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Groupe des sept (économie)

(Redirigé depuis Groupe des huit)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir G7.

Le G8 (pour « Groupe des huit »), actuellement connu sous le nom G7 (« Groupe des sept »), est un groupe de discussion et de partenariat économique de huit pays parmi les plus grandes puissances économiques : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Russie, Royaume-Uni, Italie, Canada, dont l'un, la Russie, est suspendu depuis 2014.

Groupe des sept (économie)
G7 countries with Russia.png
Groupe des huit
  •      Les membres du G7
  •      Russie (temporairement suspendu)
  •      Crimée (territoire contesté)

Type Conférence diplomatique
Création 1975
Participant(s)
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Chancelière Angela Merkel (depuis le 22 novembre 2005)
Drapeau du Canada Canada
Premier ministre Justin Trudeau (depuis le 4 novembre 2015)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Président Donald Trump (depuis le 20 janvier 2017)
Drapeau de la France France
Président Emmanuel Macron (depuis le 14 mai 2017)
Drapeau de l'Italie Italie
Président du Conseil Paolo Gentiloni (depuis le 12 décembre 2016)
Drapeau du Japon Japon
Premier ministre Shinzo Abe (depuis le 26 décembre 2012)
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Premier ministre Theresa May (depuis le 13 juillet 2016)

Les dirigeants des pays du G7 se réunissent chaque année lors d'un sommet réunissant les chefs d'État ou de gouvernement, ainsi que les présidents de la Commission et du Conseil européens (ainsi que pour certaines activités, des représentants d'autres pays ou d'autres unions internationales, invitées à participer).

Durant toute l'année, le G7 a un calendrier chargé dans le pays hôte, où se rencontrent les ministres et chargés de missions dans chaque domaine (économie et finances, défense et sécurité internationale, éducation, développement, etc.), afin de préparer le programme du sommet annuel, puis mettre en œuvre les initiatives prises lors du sommet.

D'abord G5 de façon informelle, puis provisoirement G6 lors de sa création en 1975, et rapidement devenu G7 avec l'intégration du Canada en 1976, le groupe s'est élargi à la Russie en 1997 pour devenir le G8 . Au XXIe siècle, certains groupes ont commencé à plaider pour un élargissement du groupe pour inclure les « cinq (en) », c'est-à-dire les cinq pays émergents : Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil et Mexique. Ceci a mené à la formation d'un groupe parallèle, connu sous le nom de «G8+5». À partir de l'annexion de la Crimée à la Fédération de Russie, en mars 2014, les pays membres du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni + Union européenne) ont temporairement suspendu la Russie du groupe économique[1]. Le groupe est donc redevenu G7 (« Groupe des sept ») en mars 2014 avec un sommet exceptionnel à La Haye, aux Pays-Bas[2]. Plus tard, un certain nombre de fonctionnaires des pays du G7 a déclaré que la Russie pourrait revenir au groupe[3],[4],[5],[6],[7],[8].

Ces rencontres sont contestées par des mouvements altermondialistes qui remettent en cause la légitimité du G7 et l'accusent de vouloir « diriger le monde », au mépris des autres pays, pour imposer selon eux une politique d'inspiration néolibérale. Toutefois, ces sommets constituent une plate-forme de discussion informelle et régulière entre chefs d'État, favorisant la coopération au plus haut sommet et la définition d'objectifs communs.

Sommaire

Historique et contexteModifier

 
Dirigeants du G8 au 35e sommet, en 2009.
 
Pause lors du 38e sommet, pour regarder la finale de la Ligue des champions, opposant Chelsea au Bayern Munich.

À la suite du premier choc pétrolier, un G5 informel est lancé en 1974 avec une série de réunions à Washington entre les États-Unis, le Japon, la France, l'Allemagne de l'Ouest et le Royaume-Uni[9]. On parle aussi de « Library Group », en référence à la bibliothèque de la Maison Blanche où se tiennent ces réunions[10].

