardins de l’art immédiat, Super 8, Couleur, 20 courts-métrages dont 19 muets (sur des habitants-paysagistes naïfs) et 1 sonore (sur Gaston Mouly), 90 min, 1981- 1992[7].
  • Jacques Burtin et Vincent Gille, Les Vacances de Platon, Super 8, Couleurs, Stéréo, 15 min, 1981.

Notes et référencesModifier

  1. Jacques Burtin témoigne des activités du groupe et de l'atmosphère de créativité qui l'entourait dans un entretien avec Marie Zénon (voir en particulier la deuxième partie de cet entretien). Les Origines - Entretiens de Jacques Burtin avec Marie Zénon :
  2. Le terme "conversation automatique" fut forgé par Bruno Montpied en référence à l'écriture automatique chère aux surréalistes, la pratique de la création immédiate et collective étant ici spécifiquement orale.
  3. Ces œuvres étaient les suivantes : J’écris à Bertrand, Roman d’Anne-Catherine Caron, Ces signes qui manquent (ready-made supertemporel) de Joël Gayraud et Compartiments géométriques de Bruno Montpied, sous le pseudonyme de Bruno Silja. (Catalogue du Salon Écritures, Musée du Luxembourg, 1977)
  4. La Chambre Rouge, cinq numéros parus entre 1982 et 1985. Divers contributeurs, dont Christine Bruces, Jacques Burtin, Anne-Catherine Caron, Roland Chelle, Chomo, Joël Gayraud, Jean-Luc Guigues, Régis Gayraud, Jean-Pierre Le Goff, Gaston Mouly, Salomé, Pavel Reznicek, Peter Wood et diverses rééditions de textes de Barkov, du Marquis de Bièvre, d’Adrian de Monluc, de Ramon Gomez De La Serna, de Marcel Réja et de Miguel Hernandez.
  5. Avec la participation de Christine Bruces et Bruno Montpied.
  6. http://www.annecatherinecaron.com/0/roman_a_equarrir.html
  7. Des extraits de ces films figurent dans le film de Rémy Ricordeau Bricoleurs de Paradis (Le Gazouillis des Eléphants).

Liens externesModifier