Puis, avec l'ajout de l'Italie lors d'un premier sommet au Château de Rambouillet du 15 au 17 novembre 1975, sur l'initiative du président français Valéry Giscard d'Estaing, le G6 est créé. Les six chefs d'États fondateurs du groupe s'engagent à se réunir annuellement, avec une présidence tournante, afin de traiter les questions économiques et financières de façon informelle. Il n'existe donc pas de structure particulière du groupe et ne répond pas à un protocole ou à une organisation : il s'agit d'une réunion de dirigeants, qui a pour objectif de « discuter des affaires du monde [...] en toute franchise et sans protocole, dans une ambiance décontractée »[11].

Le G6 devient rapidement le G7 avec, en 1976, l'ajout du Canada sur demande germano-américaine. Dès 1977, l'Union européenne participe aussi au G7 en tant qu'invitée, en étant représentée par le président de la Commission européenne, auquel s'est ajouté par la suite le représentant de la présidence tournante de l'UE ou le Président du Conseil européen. En 1990, l'ancienne RDA intègre de facto le G7 au bénéfice de la réunification allemande. À partir de 1994, la Fédération de Russie se réunit régulièrement, en marge du G7, avec les représentants du groupe. On parle alors de P8 (Political 8) ou de G7+1, jusqu'à ce que la Russie rejoigne formellement le groupe en 1997, donnant ainsi naissance au G8.

Le sommet du G8 2001, à Gênes (Italie), qui est marqué par des émeutes opposant les forces de l'ordre et de nombreux manifestants ainsi que par la mort du manifestant Carlo Giuliani due à un tir de carabinier, est le dernier sommet tenu au sein d'une grande ville, les membres G8 ayant décidé, en raison des évènements ainsi que des attentats du 11 septembre 2001, de tenir désormais leurs réunions dans des endroits moins accessibles[12].

La crise de Crimée en 2014 voit Angela Merkel affirmer implicitement que la Russie n'a plus sa place dans le groupe[13]. Barack Obama propose par la suite de tenir le sommet annuel, originellement prévu à Sotchi, à Bruxelles. La Russie est alors temporairement suspendue[1]. Federica Mogherini et d'autres autorités italiennes[3],[4], avec le diplomate allemand et le président de la Wehrkunde Wolfgang Ischinger[5], ont déclaré qu'ils travaillent au retour de la Russie au G8. En 2015, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que la Russie sera en mesure de revenir au groupe, à condition qu'il n'y ait pas de nouvelle escalade des conflits en Ukraine et en Syrie[6]. En avril 2016, il a ajouté que « les conflits internationaux ne peuvent être résolus sans la Russie », et les pays du G7 considèreront le retour de la Russie au G8 en 2017[7]. La même année, le Premier ministre du Japon Shinzō Abe a demandé le retour de la Russie au G8, indiquant que la participation de la Russie est « cruciale pour la lutte contre de multiples crises au Moyen-Orient »[8].

Importance économiqueModifier

En 2015, le G8 comprend 12,2 % de la population mondiale et produit environ 50,2 % du PIB mondial[14].

Population (2015) PIB (2015)
Millions % Milliards USD % Rang mondial
Monde 7 389 100,0 78 000 100,0
G8 900 12,2 39 141 50,2
États-Unis 322 4,38 18 287 23 1
Russie 146 2 2 099 2,7 10
Japon 126 1,7 4 882 6,3 3
Allemagne 81 1,1 3 909 5 4
France 66 0,89 2 935 3,8 5
Royaume-Uni (2014) 64 0,87 3 003 3,9 6
Italie 60 0,81 2 153 2,8 9
Canada 35 0,47 1 873 2,4 11

Structure et activitésModifier

Le G8 n'est pas une administration transnationale, à la différence d'institutions comme les organisations du système des Nations unies telles que l'ONU ou la Banque mondiale. La présidence du groupe tourne parmi les États membres chaque année. Le pays tenant la présidence accueille une série de réunions au niveau ministériel amenant à un sommet de deux ou trois jours au milieu de l'année avec les chefs d'États et de gouvernements. Il est aussi responsable de la sécurité des participants.

Les réunions ministérielles rassemblent des ministres compétents dans des domaines tels que la santé, l'éducation, l'énergie, l'environnement, la justice et la sécurité nationale et alimentaire. La plus connue de ces dernières est le G7 qui se réfère maintenant spécifiquement à la réunion annuelle des ministres de l'économie du G8, excepté la Russie, ainsi que de fonctionnaires de l'Union européenne.

Par exemple, en , les ministres de la Justice et de l'Intérieur se sont mis d'accord sur le lancement d'une base de données internationale des pédophiles.

Le sommet de Gleneagles (Royaume-Uni) s'était conclu en 2005 sur l'engagement de procurer à l'Afrique une aide au développement supplémentaire de 25 milliards de dollars. Le suivi de cette volonté est assuré par l'Africa Progress Report, présidé par Kofi Annan. En juin 2008, cet organe constate par voie de rapport que l'engagement pris en 2005 n'a pas été tenu[15].

Seules quatre femmes ont représenté leur pays dans l’histoire des G8/G7 : Margaret Thatcher et Theresa May pour le Royaume-Uni entre 1979 et 1990 (pour la première) et depuis 2016 (pour la deuxième), Kim Campbell pour le Canada en 1993 et Angela Merkel pour l’Allemagne depuis 2005.

SommetsModifier

Chaque année, les sommets du G8 changent de pays dans cet ordre : France, États-Unis, Royaume-Uni, Russie (temporairement exclue), Allemagne, Japon, Italie, Canada. La Chine et l'Inde sont de possibles futurs candidats.

Précédents sommetsModifier

G6Modifier

Dates Pays Lieu   États-Unis   Japon   RFA   France   Royaume-Uni   Italie
1er 15   France Rambouillet[16] G. Ford T. Miki H. Schmidt V. Giscard d'Estaing H. Wilson A. Moro

G7Modifier

Dates Pays Lieu   États-Unis   Japon   RFA   France   Royaume-Uni   Italie   Canada
2e 27 et   États-Unis San Juan G. Ford T. Miki H. Schmidt V. Giscard d'Estaing J. Callaghan A. Moro P.E. Trudeau
3e 7 et   Royaume-Uni Londres J. Carter T. Fukuda H. Schmidt V. Giscard d'Estaing J. Callaghan G. Andreotti P.E. Trudeau
4e 16 et   RFA Bonn J. Carter T. Fukuda H. Schmidt V. Giscard d'Estaing J. Callaghan G. Andreotti P.E. Trudeau
5e 28 et   Japon Tokyo J. Carter M. Ōhira H. Schmidt V. Giscard d'Estaing M. Thatcher G. Andreotti J. Clark
6e 22 et   Italie Venise J. Carter M. Itō H. Schmidt V. Giscard d'Estaing M. Thatcher F. Cossiga P.E. Trudeau
7e 20 et   Canada Montebello R. Reagan Z. Suzuki H. Schmidt F. Mitterrand M. Thatcher G. Spadolini P.E. Trudeau
8e 4   France Versailles[17] R. Reagan Z. Suzuki H. Schmidt F. Mitterrand M. Thatcher G. Spadolini P.E. Trudeau
9e 28   États-Unis Williamsburg R. Reagan Y. Nakasone H. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher B. Craxi P.E. Trudeau
10e 7   Royaume-Uni Londres R. Reagan Y. Nakasone H. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher B. Craxi P.E. Trudeau
11e 2   RFA Bonn R. Reagan Y. Nakasone H. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher B. Craxi B. Mulroney
12e 4   Japon Tokyo R. Reagan Y. Nakasone H. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher B. Craxi B. Mulroney
13e 8   Italie Venise R. Reagan Y. Nakasone H. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher A. Fanfani B. Mulroney
14e 19   Canada Toronto R. Reagan N. Takeshita F. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher C. De Mita B. Mulroney
15e 14   France Puteaux[18] G.H.W. Bush S. Uno H. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher C. De Mita B. Mulroney
16e 9   États-Unis Houston G.H.W. Bush T. Kaifu H. Kohl F. Mitterrand M. Thatcher G. Andreotti B. Mulroney
Dates Pays Lieu   États-Unis   Japon   Allemagne   France   Royaume-Uni   Italie   Canada
17e 15   Royaume-Uni Londres G.H.W. Bush T. Kaifu H. Kohl F. Mitterrand J. Major G. Andreotti B. Mulroney
18e 6   Allemagne Munich G.H.W. Bush K. Miyazawa H. Kohl F. Mitterrand J. Major G. Amato B. Mulroney
19e 7   Japon Tokyo B. Clinton K. Miyazawa H. Kohl F. Mitterrand J. Major C. Ciampi K. Campbell
20e 8   Italie Naples B. Clinton T. Murayama H. Kohl F. Mitterrand J. Major S. Berlusconi J. Chrétien
21e 15   Canada Halifax B. Clinton T. Murayama H. Kohl J. Chirac J. Major L. Dini J. Chrétien
sp.[19] 19 et   Russie Moscou B. Clinton R. Hashimoto H. Kohl J. Chirac J. Major R. Prodi J. Chrétien
22e 27   France Lyon B. Clinton R. Hashimoto H. Kohl J. Chirac J. Major R. Prodi J. Chrétien
23e 20   États-Unis Denver B. Clinton R. Hashimoto H. Kohl J. Chirac T. Blair R. Prodi J. Chrétien

G8Modifier

Dates Pays Lieu   États-Unis   Japon   Allemagne   France   Royaume-Uni   Italie   Canada   Russie Site web
24e 15   Royaume-Uni Birmingham B. Clinton R. Hashimoto H. Kohl J. Chirac T. Blair R. Prodi J. Chrétien B. Eltsine
25e 18   Allemagne Cologne B. Clinton K. Obuchi G. Schröder J. Chirac T. Blair M. D'Alema J. Chrétien B. Eltsine
26e 21   Japon Okinawa B. Clinton Y. Mori G. Schröder J. Chirac T. Blair G. Amato J. Chrétien V. Poutine Site
27e 20   Italie Gênes G.W. Bush J. Koizumi G. Schröder J. Chirac T. Blair S. Berlusconi J. Chrétien V. Poutine Site
28e 26 et   Canada Kananaskis G.W. Bush J. Koizumi G. Schröder J. Chirac T. Blair S. Berlusconi J. Chrétien V. Poutine Site
29e 2 et   France Évian G.W. Bush J. Koizumi G. Schröder J. Chirac T. Blair S. Berlusconi J. Chrétien V. Poutine Site
30e 8   États-Unis Sea Island G.W. Bush J. Koizumi G. Schröder J. Chirac T. Blair S. Berlusconi P. Martin V. Poutine Site
31e 6   Royaume-Uni Auchterarder[20] G.W. Bush J. Koizumi G. Schröder J. Chirac T. Blair S. Berlusconi P. Martin V. Poutine Site
32e 15   Russie Saint-Pétersbourg G.W. Bush J. Koizumi A. Merkel J. Chirac T. Blair R. Prodi S. Harper V. Poutine Site
33e 6   Allemagne Heiligendamm G.W. Bush S. Abe A. Merkel N. Sarkozy T. Blair R. Prodi S. Harper V. Poutine Site
34e 6   Japon Tōyako G.W. Bush Y. Fukuda A. Merkel N. Sarkozy G. Brown S. Berlusconi S. Harper D. Medvedev Site
35e 8   Italie L'Aquila B. Obama T. Aso A. Merkel N. Sarkozy G. Brown S. Berlusconi S. Harper D. Medvedev Site
36e 25 et   Canada Huntsville B. Obama N. Kan A. Merkel N. Sarkozy D. Cameron S. Berlusconi S. Harper D. Medvedev Site
37e 26 et   France Deauville B. Obama N. Kan A. Merkel N. Sarkozy D. Cameron S. Berlusconi S. Harper D. Medvedev Site
38e 18 et   États-Unis Camp David B. Obama Y. Noda A. Merkel F. Hollande D. Cameron M. Monti S. Harper D. Medvedev
39e 17 et   Royaume-Uni Lough Erne B. Obama S. Abe A. Merkel F. Hollande D. Cameron E. Letta S. Harper V. Poutine
40e Juin 2014   Russie Sotchi Sommet du G8 annulé après l'expulsion de la Russie du groupe économique, à la suite de la crise de Crimée et aux événements en Ukraine.

G7 (sans la Russie)Modifier

Dates Pays Lieu   États-Unis   Japon   Allemagne   France   Royaume-Uni   Italie   Canada Site web
sp.[21] 24 et   Pays-Bas La Haye B. Obama S. Abe A. Merkel F. Hollande D. Cameron M. Renzi S. Harper
40e 4 et   Belgique Bruxelles B. Obama S. Abe A. Merkel F. Hollande D. Cameron M. Renzi S. Harper Site
41e 7 et   Allemagne Schloss Elmau B. Obama S. Abe A. Merkel F. Hollande D. Cameron M. Renzi S. Harper Site
42e 26 et   Japon Shima B. Obama S. Abe A. Merkel F. Hollande D. Cameron M. Renzi J. Trudeau Site
43e 26 et   Italie Taormine D. Trump S. Abe A. Merkel E. Macron T. May P. Gentiloni J. Trudeau Site

Futurs sommetsModifier

Dates Pays Lieu   États-Unis   Japon   Allemagne   France   Royaume-Uni   Italie   Canada Site web
44e 2018   Canada La Malbaie D. Trump S. Abe À déterminer E. Macron T. May À déterminer J. Trudeau
45e 2019   France À déterminer D. Trump S. Abe À déterminer E. Macron T. May À déterminer J. Trudeau

Oppositions au G8Modifier

 
Campagne de protestation d'Oxfam à Rostock en 2007.

Au cours des années précédentes, il n’y a pratiquement pas eu un seul sommet qui se soit déroulé sans heurts, que ce soit à Gênes ou à Évian. À Gênes, un manifestant du nom de Carlo Giuliani a été abattu dans des conditions obscures d'une balle dans la tête par un policier, en état de légitime défense. Ce dernier, encerclé dans un véhicule et directement menacé, a alors fait usage de son arme. Il est depuis devenu un symbole de la lutte altermondialiste. Lors du sommet d'Évian, un activiste, suspendu par une corde afin de bloquer sciemment la circulation a été précipité dans le vide après qu'un policier suisse a coupé la corde pour libérer le passage aux voitures. C'est de justesse qu'il s'en sortira après une chute de 23 mètres avec un pied broyé et des fractures lombaires[22],[23].

En juin 2007, un témoin fondamental assigné à comparaître, aux côtés de 28 autres policiers, devant le tribunal chargé de juger les violences policières lors de la « nuit des matraques » à l'école Diaz à Gênes (qui hébergeait des militants chargés notamment de la communication sur le G8 pour des réseaux d'information indépendants), livre des informations compromettantes pour la police, accusée depuis des années d'actes d'une extrême violence au cours de ce G8 et dont les abus n'ont pas encore été reconnus officiellement ni sanctionnés, en dépit de nombreuses plaintes : confirmant les allégations de nombre de militants, Michelangelo Fournier, commandant d’un groupe anti-émeute affirme ainsi s'être opposé en vain à une « boucherie » sous les insultes de ses subordonnés. Au même moment, 45 carabiniers sont jugés par un autre tribunal[24],[25].

À l'époque, le pouvoir exécutif, loin d'assumer une quelconque responsabilité dans ces violences, a limogé le chef de la police, qui avait été nommé sous le précédent gouvernement.

De même, les protestations ont été fortes contre les rencontres du FMI à Prague ou à Berlin et contre celle de l'OMC à Seattle. Ainsi, depuis les manifestations de Gênes en 2001, les sommets du G8 ne se déroulent habituellement plus dans les métropoles, mais dans des espaces difficilement accessibles et facilement contrôlables.

Du 6 au 8 juin 2007, le sommet annuel du G8 se tient en Allemagne à Heiligendamm dans le Kempinski Grand Hotel dans la région de Mecklembourg-Poméranie occidentale (Nord-Est). Il s’agit d’une station balnéaire au bord de la mer Baltique. Heiligendamm est situé à 20 km à l’ouest de Rostock et à 200 km de Berlin. 100 000 manifestants y était attendus, ainsi que 16 000 agents de police, et un millier de militaires. Un mur de grillage d'une douzaine de kilomètres levé pour l'occasion fait rempart contre toute tentative d'incursion[26].

Le 21 mai 2011, au Havre, a eu lieu une manifestation pour protester contre la tenue du G8 à Deauville les 26 et 27 mai. Elle s'est déroulée pacifiquement, dans la joie et la bonne humeur. Le maire de la ville était opposé au rassemblement et a mené une campagne de presse visant à décrédibiliser les manifestants « jugés dangereux ». Ce sont finalement entre 5 000 et 7 000 personnes qui ont défilé dans les rues du Havre.[réf. nécessaire]

À l'occasion du G7 de juin 2014 organisé à Bruxelles, le gouvernement belge a réintroduit le contrôle aux frontières (théoriquement interdit par l'accord de Schengen mais autorisé si l'ordre public ou la sécurité nationale exigent une action immédiate[27]) afin, selon les autorités belges, de « conserver des perturbateurs potentiels en dehors de la zone Schengen[28] ».

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) « Russia Temporarily Kicked Out Of G8 Club Of Rich Countries », Business Insider, (consulté le 25 mars 2014)
  2. Conseil européen, « G7 summit », sur european-council.europa.eu, Conseil européen (consulté le 24 septembre 2014) : « Initialement, un sommet du G8, présidé par la Russie, devait se tenir au début du mois de juin à Sotchi, en Russie. En raison de la violation par la Fédération de Russie de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, les dirigeants du G7 ont décidé, lors d'une réunion qui s'est tenue le 24 mars 2014 à La Haye, de se réunir plutôt en G7 à Bruxelles, les 4 et 5 juin 2014. »
  3. a et b (en) « Italy hopes G7 returns to G8 format - Foreign Ministry », ITAR-TASS,
  4. a et b (en) « Italy working for Russia return to G8 », ANSA,
  5. a et b Amb. Wolfgang Ischinger Urges Inclusion of Russia in G8
  6. a et b Germany's Steinmeier says Russia «could return to G8»
  7. a et b World Powers to Consider Russia’s Return to G8 Next Year
  8. a et b Japan’s Abe calls for Putin to be brought in from the cold
  9. (en) Clyde H. Farnsworth, « A Secret Society of Finance Ministers », New York Times, 8 mai 1977
  10. (en) Nicholas Bayne et al., Hanging in There, 2000, p. 34.
  11. « Le G8 - Historique du G8 », sur g8.fr (consulté le 7 avril 2011)
  12. Eddy Fougier, « Médias et altermondialisme : l’âge de glace », in iris-france.org, 31 décembre 2009.
  13. (en) BBC, « Crimea crisis: Merkel warns Russia faces escalating sanctions », BBC News,‎ (lire en ligne)
  14. Modifié, il s'agit en réalité de données du Journal Du Net issues de rapports du FMI [1]
  15. Marc Roche, « Le G8 ne tient pas ses promesses de doubler l'aide à l'Afrique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. Château de Rambouillet.
  17. Château de Versailles.
  18. Arche de la Défense.
  19. Sommet spécial sur la sécurité nucléaire.
  20. Gleneagles Hotel.
  21. Sommet spécial sur la crise ukrainienne et sur l'annexion de la Crimée.
  22. http://www.rts.ch/info/suisse/1094224-g8-proces-de-l-affaire-du-pont-de-l-aubonne.html
  23. [2]
  24. (en) Contributeurs, « Italian officials found guilty of abusing G8 protestors », Wikinews,‎ (lire en ligne)
  25. (en) Tom Kington, « Police accused of tricking G8 protesters », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  26. Un millier d'altermondialistes bloquent l'accès au G8
  27. « Article 2 », dans Convention d’application de l’accord de Schengen, (lire en ligne)
  28. « Le retour de la surveillance aux frontières pour le sommet du G7 », rtbf.be,‎ (lire en ligne)

AnnexesModifier